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La colline Saint Jacques à Cavaillon, que l'on repère de loin, est un peu la balade dominicale, par excellence des Cavaillonnais, un endroit où nous allons très souvent y faire des randonnées, sans jamais nous lasser !  

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Ce petit relief particulier, qui culmine à 182 m, abrite sur son flanc est la ville de Cavaillon. Il est formé de roches calcaires identiques à celles du Petit Luberon, même âge et même origine, déposées au fond de la mer qui, il y a plus de 100 millions d’années, recouvrait toute la Provence.

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Entre deux failles, s'est produit, il y a environ huit millions d'années, un affaissement qui est à l'origine de la plaine de Cavaillon, le poumon vert de la ville.  Cette colline est son unique relief, habitée depuis la préhistoire. Surprenant de trouver la nature aussi près de la ville. Sa richesse géologique et historique en fait un lieu de grand intérêt. 

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Cavaillon doit son nom aux Cavares, un peuple gaulois, qui habite la colline Saint-Jacques, dans l'Antiquité. Par une belle journée d'hiver, mais assez venteuse, tout de même, nous décidons de faire une randonnée sur le sentier promenade, qui nous fera découvrir sur plus de 3.5 km, (2 h 30), les différents aspects de la colline Saint Jacques.

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Tout au long du parcours, nous pourrons voir des grottes, habitées par les premiers cavaillonnais, des carrières monolithes utilisées par les Cavares et les Romains, une ancienne voie romaine, et au sommet de la colline le magnifique paysage de la vallée de la Durance.

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Nous marcherons au milieu d'une forêt de pins d'Alep, qui a poussé naturellement après l'abandon des terres par les agriculteurs, et à laquelle se mêlent des taillis de chênes verts et pubescents. Malheureusement, suites aux incendies en 2006 et 2012, une grande partie de la pinède de pins d’Alep a  laissé la place à de la garrigue.

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Nous commencerons notre randonnée par la Grande Baume. C'est une des nombreuses grottes que l’on peut découvrir sur la colline Saint Jacques. La colline semble avoir été utilisée par nos ancêtres comme zone d’habitat dès la fin du néolithique (3500 – 2300 avant J.C.) et peut être même avant cette période.

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De nombreux vestiges de cette époque y ont été trouvés : pointes de flèches, lames de silex, pendeloques, mais pas de trace précise d’habitation.

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 On peut toutefois estimer que son utilisation était la même que celle des grottes des environs immédiats (Vidauque).

DSC_7849Silo à grains.

Utilisée dans un premier temps comme lieu d’habitation et de sépulture, elle a dû être abandonnée par les hommes vers la fin du Vie siècle avant Jésus Christ, au profit de cabanes installées sur le plateau dominant la Durance.

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La grotte fut ensuite comme lieu d’équarissage jusqu’au XIXe s., et de bergerie jusqu’au début du XXe s. Les constructions que l’on y voit à l’intérieur, sont donc d’époque assez moderne.

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De nombreux éléments ont été mis à jour dans des grottes voisines de cette zone sud-Luberon, au point de pouvoir dresser un « portrait-robot de l’homme qui les habitait : taille moyenne, crâne allongé au front développé, et au nez long, droit, muscles puissants.

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Nous passons ensuite dans les anciennes carrières du petit et du grand Roucas (Roucas = rocher en provençal), au nord de la colline. Elles ont révélé des puits, des silos à grains, utilisés pour le stockage des récoltes, et des fosses sépulcrales. Leur creusement et leur comblement s'est étalé sur une période allant du Vème siècle avant J.C, au IIème siècle de notre ère. Les fosses-silos ont permis d'exhumer des pépins de raisins et des rafles, contenus dans des débris de vases, qui avaient été préservés par une lente minéralisation.

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Les pierres y étaient extraites de la même façon que dans les carrières de Calès à Lamanon. 

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Les deux énormes masses de pierre qui nous entourent étaient utilisées depuis l’antiquité jusqu’au haut Moyen Age comme carrière de pierre. 

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Ces carrières monotithiques étaient utilisées par les Cavares et les Romains jusqu’au 6ème siècle après Jésus Christ.

DSC_7821Escalier taillé dans la roche des carrières.

En utilisant ce type de bloc, les carriers évitaient le creusement et l’enlèvement de la terre inutile, pour atteindre  la roche exploitable et faisaient ainsi une économie de temps et  d’argent. 

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Nous pouvons déterminer l’époque d’extraction grâce à la qualité du travail. En effet, à la fin de l’empire romain, la variété de l’outillage d’extraction a beaucoup baissé, et la qualité des blocs produits a beaucoup diminué.

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En gaule méditerranéenne, les techniques d’extraction de pierre sont introduites surtout par les grecs, dès le 6e s. avant J.C. 

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Seuls les blocs grossiers étaient extraits des carrières, la taille définitive était réalisée sur le chantier de construction.

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Nous longeons la voie antique, (voie romaine),  recouverte de dalles calcaires, et que nombre de chars et charrettes ont emprunté. On distingue toujours le tracé, qui permettait d’accéder à l’entrée de l’oppidum, au sommet de la colline. Cette voie antique escaladait, en pente douce, par le nord, la seule partie de la colline abordable naturellement, les autres versants étant, soit terminés par des falaises abruptes, soit par des vallons descendant vers la Durance, qui longe le massif au sud. Cette voie, antique,  aménagée pour permettre le passage des chariots, aboutissait à la cité gallo-grecques de Kabellion, située aux quartiers actuels des Vergers de Saint Baldou. Elle se terminait à l’actuel rond-point à l’entrée de Cavaillon.

 

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Traces de char : Nous remarquons sur les dalles calcaires des traces rectilignes. Elles sont dues au passage répété, pendant des siècles, de roues de chars antiques, et plus tard de charrettes. Habiles carrossiers, les Cavares fabriquaient  des carrus (chars) et de grandes charrettes à quatre roues. Cette voie a été utilisée jusqu’au XIXe s. pour le transport de pierres et de bois.

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Dernière étape : nous terminons notre périple en arrivant sur le plateau d’une grande croix.

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Au sommet de la colline Saint Jacques, le paysage qui se dévoile sous nos yeux est remarquable, avec une vue sur la cité cavare, la plaine, le Luberon,  et les Alpilles.  C'était un superbe point d'observation pour surveiller la région depuis les débuts de son occupation par les premières peuplades, puis les romains et ensuite les ermites.

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Une autre terrasse naturelle de roche calcaire, nous offre une vue imprenable sur le Mont Ventoux et des Monts du Vaucluse. 

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Nous pouvons du haut des falaises contempler la cathédrale St Véran, qui émerge de la cité.  

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Nous continuons tout droit en direction de la célèbre chapelle Saint Jacques et son ermitage. ​

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Construite au XIIème siècle sur une place forte naturelle, sur le lieu de culte des cavares, puis du temple de Jupiter,  la chapelle Saint-Jacques est un charmant petit édifice, au décor sobre, à l’image des chapelles rurales. 

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Nous faisons le tour de la chapelle et rejoignons la table d’orientation, avec une vue splendide sur la vallée de la Durance et les Alpilles. 

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Retour par le calvaire, un parcours aux multiples facettes.

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Un panneau explicatif nous signale que mille ans avant Jésus Christ,  les Ligures venant d'Espagne furent à l'origine de l'aménagement d'un Oppidum sur la colline Saint-Jacques. Des tribus gauloises, puis cavares, s’y sont installées, en construisant une double enceinte fortifiée. 

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De l’oppidum, il ne reste que 300m d’enceinte, ainsi que des fonds de cabanes creusés dans les rochers. Essayez d’imaginer ce que devait être le transport de marchandises à dos d’homme depuis le petit port sur la Durance jusqu’ici. De nombreuses monnaies massaliotes ont été découvertes, avec des fragments de poterie, et des fibules.

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Une randonnée que je vous recommande fortement, mais hors saison, en raison de la chaleur, (pas d'ombre pour s'abriter sur la colline), mais plutôt au printemps, quand la nature est en fleur !

Vous souhaitez plus de précision sur le Luberon, je vous invite à suivre ce lien :

Office de Tourisme Luberon Cœur de Provence

Laissez-vous tenter par le Luberon. Des villes et villages perchés à la vue incroyable, dont Gordes, l'un des plus beaux villages de France, des sentiers d'itinérance de toute beauté, un patrimoine historique remarquable et une gastronomie reconnue ...

http://www.luberoncoeurdeprovence.com

Merci à vous aussi de passer régulièrement sur le blog pour suivre nos aventures ;).  A bientôt !