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Après avoir découvert le conservatoire des ocres à Roussillon, une visite s’imposait dans les mines du Bruoux, véritable Cathédrale de couleur, sculptée par des ocriers.

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Ce voyage sous-terre est un véritable témoignage de la vie des hommes, de la région d’Apt, à l'époque de l'exploitation de l'ocre au 19e siècle. Le gisement d'ocre du Vaucluse (celui de Mormoiron et d'Apt), est le plus important de France, et selon certains, considéré comme étant le plus riche du monde.

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Les ocres colorent les paysages du Luberon. Suite au retrait de la mer il y a plusieurs millions d’années, les gisements calcaires accumulés ont été transformés en sable ocreux sous l’effet de pluies.

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L ’ocre fut tout d’abord utilisée pour des peintures rupestres, puis fut redécouverte au moment de la Révolution et commercialisée pendant un siècle dans le monde entier pour ses propriétés colorantes inaltérables. Pigment naturel, l'ocre fait aujourd’hui un retour en force, redonnant vie à de nombreuses activités, touchant la peinture, la décoration, la poterie et le bâtiment.

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Les premières carrières s'ouvrent, on en dénombre 17 souterraines et 32 à ciel ouvert, en 1900, représentant 14 600 tonnes d'ocres.  La production augmente pour atteindre 36 000 tonnes dans les années 1910. Malgré la Première Guerre Mondiale la production va finalement atteindre son apogée, avec 40 000 tonnes en 1928, dont 90 % est exporté à travers le monde. 

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Malheureusement l'arrivée des colorants synthétiques va bouleverser la donne, cette industrie en plein essor va être fauchée dans sa lancée, à partir de 1929, en pleine crise, la production s'effondre brutalement, le marché se restreint et certaines sociétés mettent la clé sous la porte.

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Des usines de traitement s'adjoignent aux carrières dans les petits villages (comme à Roussillon : l'usine Mathieu, voir précédent article). Alors que les carrières de Rustrel et de Roussillon sont à ciel ouvert, celles du Bruoux, au milieu d'une forêt de pins, sont souterraines. DSC_7749

Le gisement d'ocre de Gargas, qui s'étend sur une vingtaine de kilomètres, est le seul à regrouper toute l’histoire de l’exploitation de l’ocre, de ses débuts jusqu’à ce jour avec la dernière carrière d’Europe en activité : la SOF (Société des Ocres de France) . 

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On se souvient ici que, l'ocre du Luberon était autrefois exploitée dans des mines, creusées dans les falaises à la lumière de la lampe à carbure, la pioche à la main : un travail de titans !

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C'est à partir de la fin du 19ème siècle que l'extraction, le traitement et la commercialisation, prennent un essor considérable, notamment par la construction du chemin de fer. 50 km de galeries ont été façonnées sur ce site à partir de 1848, qui s'arrêta peu après la seconde guerre mondiale.

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Escaliers creusés à même la roche.

Ensuite, dans les années 50, elles seront transformées en champignonnières, pendant quelques années. 

20170917_173249Traces de l'ancienne champignonière.

70 ans d'exploitation pour creuser et extraire des dizaines de milliers de tonnes d'ocres, pour servir d'épaississant dans les caoutchoucs, faire des teintes pour les crèmes, les tissus...

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Aujourd’hui, les vestiges de l’ancienne carrière de Bruoux, est ouverte au public. Par petits groupes, et munis d'un casque, un guide nous accompagne dans les galeries, empruntes du travail des hommes. Un parcours de 650 mètres de galeries a été aménagé, en toute sécurité, dans ce site majestueux, associant richesses naturelles et historiques.

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Personnages étranges rencontrés lors du parcours.

Des galeries impressionnantes, voûtées, en forme d’ogive ou en plein cintre, pouvant atteindre 15 m de haut, forment une véritable cathédrale minérale.

20170917_174627Nappes phréatiques, dans les galeries souterraines.

Nous avons fait, ce jour-là une véritable plongée dans l’univers esthétique de l’ocre, qui rend hommage au travail des ocriers, mineurs, mais aussi artistes. Mieux vaut se munir d'un vêtement chaud (T° 10°) et de chaussures de marche, car le parcours, aller et retour, fait plus de 1.5 km, (visite : 50 mn).

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A l’extérieur, la grande esplanade comporte de nombreux sentiers de promenade.

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Le bâtiment d’accueil s’intègre harmonieusement au site. Un théâtre de plein air, au mur de scène ocre accueillait, dans cet environnement exceptionnel, des anciennes voitures.

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Vestige monumental de l'exploitation de l'ocre, site unique au monde et insolite, ce labyrinthe mystérieux,  nous a fait faire un voyage sous terre, des plus étonnant. Nous y avons découvert une page de l'histoire industrielle du Pays d'Apt. 

Mines du BruouxPetit montage, dans les mines d'ocre, à l'occasion des fêtes d'Halloween.

TARIFS:

Adulte: 8,90€
Réduit: 7,50€