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La jolie commune de Fontaine-de-Vaucluse, installée au bord de la Sorgue, est fière de sa résurgence, et de ses platanes multi-centenaires. 

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Lorsque l'on visite ce charmant village provençal, il ne faut pas oublier de pénétrer, par un discret passage couvert, dans le jardin du musée Pétrarque, (poète italiens du XIVeme).

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DSC_9194Musée de Pétraque

Six platanes monumentaux semblent y danser une folle sarabande, les branches disposées vers le haut, comme pour faire la ronde. 

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Ils sont énormes et l'été, quand leur feuillage est abondant, ils procurent à ce lieu ombre et fraîcheur. Leur âge est estimé à 200 ans, et leur disposition laisse entrevoir le choix esthétique du créateur du jardin.

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Malgré les ravages du chancre coloré, ces platanes qui émergent du lieu, sont remarquablesavec des formes extravagantes, et fantasmagoriques (comme des mains tendues vers le ciel !).

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Bercé par le cadre romantique, et le bruit de l'eau, où les canards curieux passent en contre bas, on se laisse à rêvasser. 

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Ils sont toujours aux aguets au cas où un morceau de pain tomberait dans l'eau.

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Un lieu calme, où règne la sérénité et la poésie, dont la simplicité n'a d'égale que la douceur, bordé par un cours d'eau assagi, après ses tumultes aux abords de la résurgence. Laissez-vous emporter par votre imagination et par la "présence" du poète, Pétrarque, qui semble ne jamais avoir quitté les lieux. 

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Historien, archéologue, chercheur de manuscrits anciens, Pétrarque fut le premier des grands humanistes italiens de la Renaissance. Il s'installe à Fontaine de Vaucluse de 1337 à 1353, où il écrivit ses plus beaux sonnets. L'histoire rapporte qu'il rencontra pour la première fois Laure de Noves, le 6 avril 1327, à l'église Ste Claire à Avignon. Il écrivit en italien son " Cansonere" composé de 306 poêmes, dédiés à la belle, à qui il vouait une passion platonique. Pétrarque quittera le Vaucluse vers 1353 pour l'Italie ou iul mourru à Arqua en 1374

DSC_9189Le buste de Pétrarque

Notre cheminement, à l'ombre de vieux platanes, accompagné par le fracas, de plus en plus assourdissant des eaux, nous conduit, ensuite, au pied d'une falaise impressionnante dominant un trou qui ne l'est pas moins, tantôt béant, par temps de sècheresse, sombre et profond comme les enfers, ou empli d'une eau incroyablement limpide, après une averse. 

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Cette eau, qui déborde, court au milieu du dédale des rochers et finit par s'écouler paisiblement ensuite. 

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L'intense beauté de ce site naturel attira depuis très longtemps : écrivains et poêtes " en suivant l'exemple de Pétrarque,  , Boccace , Chateaubriand , Frédéric Mistral , René Char, Dante , Voltaire .....et beaucoup d'autres s'enthousiasmèrent pour cette vallée en forme d'écrin.

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J'ai beaucoup aimé ce jardin entre la fraîcheur et le bruissement de la Sorgue, un lieu calme et agréable sur la rive gauche, moins fréquenté que la rive droite et ses commerçants, avec le chemin qui mène à la source.

20181101_171421La résurgence

 

Je vous offre ce joli poème, de notre amie Vette de Fonclare, une amoureuse de notre belle Provence.

LE PLATANE :

ll est comme un berger au milieu du troupeau.
On l’a toujours connu au centre de la place
Protégeant en été les bancs et les terrasses
De la lumière drue qui ruisselle à vau-l’eau.

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Son ombre bleu-marine est même un peu frisquette
Et ses feuilles dentées distillent leur fraîcheur
Au village repu qui dort dans la torpeur
D’un mois d’août assoiffé où le soleil trompette.

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Son écorce polie s’écaille peu à peu,
Blanche tachée de roux, de vert et de marron
Comme un beau vieux tissu qui enserre le tronc
Et qui forme parfois des images en creux.

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On l’écime en hiver de façon ridicule,
Ne laissant plus là-haut qu’un tout petit fagot,
Mais la vie vibre en lui avec de tels sursauts
Qu’il rejaillit toujours en rameaux majuscules.

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C’est l’arbre somptueux du Midi, et sa chance
Car il tempère un peu l’étouffante chaleur ;
Il est immense et bat comme un énorme coeur,
Vivant symbole vert de toute la Provence .

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Voici une petite sélection d’arbres visitables, et pas trop dur à trouver, dans le Vaucluse, parmi beaucoup d’autres :

  • Villes-sur-Auzon : mûrier « de Sully », près de l’église (circonférence 6,46 m)
  • La Roque-sur-Pernes : micocoulier sur la place du village (circonférence 3,70 m)
  • Grambois : chêne pubescent dans le village, sous le boulodrome (circonférence 5,70 m)
  • Saint Christol-d’Albion : amandier à la sortie nord du village (circonférence 3,42 m)
  • Sault : pérussier à l’ouest du hameau de St Jean (circonférence 3,12 m)
  • Avignon : peuplier noir au bord du Rhône, île de la Barthelasse (circonférence 6 m)
  • Avignon : platane au quartier St Lazare (circonférence 7,30 m)
  • Avignon/Montfavet : érable champêtre dans le parc municipal (circonférence 2,50 m)
  • Bollène : chêne pubescent, chemin de Barry (circonférence 5,54 m)
  • Caromb : alignement de pins d’Alep (circonférence 3 m, entrée sud du village)
  • Brantes : orme dit « de la révolution », devant l’église (circonférence 3,60 m)
  • Fontaine-de-Vaucluse : platanes du jardin de Pétrarque (circonférence 9 m)
  • St Léger du Ventoux : sapin au Contrat (circonférence 3,90 m)
  • Pertuis : micocoulier, parking de l’Eze (circonférence 4,70 m)

 

Citation : « J’aime appuyer ma main sur le tronc d’un arbre devant lequel je passe,

non pour m’assurer de l’existence de l’arbre, dont je ne doute pas, mais de la mienne. »

Christian Bobin