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J'ai voulu, dans cet article, rendre hommage à l'écrivain Britannique, Peter Mayle, que j'aime beaucoup, ayant toute sa collection de livres, sur la Provence, et qui est décédé le 18 janvier 2018, à l'âge de 78 ans. L’ancien publicitaire est devenu un célèbre écrivain, dans le monde entier, grâce à son livre : "Une année en Provence"

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Il retrace les douze mois qui ont suivi son déménagement, en 1987, de l'Angleterre vers la Provence. Ses tribulations pimentées,  deviendront un best-seller international, avec plus de 6 millions d'exemplaires, traduits en 40 langues. Ce qu'il aimait le plus dans le Vaucluse et en particulier le Luberon : La simplicité de la vie rurale et les paysages magnifiques".  

Jennie Mayle

Peter Mayle et sa femme Jennifer.

Tombé amoureux de cette région, il quitta les brumes de Londres pour s’installe, avec son époue Jennifer,  dans un petit village du Luberon en 1987, à Ménerbes, puis ensuite à Lourmarin et enfin Vaugines, en dernier lieu. 

vauginesLe petit village de Vaugines.

Peter Mayle nous confesse dans son livre "une année en Provence", son amour pour la Provence, ses habitants et leur art de vivre ! Les courses au marché, les parties de pétanque, les plaisirs de la table, les déjeuners qui n'en finissent pas, la recherche des truffes, la chasse, la cueillette des cerises et des champignons, les vendanges, les courses de chèvre, la visite des caves, l'hibernation pendant l'hiver, le réveil au printemps....

ménerbesMénerbes.

Il se convertit rapidement aux us et coutumes locales. Ce livre sent bon le soleil et la lavande. Il fouette comme le mistral. Il a la saveur de l'huile d'olive et du pain aux herbes. Il rafraîchit comme le rosé dont on débouche une bouteille sous le cagnard. Il se savoure avec la lenteur d'une partie de pétanque.

peter mayle

On ne peut que s'attacher à ce couple, on rit de leurs petites aventures, du pittoresque des habitants qu'ils ont fréquentés. On s'attache à cette partie de la France, à ses habitants, en voie de disparition, hélas. Cela vaut le coup de lire ce livre, on en oublie même ses soucis, une oreille bercée par le chant des cigales...

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Voici quelques extraits, que j'ai recopiés, de son livre à succès : "Une année en Provence, qui vous fera aimer, j'en suis sure la Provence, bonne lecture :

Sa maison dans le Luberon :

« Nous étions souvent venus ici en touristes, cherchant désespérément notre ration annuelle de vraie chaleur et de lumière éclatante. Chaque fois on repartait, le nez pelé et le cœur lourd de regrets, nous nous promettions de venir un jour vivre ici. Nous en avions discuté au cours des interminables hivers de grisaille et des humides étés verdoyants… Et maintenant, non sans nous surprendre, nous-mêmes, nous avions sauté le pas. Nous avions acheté une maison, nous avions pris des leçons de français, nous avions fait nos adieux, nous étions devenus des étrangers sur la terre française. »

maison peter mayleLa propriété de Peter Mayle, dans le Luberon.

Le patois provençal :

C'était un patois superbe et confus qui émanait du fond de la gorge et subissait un brouillage subtil dans les fosses nasales avant de faire surface sous forme de paroles. A travers les remous et les tourbillons du provençal, on arrivait à vaguement reconnaître des sons à demi familiers : demain devenait demang, vin devenait vang, maison devenait mesong, pain devenait paingue. Cela en soi n'aurait pas été une difficulté si les mots avaient été prononcés à la vitesse normale de la conversation et sans enjolivure supplémentaire, mais ils étaient débités à un rythme de mitrailleuse, souvent agrémentés d'une voyelle accolée à la fin pour le plaisir. 

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 Le Luberon :

« Les montagnes du Luberon culminent à près de mille mètres d’altitude, et s’étendent en plis profonds, sur une soixantaine de kilomètres d’est en ouest. Cèdres, pins et chênes verts leur assurent un verdoiement perpétuel et abritent lapins, et gibier à plume. Fleurs sauvages, thym, lavande et champignons poussent entre les rochers et sous les arbres. Du sommet par temps clair, on distingue les Basses-Alpes d’un côté et la Méditerranée de l’autre. Durant presque toute l’année, on peut marcher huit ou neuf heures sans apercevoir une voiture ni un être humain. »

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Les vignes :

« Nous adorions les vignes : avec leurs rangées bien alignées, au flanc des coteaux, leur façon de viver du vert tendre au vert foncé, puis au jaune et au pourpre lorsque le printemps et l’été cédaient la place à l’automne, la fumée bleutée, à la saison de la taille quand on brûlait les vieux sarments, les ceps taillés qui hérissaient les vignobles dénudés en hiver, elles étaient  plantées pour rester là. »

vignes

vignes

Les repas

Il constate qu'ici chacun respecte un rituel ancestral : « A midi pile, on arrête le travail pour un long déjeuner pantagruélique. Tout se situe au plus haut degré, soit qu’il s’agisse de la quantité ou de la qualité : « C’était un repas que jamais nous n’oublierons : plus précisément, c’était une succession de repas que nous n’oublierons jamais car cela dépassait les frontières gastronomiques de tout ce que nous avions connu, aussi bien en quantité qu’en durée… Ce soir-là nous avons mangé pour l’Angleterre tout entière. » Ce qui le frappe c’est la grande consommation de vin, boisson emblématique du French paradox, et l'exactitude du repas de midi. « Le Provençal a une horloge dans l’estomac. Et le déjeuner constitue son unique concession à la ponctualité. On mange à midi ! Et pas une seconde plus tard. »

repas

Les truffes

Les amateurs de truffes sont légions dans le Vaucluse. « Debout, l’homme contemplait la mousse et les broussailles autour des racines d’un vieux chêne-liège. Il avait la jambe droite enfoncée dans une cuissarde de pêcheur en caoutchouc vert. À l’autre pied, une chaussure de course. Il tenait devant lui un long bâton et portait un panier à provisions en plastique bleu. » 

Cochon_truffier

Les chasseurs :

« Dans l'originalité le rejoint le chasseur de sanglier, qui est aussi l’épicier du village »Peter Mayle ne peut supporter ce tueur de marcassins et, d'une façon générale, la soif de sang des chasseurs provençaux.  «  Je vis en revanche assez de chasseurs, de chiens et d'armes pour exterminer toute la population de grives et de lapins du midi de la France.... Ils étaient rassemblés par petits groupes dans les clairières, riant, fumant, buvant une gorgée de leurs flasques kaki, découpant des tranches de saucisson. De chasse proprement dite, l'homme jouant au plus fin avec la grive, pas trace. Ils avaient brûlé leur ration de cartouches lors de la fusillade matinale. » Peter Maye il oublie ses beaux principes devant un lapin de garenne que son épouse avait accommodé en civet. « J’en repris deux fois. La sauce, épaissie de sang, était merveilleuse. »

lapins

 Le vigneron

« C'était fascinant. Il m'expliquait la partie précise du vignoble, dont provenait chacun des vins  et pourquoi certains coteaux produisaient des vins plus légers ou plus lourds. Chacun des crus que nous dégustions était accompagné d'un menu imaginaire, évoqué avec force claquement des lèvres, les yeux levés vers le paradis des gastronomes.

vin Nous dévorâmes ainsi, en pensée, des écrevisses, du saumon à l'oseille, du poulet de Bresse au romarin... La qualité des vins s'améliorait progressivement en même temps que leurs prix montaient : j'étais entre les mains d'un expert et je ne pouvais rien faire d'autre que de me carrer sur mon siège et de savourer.  »

vin

Le climat :

« Les effets du climat, sur les habitants de la Provence sont immédiats et évidents. Ils attendent tous les jours le soleil, leur humeur en souffre quand il ne se montre pas. Quant à la pluie, ils la  prennent comme une offense personnelle : ils secouent la tête en échangeant entre eux leurs doléances dans les cafés, ils contemplent le ciel avec une profonde méfiance, comme si une nuée de sauterelles allait s’abattre sur le village, et ils cheminent d’un pas dégoûté parmi les flaques d’eau. S’il survient quelque chose de pire encore qu’un jour de pluie, par exemple si le thermomètre descend en dessous de zéro, le résultat est stupéfiant ; le gros de la population disparait. »

climat

Les marchés :

« Un bon dimanche comprend toujours un voyage au marché et, à huit heures, nous étions à Coustellet. Le terre-plein derrière la gare désaffectée était encombré de camions et de camionnettes vieillissantes, chacun avec une table à tréteaux disposée devant. Un tableau noir affichait les cours du jour pour les légumes. Les marchands, déjà hâlés par l’air des champs, dévoraient croissants et brioches sortis encore chauds. Nous regardâmes un vieil homme trancher sur toute sa longueur une baguette avec un couteau de poche à manche de bois et la tartiner d’une généreuse couche de fromage de chèvre frais, avant de se verser un verre de vin rouge de la bouteille, qui lui permettrait de tenir jusqu’au déjeuner….Pour  le reste de la saison, du printemps à l’automne, il n’y a là que la population locale et les paysans qui apportent ce qu’ils ont cueilli quelques heures plus tôt, dans les champs ou sous leurs serres. »

marché CoustelletMarché de Coustellet.

L'hiver :

« Comme le froid persistait à la mi-janvier, le silence s’abattit sur les bourgs et les villages. Les marchés hebdomadaires, animés et bruyants en temps normal, se réduisaient à un noyau d’intrépides commerçants prêts à affronter les engelures pour gagner leur pitance, battant la semelle et buvant de temps en temps une petite goutte de leur flasque. Les clients ne s’attardaient pas : ils achetaient et s’en allaient, prenant à peine le temps de compter leur monnaie. Les cafés barricadaient portes et fenêtres et fonctionnaient dans une forte odeur de fumée de tabac. On ne trainait plus dans les rues…. Maintenant, c’était le silence. Des heures durant, dans la vallée, tout était silencieux et désert. »

marché l'hiver

Le pain :

« En France, nous étions devenus des intoxiqués de la planification et c'était un plaisir toujours renouvelé de choisir et d'acheter notre pain quotidien....Une révélation ! Nous essayâmes les miches compactes de Lumières, qui exigeaient une mastication appliquée, plus grasses et plus plates que la baguette ordinaire, et les boules à croûte sombre de Cabriès, grosses comme des ballons de football dégonflés. Nous apprîmes quels pains se garderaient toute la journée et lesquels seraient rassis au bout de trois heures. Le meilleur pain pour confectionner des croûtons à tartiner de rouille, avant de les lancer dans les ondes d'une soupe de poissons. »

pain

Le mistral :

« Nous étions bien mal préparés, quand le premier mistral de l'année déboula en hurlant dans la vallée du Rhône, vira à gauche et vint fouetter le mur ouest de la maison avec assez de violence pour faire valser quelques tuiles dans la piscine et arracher de ses gonds une fenêtre imprudemment laissée ouverte. La température baissa de vingt degrés en vingt-quatre heures. Elle tomba à zéro, puis à moins six. [...] Un matin, dans un bruit de branches sèches qui se brisent, les canalisations éclatèrent les unes après les autres sous la pression de l'eau qui du jour au lendemain avait gelé à l'intérieur. Elles pendaient du mur, gonflées et obstruées par la glace. M. Colombani les examina de son regard professionnel de plombier. "Oh là là ! Fan de lune ! fit-il. [...] De la plomberie de Côte d'Azur. A Cannes ou à Nice, ça ferait l'affaire, mais ici... »

mistral

La Côte d’Azur :

« Je me demandais ce qu’il y avait sur la Côte d’Azur pour qu’elle continue à attirer chaque été de telles hordes. De Marseille à Monte-Carlo, les routes n’étaient qu’un long cauchemar, et tout le bord de mer était recouvert d’un tapis vivant de corps rôtissant au soleil, flancs huileux contre flancs huileux. Egoïstement, j’étais content qu’ils aient voulu passer leurs vacances-là, plutôt que dans les espaces dégagés du Luberon, au milieu d’indigènes plus affables. »

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Vacanciers :

« Je regrettais presque de ne pas pouvoir passer le mois d’août à Saint Tropez, pour y retrouver le demi-million de vacanciers incontinents qui s’y trouvaient déjà. Avec deux millions d’autres, ils étaient arrivés du Nord…

st-tropez

Un weekend extrêmement condensé : on avait signalé un bouchon d’une trentaine de kilomètres sur l’autoroute à la hauteur de Beaune, quiconque franchissait le tunnel de Fourvières en moins d’une heure pouvait s’estimer heureux. Radiateurs de voiture et tempéraments s’échauffaient. Pour les dépanneurs c’était le meilleur weekend de l’année. A la fatigue et à l’impatience succédaient des accidents. C’était traditionnellement le terrible début du mois d’août, et l’épreuve allait se répéter quatre semaines plus tard dans la direction opposée, avec le weekend des retours. »

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« Pour l’essentiel, le flot des envahisseurs s’écoulait vers la Côte d’Azur, à quelque distance de nous, mais il y en avait quand même des milliers qui passaient par le Luberon, bouleversant le caractère des marchés et des villages, fournissant à la population locale un nouveau thème autour duquel philosopher à l’heure du pastis.

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Les habitués des cafés trouvaient leur place prise par des étrangers et s’installaient au comptoir en maugréant sur les inconvénients de la saison des vacances : boulangerie à court de pain, voitures garées devant votre porte, horaires étranges et tardifs des visiteurs. On convenait avec des hochements de tête ponctués de soupirs que, bien sûr, les touristes rapportaient de l’argent à la région. Néanmoins, on reconnaissait en général que c’étaient de drôles de numéros ces aoûtiens. »

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Les étrangers :

Les Belges, disait-on, étaient responsables de la majorité des accidents de la route, en raison de leur habitude de conduire au milieu de la chaussée, obligeant le conducteur français, dont la prudence est légendaire, à rouler dans le fossé pour éviter d'être embouti. Les Suisse et les éléments non campeurs de souche allemande étaient accusés de monopoliser hôtels et restaurants et de faire grimper les prix de l'immobilier. Quant aux Anglais... Ah, les Anglais, ils étaient réputés pour la fragilité de leur appareil digestif et leur obsession de la tuyauterie et des installations sanitaires. 

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Lors d'une interview  : Vous êtes devenu une célébrité dans la région !
Réponse de Peter Mayle : "Ah oui ! L'autre jour, je vois un car de Japonais s'arrêter chez moi et déverser sa cargaison de touristes dans mon jardin. Devant mon étonnement, l'un des visiteurs m'a montré son programme imprimé : ma maison fait partie des
 monuments à visiter. Personne ne m'avait averti. Cela dit, mon chien était ravi et pose volontiers pour les photos. Je précise que je suis très content de faire ce que je fais : manger de bonnes choses, vivre dans un pays magnifique et faire la sieste dans un hamac. Que demander de plus à la vie ?

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Pour conclure Ce livre est un régal et un hymne à la Provence. Il se lit comme on boit l'apéro à la fraîche. On le déguste, on a en permanence le sourire aux lèvres, tout y est si vrai ! Lorsque j'ai eu ce livre entre les mains, et dès les premières pages, je me suis engouffrée dedans,  car c'est un pur régal ! Je vis depuis 18 ans en Provence, dans le Luberon, et je peux vous dire que ce livre est d'une justesse désopilante sur la culture provençale. Facile à lire, nous suivons mois par mois ces tribulations, Made in Provence, entre les ouvriers qui doivent faire les travaux chez lui, ses voisins paysans, et ses découvertes du terroir et de notre sacro sainte vénération en matière de gastronomie. Une écriture légère et une analyse fine et tintée en permanence d'humour british qui ne cesse de vous donner le sourire, page après page. Les portraits croqués, les us et coutumes, les plaisirs et les déconvenues, tout y est pertinent. De quoi aussi apprendre à se réconcilier avec les hauts, les bas de nos vies et aussi les gens et le monde en général.... Il fait bon lire de telles choses, qui derrière un propos banal, démontrent une belle philosophie de vie. Merci Peter !

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Ses Romans

  • Une année en ProvenceNiL1993 
    Provence toujours, NiL, 1995 
  • Hôtel Pastis, NiL, 1996 
  • Le Diamant noir, NiL, 1999 
  • La Femme aux melons, NiL, 1998 
  • Le Bonheur en Provence, NiL, 2000 
  • Aventures dans la France gourmande
  • Un bon cru, NiL, 2005 
  • Confessions d’un boulangerPoints2006 
  • Château l'Arnaque, NiL, 2010 
  • Embrouille en Provence, NiL, 2013
  • Embrouille en Corse, NiL, 2016 
  • Dictionnaire amoureux de la Provence 

Connaissez-vous Peter Mayle, avez vous déjà lu quelques uns de ses livres ! Merci d'avance pour vos commentaires et pour la gentillesse que vous y apportée ! Bonne journée, à bientôt.