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Je vais partager avec vous, dans cet article, un village typique du Vaucluse, où je peux revenir, indéfiniment, sans jamais avoir l'impression de le connaître : Roussillon.

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Le rouge des carrières d'ocre, cernant le village, le rouge des façades, le rouge de ses amours malheureuses (voir légende à la fin de l'article)... 

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Bâti sur un éperon rocheux, au-dessus de la plaine du Luberon, Roussillon porte haut son originalité, dans cette région qui égrène les villages perchés, comme autant de trésors.

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Ce petit village a quelque chose d'indescriptible qui rend véritablement unique chacune de mes visites. 

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C'est l'un des endroits qui figure sur tous les guides touristiques de la région, et parmi les 100 plus beaux villages de France.

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Si Roussillon ne doit pas la couleur rousse de sa terre à du sang, (voir légende à la fin de l'article), il a bien comme toile de fond un paysage de falaises écarlates, constituant les plus riches carrières d'ocre de France. 

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Edifié lui-même sur un piton appelé le mont Rouge, le village offre un spectacle d'une rare beauté : des falaises déchiquetées aux noms pittoresques : Chaussée des Géants, Val des Féées, falaises de Sang. 

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Elles déclinent plusieurs teintes de rouge, jaune et marron, au milieu d'une végétation de pins, verdoyante.

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Le mieux est de découvrir Roussillon un matin ensoleillé, en arrivant par la route de Saint Saturnin les Apt, la vue est alors magique, le village apparaissant au sommet d'une colline abrupte, avec ses teintes rouges avivées par le soleil. 

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Roussillon, au cœur du plus important gisement ocrié du monde, doit sa célébrité  à ses impressionnantes carrières d'ocre. 

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Ici l'ocre est partout, dans le paysage, sur les maisons... Les enduits des façades présentent une large palette de couleurs, du rouge sang, au jaune pâle, c'est vraiment magique ! 

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De même que les autres villages perchés, du Luberon, Roussillon doit son charme à ses ruelles étroites, égayées de fleurs, ses fontaines rafraîchissantes, et à ses petites places animées de terrasses de café, où il fait bon s'asseoir d'urant les heures chaudes de l'été.

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De la petite place de la Mairie, dominée par la tour de l'Horloge, à la table d'orientation, située tout en haut du bourg, et d'où le superbe panorama se déploie sur tout le pays d'Apt, surgissent, tour à tour, les étroites façades badigeonnées de pourpre à l'écarlate.

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En parcourant ses ruelles et ses escaliers, en contemplant ses façades, souvent simples et naturellement belles, on admire le résultat d'un savoir-faire plus que millénaire.  

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 Ici l'homme a su spontanément se fondre dans la splendeur d'une nature généreuse.

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La sinueuse rue centrale, qui conduit au sommet du village, est bordée de jolies maisons des 17 et 18e siècle, de galeries d'art, et de boutiques de produits provençaux.

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Elles se parent, elles aussi, de mille feux pour attirer l'oeil des touristes fascinés.

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C'est une cinquantaine d'artistes qui sont représentés dans le village. Roussillon, village des ocres, redevient le village de l'art et conforte son image dans la vallée du Luberon. Voici quelques endroits qui ont attiré notre attention :

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- La place de la Mairie : belles maisons du 18ème, c'est le centre d'animation du village.

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 - les belles fontaines fleuries : 

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- Une succession de passages voûtés, d'escaliers et de ruelles : où il fait bon se perdre, en admirant les subtiles nuances d'ocre qui embellissent les façades.

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- L'église St Michel :  L'église primitive remonte au 11ème siècle et se situait à l'intérieur des fortifications, face au château. Très remaniée au cours des temps, on remarquera son chœur 18ème, les fonds baptismaux et la statue de Saint-Michel. L'église, point culminant du village, possède une belle façade. 

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- Le belvédère : Près de l'église qui jouxte une falaise, l'on découvre, un large panorama à 360°, du Luberon aux Monts de Vaucluse, avec une table d'orientation.

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 Lorsque les derniers rayons du soleil viennent illuminer les façades, aux couleurs multiples, le vert mêlé aux enduits ocres des maisons, offre un spectacle enchanteur. 

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Une végétation exubérante envahit les terrasses de Roussillon.

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Les couleurs des maisons, qui se confondent merveilleusement avec celles des proches carrières d'ocre, parviennent à nous réchauffer le cœur, même en cette période hiver !

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- La tour-beffroi : est une ancienne tour défensive du Castrum. Enceinte fortifiée, le beffroi a été remanié au 19ème siècle, en clocher annexe de l'église.

DSC_0493Beffroi.

 Un escalier extérieur permet d'en rejoindre le sommet.

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- La Bistourle : La première ruelle, sur la gauche, permet de gagner l'ancien chemin de ronde, qui joignait deux tours des remparts, d'où le nom du quartier de la Bistourle.  

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Cet endroit permet d'avoir un beau point de vue sur le village et les alentours. 

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- La découverte du sentier des ocres : A partir de la place principale de Roussillon, des panneaux indiquent le "sentier des ocres". Il faut compter 1 h pour cette promenade à travers les anciennes carrières d'ocre, usées par le vent, et l'érosion. Le matin ou le soir, au coucher du soleil, la balade prend tout son sens, quand la lumière se fait plus subtile, et dévoile toutes les nuances de cette terre ocre, aux multiples couleurs.

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- L'exploitation de l'ocre : A la fin du XVIIIe s., l'exploitation de l'ocre débute dans les carrières autour de Roussillon, sous l'impulsion d'un habitant du village, Jean-Etienne Astier. Près de 18 nuances d'ocre en sont extraites, faisant vivre le bourg et lui apportant une renommée internationale dans le domaine de la teinture. Au début du XXe s., l'apparition des colorants synthétiques fera décliner cette industrie.

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- Le Conservatoire des ocres : Installé dans l'ancienne usine Mathieu, sur la D104, en direction d'Apt, le Conservatoire des ocres et pigments appliqués, ouvert à tous, raconte cette belle aventure industrielle qu'est l'exploitation des carrières.  

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Des stages d'initiation, aux techniques et matériaux, aux pigments et colorants y sont proposés. 

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L'ocre : utilisée depuis la préhistoire, exploitée depuis l'occupation de la Provence par les romains, n'est véritablement devenue un produit industriel que grâce à l'intuition du roussillonnais Jean-Etienne Astier.

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C'est lui qui, à la fin du 18ème siècle, eut l'idée de laver les sables ocreux, pour en extraire le pigment pur. Fortement concurrencée par les colorants synthétiques, l'ocre naturelle demeure pourtant, dans certaines de ses utilisations, un produit inégalable. 

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Roussillon fait partie des must du Luberon, et mérite vraiment un détour.  Les ruelles étroites du village, l'église, le sentier des ocres, sont un véritable voyage dans le temps ! 

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Cette balade, dans le village, fut différente de la précédente, mais je suis certaine que mon prochain passage m'apportera encore son lot de découverte et d'émotions nouvelles. 

DSC_9082Peinture en trompe l'oeil sur une porte.

Nous ne nous lassons jamais de ce village, et de son site magique, qui ressemble à une palette de peintre, aux couleurs flamboyantes !  

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- La légende de Roussillon : Raymond d'Avignon vient de découvrir que sa femme est tombée amoureuse de son page. Fou de rage, il tue le jeune homme pour lui arracher le coeur... qu'il offre tout sanglant sur un plateau à son épouse infidèle. Désespérée, elle se jette de la falaise de Roussillon. Son sang forme aussitôt une source qui colore la terre alentour. Ainsi serait né la couleur de Roussillon.

Que voir dans les environs : Gordes, Ménerbes, Oppède le Vieux, l'Isle sur la Sorgue, Fontaine de Vaucluse, Apt...

A bientôt pour d'autres aventures.