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Petit retour en Aragon, pour visiter "à fond" la fameuse Ruta de Jubierre, certainement le coin le plus beau des Monegros. Passant à côté de Saragosse, nous ne pouvions pas nous arrêter une nouvelle fois dans ce désert (la 3ème fois en 2 ans).

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Le désert de Monegros est une région semi-aride, entre Saragosse et Huesca. Il s’étend sur un périmètre de 2700 km2, divisé en 3 régions bien distinctes et ô combien différentes : Un désert vert au nord qui concentre la majorité des villages et des cultures. Une zone sud plus désertique séparée du nord par une sierra forestière, culminant à 834 m.

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Que l’on n’aille pas s’imaginer que les Monegros rivalisent avec les grands déserts de la planète !

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Tout comme celui des Bardenas, il est en grand partie cultivé, ou en voie de l’être, et des ouvrages hydrographiques, souvent d’importance, permettent l’irrigation des régions devenues quasiment fertiles.

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Cette région fort peu connue, à peine mentionnée sur les guides touristiques (et c’est tant mieux), semble même être ignorée par ses voisins Zaragozanos qui la pensent encore si désertique et austère, qu’ils n’imaginent pas une seconde qu’on puisse s’y intéresser et encore moins s’y balader.

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Avec l’irrigation, dans los Monegros, la verdure revient, les champs cultivés, ou labourés, en passe de l’être, peuvent être aussi des étendues fertiles, des immensités de céréales : blé, riz, maïs, luzerne…

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Qui parle de désert ?!! Même dans ces étendues désertiques, les bords de route sont fleuris, ce que nous avons pu la chance de voir par chez nous.

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Nous avons passé cette journée, dans le Monegros, en pleine solitude, roulant sur des petites routes bien entretenues et désertes, traversant des villages qui ne paient pas de mine, et d’immenses étendues d’un paysage, finalement diversifié. Décidément, j’aimerai toujours autant l’Aragon !

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Cette fois-ci nous avons voulu faire la route des Tozals de Jubierre, sorte de cheminées de fée, telles que celles des Bardenas, que nous avions vues au printemps 2018.

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Au printemps dernier nous avions fait l’impasse sur cet endroit, mais au printemps, c’est là que nous sommes allés. Il aurait fallu plus d’une journée, donc nous y retournerons. Il faut dire que j’apprécie tellement cette région et ses paysages désertiques, que je fais sans cesse arrêter le camping car pour photographier ce qui ne permet pas d’avancer beaucoup. De plus les pistes que nous empruntons ne sont pas des autostrades, malgré qu’elles soient très bonnes, et la vitesse est réduite !

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Sachez qu’en Espagne, une « Ruta », c’est là où il n’y a pas de route ! On peut traduire par «  itinéraire de randonnée », ou piste sur laquelle il est impératif de s’engager pour voir des endroits exceptionnels ! Jubierre est l'un des endroits les plus spectaculaires des Monegros, un lieu hors du commun, situé entre la dépression de Sariñena, où s'écoule la rivière Alcanadre.  

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La nature des roches a favorisé la constitution d'un vaste réseau de ravins (ou barrancos). L'érosion a conduit à la sculpture du relief ; cela donne, parfois, des formes bien singulières. Ces formations rocheuses sont appelées "Tozal".

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Peu après avoir franchi la rivière Alcanadre, nous nous arrêtons sur un parking proche de l'ermitage San Miguel.  Il n'a pas l'air accueillant vu sous cet angle, c'est pourtant un bon point de bivouac si on arrive tard, et "homologué" par la Guardia Civil (qui n'aime pas trop qu'on bivouaque ailleurs, mais les rondes sont rares et les gardes très sympa).

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Il est facile de garer le camping-car, de nombreux endroits sont possibles, nous avons donc le temps d'admirer les paysages, d'autant plus que plusieurs heures se sont écoulées, et personne ou presque, à l'horizon.

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Nous effectuons quelques photos de cet édifice dont l'intérêt tient surtout à son environnement de Western.

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On s’enfile, ensuite, donc dans une direction au hasard,  sur une piste non asphaltée et poussiéreuse, et on se dit si on tombe en panne, comment expliquer où on se situe ?!!! 

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On passe des gués, heureusement à sec, en ce mois d’avril, on contourne des barrancos vertigineux, on met le camping car dans un état de poussière avancé… On avance au feeling ! C’est extraordinairement beau, c’est carrément de l’aventure !

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Dans ces paysages d’extrême silence, de nombreux coups de cœur ! Après quelques pauses photos nous poursuivons notre piste. Chaque tournant nous offrant un paysage extraordinaire ! Au loin nous apercevons d’autres tozales ou des crânes chauves, ou des mamelons. Nous apercevons un autre tozal, au milieu d’un immense cirque rocheux, qu’il est conseillé de contourner aussi.

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Attention ! le petit morceau de sentier que nous avons emprunté nous a montré qu'il faut être correctement chaussé. Nous n’avons croisé qu’un quad, et une moto … un luxe toute la nature pour nous tout seul ! 

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Le Tozal de la Cobeta est le plus connu. Le chemin n'est pas évident à trouver, pour y arriver, ce ne sont que de petites balises en bois vertes et marron, bien camouflées dans le paysage ! Si vous ne voulez pas y aller à pieds, vous pouvez le rejoindre par la piste qui part à droite après le pont sur le Rio Alcanadre, mais il vous faudra alors franchir trois gués qui, après une forte pluie, sont particulièrement boueux ! Risque de plantage... ;) J'avoue que nous n'avons pas osé tenter... :( 

DSC_1456Le Tozal de Cobeta

Nous pourrons voir, aussi, en restant sur la piste ou presque, le Tozal del Colasico et le Tozal solitario

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C'est une piste très facile, mais par endroits un peu abîmée, mais sans danger. Disons que c'est une conduite avec un petit peu de technique, pour éviter les trous.

DSC_1510Le Tozal de Colasico.

Certains sommets sont souvent des  Tozals naissants. Dans combien de millions d’années, nos descendants verront ils ces éperons rocheux séparés du reste de la falaise ? 

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Quant au silence, il est quasi-total. Peu d’oiseaux, ou simplement de passage, pas d’insecte, du vent, et rien que nos pas dans cette immensité désertique ! Autour de nous c’est très aride, très peu d’arbres poussent dans cet endroit.

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Souvent des sentiers à peine tracés, et qui tout à coup disparaissent. On se perd au bord de certains barrancos, qui s’effondrent si l’on s’approche trop près du vide. 

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On contourne de futurs tozals. On marche dans les herbes sèches, le thym sauvage, les genévriers épineux et secs. Ca crisse, ça pique ! On y voit des formes extravagantes, et des couleurs improbables.  Comme dans les Bardenas Reales, nous notons les différences de couleurs, dues aux couches géologiques.

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On se demande comment tout ça tient, quand on sait que presque tout est du sable, et que l’environnement n’est que gouffres et ravines fragiles. 

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Tant que l’on ne touche pas au sable il reste compact, comme des concrétions lapidaires. Les couleurs vont du blanc presque pur au brun terre de sienne. 

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Cette journée dans le désert de Monegros fut une véritable aventure pour nous, de l’exotisme, un vrai dépaysement  aussi ! Nous avons effectué 18,5 kilomètres de piste entre l'entrée sur la ruta Jubierre, et notre sortie sur la route A-2221.

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 Essayer toutes les pistes pour trouver des coins sympas, et visiter toutes les "curiosités" locales, "tozales" et autres "barrancos". Ça, c'était l'idée de départ... Mais on se rend vite compte que pour tester TOUTES les pistes, il faut beaucoup de temps tellement il y en a ! 8/  

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Profitez du printemps si vous le pouvez, c'est la meilleure saison. S'il pleut ça sera juste un orage, violent certes, mais rafraichissant (il fait déjà chaud là-bas, 28° en journée au mois d'avril). Voilà de quoi remplir un week-end prolongé, non ? 

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L’emblème spécifique de l’Aragon est la cigogne, omniprésente sur les toits, pylônes et cheminées des agglomérations des Monegros.

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Leur vos gracieux est un plaisir de l’œil ! 

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Les cigognes installent leur nid dans des régions bien précises, où elles se regroupent par centaines, squattant les poteaux, les toits… Dans la partie ouest des Monegros elles sont très nombreuses, et aussi dans la région de Tarazona.

 

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