05 décembre 2019

L'Andalousie : terre d'oliviers

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Suivant l'ancienne route commerciale qui reliait Cordoue et Grenade, l'itinéraire nous amène au cœur des plus belles " sierras " andalouses, empreintes d'une histoire et d'un patrimoine exceptionnel. La situation de l’Andalousie, au Sud du bassin méditerranéen, lui confère un climat aride, et sec, dont l’olivier s’accomode parfaitement.

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Les paysages fascinants de plantations d’oliviers, à perte de vue, s’offrent à nous, notamment sur la route des villages blancs, à l’est de l’Andalousie. Cette région au climat rude est par ailleurs l’une des plus pauvres d’Espagne.

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A perte de vue, les arbres vert-gris aux troncs noueux se balancent au vent. Dans l'olivier, son bois, son feuillage, ses fruits, son huile, son parfum : tout est fascinant chez l'olivier. Symbole de paix et de sagesse, son histoire se confond avec celle des grandes civilisations méditerranéennes. 

DSC_9024Des oliveraies, fruit du travail des fiers oléiculteurs andalous.

Capable de survivre à la sécheresse d'un sol rocailleux, de multiplier ses fruits, par une taille experte, de renaître du feu ou du gel, de vivre des siècles, il s'agit d'un arbre résistant, qui offre d'innombrables saveurs. 

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Une petite balade, au milieu de ces arbres centenaires, s'imposait. Ce n'est pas nos chiens heureux, aussi, de cette petite escapade, qui nous contrediront. 

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La province de Cordoue, en Andalousie, est une vaste oliveraie, malgré tout, il n’en a pas toujours été ainsi. Introduits par les Romains, les oliviers avaient été délaissés pendant la période arabe.

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Puis les grands domaines constitués, au lendemain de la Reconquista, ont surtout été destinés à la culture des céréales, de la vigne et à l’élevage du bétail. Ces terres  ont récompensé les nobles, ayant accompagné les rois catholiques dans leur entreprise. C’est au XIXe siècle que les oliviers ont reconquis le paysage.

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Autrefois pour fabriquer de l'huile d'olive, on utilisait un malheureux bourricot tournant la pierre d’un moulin antique. Mais, il faut bien avoir en tête qu’avant la mécanisation du travail agricole, des centaines de milliers de travailleurs se sont échinés, dans les oliveraies, pour des salaires de misère.

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L’Espagne est le premier pays producteur d’olives (31% de la production mondiale), et à elle seule l’Andalousie représente 19% de la production mondiale. Ce sont 1 400 000 ha d’oliviers, soit 33 % de la surface cultivée au monde, qui forment ce paysage si particulier. 

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Aujourd’hui, l'Andalousie mise aussi sur l’oléotourisme, en proposant promenades dans les oliveraies, visite d’usines et dégustations. Logique, dans une région où l’huile d’olive est sur toutes les tables, et dans tous les repas.

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Depuis l’entrée dans l’Union européenne, nombre d’oliveraies de cette région, semi-aride, aux étés torrides, ont été replantées, dotées de systèmes d’arrosage au goutte-à-goutte, et les usines sérieusement modernisées.

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S’il existe toujours des petits producteurs aux méthodes traditionnelles, l’innovation est portée notamment par de grandes entreprises.

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L’olivier est un arbre étonnant : une branche d’un diamètre de 5 à 10 cm placée dans la terre redonnera un nouvel arbre. La greffe n’est pas pratiquée. 

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Toutes les parcelles dites traditionnelles ont été plantées de cette manière. La densité y est de 60 à 100 arbres par hectare. Un olivier centenaire n’est pas exceptionnel sur ces parcelles. Dans les champs cultivés plus intensivement, la densité d’arbres atteint 150 arbres/hectare.

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L’oléiculteur installe sur sa parcelle des plants d’oliviers âgés de un an. Les arbres ne produisent pas ou peu d’olives durant les deux premières années et sont arrachés vers la quinzième année.

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En effet, l’espacement entre les arbres n’est pas suffisant pour les cultiver sur une période plus longue, les arbres sont trop proches et ne produisent plus assez du fait d’une compétition pour un accès à l’eau et à la lumière. 

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L’olive se récolte de l’automne au printemps en fonction de la variété et de la précocité (différence d’altitude principalement).  Il n’est pas rare de trouver simultanément des bourgeons et des fruits sur le même arbre.

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 Dans les plantations traditionnelles, où les troncs sont bien développés, la récolte se fait à l’aide d’un tracteur et d’une pince vibrante qui secoue l’arbre. Les olives tombent sur un filet placé au sol.

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Quand les arbres sont plus jeunes et pour les plus petites exploitations, la récolte se fait par une machine vibrante portative.

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D’autres technologies sont aujourd’hui développées comme la machine « parapluie » qui permet de récolter l’arbre en une seule fois.

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Des études sont encore menées par l’université de Cordoue pour améliorer ces techniques de récolte, afin d’être efficaces tout en évitant d’abîmer l’arbre. La production d’olives, par arbres est très variable, mais un arbre bien développé peut produire jusqu’à 100-150 kg d’olives.

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Une fois récoltées les olives sont transportées jusqu’à la coopérative. L’extraction de l’huile est immédiate, à l’aide de centrifugeuses ultra-modernes. Des médailles sont venues récompenser ces efforts. 

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La taille de l’olivier s’effectue tous les deux ans en fin d’hiver/début de printemps. La production d’olives est doublée l’année où ils ne sont pas taillés. Par exemple une production d’olives s’élève à 58 tonnes, en année de forte production, et à 25 tonnes l’année suivante.

 

Posté par : Martine84000 à - Commentaires [8] - Permalien [#]
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Commentaires sur L'Andalousie : terre d'oliviers

  • Voilà on sait tout sur l’olivier !!! Superbe région qu’on a traversé malheureusement un peu trop vite ! Quant aux oliviers, je n'en ai qu’une quarantaine et c’est un sacré travail, des oliviers centenaires de variété cailletier qui montent très haut mais quand on va au moulin et qu’on déguste sur une tranche de pain grillé l’huile de la première pression on ne regrette pas le boulot !!! Bon we bises papé

    Posté par papé, 06 décembre 2019 à 09:05 | | Répondre
  • On peut dire qu'on en a vu des champs d'oliviers en traversant toute l'Espagne. On en trouve même jusqu'en haut des montagnes, impressionnant ! Ils doivent s'amuser pour récolter les olives dans la pente. Déjà une quarantaine d'oliviers c'est pas mal de boulot ! Mais quand on sait tous les bienfaits que l'huile d'olive nous procure, cela vaut le coup de se donner un peu de mal. Bon weekend aussi à vous deux. Bises.

    Posté par Martine84000, 06 décembre 2019 à 21:17 | | Répondre
  • Bonjour Martine,
    J'ai beaucoup aimé ton billet et toutes les explications que tu donnes. Un sacré tracteur pour la cueillette ! Ils sont bien équipés.
    Dans mon coin de Haute Provence il y a beaucoup d'oliveraies mais bien plus petites que celles que tu montres. C'est de l'artisanat ici alors qu'en Espagne c'est de l'industrie. Déjà, les prix ne sont pas les mêmes. L'huile d'olive Espagnole est achetable ici c'est fort cher. On ramasse encore les olives à la main, parfois des peignes électriques pour les plus fortunés. puis on fait les "olivades" A partir de Novembre jusqu'en Décembre. C'est entre voisins et à midi on casse la croute sous les oliviers.
    Bravo pour tes articles toujours très instructifs. Bon samedi sous le soleil de nos Provences

    Posté par Petits Bonheurs, 07 décembre 2019 à 14:14 | | Répondre
  • Contrairement à ce que l'on pourrait croire, malgré les mers à perte de vue de champs d'oliviers, l'Andalousie est une des régions les plus pauvres d'Espagne, avec un taux de chômage avoisinant les 25-30 %., la crise immobilière et financière, étant passée par là, n'a rien arrangé ! Les petits cultivateurs n'y arrivant plus sont obligés de se regrouper en coopérative, pour survivre. Oui cela fait plaisir de retrouver le soleil, l'eau commence à descendre petit à petit de notre terrain. Bisous Elisa.

    Posté par Martine84000, 08 décembre 2019 à 09:50 | | Répondre
  • Bonjour Martine
    Vous indiquez « L’Espagne est le premier pays producteur d’olives ». C'est juste bien sûr mais à l'occasion d'un séjour en Andalousie et lors d'une visite chez un récoltant d'huile d'olives, le propriétaire nous avait indiqué que les espagnols ne savaient pas commercialiser leur production (c'est vrai qu'on voit rarement dans les supermarchés des bouteilles d'huile provenant d'Espagne), aussi vendent-ils leur production aux italiens.
    Notre interlocuteur nous a dit par ailleurs, qu'un petit verre d'huile au petit déjeuner est excellent pour la santé et si j'aime une huile parfumée je ne vais pas jusque là !
    Passez un bon dimanche et bises savoyardes

    Posté par Xtian, 08 décembre 2019 à 10:23 | | Répondre
    • C'est vrai que j'ai été étonné de ne pas trouver plus d'huile d'olive provenant d'Espagne dans les supermarchés. En Andalousie, l'huile d'olive extra vierge est très abordable,en comparaison à chez nous dans le sud de la France, où on la trouve à des prix exorbitants. Même si la qualité est supérieure à celle d'Espagne, cela ne justifie pas le prix. Boire de l'huile d'olive au petit déjeuner, même si c'est très bon pour la santé, n'est pas non plus ma tasse de thé ! Bonne soirée, bises.

      Posté par Martine84000, 08 décembre 2019 à 21:48 | | Répondre
  • Et oui , l'Andalousie, terre d'une partie de mes ancêtres ! Et, c'est surtout ces oliviers qui me manquent le plus depuis notre exode...Quand venait les vacances, j'allais souvent chez mon grand-père espagnol, du côté d'Hennaya , le Frasquito et son vieux feutre noir toujours sur la tête, et son mégot de gauloise au coin de la bouche... j'étais son petit fils préféré, car je lui ressemblais beaucoup ! Que d'heures je passais au milieu de ses rangées d'oliviers... souvent pour trouver une petite branche spéciale se terminant par une fourche... et là, grâce à un feux doux, on faisait un arrondi à cette fourche, accroché par un fil de fer en haut, puis on trempait le tout dans de l'eau froide, les 2 branchettes restaient arrondies... le bas étant le manche bien sûr, et on en faisait une fronde en accrochant de gros élastiques puissants, et à leurs bouts, on accrochait une petite pièce en cuir...mais avant, on nettoyait le manche et les fourches au couteau, puis on les brûlait un peu, que dans certains endroits, pour faire joli, et pour les reconnaître ...puis on les trempait dans de l'huile d'olive... après nettoyage avec un vieux chiffon, on avait une véritable fronde très performantes... on ne ratait pas les grives, même à plus de 20 m ! On n'en ramenait une vingtaine à chaque fois, après fallait les plumer...mais c'était si bon ! Chez nous à Tlemcen, on les appelait des " Stacks " ! Que de beaux souvenirs !
    Gilbert

    Posté par AmiGilbertAhuy, 11 décembre 2019 à 16:48 | | Répondre
  • Il fallait quand même être très doué pour attraper des grives avec une fronde, je vous tire mon chapeau ! Je suis toujours en admiration, quand je vais en Andalousie, devant ces champs d'oliviers, à perte de vue. On en trouve même jusqu'en haut des montagnes, quel travail de titan, quand on pense au travail que cela représente, rien que pour la cueillette. Contente que cet article vous ait rappelé de bons souvenirs de jeunesse. Merci Gilbert pour tous vos commentaires, pleins d'anecdotes, qui me font bien plaisir ! Bonne soirée, bises.

    Posté par Martine84000, 11 décembre 2019 à 18:07 | | Répondre
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