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À proximité de Rustrel peuvent être découvertes de nombreuses carrières laissées à l'abandon, des galeries creusées du temps de la période faste de l’extraction de l’ocre. C'est un endroit que nous connaissons bien, mais où nous avons toujours autant de plaisir à nous promener. A chaque fois c'est l'étonnement devant les travaux gigantesques, qui ont été entrepris, autrefois, par les mains des hommes, dans ces carrières abandonnées.

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Situés entre  le  célèbre Colorado Provençal de Rustrel, et les falaises de Roussillon, le site des ocres de la Bruyère, est moins connu, mais tout aussi spectaculaire. C'est un condensé de merveilles naturelles, hautes en couleur, qui nous attend. C'est un lieu privilégié pour des randonnées, au cœur d’une ancienne exploitation ocrière.

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C’est grâce au travail d’habitants, bénévoles de Villars, que certaines sections de vieux sentiers, ont pu être récemment mises en valeur.

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Dans ce lieu, deux carrières permettent d’observer les deux types d’exploitation des ocres : les carrières souterraines, et les carrières à ciel ouvert (prochain billet).

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Rien de tel pour faire connaissance avec un nouvel endroit, que de partir à la découverte de ses sentiers. Nous découvrons tout au long du parcours des vestiges d'anciennes carrières d'ocre, souterraines, ayant servi il y a quelques années de champignonières. 

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Devant l'ouverture de ces véritables "cathédrales", minérales, sculptées par les ocriers, nous paraissons bien petits. L'entrée, au pied des falaise d'ocre, débouche immédiatement sur un premier tunnel, qui commence à descendre dans les entrailles d'un labyrinthe. 

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Ces anciennes galeries impressionnantes, voûtées, en forme d'ogive, ou en plein cintre, peuvent atteindre 15 m de haut. Elles sont aussi hautes que les voûtes gothiques de Notre-Dame. 

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Malgré ces hauteurs il n'y a pas besoin de consolidations, la roche est suffisamment compacte pour supporter le poids du ciel (de la voûte). L'exploitation en souterrain diminue progressivement dans les années 1950, pour se tourner vers le ciel ouvert.

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Nous pénètrons, dans les entrailles de la terre, à la lueur des torches, dans les profondeurs des différentes galeries. Un des plus grands ensembles de galeries interconnectées des lieux, selon un quadrillage géométrique. En effet, toutes les entrées des galeries, creusées dans la colline, sont reliées en elles par des galeries secondaires, communicantes sur plusieurs centaines de mètres, et permettaient d’extraire l’ocre à l’époque glorieuse. 

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Nous foulons les transepts, en cheminant prudemment, en raison du risque d'effondrement. Mieux vaut ne pas trop s'aventurer à l'intérieur, au risque de se perdre, car c'est un vrai labyrinthe de galeries, qui partent dans tous les sens. Des bifurcations ont été réalisées au fur et à mesure de l'avancement des travaux, laissant des piliers de séparation. 

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Un décor superbe et quasi surréaliste se découvre ainsi sous nos yeux. Une visite prenante, dans un monde où les traces de l'activité de l'homme sont encore visibles, mais où la dégradation de ce patrimoine est inexorable. L'instant d'une journée, nous sommes devenus des petits explorateurs, intimidés devant tant de beauté !

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"L’exploitation en galerie s’est pratiquée jusqu’en 1955, puis l’utilisation d’engins motorisés fut mieux adaptée aux carrières à ciel ouvert. Un contremaitre mettait en place un plan d’exploitation, en connaissance du terrain et de l’environnement.

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Les mineurs s’occupaient du travail d’avancement des galeries. Ils commençaient par creuser avec une pioche affûtée, une niche en ogive, accompagné par un ouvrier qui chargeait le minerai dans un wagonnet, au fur et à mesure de l’avancement de la galerie.

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Un bon mineur pouvait user 5 à 7 pioches/jour, du fait de l’usure sur le fer par la silice, contenue dans les sables ocreux.DSC_4756

Les galeries principales pouvaient faire plus de 200 m de long, avec à intervalles réguliers, et des alvéoles latérales.

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Ces carrières ont connu, comme beaucoup d’autres carrières souterraines, une seconde vie, après l’arrêt de l’exploitation de l’ocre. Elles ont été reconverties, dans les années 50, après l’arrêt de l’exploitation de l’ocre, en champignonnières. 

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Elles étaient fermées par des portes en plastique, permettant d’y maintenir une forte hygrométrie pour le développement de la moisissure des champignons. En regardant le plafond, nous apercevons encore les traces des coups de pioches des ouvriers.

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Les champignonnières étaient des milieux sombres et humides, conditions idéales pour le développement des champignons. Vous trouverez souvent un petit local, près de l’entrée, où les ouvriers rangeaient leurs outils, un peu plus loin, des sacs de tereau et de poudre blanche, qui servaient à faire pousser les champignons de Paris. 

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L’hygrométrie y avoisine les 75/80%, la température à peu près constante 15°c : frais l’été, chaud l’hiver. Parfois le gibier s’y réfugie, Ces galeries ont dû être abandonnées à la fin du siècle dernier, pour cause de rentabilité et subissant la concurrence des grandes cultures, des autres pays européens.  

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Ce voyage sous-terre est un véritable témoignage de la vie de ces ouvriers, de la région d'Apt, à l'époque de l'exploitation de l'ocre au 19e siècle. Le gisement d'ocre du Vaucluse (celui de Mormoiron, Roussillon, et de Rustrel), est le plus important de France, et selon certains, considéré comme étant le plus riche du monde.

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En effet, les parois qui marquent le paysage ne sont pas, en général, naturelles. Elles sont le résultat de l’exploitation, jadis de l’ocre, en carrières souterraines.

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Un paysage façonné par la main de l’homme, et sur lequel la nature reprend progressivement ses droits. 

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On se souvient ici que, l'ocre du Luberon était autrefois exploitée dans des mines, creusées dans les falaises à la lumière de la lampe à carbure, la pioche à la main : un travail de titans !

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DSC_0963Magnifiques moirures d'ocre sur les parois.

70 ans d'exploitation pour creuser et extraire des dizaines de milliers de tonnes d'ocres, pour servir d'épaississant dans les caoutchoucs, pour teinter les enduits de revêtement de façade, faire des teintes pour les crèmes, les tissus... 

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Même si aujourd'hui les colorants de synthèse, moins onéreux, ont entrainé la disparition de cette industrie, les carrières d'ocre abandonnées, resteront longtemps dans les mémoires.

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L'ocre est une substance minérale composée d'argile et d'oyde de fer ou de manganèse. Elle peut prendre plusieurs teintes : colorée en rouge par l’hématite, en jaune par la goethite, ou en brune par la limonite.

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 Cette précision chimique ne rend pas compte de cette beauté de la nature. 

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Les coloristes, comme Van Gogh ne s’y sont pas trompés, ces couleurs sont magnifiques et le contraste saisissant !

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Vestige monumental de l'exploitation de l'ocre, site unique au monde et insolite, ce labyrinthe mystérieux,  nous a fait faire un voyage sous terre, des plus étonnant.

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Dans ce site remarquable, associant richesses naturelles et historiques, nous  avons découvert une page de l'histoire industrielle du Pays d'Apt, et fait une balade, très colorée, et pleine de charme !

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Nous avons fait, ce jour-là une véritable plongée dans l'univers esthétique de l'ocre, qui rend hommage au travail des ocriers, mineurs, mais aussi artistes. 

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Pour en savoir plus sur le Luberon

Office de Tourisme Luberon Cœur de Provence

Laissez-vous tenter par le Luberon. Des villes et villages perchés à la vue incroyable, dont Gordes, l'un des plus beaux villages de France, des sentiers d'itinérance de toute beauté, un patrimoine historique remarquable et une gastronomie reconnue ...

http://www.luberoncoeurdeprovence.com

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