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Avec les Asturies, la Galice est l'autre patrie des hórreos. Vous les verrez aussi bien, au bord de la mer, qu'au pied d'une montagne... mais vous n'en verrez pas deux identiques.

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Les greniers caractéristiques de la Galice sont des constructions en pierre et en bois qui s'élèvent du sol grâce à leurs piliers et dont le but est de garder les récoltes. 

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Ils sont propres à l'architecture rurale galicienne et au paysage de la région.

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Pour engranger des récoltes importantes, des hórreos géants ont été construits, surtout au XVIIIe siècle. Mais le plus impressionnant, et le plus connu, reste le hórreo de Carnota, avec ses 22 paires de pieds pour le soutenir. Par curiosité, nous irons donc l'observer de plus près.

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Avec ses 35m de long, 1.90 m de large, il est déclaré monument historique national. Identifié comme le plus long hórreo en Galice, il est impressionnant à voir ! Ce n'étaient pas là des hórreos d'une petite exploitation agricole. 

DSC_1602Horreo de Carnota.

Construit entre 1768 et 1783, et en bon état de conservation, il fait concurrence avec le grenier de la paroisse de Lira qui en possède un semblable, tous deux en pierre, de style fisterrán.

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Ce monument important fait partie d'un ensemble architectural composé de la grange, d'un pigeonnier et de l'église. 

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Nous croisons, juste à côté de l'immense rreo de Carnota, un  plus petit, qui semble délaissé par les visiteurs, compte tenu de ses mensurations. Nous faisant pitié, nous le photographions aussi.

 

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On trouve des rreos répartis dans toute la province, rares dans certaines zones et surabondants dans d'autres. Cependant l' hórreo de Galice est différent de celui des Asturies, (voir à la fin de l'article).

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Son plan est rectangulaire, de 1,5 m à 2 m de largeur et de longueur variable. La toiture est à deux pentes. Il repose sur des piliers de pierre surmontés d'une pierre plate, en débord, comme protection des rongeurs, ou bien sur les murs d'une petite pièce. 

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Le corps du grenier peut être tout en bois, tout en pierre (sauf la porte), ou bien constitué d'une structure en pierre et un remplissage de bois (hórreo mixte).

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De nos jours, la brique creuse a souvent remplacé le bois dans ces greniers. Divers matériaux couvrent la toiture généralement ornée d'un épi de faîtage à chaque extrémité. Conserver la récolte de céréales était vital pour ces peuples d'agriculteurs : c'était assurer la nourriture de l'année. Chaque exploitation, ou presque, avait donc son hórreo

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Il semble en fait spécifique au stockage du maïs, céréale récoltée tardivement dans la saison et demandant un séchage supplémentaire pour sa conservation. Surtout dans ces régions atlantiques assez humides. Conserver la récolte de céréales était vital pour ces peuples d'agriculteurs : c'était assurer la nourriture de l'année. Chaque exploitation, ou presque, avait donc son hórreo

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Et, de nos jours, on en construit toujours pour conserver le maïs. Les plus récents que j'ai pu observer et qui étaient datés remontaient à la dernière décennie du XXe siècle.

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Il doit y avoir plusieurs dizaines de milliers de hórreos en Galice, des petits, des grands, près des maisons, au centre des vieux villages, en bord des rías ou de la mer, isolés ou parfois groupés.

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Les greniers sont élevés au-dessus du sol sur des piliers de granit, cylindriques ou de section carrée, parfois octogonale, ou plus ouvragés. Ces piliers sont posés sur des pierres ou des murets, parfois le mur même de clôture de la propriété.

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Tous les hórreos ne portent pas d'épis de faîtage : c'est le cas des greniers en bois couverts de tuiles. Mais aussi parfois sur les deux autres types.

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Protéger les récoltes de l'humidité et des rongeurs ne suffisait pas ; encore fallait-il les garantir contre les forces mauvaises qui pouvaient tout gâcher. Et la mythologie des Asturies est très riche en sorcières, gnomes et autres êtres farceurs. D'où ces signes géométriques et ces dessins symboliques, aujourd'hui très effacés, qui ornaient nombre de hórreos pour en conjurer les mauvais sorts .

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Les hórreos deviennent un symbole de richesse pour les agriculteurs. Ces derniers les décorent avec, par exemple, une horloge solaire, ou des clochers en bois, des épis, un à chaque extrémité de toiture. La croix est fortement représentée (protection de la récolte), et la boule représentant l'épi de maïs (symbole de fertilité), mais aussi des pointes pyramidales et autres formes décoratives.

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Parfois les agriculteurs se groupaient, et l'hórreo était commun, chacun ayant son espace avec sa porte en façade. Ce pouvait être aussi un hórreo lié à un chateau propriétaire des terres exploitées par les paysans, le chatelain recevant sa part. Mais les plus grands appartenaient aux églises. En échange d'une protection spirituelle, ils recevaient une part de la récolte de chaque famille de la paroisse. Et en ces temps-là, la religion était des plus présentes, comme en témoignent les nombreuses églises, que  l'on rencontre dans toute la Galice.

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Les hórreos des Asturies sont différents de ceux de Galice.

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Ce grenier, sur pilotis, indépendant, en bois, de plan carré de 4 à 6 mètres de côté possède un toit à 4 pentes de forme pyramidale, couvert de tuiles canal. 

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Ce petit bâtiment utilitaire, simple et modeste est en fait une construction très élaborée ; Les 4 piliers de pierre sont surmontés d'une pierre plate et débordante qui empèche les rongeurs de pénétrer. Une pièce de bois reposant sur la pierre plate, sert à compenser les différences de niveau et assure le transfert de charge entre cette pierre et le grenier .

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Toute la construction de bois est réalisée sans aucun clou, seulement avec des chevilles, ce qui en fait une construction légère et démontable. Les bois (châtaignier ou chêne du pays aux bonnes propriétés mécaniques), étaient bien sûr choisis, coupés au bon moment et bien stockés.

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Un décret de protection est promulgué en 1973 par l'État espagnol, en faveur de l'ensemble des greniers en Galice et aux Asturies, pour lutter contre les conséquences de l'abandon du mode de vie rural et l'inutilisation de ces greniers. Certains de ces greniers galiciens sont reconnus comme «ensemble historico-artistique ». C'est le cas du grenier, construit en 1768, de Carnota, et du groupe de greniers de Combarro. 30 000 Horreos, recensés, sont concernés par ce type de protection .

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