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Ce matin là, malgré un temps nuageux, pas question de s'éterniser dans notre camping car, nous avons rapidement pris la direction du port de Paimpol, dans les Côtes-d'Armor,  pour flâner le long des quais. 

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La lumière était douce et agréable malgré des températures encore assez fraîches. Les rayons du soleil se reflétaient sur les eaux calmes de la baie de Paimpol, et l'absence de foule nous offrait une parenthèse de silence bien profitable.

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Aujourd'hui son port de plaisance est accessible uniquement à marée haute. A marée basse, les eaux se retirent bien loin au point d'isoler complètement le port. Lorsque la mer remonte, le paysage change complètement et les bateaux peuvent enfin sortir.

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Pour qui se baigne encore de l'atmosphère de l'oeuvre de Pierre Loti, dans son roman "Pêcheurs d'Islande", la vision d'une ville nouvelle désormais principalement tournée vers le tourisme estival, amènera peut-être une légère déception.

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Les choses ont, en effet, bien changé depuis le 19ème siècle, où la cité portuaire grouillait d'une population affairée à une activité qui a fait sa renommée : la Grande Pêche. La rade était alors parcourue par les "Islandais" en quête d'un mouillage, ou relevant les amarres pour s'en aller dans les mers du Grand Nord.

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La première goélette inaugurant la grande épopée de pèche en Islande sortira du port en 1852. A la fin du 19ème siècle, on pouvait compter une flotte de 80 goélettes.

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La disparition progressive des voiliers réduira ce nombre à une vingtaine, à l'aube du conflit de 1914 et, en 1932, elles n'étaient déjà plus que 9. Le deuxième conflit armé, du 20ème siècle, ne verra plus ces rudes embarcations : elles auront totalement disparu.

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Pendant cette période, une centaine de navires disparaîtront en mer, entraînant avec eux près de deux mille marins. L'état des bateaux, vieux ou mal entretenus, sera à l'origine de bon nombre de ces catastrophes. La fatigue et l'alcool, qui faisaient partie du quotidien des hommes, seront également les causes de naufrages bien souvent inexpliqués.

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Ces goélettes de 30 mètres embarquaient 22 hommes et cinglaient vers l'hiver du Grand Nord à partir de février pour ne revenir au port qu'à l'automne. Le temps qui règnait sur les bancs de morue était si mauvais qu'il interdisait l'usage des doris, (bateau à fond plat qui servait à la pêche à la morue à Terre-Neuve).

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C'est du pont, face à la bise glaciale que les pêcheurs hissaient le poisson, qu'ils piégeaient en laissant dériver le bateau. Jamais ces marins ne connaissaient alors la douceur d'un été.

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Paimpol fut déjà, bien avant cela, l'un des premiers ports de la côte Nord de la Bretagne à armer vers la pêche à la morue : les premières campagnes en direction de Terre-Neuve, et du Groenland datent du 15ème siècle.

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Cette époque révolue, les beaux bateaux ont été progressivement remplacés par de petites unités de pêche côtière, auxquelles sont venus s'ajouter les bateaux plats des ostréiculteurs puis les voiliers des plaisanciers de la belle saison.

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Nous pouvons encore admirer quelques maisons d'armateurs qui bordent les quais et qui  témoignent de cette riche époque. 

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La ville s'est résolument vers une nouvelle vocation : le tourisme et la plaisance.  Pour y faire face et être l'égale de ses voisines, elle a construit un nouveau port destiné à attirer les voiliers des temps modernes..

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J'ai retrouvé cette impression de tranquillité que j'avais gardé de mes précédentes balades, en Bretagne, il ne me manquait plus que le retour des bateaux de pêche pour parfaire le décor !