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Fondée en 1101, dans le Pays de la Loire, près de Saumur, l'Abbaye royale, de Fontevraud,  est considérée comme l’une des plus grandes cités monastiques d’Europe.

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Dès l’arrivée par la vaste cour d’entrée, qui fait le lien entre la commune de Fontevraud et l’Abbaye Royale, nous comprenons, tout de suite, que nous sommes dans site d’une rare envergure. Cette nécropole royale des Plantagenêt, frappe, aussi, par son originalité. Nous y voyons de nombreuses oeuvres contemporaines, surprenantes !

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Transformée en prison par Napoléon en 1804, elle est sauvée de la destruction et devient une centrale pénitentiaire redoutée. Les derniers prisonniers ne la quitteront qu’en 1985.

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13 hectares de calme, de bien-être, où des bâtiments ancestraux répondent à une nature verdoyante et généreuse. Au centre de tout cela, l’impressionnant  prieuré, qui réunit les plus belles réalisations de l’Abbaye :

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- la majestueuse église abbatiale qui surplombe l’ensemble du site : Construite entre 1105 et 1165, l’église abbatiale croise les styles angevins et poitevins. 

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Elle est impressionnante par sa sobriété et ses dimensions. Son chœur, élancé et épuré, marque l’apogée de l'art roman. La nef, située plus bas, compte une centaine de chapiteaux sculptés.

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C’est dans ce décor unique que les quatre gisants de la dynastie Plantagenêt sont disposés : Henri II, roi d’Angleterre, son épouse Aliénor d'Aquitaine, qui fût antérieurement reine de France, leur fils Richard Coeur de Lion  ainsi qu’Isabelle d'Angoulême, épouse de leur fils Cadet, Jean Sans Terre. Les gisants qui rayonnent par leur solennité.

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- la cuisine romane : elle constitue la bizarrerie de l’Abbaye Royale. Il en existe d’autres exemples en Angleterre. Rien d’étonnant à cela quand on songe que cette cuisine date du XIIe siècle, époque où les rois Plantagenêt d’Angleterre vivaient en Touraine.

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L’intérieur est aussi surprenant que l’extérieur. La forme octogonale de ce bâtiment et sa toiture hérissée de nombreuses cheminées en « écailles de poisson », surmonté d’une pyramide et de petits clochetons, sont dans le style néo-byzantine. 

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En entrant, les cinq  alcôves,  sont en fait les foyers, formant de grandes niches saillantes et laissant l’espace central vide et surmonté d’une haute cheminée. On s’imagine aisément un immense feu au milieu, dont la fumée sort naturellement par la cheminée centrale. Les « cuisines » de l’Abbaye Royale auraient été un fumoir, où était préparé les viandes et poissons (saumon), aliments principaux des religieuses.

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La cuisine, malheureusement n'est plus accessible au public à compter de fin août 2017, en raison de travaux de fouilles et de rénovation, qui devraient durer environ 2 ans.

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- la salle capitulaire :  À l’est de cet espace se trouve la salle capitulaire, avec ses murs ornés de peintures réalisées au 16ème siècle, représentant les scènes de la Passion du Christ. 

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Des portraits de religieuses et d’abbesses ont été curieusement greffés à ses illustrations au fil des siècles, apportant une dimension décalée, à ces œuvres sacrées.

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- le cloître et son jardin :  : Vaste espace quadrangulaire constitué de quatre longues galeries, le cloître était un lieu de déambulation pour les religieuses, rythmant leurs huit offices quotidiens. 

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Ils sont régulièrement paré d’œuvres d’artistes contemporains.

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- le réfectoire :  Dans l’autre partie du cloître, en face, se trouve le réfectoire, accolé à la cuisine. C’est dans cette salle de 46 m de long (non chauffée) que se retrouvent deux fois par jour toutes les moniales pour leurs repas quotidiens. Les moniales prennent place selon leur ancienneté, à des tables qui longent les murs. L’abbesse et la Grande Prieure sont placées au fond de la salle au balcon. Proche de celle-ci se trouve également une chaire, dans laquelle une des plus jeunes moniales fait la lecture d’extraits de la bible, pendant que les autres mangent dans le silence le plus recueilli.

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- le grand dortoir : qui abrite une œuvre pérenne de Claude Lévêque : "mort en été". L'ambiance de pénombre crée une ambiance mystique. 

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Les barques sont recouvertes d'une mousse épaisse qui vous invite à vous y allonger pour contempler la voute et l'aurore boréale composée de dizaines de tubes rouges. 

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Après un court temps d'adaptation, l'oeil s'habitue et la structure se révèle.

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- les jardins de l’Abbaye : Pour pouvoir se retirer du monde, les moniales essaient de vivre en autosuffisance. Elles essaient donc de produire tout ce dont elles ont besoin, d’où l’importance des jardins. Ceux-ci sont organisés géométriquement et symétriquement. On y trouve :  des plantes médicinales, pour se soigner, des plantes d’agrément pour fleurir les autels,  des plantes potagères ou vivrières,  des plantes à boisson (bière et vin),  des plantes à fibres, pour tisser les toiles et les vêtements, et aussi un verger pour les fruits.

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- Les crypte des Effraies : Dans  le noir nous découvrons de magnifiques créations faites à partir de tissages éclairés par des lumières noires, magnifique ! 

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Ces œuvres monumentales, de l’artiste Julien Salaud,  sont conçues avec plus de 65 000 clous et 45 km de fil de coton tendu : le Fleuve céleste. 

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Comme des dentelles légères, les oeuvres se déploient sur les parois vertigineuses des caves troglodytiques, telle une voûte stellaire. 

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Troublé par l’immensité de l’oeuvre, l’oeil se raccroche peu à peu aux motifs qui apparaissent. Nous voilà plongés au coeur d’un fleuve où  : ailes, nageoires, écumes et êtres lumineux se mêlent dans un corps à corps avec la roche. Des œuvres hors du commun, spectaculaires !

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Pour voir cette abbaye royale, du 12 ème siècle, dans un cadre majestueux, loin des tumultes du monde, il faut environ 2 heures de visites intenses et passionnantes ! L'entrée de l'Abbaye est chère : 11 € + 4,50 € pour la visite guidée. Pensez à garder vos tickets des autres châteaux, qui vous donnent droit à une réduction.

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Surtout si vous passez par les pays de Loire ne loupez pas cette visite de l'abbaye, unique ! Tout y est incroyable : l'Architecture, l'Histoire, les expositions permanentes, le parc et son jardin. Une visite d’exception dans un des sites les plus emblématiques de l’Anjou.

 Suite : château de Brézé