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Après avoir suivi la route des châteaux du Luberon, traversé une combe, pris quelques virages serrés, nous arrivons à l’entrée de Lourmarin, où un panneau donne le ton : « Plus beau village de France ». Une visite pleine de surprises, nous attend !

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Cet authentique village a su conserver intacte son âme provençale. Il se dresse magistralement sur un petit éperon rocheux, avec son château et beffroi, en fond de décor. 

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Devant nous une forteresse, implantée dans un décor magnifique d’oliviers, de vignes et d’amandiers, se détache dans l’horizon.  

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Nous découvrons, cette imposante masse minérale, qui se dresse fièrement devant nous,  dans un cadre exceptionnel.  

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C'est le premier château Renaissance de Provence, construit en 1526, une pure merveille architecturale. La famille d’Agoult, propriétaire des lieux, et proche du roi François 1er, fera s appel aux plus grands maçons italiens pour construire l’édifice imposant.

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Le château est constitué de deux parties : le château vieux, du XVe siècle, avec sa tour crénelée, et le château neuf, Renaissance, avec ses fenêtres à meneaux, ses galeries à l’italienne, et ses appartements magnifiquement meublés. 

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On y adjoindra, dans les années 1539 à 1542, un superbe escalier à double torsade, un chef d’oeuvre de la Renaissance. Cet imposant escalier d’apparat, à vis, est une curiosité à ne pas manquer. 

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Les meubles brillent comme si le propriétaire venait à peine de quitter les lieux. Un château pour lequel un riche industriel lyonnais, Robert Laurent-Vibert, avait eu un coup de foudre en 1920, malgré son état d’abandon. Il en profitera cinq années, seulement, car il décèdera à 43 ans. C’est à ses Amis de l’Académie d’Aix-en-Provence que reviendra le lègue.

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Quant aux écrivains, tout le village garde en mémoire la présence d’Henri Bosco, auteur de « l’Enfant et la rivière » et du « Mas Théotime », et d’Albert Camus, l’écrivain de « La Peste », qui contribuèrent, tous deux, à faire connaître Lourmarin, dans leurs écrits respectifs. Né en 1913, en Algérie, l’écrivain Albert Camus, viendra à Lourmarin suivre les pas de son mentor et professeur de philosophie à Alger, Jean Grenier. Cette « terre de passage » deviendra rapidement une « terre de patrie », lorsqu’il y achètera une maison en 1958. C’est dans le cimetière du village que repose le prix Nobel de littérature, depuis 1960.

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Nous nous laissons guider vers  le coeur du village, puis nous nous abandonnons, au hasard, en nous enfonçant dans le dédale des ruelles étroites.

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Des portes datant du moyen-âge, des fenêtres à meneaux, des passages voûtés, tout rappelle que Lourmarin a traversé les siècles en conservant son âme intacte. 

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Le village est resté comme figé par le temps !

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A Lourmarin on y cultive un art de vivre à la provençale. Les bars et les restaurants, façon carte postale provençale, sont légion. Lors de journées ensoleillées, il est agréable de s'imprégner de cette douce atmosphère de la belle Provence ! 

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Si Lourmarin a su préserver son cachet provençal, de nombreuses galeries d'art,  s’offrent aux regards des touristes, aux objets très créatifs, aux sculptures étonnantes et peintures contemporaires...

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Le village se resserre en colimaçon, en ruelles étroites, et sinueuses, pour accéder au fameux beffroi (l'horloge). 

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Nous admirons, lors de nos flâneries, les belles maisons anciennes, aux façades restaurées.

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Au détour d'un chemin, toujours une petite placette ombragée, avec une jolie fontaine...

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... des plaques de rues insolites.

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Eté comme hiver, printemps comme automne, le village continue de vivre, grâce à ses bénévoles, au rythme des saisons et de ses nombreuses manifestations historiques, musicales et littéraires.

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Notre périple s'achève, dans les rues médiévales du village, devant le temple protestant, avec l'histoire tragique des Vaudois, qui y ont vécu. À la fin du XVe siècle la population augmente, dans tout l’arc alpin, et de nombreux habitants des hautes vallées descendent dans les plaines, une émigration économique très progressive. Foulques III d’Agoult fait venir en 1470, une colonie de Vaudois venant du Piémont, qui s’installe définitivement dans le village.

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Lourmarin devient une pièce maîtresse, dans l’organisation de la communauté vaudoise, de l’époque, qui s’étend, pendant trente ans, à 24 villages prospères. Les Vaudois mettront en valeur, durant cette période,  les terres marécageuses au Sud du Luberon, puis sur le versant Nord.

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La persécution des Vaudois : Le 18 avril 1545 le village de Lourmarin est incendié, par les troupes de Paulin de la Garde, sous la direction du premier président du Parlement d’Aix, Jean Maynier, seigneur d’Oppède. En avril 1545, 22  autres villages, et 900 autres fermes sont détruites. 

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En cinq jours, 3 000 personnes sont tuées, 670 hommes sont arrêtés et envoyés aux galères, des deux côtés de la montagne du Luberon. Certains sont vendus en esclavage, les terres sont confisquées, les biens pillés sont bradés au dixième de leur prix. Les violences débordent, les villages des alentours seront persécutés aussi.

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Les soldats, venus mettre fin à la guerre civile, détruisent les cultures, des troupeaux entiers sont tués, et un certain nombre de paysans se retrouvent réduits à la famine. Une partie des survivants retournera dans le Piémont, d’autres partiront en Amérique du Sud.

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On ne peut qu'avoir un petit pincement au coeur devant un tel massacre ! 

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Telle une colombe, j'aime survoler ces villages du Luberon, au milieu des oliviers, et vous faire partager ces instants de bonheur ! Vos commentaires sont toujours les bienvenus, à bientôt !