Conjuguée à la douceur du climat méditerranéen et au travail de l’homme, la nature a façonné des paysages vallonnés de cours d'eaux, de forêts, de vignes, de vergers et de champs d’oliviers, que je vous invite à venir découvrir. 

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Voici quelques photos de bories, prises lors de notre balade du weekend dernier, à St Pantaléon, dans belle notre campagne du Luberon. Cette région, bercée par le chant des cigales, nous offre une multitude de sentiers, propices à la pratique de la randonnée pédestre. 

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J’ai fait ressortir, volontairement, le vert, sur les photos, pour symboliser le règne végétal. 

DSC_7059Champs d'oliviers, avec de beaux cèdres de l'Atlas. 

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Il représente le printemps, la renaissance de la nature qui reverdit et refleurit. 

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C'est au détour de sentiers, pénétrant la garrigue, ou des couverts de chênes verts, que nous découvrons de nombreuses bories (cabanes en pierres sèches), pour la plupart restaurées par les riverains. 

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Elles offrent un témoignage inestimable du mode de vie en Provence, depuis les temps reculés jusqu'à nos jours.

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Ces constructions typiques aux formes simples représentent un chef d'oeuvre architectural. 

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Elles constituent un savant empilage de pierres, non jointées, avec une voûte en encorbellement. 

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Des pierres plates, soit brutes, soit retaillées, sont posées à plat, l'une sur l'autre, et légèrement inclinées vers l'extérieur de la construction, chaque pierre s'avançant un peu vers l'intérieur par rapport à la précédente. 

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Les entrées sont en général étroites et basses. Elles sont couvertes pour la plupart d'une dalle en guise de linteau.

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 Ce type d'ouvrage nécessitait de disposer de dizaines de tonnes de pierres. La technique de l'encorbellement permet  des assises circulaires, des assises rectilignes ou en forme de demi-nef. 

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Ces petits cabanons, en pierres sèches, sont en parfaite harmonie avec les éléments naturels, et l'étonnante lumière de la Provence. Ils ont toujours été une institution dans le Vaucluse.

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Le terme "Borie", d'origine provençale, vient du latin "boaria" : signifiant une cahute.

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 Elle servait de grange, d'étable, d'écurie, de bergerie, d'abri temporaire, ou d'habitation saisonnière à un agriculteur du XIXe siècle, dans une parcelle trop éloignée de sa ferme.

DSC_7129Un abri dans un grand mur de pierre.

D'abord construites sur les champs, pour abriter les outils des paysans, elles sont devenues, au fil du temps, la petite maison de campagne aménagée, quelquefois de manière rudimentaire, pour passer les dimanches ou les vacances.

DSC_7137 Une grande borie avec sa cheminée et petites fenêtres.

Les bories permettaient, également aux bergers, de s'abriter avec leur troupeau. 

DSC_7099Puits borie.

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Pour les construire,  on dépierrait les terrains calcaires, pleins de pierres, où il n'y avait qu'à se baisser pour les ramasser. 

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Protégées, elle font partie, encore aujourd'hui, du paysage provençal, se dressant ça et là dans des champs, dans la garrigue, comme des vestiges, respectés, de notre patrimoine.

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Lors de notre balade, à St Pantaléon, nous rencontrons des maisons troglodytiques, encastrées dans la roche. Bien retapées, elles sont devenues des résidences de vacances. 

DSC_7112Maison troglodityque à St Pantaléon. 

Voici un joli poème, de notre amie Vette de Fonclare, qui illustre très bien nos belles cabanes en pierres sèches : 

La Borie,

Au coeur de la garrigue et pas très loin d’Eyguières,
Sous des yeuses kaki, un peu empoussiérées
Par l’été accablant qui vient de s’achever,
Se dresse un bien curieux empilement de pierres.

C’est un vieux cabanon issu du fond des temps :
La borie de bergers courant s’y réfugier
Quand l’orage au Couchant se mettait à gronder.
Et sa voûte très simple en encorbellement

Les gardait comme un nid le fait pour les oiseaux.
Une coque solide dont la forme arrondie
Permettait bien souvent de se passer du lit
Tout prêt dans le mazet, mais trop loin du troupeau.

Et quand le clair de lune pleuvait sur la borie,
On entendait parfois un loup hurler au loin.
Les moutons apeurés se tassaient dans un coin
Et le chien attentif examinait la nuit.

Les pierres imbriquées qui formaient une voûte
Avaient été tiédies au long de la journée.
Alors on était bien - elles restituaient
Une douce chaleur qui suintait goutte à goutte

Vette de Fonclare - Poèmes en Provence

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