Chaque région a ses  histoires, ses mythes, que l'on se transmet en famille, pour succomber à la fascination de l'inexplicable... Le Luberon n'y échappe pas non plus ! C'est parti pour une visite insolite, de lieux légendaires, et chargés de légendes, dans le Vaucluse ! 

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FONTAINE DE VAUCLUSE : La légende la Coulobre

La légende nous amène au VIème siècle après JC, dans le village de Fontaine-de-Vaucluse. Une horrible créature ailée, moitié salamandre et moitié dragon vivait paisiblement dans l’exsurgence de la Sorgue, à la recherche d’un époux. Elle était surnommée la Coulobre, nom dérivé de Couleuvre. Sa vie bascula lorsqu’elle rencontra un dragon qui l’enfanta. Une salamandre noire tachetée d’or naquit de leur union, mais la légende raconte que le Dragon s’enfuit alors, et abandonna la Coulobre…

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La Coulobre chercha alors désespérément un nouvel époux, afin de l’aider à élever son bébé, mais sa laideur repoussait tous les prétendants. L’hideuse créature restait alors tapie au fond de la Sorgue, rongée par la honte et par la solitude, attendant la tombée de la nuit enfin se montrer, au plus grand malheur des villageois ! En effet, la haine emplissait  la Coulobre, qui terrassait les animaux et humains qui se trouvaient sur son passage…

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La légende raconte qu’un ermite, dénommé Véran serait ainsi venu au secours de la population. Comme dans la plupart des légendes, plusieurs versions différent sur le dénommé Véran, tantôt ermite, tantôt Evêque. Quoi qu’il en soit, la légende nous rapporte que cet ermite Véran se serait attaqué à la Coulobre. Il aurait guetté l’animal de nombreux jours, et au moment au la créature se serait montrée, il l’aurait vaincu, en signant d’un signe de croix. La créature aurait été blessée grâce à ce signe, et aurait volé longtemps en gémissant, avant de s’écraser sur les hauteurs des Alpes, près d’un hameau qui porte aujourd’hui encore le nom de Saint-Véran, en l’honneur au héros de Fontaine-de-Vaucluse. C’est par cet acte miraculeux,  qu’il serait devenu évêque de Cavaillon.

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La légende nous remémore encore de nos jours que l’on a longtemps cru que la créature était morte dans les Alpes, mais que de temps en temps, à la tombée de la nuit, de jeunes hommes disparaissaient dans les eaux de la Sorgue, des disparitions qui restent mystérieuses… mais pas pour tout le monde. Une variante de la légende nous explique que la Coulobre a d’abord été catapultée dans le Luberon, précisément dans l’actuelle Combe de Lourmarin, expliquant le tracé sinueux de cette route reliant Lourmarin vers le pays d’Apt.

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Pour retrouver trace de notre Coulobre, il faut ensuite attendre le XVème siècle et Pétrarque, qui fut attaqué par la créature. Alors qu’il déambulait en bordure de la Sorgues avec Laure, sa bien-aimé, il se retrouva face à la créature pour un combat frontal. D’un coup d’épée, il tua la créature, qui, pour se venger, projeta son haleine pestilentielle. Laure, respirant cette haleine nauséabonde mourut ensuite de la peste. Pétrarque n’en s’en remis jamais, mais la Coulobre a bel et bien disparue de l’histoire par la suite, nous laissant plus que la Combe de Lourmarin en souvenir, ainsi que quelques statues… 

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ROUSSILLON : la terre qui se teinte de sang

La légende de Dame Sermonde est une histoire d’amour dramatique qui s’est déroulée durant le Moyen-Âge, au XIIème siècle. Elle s’est déroulée sur le versant nord des monts du Luberon, à quelques kilomètres d’Apt, dans le village provençal de Roussillon. Dans le château de village, vivaient entre autres le Seigneur Raymond d’Avignon, son épouse Dame Sermonde, et un jeune page et troubadour, Guillaume de Cabestan, fils du Seigneur de Cabestan dans les Hautes-Alpes, envoyé à Roussillon faire son apprentissage de chevalier.

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Le Seigneur Raymond d’Avignon était un Seigneur terrible qui menait son royaume de main de fer, et faisait régner la terreur. Ce Seigneur, marié à Dame Sermonde, avait une grande passion : la chasse. Cette passion le conduisait à délaisser son épouse des journées entières. Dame Sermonde restait alors souvent seule avec le jeune Guillaume de Cabestan, et ils commencèrent par créer des liens jusqu’à devenir amoureux l’un de l’autre.

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Le jeune troubadour composait alors des chants pour son amoureuse qu’il lui chantait durant les journées de chasse du Seigneur. Ils vivaient en parfaite harmonie une passion enflammée, jusqu’à ce que les proches du Seigneur, se doutant de quelque chose, rapportèrent au Seigneur l’histoire d’amour entre sa mariée et le jeune troubadour.

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Fou furieux en apprenant la nouvelle, le Seigneur Raymond décida d’amener Guillaume de Cabestan à la chasse afin de se venger. Au cours de la partie de chasse, il poignarda à l’aide d’une dague le jeune amant de son épouse d’un coup dans le dos. Sans pitié, il lui trancha la tête et lui arracha le cœur. De retour au château, il demanda à son cuisinier de préparer le cœur de l’amant pour le prochain repas.

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Lors du repas, Dame Sermonde se régala de se mets qu’elle trouva particulièrement délicieux. Le Seigneur trouva alors le moment judicieux pour apporter la tête de l’amant à son épouse, et lui apprendre qu’elle venait de déguster son cœur ! Folle de chagrin, Sermonde se précipita en haut des falaises de Roussillon, et se jeta dans le vide. Son corps s’écrasa plusieurs dizaine de mètres plus bas. Le sang colora alors à jamais les terres de Roussillon et des alentours, jusqu’à l’actuel Colorado Provençal, à proximité de Rustrel. Les Ocres de Roussillon étaient nées !  

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MENERBES : Les fantômes des deux frères.  

L’histoire de la grotte hantée, peu connue, date de la guerre de Cent-Ans, sous le règne de Charles V. A l’époque vivait un chef de bande, sous le nom de « Pierre de la Vache ». Il avait commis avec ses hommes de nombreux méfaits et il avait trouvé refuge dans la grotte « Baumo-Seguro », à Ménerbes.

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Son frère, resté honnête, le dénonça un jour à la police. Lorsque les policiers arrivèrent pour l’arrêter, Pierre de la Vache ayant compris la trahison, saison son frère par le bras, le poussa jusqu’au bord du rocher et le jeta dans le vide, avant de sauter à son tour du rocher. Les corps des deux frères furent retrouvés écrasés. Les autres voleurs furent arrêtés et punis. La population de Ménerbes et des pays voisins retrouvèrent leur tranquillité.

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Cependant, depuis, à la tombée de la nuit, les fantômes des deux frères seraient vus régulièrement par les passants.
On raconte même que les fantômes des deux frères se baladent toujours du côté de la grotte et qu’ils s’amusent à pousser les passants qui s’aventurent en ces lieux, du haut de la falaise.

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*Source : le Dauphiné Libéré, 1 août 2018, raconté par l’historienne du village, Madame Betty Pantalacci.

Si vous souhaitez vous aventurer à la grotte, l’historienne du village, citée dans l’article, propose des visites à l’occasion des Journées du Patrimoine. 

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FONTAINE DE VAUCLUSE : Le secret de la source de Fontaine 

Parti pour faire danser les filles de l'Isle sur Sorgue, le vieux ménétrier Basile s'endormit à l'ombre un chaud jour, sur le chemin de Fontaine de Vaucluse. Apparut une nymphe qui, belle comme l'onde claire, prit la main du dormeur et le conduisit au bord de la Vasque où s'épanouit la Sorgue.  

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Devant eux, l'eau s'entrouvrit et les laissa descendre entre deux murailles de liquide cristal au fond du gouffre. Après une longue course souterraine, la nymphe, au milieu d'une souriante prairie, semée de fleurs surnaturelles arrêta le ménétrier devant 7 gros diamants. 

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Soulevant l'un deux, elle fit jaillir un puissant jet d'eau. Voilà dit-elle, le secret de la source dont je suis la gardienne, pour la gonfler les eaux, je retire les diamants, au septième, l'eau atteint "le figuier qui ne boit qu'une fois l'an", et elle disparût en réveillant Basile. 

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Aujourd'hui, on cherche toujours la nymphe de la Sorgue parmi ses eaux claires... On peut d'ailleurs noter qu'on trouvait déjà chez Chateaubriand cette allusion fantastique à la nymphe, preuve que le lieu possède une aura magique et fabuleuse. 

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LA LEGENDE DE L'ARRIVEE DES CIGALES :

Si les cigales sont parfaitement intégrées au panorama provençal, au même titre que la lavande ou les oliviers, il n’en demeure pas moins que le commun des mortels se pose beaucoup de question sur l’utilité d’un tel animal pour la nature, qui ne laisse en général rien au hasard, et chaque plante ou chaque animal a sa raison d’être dans la nature. Et les cigales alors me direz-vous ? Bruyantes, mais pourtant difficile à approcher, qu’apportent-t-elle ? Vous trouverez la réponse dans ce récit !

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Cette légende se déroule donc en Provence, un été durant lequel les Anges sont venus passer leurs vacances estivales un verre de pastaga à la main sous les platanes, regardant les parties de pétanque endiablées sur la place du village. Lors de leur atterrissage en terre provençale, quelle ne fut pas leur surprise de ne pas trouver âme qui vive ! Le soleil de plomb qui s’abattait sur la région n’arrangeait rien aux affaires de nos Anges, qui ne trouvaient pas un troquet ouvert pour se désaltérer. En chemin, ils s’aperçurent que les champs étaient en friche, que les potagers étaient à l’abandon…DSC_8720
Fort inquiet de cette situation, attristés de voir cette si magnifique région vidée de ses habitants, et laissée à l’abandon, ils décidèrent d’aller frapper à la maison de Dieu pour y trouver des réponses à leurs interrogations. Là encore, quelle ne fut pas leur étonnement de trouver le curé non pas en train de prier, mais allongé sous son boutis, en plein pénéquet ! 

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L’homme de foi apporta alors une réponse claire et limpide aux Anges : à cause de la chaleur accablante et du soleil torride qui s’abat sur la région durant l’été, les provençaux se préservent paisiblement à l’ombre des oliviers et des figuiers. Surpris, les Anges demandèrent alors à quel moment de la journée les provençaux se mettaient au travail, ce à quoi l’homme de Dieu répondit : « A la fraîche tôt le matin », et « à la rosée » tard le soir.

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Mécontents, les anges s’en retournèrent au paradis pour raconter à Dieu leur mésaventure. Ce dernier, furieux, décida de punir les provençaux, en leur envoyant une nouvelle espèce d’insectes pour les empêcher de faire la sieste en pleine journée ! Cette nouvelle variété d’insectes «tambourinaïre » aurait pour mission de se planquer dans les pins, et d’exécuter une musique stridente, rendant impossible toute initiative de sieste provençale, en pleine journée. Les cigales venaient de naître !

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Finalement, cette tentative resta vaine, les autochtones s’habituèrent bien vite aux insectes et firent même des cigales un des symboles de notre Provence ! 

 

LOURMARIN : Le château hanté. 

Le château de Lourmarin, un peu laissé à l’abandon, était depuis fort longtemps occupé par des familles de gitans lorsqu’il fut racheté en 1920 par un industriel lyonnais. 

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Il fit chasser les gitans qui laissèrent derrière eux une malédiction, destinée a frapper toute personne qui occuperait les lieux, se matérialisant sous forme d'étranges graffitis, sur les murs, des malédictions rédigées en armenien. Tous ceux qui de près ou de loin contribuèrent à la réhabilitation du château connurent une fin tragique : suicides, mais surtout accidents routiers...  

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... jusqu’à l’écrivain Albert Camus, qui se tua en voiture sur la route, le lendemain du jour où il avait fait don de certains de ses droits à la fondation de Lourmarin, chargée de la gestion du château.

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LA LEGENDE DE LA LAVANDE : 

La Provence est souvent associée au soleil, aux chants des cigales, au mistral, aux champs d’oliviers, d’amandiers… mais également de lavandes ! Cette plante, qui recouvre entre autres le plateau de Valensole, la Montagne de Lure, les monts du Luberon, rend fière la Provence, et la plonge dans un océan violet l’été venu. Mais comment cette magie a-t-elle pu se réaliser ? Et pourquoi la Provence a-t-elle été choisie ?

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La légende de la Lavande nous ramène vers une très jolie fée, aux cheveux d’or et aux yeux bleus étincelants, qui se prénommait « Lavandula ». Cette fée vivait en Provence, sans toutefois être établie dans un endroit précis. Elle virevoltait entre la montagne de Lure, le Ventoux et le Luberon. Après plusieurs années passées à virevolter, elle décida que le moment était arrivé pour elle de se fixer de manière durable. 

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Afin de trouver le site idoine, la fée Lavandula feuilleta son cahier de paysages, sur lequel elle avait pu faire des croquis de ses différents voyages. Son regard s’arrêta alors sur les pages représentant les terres sauvages et arides de Provence. Bouleversée par la tristesse de ce panorama, la fée se mit à pleurer de lourdes larmes, couleur lavande, qui vinrent alors tâcher son cahier ! Lorsque la fée se rendit compte de sa bêtise, elle tenta de réparer sa maladresse en essuyant les larmes avec ses mains… Mais ce fut l’effet inverse qui se produisit, les larmes violettes s’éparpillèrent encore davantage sur le paysage de la Provence ! 

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Désespérée, elle tenta de dissimuler son erreur en dessinant un ciel bleu pour faire oublier ces tâches de violet ! On raconte que depuis ce jour-là, la lavande pousse allègrement sur les terres de Provence, s’entremêlant au ciel couleur bleu, à tel point que ces derniers apparaissent comme des amants entrelacés !

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AURIBEAU Une porte vers l'au-delà. 

Situé près d'Auribeau, l'aven de Bruni passe localement pour constituer une porte,  une sorte de passage vers l'au-delà, Cet aven, d'une soixantaine de mètres de profondeur, est noir comme une bouche de l'enfer.   

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Autrefois une femme du pays qui avait perdu son mari fort aimé, venait régulièrement y réclamer le retour du défunt. Un soir son spectre lui apparut. Il lui expliqua que pour un mort il était impossible de revenir de l'au-delà, mais qu'elle pouvait l'y rejoindre. Elle se glissa alors dans l'aven de Bruni et ne réapparut jamais. 

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Pour en savoir plus sur le Luberon, suivez ce lien :

Office de Tourisme Luberon Cœur de Provence

Laissez-vous tenter par le Luberon. Des villes et villages perchés à la vue incroyable, dont Gordes, l'un des plus beaux villages de France, des sentiers d'itinérance de toute beauté, un patrimoine historique remarquable et une gastronomie reconnue ...

http://www.luberoncoeurdeprovence.com

Connaissez vous d'autres légendes ou lieux insolites dans le Luberon, et croyez-vous à ces diverses légendes ?