acqueduc de Galas

Chemin faisant, nous allons vous faire parcourir, aujourd’hui, l’histoire du plus imposant des canaux du Vaucluse : le canal de Carpentras.

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Au départ de Pernes, en direction de Carpentras, ou en direction de L'Isle sur la Sorgue, Fontaine de Vaucluse, Cavaillon et Mérindol, ce sont 170 km de berges qui s’offrent aux promeneurs pour de belles balades au fil de l’eau.

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 Au fil de notre parcours, nous longeons le canal et découvrons ses différents ouvrages. Nous croisons des parcelles de vignes, de cerisiers, d’abricotiers, d’oliviers, de blé et de légumes de plein champ…

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Dès le XVIe siècle, divers projets étudient, sans succès, les possibilités de dériver les eaux de la Durance pour irriguer la plaine du Comtat Venaissin. Ce n’est qu’en 1849 qu’un syndicat provisoire voit le jour. Le projet est retenu et l’on s’attelle, à partir de 1853, à la réalisation du projet.

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Ce dernier est porté à bout de bras par Louis Giraud, maire de Pernes-les-Fontaines, et conseiller général de Vaucluse, mais les difficultés s’accumulent : manque d’argent, abandon des chantiers, avaries graves, procès interminables….

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Inauguré en 1857 par l'Impératrice Eugénie et son fondateur, Louis Giraud, après plus de 4 siècles d'études et de travaux herculéens, le Canal de Carpentras a fait du Comtat Venaissin ce havre de fraîcheur et de verdure que nous connaissons.

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De sa « source », la prise d'eau dans la Durance, jusqu'à son exutoire, le Canal parcourt 65 km, auxquels s'ajoutent 725 kms de canaux secondaires, essentiellement dans le Vaucluse.

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Il emprunte 10 aqueducs et plus de 150 ponts de pierre qui permettent aux chemins vicinaux de franchir le canal.

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A plusieurs reprises, le canal doit enjamber des vallons. Dans ces cas-là, on a construit des aqueducs. Parmi les principaux, on compte l'aqueduc de Galas, à Fontaine de Vaucluse, haut de plus de 20 mètres...

acqueduc de GalasAqueduc de Galas à Fontaine de Vaucluse.

...ou encore celui de Carpentras au-dessus de l'Auzon.

DSC_7842Aqueduc de Carpentras.

Cet ouvrage traverse 34 communes et permet de passer de 13 000 à 26 000 hectares de terres cultivables. Aujourd’hui, les superficies irriguées dépassent  36 000 hectares et l’eau est acheminée sous pression jusqu’à 500 m d’altitude.

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 Le canal est aménagé le plus haut possible, tout au long de son trajet. Voilà pourquoi son tracé passe par les collines surplombant les plaines agricoles. Néanmoins, une pente de 25 centimètres par kilomètre nécessaire au bon écoulement des eaux est maintenue. Le dénivelé total entre la Durance et le débouché dans l'Aigues est donc de 16m. 

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Il a révolutionné l’agriculture et les paysages du Comtat Venaissin : il a permis aux cultivateurs de surmonter les crises économiques de la seconde moitié du XIXe siècle (phylloxéra, ruines des commerces de la garance et de la soie) par une spécialisation dans des cultures, nécessitant à la fois la chaleur et une eau abondante : fruits, légumes et fleurs.

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Aujourd'hui, s'il fait partie intégrante de notre paysage familier, nous avons encore du mal à imaginer les transformations qu'il a apportées. Il a façonné ce pays aride et hostile, en plaine fertile. De nos jours c’est un véritable jardin potager, maraîcher et verger de la France. Cette  irrigation a permis l'essor d'une agriculture moderne, diversifiée et de qualité.

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Le canal de Carpentras est indispensable pour les cours d'eau, en période de sécheresse, comme actuellement où il est tombé à peine 10 mm depuis 5 mois.

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C’est également un collecteur des excès d’eau de pluie. Il permet aussi de lutter contre les incendies, et de réapprovisionner les nappes phréatiques. Il alimente les étangs de pêche et de loisirs, lieu d’implantation d'une faune et d'une flore diversifiée. Il est, aussi, un lieu de promenades, avec ses nombreux sentiers et ses rives toujours accessibles.

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Un parcours riche en ouvrages d’art, qui nous permet de croiser : ponts-aqueducs, vannes, évacuation des eaux excédentaires, ponts ou siphons... Il offre également un bon aperçu du patrimoine rural comtadin.