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En poursuivant notre balade, dans les Alpilles, quelle ne fut pas notre stupéfaction de découvrir, près du monastère de Saint Paul de Mausolé, à côté de St Rémy de Provence, une gigantesque carrière de roche calcaire, laissée à l'abandon. 

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En arrivant devant, nous nous trouvons face à une haute et vaste porte, creusée dans la roche calcaire, ouverte au ciel. 

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Nous sommes comme transportés en Egypte, le long du Nil, dans la vallée des Rois. Dans ce lieu plein de mystère, j'ai  l'impression de découvrir une civilisation enfouie, du côté de Louxor ou d'Assouan.

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La pierre qui en est extraite possède nombre de qualités qui ont fait sa renommée, bien au-delà des limites du territoire des Alpilles : c’est un calcaire coquillé, assez tendre, facile à extraire, mais très résistant à l’écrasement. La couche de calcin qui se forme rapidement à sa surface, lorsqu’il sèche le rend imperméable. Cette pierre calcaire, est appelée communément "molasse", l'origine de cette dénomination provient du latin "mola = la meule". 

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Nous passons, ensuite, dans une immense salle, comportant des piliers de cinq à dix mètres de base. Ces piliers de roche sont maintenus, pour éviter  que le "toit" de la salle ne s’effondre. Les grandes entrées amènent de la lumière partout dans la carrière, sans avoir à éclairer, ce qui est très appréciable.

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Ces carrières ont été ouvertes, autrefois, par des carriers, à la main, à "l'escoudo" comme le faisaient autrefois les égyptiens. Avec la même technique, la même peine, et la même perfection. Les blocs étaient chargés sur des wagonnets, grâce à un quai de chargement, où se trouvait une voie ferrée. 

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On peut encore admirer, dans cette carrière abandonnée, les traces de l’extraction de la pierre en blocs. Le gigantisme de ce lieu est très attractif. La colline porte, encore, les empreintes du travail des carriers. 

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Leurs activités furent tellement intenses, qu’elles modifièrent pour toujours le paysage. On peut voir encore des escaliers taillés dans la roche. 

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Cette "pierre des Baux" est à l'origine formée par des dépôts marins , sédimentations des mers miocènes, de l'ère tertiaire, entre moins 25 millions et moins 5 millions d'années. Ces mers occupaient alors tout l'espace de la future Provence.  L’extraction de cette pierre remonte à des temps lointains.

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Ce serait les Gaulois, suivis des Grecs, qui auraient débuté l’exploitation, des carrières de St Rémy de Provence, comme aux Baux de Provence, au IIe siècle av. J-C.   Son extraction intensive, pour la construction des édifices, date des années 1700, jusque vers 1900. Ces sites étaient surpeuplés d'ouvriers, de travailleurs de la pierre (journaliers, carriers, maîtres-carriers, tailleurs de pierre, transporteurs ...). 

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L'exploitation des carrières, qui s'effectuait principalement en « salles », ou en galeries », décline après la première guerre mondiale. La roche calcaire, de couleur blanche, à dorée, ne sera plus le matériau numéro un, pour construire les édifices, comme les maisons, les bâtiments, ou les usines. 

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La pierre calcaire connaît un déclin irréversible, à partir des années 1930, notamment du fait de la concurrence du ciment, du béton, et de l'acier. La plupart des carrières de la région des Baux de Provence, fermeront leur porte à cette époque là.

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Exploitées depuis l'Antiquité, ces carrières ont fourni les matériaux à de grands chantiers médiévaux, comme : l'édification de la ville des Baux de Provence, le site archéologique du Glanum, à St Rémy-de-Provence,  ainsi que la cité antique d'Arles.  

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Les parties extraites forment des « salles ou galeries », mesurent de 18 à 30 m de hauteur sur 10 m de large. Le matériau est un calcaire, à grain fin, assez tendre, et fossilifère. Les carriers travaillent la pierre calcaire blonde, de haut en bas, par ablation. Ils font ressurgir des colonnes, de 20 à 25 mètres de haut, des monolithes de 800 tonnes. 

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L'extraction de blocs de roche nécessite une diversité d'outils propres à la découpe de la pierre, à son extraction, à son transport. Les blocs extraits peuvent ensuite être à nouveau découpés en blocs plus petits, grâce à diverses scies, dont les dents sont plus dures que la roche à découper. Cette roche d'aspect blanc est un "calcaire coquillé".

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Aujourd'hui, beaucoup de ces carrières, abandonnées depuis la fin des années 30, sont recolonisés par la végétation. 

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La menace d'oubli qui pèse sur elles est d'ailleurs inscrite en filigrane dans le cahier des charges d'une carrière, qui doit rendre, après l'extraction, le site à la "nature" et laisser un paysage se reconstituer. 

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Il faut savoir pourtant que l'accès en est interdit du 1er juillet à la mi-septembre, et plus généralement en cas de risque d'incendie, ou lorsque le vent dépasse les 40 km/h. Les Alpilles servent de bouffée d’oxygène aux nombreux randonneurs, qui viennent s’enivrer des senteurs Provençales à nulles autres comparables.

Merci de votre visite et à bientôt pour la suite de cette belle randonnée dans les Alpilles.