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La province de la Corogne se caractérise par des rias, des bras de mer qui pénètrent dans le continent, en découpant le littoral. On peut y voir trois rias : les rias Altas, les rias Medias et les rias Bajas (baixas).

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La Ria de Muros y Noia est la plus sauvage et la plus belle des Rias Bajas. Elle s'adresse aux amateurs de sites naturels et tranquilles" et  se situe non loin du Cap Finisterre. Peu urbanisée, elle compte néanmoins plusieurs ports de pêche.

 

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Mais l’intérêt réside surtout dans les paysages splendides qu’offre la ria, coincée entre les chaînes de Montes de la Ruña et la Sierra de Barbanza. 

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Des sommets sauvages et désertiques, aux plages d’une beauté extraordinaire, au sable d'un blanc, plus blanc que blanc, on en prend plein les yeux !

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En effet, ce coin est superbe, tranquille avec peu de touristes. On peut y faire de chouettes balades à pieds et les routes pour longer la côte sont quasi désertes, contrairement à celles de la  côte basque.

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 Elles permettent de découvrir de jolis points de vue sur l'océan.

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Muros :

Notre prochaine visite nous mène à Muros, au centre d'interprétation d’un moulin à marée, dont le mécanisme actionné par la force des marées, date du premier quart du XIXe siècle.  Dans la ria de Muros, nous apercevons des élevages aquacoles.

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L'estuaire de Muros, Noia est très productif en crustacés, avec  l'extraction de mollusques bivalves, en particulier des palourdes ou des coques. Il y a deux manières de les capturer : par voie maritime, c'est-à-dire dans un petit bateau traditionnel ou par voie terrestre (la pêche à pied).

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La pêche à pied est l'activité extractive, réalisée principalement par les femmes, sur les plages, avec le râteau, la faucille, ou la racle, utilisés comme engins de pêche. 

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Les moulins à eau de mer de Galice, comme ceux de Bretagne, utilisaient la force des marées pour moudre le blé et le maïs. Celui de Muros comptait six entrées d'eau, avec chacune son propre moulin. 

moulin à marée de muros4Moulin à marée de Muros.

C'est aujourd'hui, quand il est ouvert, un centre d'interprétation des moulins à marée. 

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Au début du siècle dernier, les gens venaient dans ce lieu pour se rendre aux Bains  de Santa Rita, un établissement spécialisé dans la guérison de maladies, grâce à des bains tièdes, à base d'algues et d'eau de mer. 

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Ce moulin est le plus grand de ce type en Espagne, mais plus qu'à sa taille, c'est à son rôle de témoin ethnographique et culturel qu'il doit sa valeur. 

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Sur le front de mer, les maisons à galeries de Muros, et leurs arcades dégagent un certain charme. Muros est un important port de pêche, les bateaux amarrés et les casiers en témoignent, et cette ville abrite aussi un port de plaisance. 

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Noia :

Noia fut fondé près du port, situé à l’embouchure de la rivière Tambre. Sa proximité avec Compostelle en fit, au Moyen Âge, l’un des villages les plus importants de Galice. Selon une légende célèbre, qui est reflétée dans les armoiries de la municipalité, la ville aurait été fondée par Noé, qui l’a nommée Noela, en souvenir de l’épouse de son fils Jafet. Sa condition de port de Compostelle avait l’inconvénient d’attirer l’attention des pirates et des envahisseurs. 

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Nous arrivons au « Petit Compostelle », surnom de la ville de Noia, pour écouter de près les pierres qui parlent. Pour les entendre, il faut accéder à l’église de Santa Maria de Nova, édifiée sur une maison des morts.

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Ce cimetière, qui abrite une grande collection de pierres tombales, a été fait avec de la terre ramenée de Terre sainte dans des galions de Noia, c'est du moins ce que raconte l'une des nombreuses légendes de la région. À l'intérieur de cette église gothique, nous faisons un tour et admirons le jeu de lumières, créé par son impressionnante rosace. Nous nous asseyons pour contempler, avec calme, la chapelle plateresque et l'autel de style baroque. 

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Dans ce temple converti en musée, notre attention est attirée par l'immense quantité de pierres tombales, des corporations de l'époque, qui bordent ses murs. Parmi ces plus de deux cents pierres, il est possible de voir gravés le ciseau et le maillet d'un tailleur de pierre, le couteau d'un boucher, ainsi que l'ancre, caractéristique des marins, ou les figures anthropoïdes des nobles. Les plus anciennes sont celles représentant les métiers du Moyen Âge.

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Nous ne quittons pas Noia, sans avoir visité son vieux centre, abritant de charmantes petites places et des arcades dignes de tout village médiéval.

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L'église Santa Maria de la Nueva construite en 1327 et remaniée au XVIIIème siècle, possède un magnifique portail, aux nombreuses sculptures. Cette église, qui est l’une des plus représentatives du style gothique, a été construite sur un ancien temple roman. Elle possède une seule nef, avec un chevet plat et des murs épais. Au XVIIIe siècle, une sacristie, une chapelle et un portique lui ont été ajoutés. À l’intérieur, il vaut la peine de s’arrêter devant le grand retable de style rococo, ou de visiter la chapelle voûtée des Carneiro, qui s’ouvre sur l’église à travers un arc plateresque et contient plusieurs tombeaux, dont celui de Pedro Carneiro. Les jardins sont parsemés de plaques corporatives artisanales.

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Porto do Son :

Nous terminons notre aventure, du jour, sur les terres de Porto do Son, au sud de Noia, plus précisément au camp fortifié de Castro de Barona. L'accès se fait à pied par un chemin de terre longeant une grande pinède et une belle plage. 

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Les impressionnantes ruines circulaires se trouvent au sommet d'une falaise rocheuse. Elle témoignent de la culture celtique, en Galice, et occupent une avancée rocheuse, battue de toute part par les eaux de l'océan Atlantique. Il faut franchir un profond fossé de 4 m de large, 3 m de profondeur, et deux murailles pour parvenir à la porte d'entrée de cette fortification maritime habitée entre le 1er siècle avant J-C. et le 1er siècle après J-C. 

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Les bases circulaires et ovales d'une vingtaine de maisons sont très visibles. Des restes de métallurgie et de textiles, des pierres taillées et sculptées ont été trouvés sur ce site.  C'est une des jolies découvertes de notre voyage, un petit coin de mer, une touche de poésie, un soupçon de mystère, le tout enrobé d'une aura de celtitude.

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La zone tranquille n'est pas inondée de touristes, et il n’y a pas de frais d’entrée. La petite plage, en contrebas, a des pierres empilées les unes sur les autres, au fil du temps, des précédents visiteurs.

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Le sommet des ruines offre des vues exceptionnelles sur l'océan Atlantique, la plage voisine et les vagues qui s'écrasent contre les rochers. Les falaises servent de lieu de méditation,  toute en bénéficiant de la brise fraîche. 

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Si vous vous décidez à prendre la route de la côte nord de l’Espagne,  ou si vous avez déjà visité la région, n'hésitez pas nous mettre des commentaires et à nous faire partager vos carnets de bord, photos et anecdotes de voyages.

Merci et à bientôt.