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Niché sur un éperon rocheux à 67 km de Cadix, entre Jerez de la Frontera et El Bosque, Arcos de la Frontera est l'un des plus beaux et plus connus villages blancs d'Andalousie.

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Perchée à près de 200 mètres de hauteur, la petite cité, bordée par l'impressionnant précipice formé par le río Guadalete, domine la vallée.

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Ces pueblos blancos se situent au sud de Séville et à l'est de Jerez de la Frontera. Ils doivent leur surnom à leurs maisons blanches perchées : une tradition mauresque. 

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Rien ne semble avoir bougé depuis des siècles. Typique de l’Andalousie la découverte de ces villages andalous est un vrai régal !

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Nous ferons une halte dans ce charmant village blanc, d’Arcos de la Frontera,  dans la province de Cadix. C’est de nos jours, une petite cité, à flanc de colline, vivante et commerçante.

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L’histoire de la ville n’est pas banale puisqu’elle aurait été créée après le Déluge par le petit fils de Noé. Depuis, toutes les civilisations s’y seraient succédées attirées par sa position stratégique, sur un piton abrupt à l’origine de son nom tiré du latin Arx, forteresse. La notion de « Frontera » datant du XIIIème siècle, quand les troupes de Castille repoussaient les maures et installaient des villes-frontières.

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Si la vue sur le village, depuis la route est splendide, partir à l’assaut des ruelles escarpées et étroites s’avère plutôt périlleux en voiture. Il est conseillé de laisser son véhicule dans la partie récente (en bas du village), avant de se lancer à la découverte des quartiers plus anciens. Évitez de chercher à vous garer tout en haut, car déjà une, le petit parking sur la place de l’hôtel de ville affichera complet, de plus, vous vous épargnerez des sueurs froides en frôlant les murs des maisons avec votre jolie voiture. 

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Nous choisissons donc de stationner, notre camping car, en contre bas du village et prenons votre courage à deux pieds. Dites-vous bien qu'avec  cette grimpette vous allez éliminer tous les tapas avalées la vieille.

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Si vous avez des enfants, préparez-vous à les entendre râler et souffler. A la fois dans les montées plutôt raides, mais aussi dans les descentes, qui du coup le sont tout autant.

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Je constate que le dénivelé est phénoménal et mes genoux commencent à souffrir. Mais comment font les personnes âgées pour aller faire leur course dans le centre ville, car je constate que plusieurs « mémés », très chargées, descendent les ruelles escarpées. 

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J'ai remarquée que les gens d'ici prennent, souvent, des valises sur roulettes pour faire leur provisions, cela leur évite de tout porter à bout de bras.

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Mais passé tous ces efforts, nous pouvons déambuler tranquillement et admirer ce petit village au mur recouvert de chaux blanches. Un grand dépouillement règne dans cette petite ville, ce qui doit accentuer cette impression de fournaise à la belle saison. Ici les murs sont aussi lisses que les pavés !

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Lorsque l’on pénètre dans ce paisible village, il est difficilement imaginable qu’au 11e S. Arcos de la Frontera fût la capitale d’un petit royaume berbère. Reprise en 1264 par Alphonse X, le village servira longtemps d’avant-poste frontalier. Au 19e S. la culture de l’olivier, de la vigne et l’élevage de chevaux se développent permettant ainsi au bourg de prospérer. 

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Dans les rues on commence à se préparer pour les processions de la Semaine Sainte.

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Le temps menace sérieusement de pleuvoir, heureusement rien de bien impressionnant, 3 gouttes d'eau, qui auront bien du mal à mouiller les pavés. 

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Comme tout bon village blanc d’Andalousie, Arcos de la Frontera est situé au sommet d’un promontoire rocheux.  

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Ce village, aux superbes maisons blanchies à la chaux, accroché sur la sierra, abrite de nombreux miradors, nous offrant une vue panoramique à couper le souffle sur les environs.

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L'héritage arabe de cette bourgade saute aux yeux. Nous perdons dans un dédale de ruelles étroites. 

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Sur la plaza del Cabildo, on aperçoit encore les murs et les créneaux du château, derrière la façade blanche de la Mairie, installée ici depuis 1634. Le  Castillo était déjà un poste militaire à l’époque musulmane. Il prend cette allure de château fort au XVème siècle. Il sera la résidence des seigneurs d’Arcos de la Frontera, propriété privée il ne se visite pas. La cité abrite un Parador de turismo, situé dans l'ancienne maison du Corrégidor.

DSC_3991;Le Parador de turismo et le château.

Sur cette grande place, une grosse église qui fait écho au château, même allure massive et mêmes matériaux ; c’est l’église Santa Maria de la Asuncion, construite dans le style plateresque, au début du XVIème siècle à l’emplacement de l’ancienne mosquée.

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C’est dommage que la grande place soit envahie par un parking, ça anéantit complètement le charme historique de cet ensemble. Voici maintenant l’église San Pedro et sa jolie façade baroque du XVIIIème siècle, les murs, eux, datent du XIVème, ils sont construits sur l’ancienne forteresse musulmane.

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Demeures seigneuriales Renaissance, ou baroques, et maisons blanches aux fenêtres grillagées, cohabitent dans d'étroites ruelles pavées qui forment un véritable labyrinthe. 

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Osez pénétrer dans les patios typiquement andalous. 

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Ils sont plein de charme, ne trouvez-vous pas ? 

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Étant donné le climat sec et chaud de l'Andalousie, les habitants des villes, tout d’abord les romains et plus tard les musulmans, ont adapté le type de maison populaire aux besoins en concentrant les chambres tout autour d’une cour (un patio), au centre, une fontaine et, quelques fois, un puits. 

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Pour maintenir la sensation de fraîcheur, ils ajoutaient des plantes, des pots de fleurs (des géraniums, des oeillets et du jasmin), accrochés aux murs blanchis à la chaux.

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Nous retrouvons, tout en haut du village, des rues un peu plus animées, je veux dire avec des commerces, des boutiques de souvenirs, des restaurants… 

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Pour nous remettre de cette belle montée, nous irons manger dans un petit restaurant à tapas :

Entrée + tapas + dessert + 1 bouteille de vin (pour 2) : 12 € par personne. 

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Après notre repas copieux, nous reprendrons la descente vers notre parking, tout en bas de la ville, descente encore plus périlleuse que la montée, les pavés, étant bien lisses et mouillés d'autre part. Dans certaines rues, il y a même une main courante pour freiner la descente de ceux qui s'y aventurent… ça nous amuse !!!

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Quelques minutes plus tard après s’être perdus, avoir demandé notre chemin et erré comme des naufragés, dans ce labyrinthe de ruelles, … on va s’aider de cette rampe pour descendre la pente … au propre, … au figuré, nous sommes au fond du désespoir ! Après avoir bien cherché notre chemin du retour, nous voici à nouveau à notre parking. Ouf !!!

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Le mot de la finArcos de la Frontera est la porte d’entrée de la route des villages blancs et plante parfaitement le décor. Je ne peux que vous recommander d’inclure la visite d’au moins l’un d’entre eux lors de votre séjour en Andalousie.

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Si Ronda reste le plus célèbre d’entre eux, la région en compte bien d’autres tout aussi beaux et bien moins fréquentés. Alors, n’hésitez pas à vous rabattre sur d’autres, plus petits, comme Arcos de la Frontera,  Grazalema (pour ses ateliers de tisserands), et Zahara de la Sierra (pour son site exceptionnel : prochain article).

Suite Zahara de la Sierra