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A ce point, on ne boude plus son plaisir et on refait les 8 kilomètres de route de Cordoue, jusqu'à Al-Zahra. L'ancienne Versailles andalouse est plus loin sur la colline. Elle fait face à la vallée du fleuve Guadalquivir.

 

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 Al-Zahra, littéralement « ville brillante », est le vestige ville-palais, mythique, aujourd'hui en ruines, où les marbres étaient sertis de perles et de rubis.  

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La campagne sillonnée de vignes et de bosquets n'a pas changé ; puis, avant l'entrée du site, la route s'arrête soudain devant de vastes parkings. On craint le pire, mais non, au lieu du parc d'attractions bêtement redouté, c'est un immense toit blanc piqueté de moucharabiehs qui étincelle au soleil. Le tout nouveau musée Madinat al-Zahra (2010), et ses espaces minimalistes prépare avec élégance à la visite de la cité disparue.

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A côté du musée trônent de superbes oliviers du 13e s. encore bien en vie. 

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Construite à partir de 936 elle est située à huit kilomètres de la périphérie ouest de Cordoue, en Espagne, dans la région de la Sierra Morena. 

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La ville palatiale se distingue du style labyrinthique et chaotique typique de l’urbanisme musulman à cette époque.

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Au contraire, elle est inscrite dans un quadrilatère de 1 500 mètres sur 700 formant une enceinte rectangulaire d’environ 112 hectares

DSC_2815L'ancienne cité est une pionnière de l’architecture et de l’art islamique occidental de son époque, dont l’influence artistique transcende plusieurs siècles.

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La ville est alors la capitale d’al-Andalus, car le cœur de l’administration et du gouvernement est situé dans ses murs.

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La ville est construite principalement pour des raisons politico-idéologiques, car la dignité du calife exige l'établissement d'une nouvelle ville comme symbole de son pouvoir. 

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À cette fin, la ville comprend d'importantes constructions, entre autres des mosquées, des salles de réception, des bureaux administratifs et gouvernementaux mais aussi une basilique, des casernes, des bains et des aqueducs, un hôtel des monnaies, des fontaines, des marchés, des fabriques d'armes et des magasins d'or et d'orfèvres entre autres.

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L’organisation du palais est caractérisée par trois terrasses étagées, chacune séparée des autres par des murs qui divisent la ville en trois parties.

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Tout d’abord, la terrasse la plus élevée est réservée au palais califal et représente un signe de pouvoir, tandis que la partie moyenne est dominée par des parcelles et des jardins de fruits et de légumes. Enfin, le secteur inférieur comprend la mosquée principale et les foyers.

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Afin d’amener l’eau abondante nécessaire pour les parcs et les jardins floraux, Abd al-Rahman III commande la construction d’une canalisation qui parcourt les montagnes et qui traverse les vallées par des aqueducs. Celle-ci est considérée aujourd’hui comme l'une des réalisations les plus admirables du calife.

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La ville est prise par les troupes berbères et ravagée au tout début de la Guerre civile en al-Andalus, en 1010.  Ils s'y installent pour préparer le siege de Cordoue en 1013. 

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La prise de la cité donne lieu à des pillages, des massacres. La cité est abandonnée après la guerre civile (1031).

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Pillée pendant des siècles, abandonnée puis redécouverte en 1911, la ville émerge à peine des décombres. En 1923, le site archéologique de Madinat al-Zahra est déclaré monument national.

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Depuis le 27 janvier 2015, le site est inscrit sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’Unesco, dans la catégorie des biens culturels 

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Au coeur du silence, on cherche dans le paysage de ruines les souvenirs de la merveille qu'un calife amoureux édifia pour sa favorite, Zahra, la "resplendissante".

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 Dans la ville-symbole de l'âge d'or du califat de Cordoue, on guette l'écho des oiseaux rares de la volière, les rugissements des fauves africains de la ménagerie, les parfums des jardins si beaux qu'ils préfiguraient le paradis promis par Allah.

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De la grande mosquée et de la résidence califale, ne demeurent que des ombres. Ici, un portail est debout, avec ses stucs de calcaire, émouvants rescapés du naufrage du temps.

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De même qu'à Carthage ou à Pompéi, un mystère poignant hante les lieux, qu'on quitte à regret comme s'il restait ici tant à comprendre. 

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