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Gordes, village emblématique du Luberon, et bien connu pour ses bories recèle, aussi, un patrimoine troglodyte étonnant !  C'est une randonnée pédagogique, dans le vallon de la Sénancole, que je vous propose aujourd'hui, à la découverte d’un patrimoine exceptionnel, fait en pierres sèches : le moulin rupestre de la Baume.  ! C'est donc un retour dans le passé, une journée sur des lieux, où la vie fut difficile, pour nos ancêtres... et oh ! combien chargés d'histoire. Nos anciens nous laissent aujourd'hui, une trace indélébile, et inoubliable, gravée dans la pierre !

DSC_7455Les pierres sont placées en sens inverse, non pas à plat, mais toutes verticalement, au sommet.

Pour se rendre à ce lieu insolite, et hors du commun, il faut se  garer sur le parking du village des bories, un musée à ciel ouvert. Il comprend des bâtiments entièrement construits en pierre sèche, selon une technique connue depuis la préhistoire, qui atteint ici un sommet de technique et de savoir-faire.

118866072_oVillage des Bories.

Au démarrage de la randonnée, prendre un petit sentier, proche du village des bories. Nous quittons le confort des routes goudronnées, pour attaquer une sente, quelque peu caillouteuse.  Elle descend entre des murs en pierres sèches, en direction de la rivière de la Sénancole. Ce cours d’eau, à sec, a  donné son nom à la magnifique Abbaye de Sénanque un peu plus au Nord. 

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On rencontre au début du parcours une petit borie, encastrée dans des murs de pierres. 

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On trouve des bories disséminées dans toute la région de Gordes, (rien que 400 sur son territoire), dans le plateau du Vaucluse, le Luberon et la Haute Provence. 

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Ce sont des constructions en pierres sèches exceptionnelles, le témoignage d'une civilisation agraire puisant ses racines dans la préhistoire. 

 

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La pierre calcaire est omniprésente, dans le paysage des environs de Gordes. Elle affleure partout, blanchie par le soleil et les intempéries, sur laquelle s'accroche une garrigue, exhalant les senteurs énivrantes de la Provence. 

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Nous traversons une garrigue épineuse d'argelas (genêts épineux à petites fleurs jaunes). Si en début d'année les randonneurs apprécient ses jolies tâches jaunes qui décorent la garrigue, les Argélas sont peu appréciés par ceux qui tentent de les traverser tant leurs épines sont agressives. Lorsque leur taille dépasse le mètre et qu'ils poussent en rangs serrés, ils constituent de véritables barrières.

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Nous poursuisons notre chemin dans le fond de la vallée de Sénancole...La forêt est essentiellement constituée de chênes verts, de genèvriers de Phénicie, avec également du buis, des pins alep et des chênaies blanches.

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Nous voyons le paysage se métamorphoser au fur et à mesure que nous descendons au fond du vallon. Les formes des falaises calcaires de ce canyon, témoignent du travail de l’érosion des eaux depuis des millénaires.

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Nous continuons dans le lit du ruisseau, jusqu'à un petit sentier, sur la droite, qui monte jusqu'au  long abri sous roche du moulin rupestre, de la baume. Même en plein hiver, comme en ce moment, c’est un lit de cailloux à sec. Privés d’eau les cailloux réverbèrent la chaleur, qui est étouffante ici l’été. Le climat ici est de type méditerranéen, avec une aridité très marquée, car l'eau se perd dans un calcaire très poreux.

 

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Le moulin à huile de la Baume est le plus bel ensemble troglodytique, de la vallée de la Sénancole. Baume veut dire : grotte. 

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Les côteaux, du Pays de Gordes, étaient autrefois couverts d’oliviers, culture en régression, avant que les gelées de 1956 ne lui portent un coup de grâce : d’où la présence de nombreux moulins à huile. Si certains sont en partie détruits, ou restaurés, mais souvent d’accès privé, vers Saint Pantaléon, le Moulin des Bouillons (XVIe s.), transformé en musée, propose un tour d’horizon historique de l’huile d’olive sur le pourtour de la Méditerranée.

Le Moulin gallo-romain, des Bouillons à Gordes - Martine Passion Photos

Dans ce billet je vais vous faire découvrir un petit trésor, empreint d'histoire, se trouvant, à 4 km du village de Gordes, sur la route de Saint Pantaléon : le Moulin à huile des Bouillons. Ce moulin, hors du commun, et dans un lieu bucolique du Luberon, se trouve dans une bastide, typiquement provençale, édifiée en 1762.

http://photosvillages.canalblog.com

Lieu insolite, le moulin rupestre de la Baume, du 17e siècle, bien caché dans la végétation, étire sa façade sur 53 m de longueur, à 229 m d'altitude. La façade immense est témoin d’une époque à laquelle on construisait encore à partir d’abris naturels. Cette immense construction, en pierre plate, atteint ici une perfection dans les techniques et l'harmonie avec le paysage.

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Le moulin rupestre a été restauré par le propriétaire, qui en laisse l'accès libre et demande qu'on le respecte, ce qui est bien normal !  L'immense bâtiment troglodytique, épouse parfaitement l'abri sous roche, tout en longueur. Il est témoin d’une époque, à laquelle on construisait, encore, à partir d’abris naturels.

115460684_oLe moulin rupestre.

Il est blotti dans une immense baume, au-dessus de la Sénancole. Construite sur le bord de la falaise, sa façade tout en longueur, en fait une construction impressionnante. Nous entrons par la porte sud, la 2ème, à l'opposé se trouve une autre porte, au nord, donnant sur une petite terrasse, avec une belle vue.  

DSC_7485Porte d'entrée du moulin rupestre. 

DSC_7491Ouverture dans le moulin, donnant sur la vallée de la Sénancole.

La porte d'entrée ouvre sur une enfilade de pièces, savamment agencée, pour les besoins du moulin à huile : silos de stockage des olives, puis les pressoirs, meules, citernes et cuves à huile taillés à même dans la roche.

DSC_7498Vue d'ensemble du moulin.

La première partie du bâtiment regroupe neuf cuves de stockage, destinées aux olives, acheminées depuis le plateau.

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 Ces cuves étaient séparées par des cloisons de pierres.

DSC_74889 cuves de stockage des olives.

 Après un passage plus étroit, on arrive dans une deuxième salle immense. 

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C'est la salle de pressage, où se trouvaient les silos, les pressoirs, avec leurs meules, les citernes et cuves de récupération de l'huile.

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Vous remarquerez qu'elles sont creusées à même la roche.  Pierre, bois, eau, et feu, participaient à la naissance de l’huile noble, de la nourriture et de l’onction sacrée.

 

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Entre les deux grandes salles une petite pièce, avec le bac à saumure.

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DSC_7496Petite pièce avec bac à saumure.

Plus loin, nous trouvons l'emplacement de la meule entraîné, autrefois, par un âne ou un mulet.

DSC_7520L'emplacement de la meule (la partie circulaire). 

La meule servait à broyer les olives avant le pressurage. À côté, le long de la paroi, se trouve une citerne de 12 m3, autrefois couverte d'une voûte, dont les ancrages sont encore visibles.

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Cette cuve à eau était alimentée par une rigole depuis un aiguier extérieur.

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Une trémie cylindrique creusée dans le plateau supérieur, comme un puits, permettait l'acheminement direct des olives au moulin.Ce conduit vertical, de 80 cm de diamètre,  traverse la paroi rocheuse sur 5m, un véritable exploit pour l'époque. Le pressage des olives nécessitant de l'eau chaude pour la seconde presse, un moyen de chauffage devait exister. 

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Après avoir traversé tout le moulin nous arrivons à la sortie nord, par une porte qui débouche sur un petit plateau.  

DSC_7511Porte nord.

DSC_7517Plateforme voûtée, à droite du moulin. 

Ce moulin servit jusqu’en 1956, qui fût l’hiver le plus désastreux pour beaucoup de paysans : tous les oliviers moururent. Il est réconfortant de constater que partant des souches séculaires, de vigoureux rejets forment à nouveau des vergers et qu’ils sont l’objet de beaucoup de soins.

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 Nous revenons sur nos pas et sortons du moulin par la porte sud. Nous montons, ensuite, par une sente à droite, sur le plateau, qui longe la falaise.

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Nous longeons, la falaise au-dessus du moulin , où nous apercevons la trémie, protégée maintenant par une grille. C'est une  sorte de puits creusé dans la falaise supérieure d'où les olives étaient acheminées. Elles tombaient,  juste en dessous,  dans un bac creusé  également  dans la roche.

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Mieux vaut être prudent lorsqu'on longe la falaise, c'est un sentier en corniche, avec une vue sur la vallée de la Sénancole.

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Nous avons poursuivi la balade en passant par la Croix des Baux creusée dans la roche, point de limite entre le Comtat-Venaissin et la Provence....

DSC_7540Croix des Baux. 

...pour atteindre, ensuite, une grande dalle rocheuse, qui servait d'air de battage (le blé étant aussi très présent), devant une belle borie rectangulaire (bien plus haute et grande que nos jolies capitelles).

DSC_7537Aire de battage.

DSC_7538Une grande borie.

Nous continuons sur le plateau,  jusqu'à un cabanon. 

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Juste à côté, à un carrefour, l'on peut voir une dalle en pierre, sur laquelle est gravée la Croix des Baux, qui marquait la limite entre la Provence et le Comtat Venaissin. 

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Au carrefour nous prenons à droite, et descendons un petit sentier, assez casse-cou, creusé dans une dalle rocheuse. De toutes ces voies anciennes, ce passage nous a semblé le plus extraordinaire. 

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Taillée dans la roche, l’on peut  reconnaître la trace du pas des mulets.

 

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Ces chemins, bordés de murs, étaient  pavés pour faciliter la marche des hommes, et des animaux, mais aussi pour limiter d’érosion. Nous y verrons, sur notre passage, de nombreuses traces de roues de charettes, gravées dans la roche.

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A 17 h, il commençait à faire bien froid, en cet fin d'après-midi de décembre, la nuit commençait à tomber, notre décision fut prise d’écourter la balade prévue. Nous irons voir de plus près, un autre jour, la grande habitation troglodyte, de la Croix des Baux, autre magnifique habitat troglodyte. Elle comprend un logement, des écuries, une magnanerie, une bergerie et un four à pain, sous un long abri sous roche, de plus de 50 m de long.

DSC_7539Maison de la Croix des Baux vue d'extérieur.

Témoin d’une vie rurale très active, jusqu’au XIXe siècle, la vallée de la Sénancole regorge de constructions troglodytiques, et abris sous la roche, qui ont servi de refuges aux maquisards. 

115473617 refuge du repliRefuge du Repli.

Sous le rocher du Repli les maquisards viennent plusieurs fois trouver un abri, dans ce refuge, notamment la nuit du 10 juillet 1943, alors que les Allemands recherchent l’épave d’un de leurs avions tombé au-dessus du vallon de Sénanque.

115473617 refuge du repliRefuge du Repli.

C’est  au lieu-dit « le Coulet »,  que dès juin 1943, de jeunes réfractaires,  (maquisards), accueillis et formés par les groupes de l’Armée Secrète, se sont d’abord regroupés, avant de devoir vitre trouver d’autres repaires. C’est ainsi que le maquis de Gordes est né.

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115473617 refuge du couletRefuge du Coulet.

Cette randonnée, que nous avons appréciée pour la valeur de son patrimoine hitorique, et ses beaux paysages, fut une journée riche en surprises ! C'est toujours passionnant de découvrir des endroits insolites et mystérieux ! Je vous la conseille au printemps (avril à Juin), vous aurez ainsi des journées les plus longues et ne souffrirez ni du froid, ni du soleil. La randonnée, si vous y goûtez, vous ne pourrez plus vous en passer ! C’est une activité sportive saine, au grand air, avec le spectacle de la Nature, de magnifiques panoramas et surtout… le calme !

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Au retour n'oubliez pas de faire un tour dans le vieux village pittoresque, et incontournable, de Gordes. Il est silloné de vieilles calades, ruelles pavées pentues, au détour desquelles on peut admirer un beau panorama sur le Luberon et la vallée du Cavalon. 

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Classé un des plus beaux villages de France, cette citadelle minérale  a su, avec son chateau, au sommet, se tailler une réputation mondiale, dans le respect de son passé, et de ses traditions.  En s'y attardant, vous apprécierez le charme d'un vieux village provençal et vous pourrez peut-être croiser aussi une des nombreuses personnalités bien connues du monde du spectacle, qui ont choisi cet endroit comme lieu de villégiature. Au couchant du soleil, Gordes prend une autre dimension, architecture fabuleuse d’une ville hors du temps. 

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Autre icône de la Provence, l'Abbaye de Sénanque. Elle se trouve à quelques kilomètres de Gordes, dans la vallée de la Sénancole, sur le territoire de la commune. Typiquement cistercienne, par son dépouillement extrême, l'église est construite en forme de croix. Aucun décor ne doit troubler la prière et le recueillement des moines. Seule, la lumière, symbole de Dieu, doit moduler l'espace.

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Vous souhaitez en savoir plus sur le Luberon, je vous invite à suivre ce lien :

Office de Tourisme Luberon Cœur de Provence

Laissez-vous tenter par le Luberon. Des villes et villages perchés à la vue incroyable, dont Gordes, l'un des plus beaux villages de France, des sentiers d'itinérance de toute beauté, un patrimoine historique remarquable et une gastronomie reconnue ...

http://www.luberoncoeurdeprovence.com