Martine Passion Photos

Découvrez en photos, pour le plaisir des yeux, le charme, la magie et l'authenticité de la Provence et bien d'autres régions. Chaque lieu a son secret, chaque village son identité, chaque vieille pierre sa légende. C’est à la découverte de la nature et de notre patrimoine exceptionnel, que je vous invite à découvrir des paysages et villages inoubliables, au gré de mes rencontres. Découvrez ces beautés, créées par les mains de l’homme et par la nature, que j’ai photographiées en souvenirs, lors de nos balades. La randonnée et la photo, sont devenues, pour moi, loisirs, plaisirs, et passions, que je suis contente de partager avec vous. Je m’efforce au cours de mes balades de vous emmener dans des lieux connus, d’autres un peu moins ou même parfois insolites. En partageant avec vous mes émotions, j’espère vous donner un jour l’envie d’aller les visiter à votre tour. La vie n’est-elle pas le plus beau des voyages ?  Liens sur mes 2 autres blogs, qui pourraient vous intéresser :

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15 février 2019

Le Thor : un village du Comtat Venaissin.

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Le Thor, jolie petite ville, coule des jours paisibles, sur les bords de la Sorgue, à 5 km de l'Isle sur la Sorgue. Avec ses  9000 habitants, elle est située en plein cœur du pays des Monts de Vaucluse, dans le Comtat Venaissin, ancien État qui faisait partie des Etats de l'Eglise. Il a été fondé au Moyen Age, en 1274, à l'époque de l'installation des Papes, dans le Vaucluse, et a été totalement dissous en septembre 1791. 

villes du comtatVilles situées dans le Comtat Venaissin (Province des Papes).

Ici, dans cette région l'Histoire et l'activité humaine ont laissé leurs empreintes... Les Romains ont planté la vigne, les Grecs, les oliviers, mais ce sont les papes, installés à Avignon et dans le Comtat Venaissin, durant plusieurs siècles, qui ont donné à cette terre sa particularité historique, et son épanouissement culturel.  

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Crée probablement dès le VIIe siècle, cette cité comtadine offre aujourd'hui quelques vestiges de son passé, qui méritent notre attention :

Sa porte fortifiée Notre-Dame (XIVème siècle, restaurée au XIXème) et son beffroi à campanile bulbé.

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Son enceinte fortifiée (1200 m de longueur, quatre portes et trois poternes).

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 -  Son église Notre Dame du Lac, trop peu connue, alors que c’est l'une des plus remarquables de Provence.

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Ce chef-d’œuvre d’art roman provençal, veille sur la ville depuis le XIIe siècle. Elle a conservé tout son caractère d'origine et présente de belles sculptures sur ses portails. Romane dans tout son ensemble, sa nef unique est abritée par des voûtes gothiques, les plus anciennes de Provence. 

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Classée monument historique depuis 1832, elle attire nombre de touristes, tout en inspirant artistes et écrivains, passés ou contemporains, comme Albert Camus, qui disait d’elle : « L'église du Thor ne bouge plus, force de pierre. Mais quand elle se mire dans la Sorgue claire, la force s'épure et devient intelligence. Elle encorne le ciel en même temps qu'elle s'enfonce dans un lit de cailloux vers le ventre de la terre », (tiré de la Postérité du Soleil).

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Elle est remarquable par la richesse de ses ornements raffinés aussi bien sur ses murs extérieurs que dans l’abside. Sur le toit de lauzes, le clocher comprend un étage octogonal, aux angles marqués par des colonnettes, portant des chapiteaux garnis de masques, ou d’animaux.

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La croix monumentale en fer forgé, qui se trouve en face du porche de la façade méridionale de l’église, a été érigée le 4 septembre 1743. Mise à terre à la Révolution, elle fut remise en place peu de temps après.

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L’intérieur, avec ses 16 mètres de voûte, offre un vaisseau unique, de 35 m de long sur 10 m de large, autant de dimensions surprenantes pour une église de village.

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- Son parc des Estourans : Entre deux bras de Sorgue au sein de la cité, un espace jeux en bois pour les enfants, et un boulodrome pour les grands... Un espace de verdure, agréable, où se détendre en famille, à côté du centre ville.

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- Ses rives le long de la Sorgue :

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J'espère que cette petite promenade au Thor, vous aura plu, je vous souhaite un très bon  weekend, et à bientôt pour une prochaine découverte !!!

 

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14 février 2019

Vacances d'Antan, c'était le temps...

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Lorsque j'étais jeune, j'avais la chance de partir en vacances avec ma famille...Les premières années, direction la Côte d’Azur, où nous passions un mois chez mes grands-parents, et où nous étions heureux... 

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Ces vacances d'antan m'ont laissé de bons et inoubliables souvenirs, qui me reviennent en mémoire, alors que les vacances de février viennent de commencer ! Et toutes ces joies, je les voyais alors avec des yeux d'enfant...c'était tellement mieux ! 

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Avant de partir, il fallait s'équiper "pour les bains de mer" et ça, ce n'était pas une mince histoire ! Expéditions souvent à Paris, pour courir les grands magasins et choisir les maillots, les chapeaux, les tenues, les objets de plage (pelles, seaux, rateaux...). Chez nous, nous n'avions rien de tout ça !

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Je me souviens de mes premiers maillots de bain, qui feraient frémir d'horreur, de nos jours, les petites filles de maintenant...Dénudés, oui un peu, mais très peu ! Il fallait rester très corrects ! pas question de maillots deux-pièces (je ne sais même pas si ça se faisait à l'époque ?). 

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Certains maillots avaient même une petite jupette...Et le tout était un peu long à sécher...quand on sortait de l'eau, on allait se changer dans une cabine de plage  ! C'était la façon de vivre à l'époque !

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Quand le trajet, dans les voyages, compte au moins autant que la destination. Le jour du départ commençait obligatoirement à cinq heures du matin, avec la précision d’une horloge suisse. C’était le moment, généralement froid, même en plein mois d’août, où il fallait partir,  parce que sinon, on allait se faire coincer à Lyon. »

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Mais depuis, ma propre expérience de voyageuse frustrée, m’a appris qu’il suffit parfois d’une poignée de minutes pour s’échapper du tsunami incontrôlable des vacanciers, qui se jettent sur la route.

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C’était l'époque de la fidèle 4L, et de ses sièges de tissus ,qui flinguaient le dos, des amoncellements de bagages qui débordaient du coffre vers ma banquette, et dans lesquels je me creusais une tanière branlante, que je tapissais de coussins, et de mon duvet. C’était avant les ceintures de sécurité à l’arrière, du temps où l’on pouvait se faire un lit dans la voiture, pour se reposer des langueurs du trajet.

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Sauf qu'à l'époque, je n’étais jamais pressée, de passer ces quelques heures dans notre habitacle, dans la seule compagnie de nos discussions sur la France, avec ses routes interminables, ses bleds pittoresques, ses petits restos improbables et son lot de surprises inépuisables.

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C’était un autre temps, celui des congés payés, des grandes migrations estivales.

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La carte de France était alors terriblement différente de ce qu’elle est aujourd’hui : un fin réseau de routes nationales ponctué, de-ci de-là, par de gros points noirs, à savoir les  villes qui se révélaient être d’infâmes bouchons, si on s’aventurait à les traverser à certains horaires.

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C’était du temps des routes nationales bordées d’allées de platanes, majestueuses, qui protégeaient les voyageurs des ardeurs du soleil d’août.

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J’admirais en passant le défilé des feuillages sur mon visage, j’aimais ces tunnels de verdure qui serpentaient dans les plaines, partaient à l’assaut des collines, se perdaient dans les garrigues.

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Quand on avait soif, on s’arrêtait dans le premier petit village sympathique, qui se présentait à nous et nous allions au bistrot boire un petit rafraichissement.

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Nous commentions les maisons, les boulistes, les vieux qui jouaient au PMU ou à la belote.  

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Parfois, on entamait la discussion avec le patron ou un autre client et nous faisons le plein d’étonnantes histoires. Nous regardions vivre un village que nous ne connaissions pas et où nous ne reviendrions jamais.  

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Le meilleur, c’était le repas du midi, souvent dans un routier, une petite auberge, un troquet de village qui épanouit sa terrasse à l’ombre épaisse des mûriers.

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Nous explorions la gastronomie locale, ses produits,  ses accents, et son terroir. Nous n’avions jamais aucune garantie, pas de normes, juste la surprise de l’endroit, souvent bon, parfois moins bon 

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J’ai gardé de ces voyages la passion des paysages, qui défilent lentement, de ces villages authentiques, tous différents, de ses petits restos à la cuisine familiale, et à l’accueil chaleureux. J’ai gardé aussi ce goût de l’errance, ce plaisir de la découverte, cette joie des chemins de traverse, loin des grands axes, loin de la foule immense des gens pressés d’arriver. 

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Si je repense à ces trajets perdus, loin des métropoles et des grands axes, c’est parce que j’ai fini par devenir moi-même une voyageuse, à la recherche d’une vie plus authentique, à la recherche de cette France « profonde », de ces petites rencontres humaines et chaleureuses. 

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J’aime traverser des petits villages oubliés de tous, des nationales sinueuses bordées d’arbres, rencontrer d’autres lieux et d’autres gens.

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Enfant, nous avions  cette capacité de nous émerveiller, qu'adulte nous avons malheureusement perdue, blasés par les aléas de la vie ! vacances1

Avez vous aussi, de votre côté, bons souvenirs de vos voyages de jeunesse ? A bientôt !

 

 

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11 février 2019

Comment réussir un filé sur une photo de cascade ?

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Qui n'a pas rêvé devant la fraîcheur douce et limpide d'une belle photo de cascade ? Les filés élégants que produit l'eau coulant sur une roche sont toujours fascinants, et très photogéniques… Voyons comment photographier une cascade. (Photos que j'ai prises aux Cascades du Sautadet, dans le Gard).

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Les cascades, ou chutes d’eau, sont un exercice très intéressant pour le photographe. En général, pour bien photographier une cascade, l'idée consiste à essayer d'obtenir un joli effet de filé sur l'eau, qui dégage une impression de douceur et de calme.

DSC_0140Nikon D7000 - f/16 - 1/15 s. 100 iso - 

Nous avons tous en tête les superbes photos de cascade avec ces effets filés de l’eau, comme en mouvements et vous vous demandez sûrement comment faire pour avoir le même rendu sur vos photos ?

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Je vous donne ici 6 conseils, complets, pour réussir une photo de cascade. 

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1 - Trouver le bon moment pour photographier :

Si vous tentez de photographier des cascades en pleine journée, en plein soleil par exemple, vous allez vous heurter à plusieurs problèmes : le ciel pourra être trop blanc, les mouvements de l’eau seront aussi trop lumineux (parfois « cramé » comme on dit dans le jargon) et votre appareil photo pourra avoir du mal à réussir une exposition correcte. Bref, ce n’est pas l’idéal !

DSC_8280Nikon D7000 - F/18 - 1/8 s. 200 iso - 28 mm

Au contraire, l’idée est de favoriser les journées nuageuses par exemple. En règle générale, quelques heures avant et après le coucher de soleil, ces fameuses « golden hours » sont idéales pour obtenir de belles lumières douces et colorées. La luminosité ambiante sera faible et prendre la photo sera plus simple.

DSC_9154F6.3 - 1/6 s. - 800 iso - 185 mm

Vous pouvez aussi utiliser un filtre polarisant pour faire ressortir le côté « vert » de la scène devant vous, ainsi que pour éliminer les reflets.

DSC_8348f/18 - 1/13 s. - 200 iso - 18 mm

En pleine journée et au soleil, la lumière de la scène sera souvent trop forte pour obtenir un filé sur une cascade. Vous n’aurez pas d’autre choix que d’utiliser un filtre ND (filtre gris neutre).

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2 - Choisir une vitesse adaptée pour sa photo de cascade :

Utiliser un temps de pose plus lent, donc une vitesse moins élevée. Pour cela, on peut s’en sortir encore sans trépied. On conseillera ici des vitesses entre 1/40 et 1/100 environ. Avec ce temps de pose, vous obtiendrez un léger effet de mouvements sur la cascade et l’eau.

DSC_8278Nikon D7000 - f/18 - 1/10 s. - 200 iso - 30 mm

Enfin, pour obtenir un effet total de la scène en mouvement, une vitesse encore plus lente sera nécessaire, très souvent en dessous de 1/10s. On rentre dans une technique photo particulière appelée la pose longue. L’idée est tout simplement de donner un effet de style à votre photo, en prenant la scène très lentement. Qui dit lent, dit obligatoirement trépied. 

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3 – Utiliser une faible valeur iso :

En choisissant une faible valeur ISO (50 – 100 ISO), votre capteur est moins sensible à la lumière, et l’obturateur doit rester ouvert plus longtemps pour obtenir une exposition correcte. C’est exactement ce dont vous avez besoin pour réaliser des photos en pose longue. Avec une faible sensibilité ISO, vos images seront aussi moins sujettes au bruit numérique.

DSC_8351Nikon D7000 - f/18 - 1/10 s. 100 iso - 38 mm 

4 - Réglage du mode : 

Réglez votre boitier sur le mode M (manuel), ou S, priorité vitesse. Comme on cherche à faire du « filé » et que par conséquent il faudra jouer sur le temps de pose, privilégiez ces 2 modes.

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5 - Soigner votre composition et votre cadrage :

C’est à mon sens un point capital dans beaucoup de domaine, dont la photo de cascade.

DSC_8285F/6.3 - 1/125 s. 250 iso - 42 mm

Soigner votre premier plan : vous avez majoritairement un avant plan sur la photo de cascade. Repérez un détail ou un point d’accroche particulier qui attire le regard : un caillou, une fleur, une racine, un tronc d’arbre, etc. 

DSC_8346f/18 - 1/10 s. - 200 iso - 18 mm

Attention à votre arrière-plan aussi : une attention particulière devra être prise concernant votre arrière plan, plus particulièrement s’il s’agit d’un ciel. (éviter un ciel tout blanc : cramé).

DSC_8333f.18 - 1/10 s. 200 iso - 70 mm

Recherchez un point de vue atypique : Essayez de vous déplacer autour de la scène devant vous, prendre du recul, prenez de la hauteur, se décaler à droite ou à gauche, mettre les pieds dans l’eau. Bref, trouver quelque chose qui sort de l’ordinaire en fait, tout simplement.

DSC_8347f/18 - 1/13 s. - 200 iso - 18 mm

6 - Utiliser un matériel photo adapté :

Un trépied photo : C’est l’élément indispensable et celui sur lequel vous devez investir en premier lieu pour ce type de photographie, pour stabiliser votre appareil photo et éviter le flou de bougé. 

trépied

Des filtres photo : Le filtre polarisant sera nécessaire pour faire éclater vos couleurs et les saturer, ainsi que pour éliminer les reflets de l’eau (et des feuilles) et voir par exemple le fond de la rivière. 

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Le filtre ND (gris neutre) est très pratique pour photographier les cascades lorsque la luminosité est trop forte. Il permet de réduire la quantité de lumière qui rentre dans l’appareil photo sans altérer les couleurs.

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Une télécommande filaire ou un déclencheur à distance peuvent venir compléter le dispositif, pour empêcher les légères vibrations qui se produisent lorsque vous appuyez sur le déclencheur.

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Faire des filés sur une cascade, ou une chute d'eau, est en effet un aspect que je trouve vraiment sympa permettant en plus de pratiquer sa passion, de découvrir de superbes lieux.

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Il est rare d’obtenir un bon résultat dès la première photo. De nombreux essais s’avèrent souvent nécessaires pour obtenir l’effet voulu.  C’est en essayant différents temps de pose et différentes compositions que vous arriverez au meilleur rendu possible. 

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J’espère que ces quelques conseils vous auront éclairés, voire même inspirés ! Si vous n’avez rien de prévu le week-end prochain, programmez-donc une petite sortie photographique dans la nature ! 😉 Si vous avez d’autres astuces tirées de votre expérience, merci de les partager dans les commentaires !

 

 

 

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08 février 2019

Roussillon : une palette de peinture

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Je vais partager avec vous, dans cet article, un village typique du Vaucluse, où je peux revenir, indéfiniment, sans jamais avoir l'impression de le connaître : Roussillon.

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Le rouge des carrières d'ocre, cernant le village, le rouge des façades, le rouge de ses amours malheureuses (voir légende à la fin de l'article)... 

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Bâti sur un éperon rocheux, au-dessus de la plaine du Luberon, Roussillon porte haut son originalité, dans cette région qui égrène les villages perchés, comme autant de trésors.

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Ce petit village a quelque chose d'indescriptible qui rend véritablement unique chacune de mes visites. 

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C'est l'un des endroits qui figure sur tous les guides touristiques de la région, et parmi les 100 plus beaux villages de France.

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Si Roussillon ne doit pas la couleur rousse de sa terre à du sang, (voir légende à la fin de l'article), il a bien comme toile de fond un paysage de falaises écarlates, constituant les plus riches carrières d'ocre de France. 

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Edifié lui-même sur un piton appelé le mont Rouge, le village offre un spectacle d'une rare beauté : des falaises déchiquetées aux noms pittoresques : Chaussée des Géants, Val des Féées, falaises de Sang. 

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Elles déclinent plusieurs teintes de rouge, jaune et marron, au milieu d'une végétation de pins, verdoyante.

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Le mieux est de découvrir Roussillon un matin ensoleillé, en arrivant par la route de Saint Saturnin les Apt, la vue est alors magique, le village apparaissant au sommet d'une colline abrupte, avec ses teintes rouges avivées par le soleil. 

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Roussillon, au cœur du plus important gisement ocrié du monde, doit sa célébrité  à ses impressionnantes carrières d'ocre. 

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Ici l'ocre est partout, dans le paysage, sur les maisons... Les enduits des façades présentent une large palette de couleurs, du rouge sang, au jaune pâle, c'est vraiment magique ! 

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De même que les autres villages perchés, du Luberon, Roussillon doit son charme à ses ruelles étroites, égayées de fleurs, ses fontaines rafraîchissantes, et à ses petites places animées de terrasses de café, où il fait bon s'asseoir d'urant les heures chaudes de l'été.

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De la petite place de la Mairie, dominée par la tour de l'Horloge, à la table d'orientation, située tout en haut du bourg, et d'où le superbe panorama se déploie sur tout le pays d'Apt, surgissent, tour à tour, les étroites façades badigeonnées de pourpre à l'écarlate.

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En parcourant ses ruelles et ses escaliers, en contemplant ses façades, souvent simples et naturellement belles, on admire le résultat d'un savoir-faire plus que millénaire.  

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 Ici l'homme a su spontanément se fondre dans la splendeur d'une nature généreuse.

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La sinueuse rue centrale, qui conduit au sommet du village, est bordée de jolies maisons des 17 et 18e siècle, de galeries d'art, et de boutiques de produits provençaux.

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Elles se parent, elles aussi, de mille feux pour attirer l'oeil des touristes fascinés.

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C'est une cinquantaine d'artistes qui sont représentés dans le village. Roussillon, village des ocres, redevient le village de l'art et conforte son image dans la vallée du Luberon. Voici quelques endroits qui ont attiré notre attention :

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- La place de la Mairie : belles maisons du 18ème, c'est le centre d'animation du village.

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 - les belles fontaines fleuries : 

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- Une succession de passages voûtés, d'escaliers et de ruelles : où il fait bon se perdre, en admirant les subtiles nuances d'ocre qui embellissent les façades.

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- L'église St Michel :  L'église primitive remonte au 11ème siècle et se situait à l'intérieur des fortifications, face au château. Très remaniée au cours des temps, on remarquera son chœur 18ème, les fonds baptismaux et la statue de Saint-Michel. L'église, point culminant du village, possède une belle façade. 

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- Le belvédère : Près de l'église qui jouxte une falaise, l'on découvre, un large panorama à 360°, du Luberon aux Monts de Vaucluse, avec une table d'orientation.

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 Lorsque les derniers rayons du soleil viennent illuminer les façades, aux couleurs multiples, le vert mêlé aux enduits ocres des maisons, offre un spectacle enchanteur. 

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Une végétation exubérante envahit les terrasses de Roussillon.

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Les couleurs des maisons, qui se confondent merveilleusement avec celles des proches carrières d'ocre, parviennent à nous réchauffer le cœur, même en cette période hiver !

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- La tour-beffroi : est une ancienne tour défensive du Castrum. Enceinte fortifiée, le beffroi a été remanié au 19ème siècle, en clocher annexe de l'église.

DSC_0493Beffroi.

 Un escalier extérieur permet d'en rejoindre le sommet.

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- La Bistourle : La première ruelle, sur la gauche, permet de gagner l'ancien chemin de ronde, qui joignait deux tours des remparts, d'où le nom du quartier de la Bistourle.  

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Cet endroit permet d'avoir un beau point de vue sur le village et les alentours. 

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- La découverte du sentier des ocres : A partir de la place principale de Roussillon, des panneaux indiquent le "sentier des ocres". Il faut compter 1 h pour cette promenade à travers les anciennes carrières d'ocre, usées par le vent, et l'érosion. Le matin ou le soir, au coucher du soleil, la balade prend tout son sens, quand la lumière se fait plus subtile, et dévoile toutes les nuances de cette terre ocre, aux multiples couleurs.

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- L'exploitation de l'ocre : A la fin du XVIIIe s., l'exploitation de l'ocre débute dans les carrières autour de Roussillon, sous l'impulsion d'un habitant du village, Jean-Etienne Astier. Près de 18 nuances d'ocre en sont extraites, faisant vivre le bourg et lui apportant une renommée internationale dans le domaine de la teinture. Au début du XXe s., l'apparition des colorants synthétiques fera décliner cette industrie.

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- Le Conservatoire des ocres : Installé dans l'ancienne usine Mathieu, sur la D104, en direction d'Apt, le Conservatoire des ocres et pigments appliqués, ouvert à tous, raconte cette belle aventure industrielle qu'est l'exploitation des carrières.  

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Des stages d'initiation, aux techniques et matériaux, aux pigments et colorants y sont proposés. 

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L'ocre : utilisée depuis la préhistoire, exploitée depuis l'occupation de la Provence par les romains, n'est véritablement devenue un produit industriel que grâce à l'intuition du roussillonnais Jean-Etienne Astier.

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C'est lui qui, à la fin du 18ème siècle, eut l'idée de laver les sables ocreux, pour en extraire le pigment pur. Fortement concurrencée par les colorants synthétiques, l'ocre naturelle demeure pourtant, dans certaines de ses utilisations, un produit inégalable. 

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Roussillon fait partie des must du Luberon, et mérite vraiment un détour.  Les ruelles étroites du village, l'église, le sentier des ocres, sont un véritable voyage dans le temps ! 

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Cette balade, dans le village, fut différente de la précédente, mais je suis certaine que mon prochain passage m'apportera encore son lot de découverte et d'émotions nouvelles. 

DSC_9082Peinture en trompe l'oeil sur une porte.

Nous ne nous lassons jamais de ce village, et de son site magique, qui ressemble à une palette de peintre, aux couleurs flamboyantes !  

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- La légende de Roussillon : Raymond d'Avignon vient de découvrir que sa femme est tombée amoureuse de son page. Fou de rage, il tue le jeune homme pour lui arracher le coeur... qu'il offre tout sanglant sur un plateau à son épouse infidèle. Désespérée, elle se jette de la falaise de Roussillon. Son sang forme aussitôt une source qui colore la terre alentour. Ainsi serait né la couleur de Roussillon.

Que voir dans les environs : Gordes, Ménerbes, Oppède le Vieux, l'Isle sur la Sorgue, Fontaine de Vaucluse, Apt...

A bientôt pour d'autres aventures.

 

 

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07 février 2019

Ménerbes : un voyage dans le temps

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Nous avons une multitude de petits villages, perchés, dans le Luberon. Certains sont classés "plus beaux Villages de France",  comme Ménerbes, dont je vais vous parler aujourd'hui. Plus de 1000 habitants résident sur la commune, située à 230 m d'altitude, au-dessus de la plaine.

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Il faut découvrir Ménerbes par le nord, vous verrez alors le village surgir du paysage tel un grand navire voguant sur une mer de vignes et de vergers, comme l'aurait décrit Nostradamus. 

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Nous nous garons sur le parking à l'entrée de la petite cité du Comtat Venaissin, qui mérite une petite visite. Au fil des ans nous découvrons, un peu par hasard, de nombreuses pépites cachées.

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Superbement conservé, Ménerbes trône sur son éperon rocheux. Il étire ses belles demeures de pierre, au-dessus des vignobles.  Ses maisons s’accrochant à la paroi rocheuse, ainsi que ses petites ruelles courant sur ses flancs escarpés, nous transportent de surprises en surprises.

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Dominant de beaux jardins, nos pas se dirigent vers le campanile, qui émerge au dessus des toits. C'est sur cette petite place de l'Horloge que se dresse la mairie, et dont le beffroi est couronné d'un joli campanile en fer forgé. Entouré et surmonté de cinq croix, il a fait l’objet d’une reconstruction à la fin du XVIe siècle. Il marque les grands moments de la vie communale. 

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La mairie de Ménerbes est installée sur la place de l'Horloge, non loin de son ancien lieu.

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De cette paisible place, hors du temp, au sommet du village, nous admirons les vues époustouflantes sur le Luberon et les vignobles environnants. 

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Nous nous attardons ensuite, dans les ruelles avoisinantes.

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Au hazard des ruelles, nos pas  nous conduisent devant la Carmejane, une superbe maison Renaissance, où vécut un maréchal d'Empire...Le balcon en encorbellement représente un témoignage de la fin du Moyen-Age et supporte une balustrade de style classique. Plusieurs fenêtres, intégrées ou remaniées, datent de la Renaissance et du XVIIe siècle. 

DSC_0567Maison Carmejane à gauche de la photo.

Au XVIIIe siècle, l'ensemble connut des transformations profondes avec la réorganisation de la façade principale et, au sommet, la réalisation tardive d’une petite échauguette qui avait une fonction symbolique de surveillance.

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Nous passons devant la chapelle Saint-Blaise, puis gagnons plus loin l'église Saint-Luc, qui se détache dans le bleu du ciel. Cette église, romane, a été reconstruite au XVIe siècle, après les guerres de religion, vraisemblablement à l’emplacement d’un prieuré du nom de Saint-Sauveur, et à proximité de l’ancien cimetière. 

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L’église originelle est mentionnée dans les archives ecclésiastiques dès le XIIIe siècle, époque où elle dépendait de la puissante abbaye bénédictine de Saint-Gilles dans le Gard. Une belle croix en fer forgé est scellée sur un socle carré, édifié, tout comme l’église, en pierre calcaire blanche des carrières voisines. Depuis 2017, l'église Saint Luc est inscrite au titre des Monuments Historiques.

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A la proue  de ce vaisseau, en balcon, un charmant cimetière, datant de la période romaine, couvert d'une pelouse rase, nous donne envie de nous recueillir sur les lieux. D'ici la vue est splendide sur le Luberon et les Monts de Vaucluse.

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Certaines familles peuvent encore y enterrer leurs défunts.

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Chaque recoin cache des  petits trésors :

 - des passages souterrains qui témoignent de l'activité essentielle du bourg, dès le Moyen-Âge,

- des belvédères : de beaux points de vue sur la vallée du Calavon, les monts du Vaucluse et le Ventoux d'un côté, et sur les carrières de pierre et le Grand Luberon de l'autre. De  très beaux points de vue sur la vallée et ses cultures.

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- la porte Saint Sauveur : Cette puissante porte faisait partie des remparts qui protégeaient Ménerbes et constituait l’une des deux entrées du village à l’époque du Moyen-âge. 

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Cet ouvrage défensif porte l’ancien nom de l'église (du temps où il s’agissait d’un prieuré, au XIIIe siècle). En 1573, durant les Guerres de religion, c’est par cette ouverture que sont entrés les protestants pour prendre le village et l’occuper pour une durée de cinq ans. Autrefois, le village possédait deux entrées. La deuxième, nommée Notre-Dame ou « porte du Midi », a été démolie au XIXe siècle. 

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- de superbes maisons, avec fenêtres à linteaux, se succèdent sur la crête rocheuse qui porte Ménerbes, au coeur du grandiose massif du Luberon. Ces magnifiques demeures anciennes, très bien restaurées, témoignent encore de ce passé tumultueux et de la place qu'occupait alors la noblesse. Elles donnent fière allure au vieux village de Ménerbes.

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- des fortifications, et jardins suspendus...

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- des fontaines...

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- des vieilles portes ...

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- des blasons, etc...

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Les armoiries de Ménerbes : Au Moyen Age, deux entrées permettaient l'accès à la petite cité : ces portes Saint Sauveur et Notre Dame, sont illustrées sous la forme de deux clés d'or, dans les armoiries de Ménerbes.

 

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Son nom fait référence à la déesse Minerve, au casque d'or, qui protégeait les arts. De nombreux artistes furent attirés par Ménerbes, à la recherche d'une lumière pure et d'un nid secret pour travailler en paix. 

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- La citadelle, dont les tour d'angle se dressent toujours à l'horizon, était la demeure du général d'Empire Robert, devenue par la suite propriété de Picasso. Bâtie au XIIIe s., détruite, puis reconstruite au XVIe s., car au coeur de tous les combats, c'est l'emblème de Ménerbes, et sera encore remaniée au XIXe s.  Les gouverneurs y étaient nommés, par les Papes, jusqu'à la Révolution, et l'annexion du Comtat Venaissin par la France en 1793.

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- Dora Maar, modèle et maîtresse de Picasso y séjourna. Cette maison fut construite, au 18ème et 19ème siècle, par le Général Baron Robert, Gouverneur de Tortosa, pendant les guerres de Napoléon en Espagne. Cet hôtel particulier fût acheté par Dora Maar, peintre, photographe. Elle a vécu, avec Picasso, à Ménerbes en 1945. Aujourd'hui, cette maison a été complètement restaurée, et elle est devenue une résidence pour artistes. Superbe jardin, ouvert au public, lors de manifestations culturelles.

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- Nicolas de Staël habita longtemps le Castellet, bordé de jardins en terrasses et qui appartiennent à ses descendants. On peut y admirer deux tours massives et un escalier extérieur, à double rampe. La construction originelle du Castellet était médiévale. Avant-poste, lors du siège de Ménerbes, le petit château conserve des reste du temps où c'était une forteresse. Il permit à ses occupants une étonnante résistance. 

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- Il y a quelques années, Ménerbes a été immortalisé par l'écrivain britannique Peter Mayle, malheureusement décédé, qui racontait dans "Une année en Provence", son installation dans la région.

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Aujourd’hui, encore de nombreux artisans reviennent peupler ce village renommé, plein de charme.

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De la citadelle et de l'église médiévale, on jouit d'une vue somptueuse sur les Monts du Vaucluse.

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Une page d'histoire : Au Moyen-Age, l'accès à la cité, alors truffée de souterrains se faisait par les deux portes.

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Un des grands moments de l´histoire de Ménerbes se situe au XVlème siècle, lors des guerres de religion. La ville, enlevée par surprise par les Huguenots à la suite de la trahison d´un prêtre, fut occupée de 1573 à fin 1578, et soutint un siège de quinze mois de la part des troupes catholiques appartenant au Pape et au Roi de France, à un contre dix. Les assiégés sortirent de Ménerbes avec les honneurs de la guerre, tambour battant et bannières déployées.

DSC_3976La citadelle.

A ses pieds s'ordonnent des demeures anciennes richement décorées, témoignages des familles nobles, qui s'installèrent dans le bourg, après les guerres de Religion. 

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Riche de son histoire et de sa culture, cette escapade, sur le thème de l’histoire, nous a apporté calme et dépaysement.

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Chaque année, l'association "Rencontre" organise des rencontres picturales et musicales dans les rue du village.

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 A cette occasion, des lieux habituellement fermés s'ouvrent au public : des maisons particulières, des ateliers ou des chapelles prêtent leurs murs à des peintres et à des rétrospectives, ainsi qu'à des concerts et à un mini festival de films d'art.

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Avec le soleil et la douceur du climat, les cafés  et les terrasses débordent sur les trottoirs et quelques joueurs de carte sont toujours attablés quelque part, s'ils ne sont pas en train de faire une partie de boules.

DSC_4029Météo de Ménerbes affichée sur une porte.

Cette petite cité a  conservé, aux alentours, de nombreux témoignages de son riche passé historique, comme : l’abbaye Saint-Hilaire avec son ensemble architectural atypique. Dans un milieu rural provençal, faisant face au Luberon, cet ancien couvent a été développé vers 1250 à partir d´un site religieux préexistant, pour partie troglodyte, par des Carmes, Ordre mendiant fondé sur les pentes du mont Carmel en Palestine, ayant migré vers 1244 à Marseille, dans la grotte ermitage des Aygalades. Saint-Hilaire est un ensemble architectural atypique qui évoque les formes gothiques tout en conservant un souvenir roman, où les Prieurs successifs ont su maintenir les travaux qui ont accompagné le développement de la communauté monacale en parfaite cohérence avec leur Règle de vie et leur rayonnement local.  

abbaye_Saint-HilaireAbbaye St Hilaire

Ménerbes était habité dès les temps préhistoriques. Des fouilles archéologiques ont révélé l’existence d’un dolmen, des vestiges de villas. Le dolmen de Pichouno est peu visible du bord de la D3, mais c'est un réel vestige d'une période (2000 ans avant JC). Découvert au 19ème siècle, il fût identifié en 1850 par l'abbé André. C'est le seul dolmen du Vaucluse.

DSC_6593Dolmen de la Pichouno.

Ménerbes, avec ses anciens postes de guet, ne se défend plus que de la foule des touristes, qui envahissent chaque saison cette perle du Luberon. 

J’espère, prochainement, pouvoir découvrir encore de nouveaux endroits, afin de pouvoir vous en parler dans mes prochains billets. A très bientôt pour de nouvelles aventures.

 

 

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Rencontres félines en Provence

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Si vous avez pour habitude de vous balader dans les petits villages provençaux, vous aurez sûrement remarqué qu’ils sont le terrain de jeu privilégié de nos amis les chats, qui se la coulent douce !

DSC_2198Comme toujours je ne peux résister au regard d'un félin.

Au détour des ruelles pavées, dans divers villages du Luberon, comment ne pas apercevoir, à chaque coin de rue, des chats qui se prélassent. 

DSC_2197Chat à Saignon.

 

Ils sont tous différents, mais ne me demandez pas d’élire mon préféré, j’♥ tous les chats, je suis comme hypnotisée par leurs regards emplis de tendresse.

119064845_oUne dizaine de chats dans une propriété à Oppédette.

Ces rues sont un véritable cocon pour ces nombreux matous, qui cherchent la tranquilité et qui ont trouvé leur petit Paradis. Ils se reposent dans la chaleur des rayons de soleil et exhibent leur indifférente volupté.  N'est-ce pas chat-pathique ?😉

DSC_2157Aucun chat du village n’échappe à « mes clics »… celui-ci n’a pas bougé quand je me suis approchée..

S'ensuivirent de longues confidences et de nombreuses poses gracieuses devant l'objectif, baignées des chaudes lumières provençale. 

DSC_1676Chat à Saignon tapis sur un rocher.

Je n’ai pu m’empêcher d’immortaliser la scène de ces magnifiques chats, qui rendent les lieux encore plus charmants et reposants. Des rencontres chaleureuses à chaque fois.

DSC_1657Chat à Saignon se cachant dans un pot de fleurs.

Les chats adorent les endroits chauds, surtout en hiver. Ils sont à l'affût du moindre rayon susceptible de réchauffer leur petit corps.

DSC_1670Chat à Saignon près d'un troglodyte.

" Mais pourquoi les chats aiment le soleil ?" Qui n'aime pas le soleil nous direz-vous ? Certes, mais il est clair que les chats l'aiment tout particulièrement !

DSC_2159Chats à Lourmarin dormant sur le capot d'une voiture.

Le soleil est très bon pour les chats car il équilibre leur température corporelle, qui comme celle de tous les mammifères, diminue en dormant.

DSC_0470Chat à Roussillon.

Et c'est pour cette raison que les chats essayent de compenser cette différence de température en dormant dans des coins chauds, ou directement bercés par les rayons du soleil, comme : sur un balcon, sur le toit d’une voiture, sur les pavés, sur le rebord d’une fenêtre etc.

DSC_1904Chat sur des marches, à Roussillon.

Rien ne plaît plus aux chats que se prélasser dans un coin, confortablement installés au soleil et faire une bonne petite sieste. Chaleur et douceur de vivre à la provençale !

119064848_oChats à Oppédette.

Saviez-vous que les chats sont des animaux naturellement capables de supporter des températures atteignant les 50º et s'adapter à tout type de climats, froids ou chauds ? 

119064854_oChat se cachant derrière des plantes,  à Oppédette.

Malgré le fait qu'il ait été démontré que les chats peuvent vivre sans soleil, surtout lorsqu'ils vivent en appartement ou qu'ils ne sortent pas dans la rue, nos petits animaux à moustaches seront beaucoup plus heureux si, d'une façon ou d'une autre, ils peuvent profiter d'un petit moment ensoleillé, dans un endroit où ils pourront se laisser bercer par la chaleur du soleil...

119064862_oChat perché sur un pot de fleurs, à Oppédette.

Que faire contre les chats errants : Les chats des rues n’ont pas que des amis… Jusqu’en 1999, le Code rural prônait même leur euthanasie systématique pour régler les problèmes de surpopulation, solution cruelle que la Fondation 30 Millions d’Amis a toujours combattue. 

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Dans la rue, les chats errent et sont très souvent victimes de la vie d’errance : maladies, bagarres, famines… S’ils ne sont pas stérilisés, leur reproduction entraînera une prolifération féline conséquente.

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A titre d’exemple, un couple de chats non stérilisé peut avoir 20 000 descendants en 4 ans. Le chat abandonné en refuge, bien que pris en charge par les équipes, peut être sujet à la dépression et peut aller jusqu’à se laisser mourir de faim !

DSC_1903Chat à Roussillon se prélassant sur un péron.

La gestion des chats errants est délicate, et il est impératif de maîtriser leur population en contrôlant leur reproduction. La Fondation 30 Millions d'Amis continue de sensibiliser les propriétaires sur la nécessité de stériliser leur chat, un acte de responsable, qui permet d’éviter l’euthanasie, ou l’abandon des chatons.

 

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Et vous, il y a des chats dont la silhouette vous interpelle, et qui vous hypnotisent ? Des chats que vous avez envie de photographier à chaque fois que vous les voyez ?

 

 

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06 février 2019

La chapelle de Saint Pantaléon et ses tombes creusées dans la roche.

 

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Aujourd'hui, je vais vous parler de la découverte de la petite chapelle étonnante, de Saint Pantaléon, avec ses sarcophages, creusés dans la roche. Etant passionnée d'art roman, il me fallait admirer l'une des plus charmantes chapelles de la vallée d'Apt. 

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Des plaines cultivées en vergers et oliveraies, des coteaux boisés ou plantés de vignes vert tendre, des plateaux striés de lavande, des terres ocres,  ainsi que des bories : voilà, le décor est planté de cette belle région de Saint Pantaléon, haute en couleurs !

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Ce  paisible village, de 186 habitants, à vocation agricole, est situé dans le Luberon, au pied des Monts du Vaucluse, à 5 km au sud de Gordes,  par les D 106 puis D 104.

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C'est la plus petite commune du département du Vaucluse. Sa proximité des plus beaux villages du Luberon (Gordes, Roussillon, Ménerbes, Lacoste, Bonnieux, Goult), dans un rayon de 15 km, en fait un lieu de séjour idéal.

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Nous nous garons à l'entrée du village, pour admirer la merveilleuse et surprenante petite église romane.

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Elle se distingue au premier regard par ses dimensions fort modestes, et son chevet ancien, qui semble comme enchâssé dans le socle de la roche, où elle prend racine. 

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Cet édifice religieux, est un véritable trésor historique, complexe. 

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L'église et le rocher contigu, avec ses sarcophages, sont classés au titre des monuments historiques depuis juin 1907.

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L'église romane que l'on découvre se compose en trois parties ; la plus ancienne est formée par la nef à une seule travée, et l'abside centrale. Les ouvertures de l'abside sont de toutes petites dimensions. Cette nef centrale est la plus ancienne et pourrait remonter à la fin du Xe siècle ou au début du XI°. Au dessus il reste la base carrée de ce qui pouvait être le clocher. La seconde nef a été ajoutée à la fin du XIe siècle ou au début du XII° .

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Au XIe siècle, deux églises étaient accolées, correspondant aux nefs centrales et méridionales. La partie centrale de la façade est édifiée en pierre de taille, assemblée en grand appareil régulier. 

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Cette façade, surmontée d’un clocheton unique est surmontée d’une croix de pierre et d'une corniche ornée d'une frise de feuilles d’acanthe. Elle est également percée de nombreux trous de boulin, destinés à ancrer les échafaudages.

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Le chevet comporte trois absides semi-circulaires, couvertes chacune d'un toit en apprentis. 

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Au pied de cette triple abside se trouve une remarquable nécropole rupestre des XIe et XIIe siècles.

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Le petit plateau rocheux où la chapelle a été édifiée, est creusé d'une multitude de tombes  médiévales, anthropomorphes, taillées dans le roc.  Certaines sont d'une taille minuscule semblant à peine pouvoir recevoir le corps d'un nouveau-né. Ce qui s'explique, sans doute, par la coutume d'ensevelir les enfants en bas âge, auprès de l'autel dédié au Saint médecin.  

DSC_4436La nécropole rupestre

La présence de ces nombreuses tombes,  autour de l'abside, suppose que l'invocation du Saint remonte au Moyen Âge. Ce serait un sanctuaire à répit. 

DSC_4437Tombes taillées dans le roc.

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Selon la croyance populaire en certaines provinces, le « répit » est, chez un enfant mort-né, un retour temporaire à la vie le temps de lui conférer le baptême, avant la mort définitive.

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Ayant été baptisé, l’enfant pourra de ce fait entrer en Paradis, au lieu d’errer éternellement dans les limbes, où il serait privé de la vision de Dieu. 

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Le répit n’est possible qu’en certains sanctuaires, le plus souvent consacrés à la Vierge, dont l’intercession est nécessaire pour obtenir un miracle. 

DSC_6866La triple abside du chevet.

Histoire de Saint Pantaléon :

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Une église dédiée à saint Pantaléon, vit le jour au IIIe siècle de notre ère à Nicomédie, en Asie Mineure. Médecin proche de l’empereur Dioclétien, il se convertit à la religion chrétienne. Il était habituellement sollicité pour la "suscitation", c'est-à-dire la résurrection miraculeuse des enfants morts, avant le baptême, ce qui permettait de les sauver de la damnation éternelle. 

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Pantaléon se met à croire en Dieu et guérit les malades au nom du Christ. Durant la grande persécution chrétienne de 303, il est dénoncé et arrêté sur ordre de l’empereur. 

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Celui-ci lui demande de renoncer à sa foi. Il refuse de renier sa religion, et est soumis à d’atroces tortures, auxquelles il survit. Il est alors considéré comme miraculé.

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Lors de son dernier supplice, Pantaléon accepte son sort et autorise son bourreau à le décapiter. Il est depuis le patron des médecins.

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L'histoire de Saint-Pantaléon est bien antérieure à la période romane, une inscription dans le rocher, façonné en forme d'abside, évoque le trépas d'un certain Lecto qui vécut dans la règle du Christ. "HIC REQVIESCIT BONE MEMORIAE LECTT OBIIT IN CHR(ist)O FVIT DEFVNCTVS XIII K(alendas) JAN(uarias)."  Traduction : « Ici repose de bonne mémoire Lecto. Il mourut dans le Christ. Il est mort le 3ème jour, avant les calendes de janvier ». (20 décembre)

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La formule se rattache à une tradition du sixième siècle, et le vocable rare de Saint-Pantaleon rappelle le passage des reliques de ce Saint, transportées d'Italie à Lyon, au début du neuvième siècle. Il est donc possible que l'édifice actuel ait des origines carolingiennes

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L'on peut remarquer également quelques marques de tâcheron ou peut-être d'anciens cadrans solaires.

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L'histoire de cette église et l'harmonie de sa construction en font une visite incontournable !

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Nous ferons ensuite une visite rapide du village, qui ne comprend que quelques maisons entourant la mairie, et quelques mas disséminés, çà et là, dans la campagne environnante.  Au hasard de notre balade, nous tombons sur une curieuse voiture américaine, venant de Californie. 

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Voici quelques clichés, pris à la volée, de cette voiture, tout droit sortie d’un film de science fiction, ou du Far West !  Assez surprenant à voir, dans un tel village perdu du Luberon, je l'avoue !

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De la petite église, nous partons, ensuite, faire une belle randonnée, à pied,  en haut des falaises de St Pantaléon, à travers la garrigue et ses nombreuses bories. 

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Faire le plein de lumière, de couleurs et de l'ambiance vivante qui règne toujours dans ces petits villages, du Luberon, est toujours un vrai plaisir !  Entouré de coteaux de vignes, de vergers et de cultures maraîchères, Saint Pantaléon offre de belles promenades à faire à pied, ou à vélo, à travers la vallée entre Apt et l'Isle sur la Sorgue.

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N'hésitez pas à me dire si vous connaissez cette charmante chapelle de St Pantaléon, et si vous connaissez de belles balades à faire, dans la région de Gordes. 

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Il y a de quoi faire dans le Luberon, en matière de randonnées, c'est une telle chance !

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Pour plus d'informations sur le Luberon, je vous invite à suivre ce lien :

Office de Tourisme Luberon Cœur de Provence

Laissez-vous tenter par le Luberon. Des villes et villages perchés à la vue incroyable, dont Gordes, l'un des plus beaux villages de France, des sentiers d'itinérance de toute beauté, un patrimoine historique remarquable et une gastronomie reconnue ...

http://www.luberoncoeurdeprovence.com

 A bientôt, pour de nouvelles aventures !

 

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29 janvier 2019

L'ermitage Saint Gens et sa source.

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A quelques kilomètres du village du Beaucet, une petite route nous conduit jusqu'à l'Ermitage Saint Gens. Dès qu'on y arrive la vallée nous imprègne de son calme, sa sérénité, et de sa source miraculeuse. On sait tous que l'eau a beaucoup d'importance dans l'histoire de cette terre provençale.

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Le site baigne dans une nature protectrice et, juste ça, mérite le petit détour !  La chapelle, dans ce décor, apporte sa «pierre» à l'ambiance mystique du lieu. 

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Derrière la chapelle un endroit merveilleux pour pique niquer, même l’été quand il fait très chaud.  Tout est ombragé, on y trouve des tables et des bancs installés un peu partout.

DSC_8566 L'église de l'Ermitage Saint Gens.

Chaque année, des pèlerinages se rendent sur ce chemin des oratoires, pour rejoindre l'ermitage de Saint Gens, où deux belles chapelles champêtres sont dédiées au Saint. Nous nous garons sur le parking au niveau de la chapelle et poursuivons notre route à pied en direction de la source miraculeuse.

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Le départ de la source se trouve au niveau d'un oratoire de St Gens, élevé en 1877. A cet endroit là, rien ne signale la source, nulle statue, nulle plaque de marbre. Seul un bout de tuyau canalise l'eau qui s'échappe en un mince filet d'un rocher. C'est peut-être pour cela que certains préfèrent l'appeler « source ». Mais, dans tout le sud-est de la France, chacun la désigne comme la fontaine miraculeuse, de Saint-Gens, du nom du saint qui la fit jaillir de la pierre. C'était il y a près de neuf cents ans. Au retour nous visiterons la chapelle où se trouvent les reliques de Saint Gens. 

DSC_8571L' oratoire de St Gens.

Le chemin pour se rendre à la source est très raide, caillouteux et jonché d’arbustes. Pour accéder à la source il faut pouvoir marcher, et avoir de bonnes jambes car ça monte, beaucoup, et il y a des cailloux tranchants, pour redescendre c’est un peu dangereux, il faut y aller doucement car on peut glisser. A partir du chemin caillouteux, la source est à 350 mètres, déjà là vous ressentez un bien être, c’est calme, ombragé, l’endroit est dépaysant. En plus, en plein mois de janvier, nous ne sommes pas accablés par la chaleur.

source0Chemin pierreux montant à la source.

Sur le sentier, nous admirons une végétation qui déborde de couleurs, et d'odeurs (senteurs de thym, romarin...). Dans cet endroit superbe, nous apprécions en effet la beauté de la nature, restée intacte. Nous apercevons, sur notre montée, une demoiselle coiffée magnifique.  

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DSC_8632Demoiselle coiffée que l'on aperçoit, sur le chemin de la source de St Gens

Arrivés au pied de la source miraculeuse, au bout de 20 minutes de grimpette, nous sommes enfin récompensés de nos efforts.  Discrète, secrète presque, elle coule depuis des siècles et se trouve au fond d'un étroit vallon, où chantent les cigales à la belle saison. Nichée dans une très belle combe, le lieu  se prête à la méditation. À la source en tant que telle, au pied d'une petite falaise, les paysages sont encore plus pittoresques. 

source2Arrivée à la source de St Gens.

Cette source, en principe miraculeuse, nous offre ce jour-là, en plein mois de Janvier, un beau filet d'eau. Nous réussissons à remplir quelques petites fioles, en souvenir. Si vous mettez un pendule au dessus de la source, il tournoie, c’est pour dire les énergies qu’elle possède ! Dans cet endroit paisible, on peut se reposer sur des troncs d’arbres, disposés devant la source, idéal pour faire corps avec la nature.

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Ce lieu est saint, respectez le, je dirais en plus qu’il est magique, les gens viennent s’altérer après une longue randonnée, viennent prier ou déposer des statues ou chapelet. Quand ça va mal, ce lieu, hors du temps, est présent pour toutes ces personnes qui croient en cette source.

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Et là que se soit en été comme en hiver, la source coule. Nous y sommes allés cet été en plein mois de juillet et de sécheresse, et ce filet d’eau coulait, oh il était plus mince, c’est vrai, mais il coulait tout de même. 

source1La source de St Gens

Elle guérirait les malades et les affligés : guérison de l'âme et du corps. Une multitude d'ex-voto l'atteste dans le sanctuaire de l'ermitage. 

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Nous poursuivons notre chemin, un peu plus haut, et là se dévoile sous nos yeux un panorama splendide, sur toute la vallée.

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Au retour, nous entamons la descente vertigineuse, où il vaut mieux avoir de bonnes chaussures de randonnées.

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Arrivés à notre voiture, nous nous rendons, ensuite, dans la merveilleuse église de St Gens, lieu où tout n’est que calme, et où le recueillement s’impose. L’ermitage, à flanc de falaise, se trouve sur une esplanade bien abritée des vents.

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A l’entrée, une fontaine aux sculptures, du 18ème siècle, semble accueillir le visiteur. Elle est décorée par un loup d’un côté, et l’autre une vache, symboles de Gens. Au centre, l’eau sort de la bouche d’un ange. 

DSC_8653La fontaine à l'entrée de l'Ermitage Saint Gens.

A notre grande surprise, nous trouvons une petite communauté d’évangélistes brésiliens, forts sympathiques. Ils nous montrent leur ermitage et nous expliquent la légende de St Gens, jeune ermite originaire de Monteux, enseveli après sa mort, le 16 mai 1127.

st gensAutel de prières avec la statue Saint Gens et au-dessus son tombeau. 

La chapelle de St Gens, a été édifiée sur un rocher, en 1680, pour abriter le corps du Saint. Le sanctuaire de l’Ermitage de Saint Gens a été rebâti en 1884 autour des restes de la chapelle romane du XIIème siècle.

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Il subsiste de celle-ci, au centre de l’édifice actuel, quatre piliers massifs qui supportent une belle coupole sur trompes, dans lesquelles sont sculptés les symboles des quatre évangélistes : un taureau, un lion, un aigle et un ange.

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A l’intérieur de l’église, de nombreux fanions de prières, ou de représentation des différentes paroisses environnantes, servant lors des processions, des statues de Saint-Gens et notamment celle promenée lors des processions.

Photo0146Bannière de procession de la paroisse de l'Ermitage Saint Gens.

Au fond de la nef est conservé le reliquaire classé en bois doré, datant de 1696,  qui renferme les ossements vénérés de Saint Gens. Sur le piédestal de ce reliquaire, sont couchés le loup et la vache ainsi que Saint Gens,  agenouillé sur un rocher. Tout autour, on peut voir de nombreux tableaux d'ex-voto. 

st gens2Statue de St Gens.

Le saint y est représenté aujourd’hui par un gisant de cire exposé dans un tombeau vitré, avec à ses pieds un loup et des  béquilles.

st gens1Le tombeau de St Gens

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Depuis des siècles, en effet, les pèlerins ont accouru par milliers dans ce sanctuaire, où les bannières témoignent encore de leur reconnaissance, pour les innombrables bienfaits obtenus par les intercessions de Saint Gens. C’est l’un des protecteurs les plus populaires du Comtat de la Provence. Une chapelle rempli d'ex-voto témoignant de la ferveur populaire envers Saint Gens.

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 La légende :

Gens Bournareau (ou Bournarel) aurait vu le jour à Monteux, au début du XII°, peut- être en 1104. Né dans une famille de petits paysans bouviers, on lui donna ce prénom de  "Gens"  qui, en provençal signifie  "beau".  Après une jeunesse exemplaire, faite de travail et de piété, il devient berger et, tout en gardant ses troupeaux, prêche la parole de Dieu.

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Il fit jaillir une source du bout de son index : 

A cette époque, lors de la fête de Saint-Raphaël à Monteux, une procession se rendait à la chapelle du même nom, puis, après des prières pour obtenir la pluie, les Montiliens plongeaient sa statue dans l’eau du ruisseau tout proche. Gens s’insurge contre ces pratiques païennes  et brise la statue. Il est alors chassé à coups de pierres par les habitants de Monteux. A l'âge de 14 ans, il dut s'enfuir de son village pour avoir dénoncé l'idolâtrie de ses habitants.

st gens10Belvédère de la croix, situé au dessus de la source de St Gens.

Il part sans destination précise, simplement accompagné de deux vaches. Il se dirige vers Venasque et s'arrête finalement dans le val rocheux du Beaucet, qui n'est alors qu'un désert sauvage et inculte. Il recherche la solitude, vit du travail de la terre et prie pour la conversion des Montiliens. Un jour, un loup dévore une de ses vaches. Gens apprivoise la bête et l’attelle avec sa dernière vache. C'est son premier miracle.

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Pendant ce temps, à Monteux, pas une goutte d’eau. La mère de Gens part le chercher. Il refuse tout d’abord de revenir dans sa ville natale mais, après avoir prié, décide de la suivre. En chemin, sa mère lui demande à boire. La légende dit que Gens,  de l’index, fit alors jaillir de l’eau et du vin du rocher situé à la limite du vallon. C'est son deuxième miracle. Après que sa mère lui ait demandé d’assécher la fontaine de vin, qui  serait source de malheur alors que celle d’eau est bienfaitrice, Gens retourne à Monteux et, après une procession autour de la ville, la pluie tombe. C'est son troisième miracle. 

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Un Saint populaire que l'on prie pour faire tomber la pluie :

Les habitudes impies  reviennent cependant très vite à Monteux, et Gens essaie en vain de faire partager sa foi. Attristé, il retourne définitivement à sa vie d'ermite dans le vallon du Beaucet. Il serait mort le 16 mai 1127, à l’âge de 23 ans, allongé dans le rocher qu’il avait creusé et dans lequel il dormait tous les soirs. Ci-dessous le lit de Saint Gens. Une inscription y est gravée sur une plaque : "sur ce rocher il se coucha". L'oratoire est légèrement incliné, car un torrent coule au pied de la roche.

DSC_8709Lit de Saint Gens

Un des plus anciens pélerinages de tout l'Europe :

Le plus important pélerinage est celui du mois de mai, où chaque année on honore le jour de la mort de Saint Gens.  L'espace d'un week-end, la statue du saint est transportée, sur un brancard, de Monteux, jusqu'à l'église de l'Ermitage, située à une centaine de mètres en contrebas de la fontaine. On peut alors dénombrer jusqu'à 4 000 pèlerins quotidiennement. Trop nombreux pour que tous puissent pénétrer dans l'église élevée au XIXe siècle, à l'emplacement du rocher, où fut inhumé Gens et où se trouvent ses reliques. Il est prié dans tous les villages de Provence pour faire tomber la pluie, tandis que l'eau miraculeuse de la source soignerait les fièvres et bien d'autres maux physiques et spirituels. Gens n'a pas été canonisé mais sanctifié par le peuple. 

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Une antériorité spirituelle du site :

Il n'existe aucun document historique antérieur au XV° sur la vie de Saint Gens. Elle a essentiellement été édifiée par la ferveur populaire. Mais les légendes, on le sait, s’ancrent souvent sur une réalité ancienne. D’une beauté tellurique, le lieu est à l’évidence  propice à l’élévation spirituelle. Il semble aussi  que la source ait existé depuis longtemps, et  fut probablement l'objet d'un culte païen antique.  « De mémoire d'homme, on n'a jamais vu le filet d'eau s'arrêter, même par temps de grande sécheresse », lance Patrick Clément. Montilien de souche, ce quadragénaire préside la Confrérie de Saint-Gens, fondée au XVIIe siècle.

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L'église comme sanctuaire et lieu de culte : 

Peu après la mort de Gens une nouvelle église aurait été édifiée. De cette église romane subsiste encore la remarquable coupole sur trompes. 

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Jusqu'au XIII°, le corps du saint aurait été laissé dans le tombeau qu'il avait lui-même taillé dans le rocher.

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Miraculeusement conservées lors du pillage des Huguenots au XVI°, les reliques sont placées un siècle plus tard dans une chapelle élevée afin de les abriter. En 1696, on réalise une châsse en bois doré qui se trouve aujourd'hui  encore dans une chapelle de l'église de Saint Gens. Les reliques sont conservées à l'intérieur.

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Le bas-côté nord de l'église est construit en 1832. Des travaux beaucoup plus importants sont effectués à la fin du XIX° afin de réunir en une seule construction la chapelle du tombeau et l'église de l'ermitage.

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 En 1877, Monseigneur Dubreil apporte une pierre (ou un morceau de marbre antique) du cimetière de Saint-Callixte à Rome, donnée par le pape Pie IX, pour servir de base à la reconstruction de l’église.

DSC_8568Façade arrière de l'église de l'Ermitage Saint Gens.

Aujourd’hui, l’évêché d’Avignon a confié le sanctuaire de Saint-Gens à la communauté catholique brésilienne : "Palavra Viva" (Parole Vivante). Dans la petite boutique, vous trouverez une petite brochure qui, pour une somme très modique, vous permettra de bien pénétrer l'atmosphère de ce lieu authentique, encore hors du temps. Divers souvenirs et médailles du lieu peuvent y être achetés, pour permettre le remboursement des frais des lieux. Outre l’accueil du grand pèlerinage de mai, la communauté brésilienne organise des retraites et célèbre les différents offices du culte.

Photo0111Curieuse habitation sur la route de l'ermitage St Gens.

Si vous décidez de prendre le chemin de l' Ermitage, vous découvrirez un lieu cher aux habitants du Comtat Venaissin, depuis des siècles. C'est une belle promenade à faire en famille, même si un peu sportive, qui vous immergera dans les parfums de la garrigue, sur les pas de Saint Gens.

Pour conclure une belle prière, de Yves Pons, dédiée à Saint Gens :

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J'aime faire découvrir, au travers de mes photos, les jolis endroits vers lesquels mes pas m'ont conduite. J'aime la nature et notre belle région du Luberon et des Monts du Vaucluse. En vous faisant partager mes coups de coeur, où mon regard s'est émerveillé, je souhaite que vous puissiez aussi vous évader à votre tour.

Merci de votre visite et à bientôt !

  

 

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28 janvier 2019

Le Beaucet et ses sentiers pédestres

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Aujourd’hui je vais vous faire partager un petit voyage sensoriel, car le chemin que nous emprunterons, pour aller à la source de St Gens, près du Beaucet, oscille entre légende et senteur. 

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Le Beaucet (Baus en provençal : signifie "rocher escarpé),  est un petit village perché, authentique, situé, dans les Monts du Vaucluse, entre Carpentras et Fontaine de Vaucluse. 

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Ce village fait le bonheur des amoureux des vieilles pierres et de belle nature. Restauré avec soin, il présente de belles bâtisses de pierre.

DSC_8660Le Beaucet au couchant du soleil.

On flâne avec plaisir le long des ruelles pavées qui parcourent le Beaucet. 

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Véritable village de crèche provençale, on le découvre agrippé à la roche, et blotti à l'abri de son château-fort, dont les ruines sont en cours de restauration.

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On peut aussi se reposer sur l'esplanade du château, et petit à petit, se laisser imprégner par cette douce atmosphère qui règne ici.

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DSC_0368Esplanade du château du Beaucet.

On en profite bien sûr pour admirer les somptueux paysages qui entourent ce village, car on est ici dans une belle campagne provençale....

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Les légendes chères à la tradition provençale ne sont pas en reste non plus. En Provence l’histoire de l’eau, sur cette terre sacrée, a une importance capitale.

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DSC_0322Joli lavoir à la sortie du Beaucet.

DSC_0323Belle fontaine un peu avant le lavoir.

Pour accéder à l’ermitage de St Gens, situé à 2 km du village, nous passons en contrebas du Beaucet, perché sur un piton rocheux.

DSC_0343Château fort du Beaucet perché sur un piton rocheux.

En se promenant dans les petites rues du village, on ne peut pas manquer les deux portes monumentales de l'ancienne cité-forteresse. 

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On peut également visiter l'église qui date du XIIème siècle et qui a été restaurée en partie.

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Dans ce petit village, coupé du monde, les maisons sont accrochées à la roche et les murs sont faits de pierres sèches. Si vous aimez le charme de ces vieilles pierres, vous aurez un sûrement un coup de coeur pour ce village.

DSC_0339Maisons accrochées à la roche, au Beaucet.

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Aux alentours du Beaucet, un sentier pédestre reliant Venasque, Fontaine de Vaucluse et Sénanque, nous emmène dans des endroits superbes, où l’on apprécie le calme et la beauté de la nature, qui est restée ici authentique. 

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Ce tour s'adresse à tous les intéressés aux constructions en pierre sèche en Provence. Cependant ces bâtisses anciennes se trouvent à l'écart des chemins et il faut se débattre avec la garrigue pour parvenir à certaines. 

 

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Creusé par l’érosion dans la molasse calcaire, le ruissellement a usé les parois rocheuses, provoquant des éboulis et l’apparition de baumes naturelles.

DSC_8707Le vallon et les falaises près de Beaucet.

Les parois rocheuses de part et d'autre du vallon abritaient, dans les abris sous roche, plusieurs fermes troglodytes, dont certaines ont été abandonnées. 

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Maison troglodytique.

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Les hommes y ont créé leurs habitats, en fermant les cavités naturelles par des murs.

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Le vallon, où les sédiments et alluvions se déposèrent, fertiles, fut exploité, et permis les cultures fruitières et légumières, les plateaux furent semés de céréales, accueillant de nombreuses fermes et aires de battage.  

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Dans les falaises, les versants furent aménagés en terrasses. Ces aménagements sont un bon exemple d’organisation de la gestion de l’eau, élément essentiel dans nos régions. 

 

DSC_8715Restanques filtrant l'eau, digue sur la gauche.

Les restanques, en travers du vallon, laissent filtrer l’eau, tout en retenant le limon, celle-ci étant récupérée plus bas dans un grand bassin. Il subsiste toujours, au fond du vallon, une exploitation, vestige des nombreuses fermes d'antan. 

 

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Au fur et à mesure de notre randonnée, nous découvrons de nombreuses constructions en pierre sèche : des abris sous roche, des restanques, des cabanes, des maisons troglodytes, des apiés (ruchers), des bories, et leurs cuves vinaires... 

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DSC_8588Une belle borie sur 2 étages.

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Impossible de les dénombrer, tellement il y en a, si l’on cherche un peu. Le pays calcaire des Monts du Vaucluse,  est couvert de constructions en pierres sèches de toutes sortes. Le long de cette randonnée on verra plusieurs exemplaires de toutes ces types de construction.

DSC_8717Une autre borie, au milieu de restanques.

Les plus connues étant les bories rondes qui sont des simples abris en forme conique ou de pyramide.

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Leur forme est due à la construction en pierres plates (les lauzes) disposés de manière à écouler l'eau de pluie vers l'extérieur, tout en fermant le toit en encorbellement vers l'intérieur. 

DSC_8723Bories à double étage avec cuve vinaire. 

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Dans cette zone du Vaucluse, subsistent des constructions plus vastes et rectangulaires, souvent adossés à une ferme plus récent. On a  souvent profité des parois en encorbellement des combes pour y abriter des bergeries.

DSC_8750Immense borie, accolé à une ferme.

DSC_8675Grande borie de plus de 15 m de long. adossée à une ferme en ruine.

Une grande et belle aire de battage domine une des falaises de Beaucet, avec une superbe belvédère sur le vallon ! Le vide en dessous est impressionnant, mieux vaut ne pas trop s'approcher en cas de fort mistral !

DSC_8737Aire de battage.

Juste à côté un cairn nous indique le beau belvédère de l'aire de battage.

DSC_8615Cairn.

Partout des amas de pierres d'anciennes habitations ou fermes abandonnées, où la végétation a repris ses droits.

DSC_8594Restes de constructions, enfouis sous la mousse.

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DSC_8606Etrange pierre en forme d'animal.

 Un beau belvédère sur les hauteurs des falaises, avec en toile de fond la vue sur le Mont Ventoux et les Dentelles de Montmirail.

DSC_8682Mont Ventoux.DSC_8614dentelles de Montmirail.

DSC_8621Falaises de Beaucet.

J'aime faire découvrir, au travers de mes photos, les jolis endroits vers lesquels mes pas m'ont conduite. 

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DSC_8742Une belle niche !

En vous faisant partager mes coups de coeur, où mon regard s'est émerveillé, sur notre belle nature, je souhaite que vous puissiez vous évader à votre tour. Le coucher du soleil au retour de notre randonnée.

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Merci de votre visite et à bientôt !

 

Suite : l'ermitage Saint Gens

 

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26 janvier 2019

Neige au Mont Ventoux

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L'hiver s'installe, au Mont Ventoux, avec son mistral glacial, ses lumières glacées, ses journées si brèves. Il  raccourcit le jour qui s'enfuit devant lui.

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L'hiver aux splendeurs de neige, au givre étincelant, dans le petit matin, au froid rigoureux et vif qui nous envahit...

118966585_oLa petite chapelle givrée du Mont Ventoux.

Les vent tempétueux bousculent les arbres, au sommet du Mont Chauve, qui se couvrent de froidure.

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L'effet de clair-obscur produit par la neige fait disparaître le paysage. Les arbres se couvrent de ces amas de soie blanche, surprenants de beauté et d'élégance, des étoffes soyeuses, somptueuses... 

 

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Tout en haut du Mont Ventoux, véritable espace lunaire, l’hiver règne en souverain sur les arbres, la nature.

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 Il étend ses lames de froid, d' âpreté, et de rudesse...

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Les paysages gelés, du Géant de Provence, sont superbes sous ce blanc manteau de neige.

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Ils prennent des teintes éclatantes aux reflets irisés : blanc brillant qui revêt les arbres, les toits, le sol d'un habit soyeux, de lourdes cotonnades.

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Quand le Mont Ventoux, silhouette majestueuse, revêt son blanc manteau, la nature se fait humble et modeste sous la chape de froid.

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Quand la neige virevolte dans l'air transparent de l'hiver, apparaît un monde irréel, un monde plus clair,  un monde où tout se mélange. 

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Les flocons tourbillonnant dans l'air vif forment un ballet incessant, d'éclats de neige, images magiques, irréelles, et mystérieuses de l'hiver. Ils envahissent cette montagne, coiffée d’une crête blanche, la subliment. Les grains qui s'éparpillent se rassemblent en couche compacte, sur le sol,et forment des tapis lumineux qui crissent sous nos pas...

 

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L'horizon s'enlumine de teintes pâles, ouatées, feutrées, un rideau de lumières envahit l'espace. Le ciel et la terre ne font plus qu’un et se confondent dans une harmonie de blanc lumineux.  

 

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La neige transfigure les paysages, elle nous les fait voir sous un jour nouveau ...

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Le ballet de la neige, c'est encore plus magnifique à voir, surtout quand on est bien à l'abri au chaud, au pied de la cheminée qui palpite et vit.

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De ses flammes vives, elle réchauffe les cœurs rassemblés autour d’elle. le feu qui crépite, répand sa chaleur bienveillante et adoucit l’hiver et ses froids insensés. 

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Je vous souhaite un bon weekend, à bientôt pour de nouvelles aventures ! 

 

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23 janvier 2019

Abris sous roche et habitats troglodytiques

 

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Comment ne pas être séduit par le Luberon, imprégné d'histoire et d'une nature riche et variée. Fascinant, il se laisse toujours découvrir, avec un brin d'aventure. Falaises, baumes, grottes, crêtes, et forêts, permettent d'avoir une diversité de paysages spectaculaires. 

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Parmi les divers types de gisements préhistoriques, on trouve les abris sous roche, (ou baume), sites d'habitats, installés au pied des falaises, et simplement protégés par un surplomb rocheux. 

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Ils sont très nombreux dans la région du Luberon, au même titre que les habitats troglodytiques.

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Les hommes les ont habitées dès l’époque néolithique, et plus tard, en y aménageant des habitations troglodytiques. 

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Les abris sous roches ont été occupés, par l'homme préhistorique, soit comme habitat permanent, ou de façon occasionnelle, comme campement saisonnier, halte de chasse, bergerie, ou atelier...

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L'occupation a pu durer plusieurs milliers d'années, pendant lesquelles s'y succèderont des peuplades différentes, utilisant l'abri à des fins différentes.  Les dépôts qui résultent de ces occupations successives se superposent en comblant peu à peu l'abri, et c'est en fouillant ces sédiments, couches par couches, que les archéologues mettent au jour les traces du passé et tentent de reconstituer, ainsi, l'histoire des abris sous roches. 

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Les abris sous roches, cavernes de profondeurs restreintes, sont particulièrement fréquents dans les massifs calcaires du Luberon. Ils ont été creusés au cours des millénaires par l’érosion du gel et du dégel, mais aussi par l'érosion chimique.  On en trouve, parfois, le long de gorges, liée à l’action érosive des cours d’eau et des matériaux qu’ils transportent.

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L'architecture troglodytique paraît toujours un peu fantastique, avec ses escaliers taillés à même le flanc d'une colline ou ses fenêtres rustiques creusées dans une paroi de grotte, au corps par ailleurs accidenté et naturel. Les maisons troglodytes viennent se nicher au creux de la roche et transforment des cavités naturelles, en habitat humain. Leurs formes peuvent être très variées.

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- Certaines s'étalent comme un étage de building, en haut d'une falaise, avec leurs balconnets de roche, et leur toit montagneux, comme le château de Beaumette, (sud de Gordes). 

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Cet ancien château médiéval, troglodyte, du 15e s., magnifiquement restauré a été construit sous une immense baume.

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Très impressionnant, il se compose de trois édifices, semi-troglodytes, remarquables et complètement atypiques. 

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Cette vieille bâtisse, en bordure de la vallée du Calavon, avec vue sur le Luberon, est constituée d'un logis avec tour, dépendances et chapelle.

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 - On trouve un autre exemple d’habitation troglodytique à Saumane de Vaucluse, proche de l'Isle sur la Sorgue : une ancienne ferme, servant autrefois de bergerie.

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En ruine, elle a été reconstruite de 1988 à 1992 au cours de chantiers de bénévoles.

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Autour de l’abri, les terrasses ont été entretenues, le chemin d’accès a été restauré (création d’une calade), et  les murets de soutènement reconstruits.

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Dès la fin de la fin de la Préhistoire, des hommes occupaient déjà des abris sous la roche, dans les vallons de Saumane de Vaucluse.

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A Saumane les sentiers sont bordés par des kilomètres de murets en pierre sèche, on y traverse de nombreuses « combes », ou vallons souvent abrupts, dans un paysage aride, d’oliviers et d’essences méditerranéennes.

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- Témoin d’une vie rurale très active jusqu’au XIXe siècle, la vallée de la Sénancole, près de Gordes, regorge elle aussi, de nombreuses constructions troglodytiques, bâties sous la roche. 

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115473638_oRefuge du Repli. 

Le moulin de la Baume est est le plus bel ensemble troglodytique. Bien caché dans la végétation, il étire sa façade immense, sur 53 m de longueur, à 229 m d'altitude. 

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Il est le témoin d’une époque à laquelle on construisait encore à partir d’abris naturels. Cette immense construction, en pierre plate, atteint ici une perfection dans les techniques et l'harmonie avec le paysage.

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- Au pied d’un promontoire rocheux de molasse, au hameau de Rocsalière, près de Apt, se dressent plusieurs maisons troglodytes, toutes en pierre, s’appuyant contre le rocher.

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- Tout proche du hameau de Rocsalière, se trouve un autre abri sous roche : le "rocher des Druides", ruines d’un ancien fortin semi-troglodytique. Adossé à un vaste rocher, qui émerge à peine des grands chênes, il a été creusé à même la roche. 

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Le toit du logis  est formé par la voûte rocheuse. Il ne manque qu’une petite partie du mur, quatre ouvertures subsistent encore. La voûte, haute de 8 m a permis la construction de 3 niveaux. 

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Autrefois les garnisons, chargées de surveiller la vallée, y stationnaient.  Le « Rocher des Druides »,  devrait son nom à un temple desservi par des druides, durant l’occupation celto-ligure de la région. 

115273305_oUne porte fortifiée, monumentale, permet d'y accéder.

On peut toujours y voir dans le roc la place d'un autel, où l'on assure que les Druides offraient leurs sacrifices. Le Druide est en premier lieu l’intermédiaire entre les dieux et les hommes. Il est chargé de la célébration des cérémonies sacrées, et lui seul a le droit de pratiquer les sacrifices. Le site sera utilisé et restauré, durant les conflits religieux du 16esiècle. Au 17e le site sera démantelé, comme toutes les places fortes, puis abandonné au 18e siècle. 

115274346_oLa salle rupestre avec un sol et plafond en pente.

- Sur les hauteurs de Cadenet se cache un site extraordinaire d'abris troglodytiques,  un lieu chargé d'histoire : un important oppidum et sanctuaire celto-ligure, avec les vestiges d'un château médiéval.

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L'occupation de cet habitat troglodyte remonte à la préhistoire, et a duré jusqu'au XVIe siècle. Au 16e siècle, ces grottes servent d’abri aux Vaudois, et seront occupées jusqu'en 1960.

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Ce quartier troglodyte, celtique,  très ancien, est un vrai labyrinthe taillé dans la roche.  Les plus anciennes maisons de Cadenet, adossées à la colline, ont aussi une partie creusée dans la falaise. 

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- Près de Bollène, il existe un village troglodytique, très typique, qui parait avoir poussé dans la roche : le site de BarryHabité jusqu'au XIXe siècle,  c'est l'un des plus remarquables d'Europe, encore en très bon état. On y découvre une centaine d'habitations, taillées dans un écrin rocheux, au flanc d'une colline. Un ensemble remarquable où l’on trouve des vestiges, allant des Celto-ligures, aux Romains, jusqu’au XIXe siècle.

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L'occupation des grottes a donné naissance à toutes sortes de légendes provençales : histoires romantiques, bucoliques, contes de brigands et récits fantastiques.

 

- Les grottes de murs sont loin d'être romantiques, mais plutôt un épisode tragique de notre histoire. Des évènements terribles se sont déroulés dans ces grottes, lors des guerres de religion

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Murs prend le parti de la religion réformée. En 1545, 25 femmes vaudoises, ainsi que leurs enfants se réfugient dans les grottes après les tueries de Cabrières et Lacoste

DSC_8267Grottes de Murs.

Le capitaine Mormoiron à la tête de ses troupes les retrouva et les asphyxia, en allumant des feux à l’entrée. 

DSC_8296Grottes de Murs.

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Vous souhaitez en savoir plus sur le Luberon, je vous invite à suivre ce lien : 

Office de Tourisme Luberon Cœur de Provence

Laissez-vous tenter par le Luberon. Des villes et villages perchés à la vue incroyable, dont Gordes, l'un des plus beaux villages de France, des sentiers d'itinérance de toute beauté, un patrimoine historique remarquable et une gastronomie reconnue ...

http://www.luberoncoeurdeprovence.com

Merci à vous aussi de passer régulièrement sur le blog pour suivre nos aventures ;) À bientôt !

 

 

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21 janvier 2019

Les grottes de Bérigoule à Murs

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Dans la région, on trouve de nombreux aménagements élaborés à même la roche, ou des espaces plus sommaires taillés dans des grottes, dont l'occupation remonte à la préhistoire et a duré jusqu'au XVIè siècle. Dans ce reportage je vais vous parler des Grottes de Bérigoule, qui abritent de nombreuses galeries, que nous avons visitées le weekend dernier, un des hauts lieux du martyr des Vaudois. Nous en visiterons 5, de la plus petite, un simple « boyau » ou il faut s’accroupir pour y pénétrer, à la plus « confortable », relativement spacieuse, et dont l’entrée est précédée d’un jardin abrité des regards extérieurs. 

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Ce vaste et profond réseau de galeries, dans un affleurement calcaire, est situé à quelques kilomètres au nord de Murs, dans une combe du même nom. Pour s’y rendre prendre la route de Murs, en direction de Sault, passer les hameaux de Beillons et des Sautarels, et prendre sur la gauche une piste de terre qui s'enfonce dans les bois, et qui suit le fond de la combe (carte au 1 :25 000ème, St Saturnin les Apt.).

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Au bout de 500 m, la piste longe la barre rocheuse, où se trouvent les grottes, qui ont servi autrefois d'abris aux Vaudois.

DSC_8236On aperçoit au fond la barre rocheuse.

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Quelques sentes, sur la droite de la piste (non indiquées), permettent de grimper à l’entrée des grottes. Nous éprouverons un peu de difficultés à trouver les fameuses grottes, tant notre descriptif et la carte IGN manquent de précisions.

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Le réseau souterrain étant assez étendu et le site ayant été laissé dans son état naturel, il convient de prendre toutes les précautions avant d’en entamer l’exploration (pas conseillé aux jeunes enfants). Une randonnée qui se mérite car il fait se frayer un chemin, pour arriver en haut de la barre rocheuse, au milieu d'une végétation touffue de buis et  de bois de chênes.

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Se munir de plusieurs lampes, car à l'intérieur il n'y a aucune lumière. Quelques passages sont de petites dimensions et obligent à ramper sur de courtes distances, ensuite les boyaux s'élargissent et permettent de circuler debout avec prudence. A l'intérieur des grottes, on y découvre des concrétions importantes, des plafonds couverts de gouttelettes scintillantes sous l'éclairage des lampes, des chauvesouris...  

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La première grotte présente un boyau (longue galerie relativement étroite et basse),  sur la gauche dont on peut faire le tour, en sortant par le passage situé en face de l’entrée. Petite cavité horizontale présentant un couloir principal au sol argileux entrecoupé d'un passage large mais très bas, et une galerie adjacente très étroite. Arrêt sur un passage très étroit, mais difficilement franchissable, en raison des branchages.  

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Il est avéré que les collines de Murs étaient habitées dès le Paléolithique moyen. Ce site aurait été occupé  il y a environ 75 à 80 000 ans. Cette implantation importante semble liée au gisement de silex de Murs, l’un des plus importants du Vaucluse. Le nombre de pointes de flèche, grattoirs et autres haches de silex est tel que certains préhistoriens pensent que le site de Murs devait alimenter en silex toute la Provence occidentale.

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La deuxième grotte présente un trou au fond à gauche, petit passage qui permet de déboucher sur plusieurs grandes salles. L'ouverture à l'entrée de la grotte, mesure 4,5 mètres de large, pour une hauteur de 3,2 mètres. 

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Une deuxième ouverture située à l'intérieur de la grotte a été formée après l'effondrement du toit.

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- La troisième grotte est une baume protégée à l’entrée par un mur d’enclos.

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- La quatrième grotte très grande, dont une partie de la voute centrale est effondrée, possède deux niveaux. Plusieurs piliers sur le flanc de la falaise forment un joli réseau de tunnels naturels. Le contraste entre le vert de la nature  et celui du gris des grottes, nous en met plein les yeux.

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Dans ces anciennes grottes, la forêt peu à peu reprend ses droits. La beauté pittoresque et sauvage de ces grottes, réside dans le fait que le site a été créé par la nature, au temps où la mer recouvrait la Provence.

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Dans la nature, vous avez sûrement déjà vu des arbres accrochés à une paroi rocheuse verticale. Dans ces conditions difficiles, ils doivent faire preuve d'adaptation pour survivre. Où trouvent-ils leurs ressources ?

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Il faut savoir que les arbres  poussent toujours verticalement, quel que soit la position de départ du bourgeon. Le plus souvent, l'arbre reste de petite taille dans ces mauvaises conditions. Il aura davantage de branches et des feuilles plus petites. Il les perdra plus souvent pour réduire ses besoins en eau. Au final, on obtient un arbuste rachitique et recourbé, de style " bonsaï "

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- La cinquième grotte, plus petite est constituée de plusieurs petits orifices communiquant entre eux par des boyaux.

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Ces grottes doivent leur célébrité à un épisode tragique de notre histoire. Depuis 1540 en effet, les seigneurs et évêques de Provence ont entamé une guerre contre les vaudois du Luberon, considérés comme hérétiques. En avril 1545, vingt-deux villages dont Mérindol et Cabrières d’Avignon seront incendiés. 

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Fuyant les massacres de Cabrières et de Lacoste, vingt-cinq femmes et enfants vaudois fuient vers Murs, où la population est depuis longtemps acquise aux vaudois, le curé lui-même s’est déclaré vaudois et la ferme de la Bérarde abrite depuis le XVème siècle la famille Serre, grande famille vaudoise. 

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Ils trouvent refuge dans les grottes de Bérigoule, au nord du village. Dans la semaine du 20 au 27 avril, le capitaine Mormoiron, représentant du vice-légat du pape Clément VII, à Avignon, apprend la présence de vaudois dans les grottes de Murs.

 

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Devant l’entrée des grottes, il ordonne des décharges de mousquets, mais personne ne sort. Il allume alors un feu pour enfumer les pillards qui mourront tous étouffés. Les traces de suies sont encore visibles sur les parois des grottes et sur le sol. 

 

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Leur mission accomplie, les soldats de Mormoiron quitteront le village non sans avoir décimé les troupeaux paissant autour du village. 

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En représailles, les habitants de Murs, multiplieront les attaques contre les catholiques à Malaucène, Carpentras, Joucas et ce jusqu’à la fin des guerres de religion en 1595.

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Le retour se fait d’abord par une vieille piste bordée de murs de soutènement, direction Murs avant d’apercevoir le chêne pluri-centenaire, qui se trouve juste en dessous du village.  Une journée bien remplie généreusement baignée par le soleil 

DSC_8171Murs.

DSC_8227Le vieux chêne pluri-centenaire en dessous du village.

DSC_8224Circonférence de son tronc : 6,80 mètres. Hauteur : 24 mètres. Frondaison de 34 m.

Il y a beaucoup à voir dans notre région du Luberon,  un régal pour les amateurs de promenades au grand air et de jolis villages ! Merci d'avance pour vos commentaires, qui font toujours plaisir ! A bientôt. 

Pour en savoir plus sur le Luberon :

Office de Tourisme Luberon Cœur de Provence

Laissez-vous tenter par le Luberon. Des villes et villages perchés à la vue incroyable, dont Gordes, l'un des plus beaux villages de France, des sentiers d'itinérance de toute beauté, un patrimoine historique remarquable et une gastronomie reconnue ...

http://www.luberoncoeurdeprovence.com

 

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18 janvier 2019

La Camargue et ses zones humides #EnFranceAussi

étang de Malagroy2

Première zone humide de France par sa superficie, la Camargue est le deuxième plus grand delta de la Méditerranée, derrière celui du Nil. Site emblématique en France et en Europe, la Camargue a été façonnée au fil des siècles par la nature et les hommes. Elle a développé une forte identité culturelle et un patrimoine naturel unique. Elle est souvent vue comme un des derniers bastions de terre sauvage, et fait partie des must de la Provence.

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Cet article fait partie du collectif #EnFranceAussi créé par Sylvie du blog Le coin des voyageurs, qui propose chaque mois de nouveaux thèmes, pour mettre la France à l’honneur. Cela ne pouvait pas tomber mieux, en ce mois de février, c'est Mitchka  du blog fishandchild qui  propose le thème : "Zone humide". 

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Lors d'un grand weekend nous partirons dans la Réserve naturelle de Camargue, pour nous approcher au plus près d'une des plus grandes réserves de zones humides d’Europe.

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Le 2 février est la Journée mondiale des zones humides. Ces espaces, très riches en biodiversité, sont menacés,  et continuent d ’être dégradés, et transformés, pour d’autres usages (industrie, tourisme, urbanisation, agriculture, etc).

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Il faut absolument protéger et préserver ces zones, qui sont exceptionnelles d'un point de vue écologique. Aujourd’hui, malheureusement, nous les détruisons massivement. 50 % des zones humides françaises ont disparu entre 1960 et 1990 : une triste constatation !

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Il a fallu attendre le constat d’une perte généralisée, des fonctions naturelles des zones humides, pour que l’ensemble de leurs valeurs commence enfin à être apprécié.

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Depuis des millénaires, les zones humides de Camargue (lacs, étangs, lagunes, marais, ruisseaux, prairies inondables…) fournissent aux humains des ressources essentielles en eau, nourriture, plantes, animaux, matériaux divers et voies d’accès, qui sont à la base de leurs activités.

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En dépit de la forte valeur biologique et économique qu’elles représentent, les zones humides du delta du Rhône ont longtemps été considérées comme hostiles à l’homme, et ont par conséquent été assainies, drainées et comblées au fil des siècles. Elles sont souvent le résultat d’interactions entre l’homme et son environnement. 

Dans le sud de la France, ces zones humides, s'étendent sur 2 départements : les Bouches du Rhône et le Gard (la Petite Camargue). Située au bord de la méditerranée, cette région est formée par le delta du Rhône. 

115563324_oLes marais salants de Salin de Giraud.

Le nord est dominé par l’eau douce, on y cultive le riz et le sud est sous l’influence du sel, avec les marais salants de Salin de Giraud, et d’Aigues Mortes.

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Depuis l’endiguement total du Rhône, à partir de 1869, le fonctionnement hydraulique du delta a été profondément modifié par les activités humaines, notamment pour les besoins de l’agriculture (riziculture et saliculture).

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D’importantes modifications du fonctionnement naturel des écosystèmes camarguais en ont résulté. Les agriculteurs, les viticulteurs et les industries salinières se disputant son usage, il a été décidé d’en faire une aire protégée, en créant un parc naturel régional. 

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Pour aller au plus près de cette zone humide, en Camargue, nous prenons la piste de Méjane, sur 11 km, pratiquement seuls dans ce paysage désertique et étonnant ! 

draille de méjanes2

Ce chemin de terre, que l'on appelle la "Draille des 5 Gorges", démarre un peu avant le mas de Cacharel, pour se terminer au Domaine de Méjane, (22 kms aller-retour). Nous longons les étangs des Impériaux et du Malagroy, et y découvrons des paysages sauvages, de zones humides, typiques de la Camargue. Si ces étangs sont connus pour la diversité de leurs paysages, découvrir leurs trésors depuis le sentier,  est une expérience inoubliable !

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Il est conseillé de faire ce parcours à vélo, ou à pied, ou même en charette tirée par des chevaux, en raison des nombreuses ornières. Ne surtout pas s'y aventurer en voiture, quand il vient de pleuvoir, au risque de s'enliser.

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Rien ne vaut le cheval pour parcourir la Camargue et découvrir ses recoins les plus secrets. 

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De nombreuses manades vous invitent à galoper dans la sansouïre, ou à longer les étangs d’un pas tranquille, pour vivre pleins d'émotions.

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Si la Camargue est très connue pour ses chevaux vivant en liberté, elle l'est également pour ses taureaux.

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Les manades de taureaux sont nombreuses dans la région. Le terme manade est spécifique à la Camargue : ce sont des troupeaux d’animaux en liberté, surveillés par les gardians. 

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Il est possible de les voir travailler, au milieu des troupeaux, dans leur milieu naturel. 

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Les taureaux de Camargue sont à la fois puissants, robustes, et magnifiques. J'ai été impressionnée de pouvoir les approcher de très près ! Ils font partie intégrante d’un patrimoine dont les camarguais sont très fiers.

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Bien plus qu'un spectacle, nous avons fait ce jour là, une découverte des traditions de la Camargue, une expérience inoubliable ! Nous avons marché à notre rythme, sans nous priver de pauses contemplatives.

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Comment ne pas s'émerveiller lorsque l'on marche au milieu d'une nature totalement préservée, de ces espaces vierges de toute construction, et de toute altération, liée à la présence de l'homme. Le vent qui nous chahute vient parfois bousculer nos pensées, et nous aide à faire le vide dans notre esprit. 

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Nous passons simultanément devant deux beaux étangs : des Impériaux et du Malagroy. On en profite  pour admirer ces étonnants paysages qui nous entourent. Un moment rien que pour nous dans ce décor naturel grandiose. 

étang des impériaux2

Ces milieux naturels sont classés Réserve Départementale, et ont été acquis par le Conseil général des Bouches-du-Rhône, en 1964, pour protéger ces zones humides, fragiles (2770 hectares). Rien ne peut décrire mieux l’atmosphère surréaliste qui règne sur  ces étangs, petit Paradis pour oiseaux de toutes sortes !

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Ils abritent de nombreux flamants roses, des espèces d’oiseaux limicoles (barges, chevaliers, bécasseaux)... 

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...et de canards (colverts, siffleurs, sarcelles d’hiver) attirés par l’importante faune d’invertébrés. 

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Près de l'étang de Malagroy, nous pourrons  approcher au plus près de flamants roses. 

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Il faisait un temps magnifique ce jour là, nous sommes restés un moment regarder les flamants roses, qui siégaient sur un îlot. Ils n'ont pas manqué de nous offrir un superbe spectacle en survolant les flots. 

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Sous son apparente sécheresse, la sansouire est un milieu très accueillant pour la faune et la flore, et constitue des immensités plates et désertiques, entre la mer et les lagunes.

DSC_8716Sansouire.

étang de Malagroy

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Sa végétation est verdoyante, en touffes denses et éparses.

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Sansouire

 En été, ce paysage est des plus arides, il s’inonde en hiver, pour renaître en vasières au printemps et à l’automne.

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DSC_8717Découverte  surprenante d'une tête de bébé sanglier.

Arrivés au Domaine de Méjannes, nous prenons le parcours en sens inverse pour revenir à notre point de départ.

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Lors de notre petit séjour en Camargue, nous rencontrerons très souvent des petites cabanes camarguaises. Habitats typiques de la Camargue au XIXème siècle, elles servaient de logement aux ouvriers agricoles. 

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Elles étaient fabriquées en matériaux végétaux disponible localement, comme le roseau (le sagne), très utile pour son faible coût, les matériaux nobles étant réservés à la construction des mas, résidence des éleveurs. Les cabanes servaient aussi de logements aux pêcheurs, bergers, vanniers et sauniers.

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Il n’existe plus d’anciennes cabanes visibles, mais seulement des répliques modernisées, qui servent de gîtes, chambres d’hôtes ou de restaurants pour les touristes et vacanciers. Son architecture est toujours appréciée pour le plaisir de voir perdurer la tradition, et pour son adaptation aux conditions climatiques rudes de la Camargue.

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Nous assisterons, au soir,  à notre retour de balade, à un magnifique coucher de soleil, qui embrasait tout l'étang des Impériaux. C'est tellement passionnant ce paysage qui change d'aspect en seulement une poignée d'heures.

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Comment ne pas être ébloui par ce site naturel unique, par sa faune et sa flore, le temps d’une ballade inoubliable. En regardant les photos quelques temps, après notre retour, la magie fait toujours effet !

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La Camargue, si vous y goûtez, vous ne pourrez plus vous en passer ! Marcher au milieu de ces zones humides, est un vrai spectacle de la nature, avec de magnifiques panoramas et surtout… le calme.

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Si vous vous décidez à prendre la route vers la Camargue, ou si vous avez déjà visité la région, n'hésitez pas  à nous faire partager vos carnets de bord, photos et anecdotes de voyages. 

A bientôt !

 

 

Posté par Martine84000 à 21:39 - Commentaires [36] - Permalien [#]

17 janvier 2019

Le sentier promenade de la Colline Saint Jacques à Cavaillon.

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La colline Saint Jacques à Cavaillon, que l'on repère de loin, est un peu la balade dominicale, par excellence des Cavaillonnais, un endroit où nous allons très souvent y faire des randonnées, sans jamais nous lasser !  

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Ce petit relief particulier, qui culmine à 182 m, abrite sur son flanc est la ville de Cavaillon. Il est formé de roches calcaires identiques à celles du Petit Luberon, même âge et même origine, déposées au fond de la mer qui, il y a plus de 100 millions d’années, recouvrait toute la Provence.

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Entre deux failles, s'est produit, il y a environ huit millions d'années, un affaissement qui est à l'origine de la plaine de Cavaillon, le poumon vert de la ville.  Cette colline est son unique relief, habitée depuis la préhistoire. Surprenant de trouver la nature aussi près de la ville. Sa richesse géologique et historique en fait un lieu de grand intérêt. 

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Cavaillon doit son nom aux Cavares, un peuple gaulois, qui habite la colline Saint-Jacques, dans l'Antiquité. Par une belle journée d'hiver, mais assez venteuse, tout de même, nous décidons de faire une randonnée sur le sentier promenade, qui nous fera découvrir sur plus de 3.5 km, (2 h 30), les différents aspects de la colline Saint Jacques.

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Tout au long du parcours, nous pourrons voir des grottes, habitées par les premiers cavaillonnais, des carrières monolithes utilisées par les Cavares et les Romains, une ancienne voie romaine, et au sommet de la colline le magnifique paysage de la vallée de la Durance.

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Nous marcherons au milieu d'une forêt de pins d'Alep, qui a poussé naturellement après l'abandon des terres par les agriculteurs, et à laquelle se mêlent des taillis de chênes verts et pubescents. Malheureusement, suites aux incendies en 2006 et 2012, une grande partie de la pinède de pins d’Alep a  laissé la place à de la garrigue.

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Nous commencerons notre randonnée par la Grande Baume. C'est une des nombreuses grottes que l’on peut découvrir sur la colline Saint Jacques. La colline semble avoir été utilisée par nos ancêtres comme zone d’habitat dès la fin du néolithique (3500 – 2300 avant J.C.) et peut être même avant cette période.

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De nombreux vestiges de cette époque y ont été trouvés : pointes de flèches, lames de silex, pendeloques, mais pas de trace précise d’habitation.

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 On peut toutefois estimer que son utilisation était la même que celle des grottes des environs immédiats (Vidauque).

DSC_7849Silo à grains.

Utilisée dans un premier temps comme lieu d’habitation et de sépulture, elle a dû être abandonnée par les hommes vers la fin du Vie siècle avant Jésus Christ, au profit de cabanes installées sur le plateau dominant la Durance.

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La grotte fut ensuite comme lieu d’équarissage jusqu’au XIXe s., et de bergerie jusqu’au début du XXe s. Les constructions que l’on y voit à l’intérieur, sont donc d’époque assez moderne.

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De nombreux éléments ont été mis à jour dans des grottes voisines de cette zone sud-Luberon, au point de pouvoir dresser un « portrait-robot de l’homme qui les habitait : taille moyenne, crâne allongé au front développé, et au nez long, droit, muscles puissants.

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Nous passons ensuite dans les anciennes carrières du petit et du grand Roucas (Roucas = rocher en provençal), au nord de la colline. Elles ont révélé des puits, des silos à grains, utilisés pour le stockage des récoltes, et des fosses sépulcrales. Leur creusement et leur comblement s'est étalé sur une période allant du Vème siècle avant J.C, au IIème siècle de notre ère. Les fosses-silos ont permis d'exhumer des pépins de raisins et des rafles, contenus dans des débris de vases, qui avaient été préservés par une lente minéralisation.

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Les pierres y étaient extraites de la même façon que dans les carrières de Calès à Lamanon. 

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Les deux énormes masses de pierre qui nous entourent étaient utilisées depuis l’antiquité jusqu’au haut Moyen Age comme carrière de pierre. 

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Ces carrières monotithiques étaient utilisées par les Cavares et les Romains jusqu’au 6ème siècle après Jésus Christ.

DSC_7821Escalier taillé dans la roche des carrières.

En utilisant ce type de bloc, les carriers évitaient le creusement et l’enlèvement de la terre inutile, pour atteindre  la roche exploitable et faisaient ainsi une économie de temps et  d’argent. 

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Nous pouvons déterminer l’époque d’extraction grâce à la qualité du travail. En effet, à la fin de l’empire romain, la variété de l’outillage d’extraction a beaucoup baissé, et la qualité des blocs produits a beaucoup diminué.

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En gaule méditerranéenne, les techniques d’extraction de pierre sont introduites surtout par les grecs, dès le 6e s. avant J.C. 

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Seuls les blocs grossiers étaient extraits des carrières, la taille définitive était réalisée sur le chantier de construction.

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Nous longeons la voie antique, (voie romaine),  recouverte de dalles calcaires, et que nombre de chars et charrettes ont emprunté. On distingue toujours le tracé, qui permettait d’accéder à l’entrée de l’oppidum, au sommet de la colline. Cette voie antique escaladait, en pente douce, par le nord, la seule partie de la colline abordable naturellement, les autres versants étant, soit terminés par des falaises abruptes, soit par des vallons descendant vers la Durance, qui longe le massif au sud. Cette voie, antique,  aménagée pour permettre le passage des chariots, aboutissait à la cité gallo-grecques de Kabellion, située aux quartiers actuels des Vergers de Saint Baldou. Elle se terminait à l’actuel rond-point à l’entrée de Cavaillon.

 

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Traces de char : Nous remarquons sur les dalles calcaires des traces rectilignes. Elles sont dues au passage répété, pendant des siècles, de roues de chars antiques, et plus tard de charrettes. Habiles carrossiers, les Cavares fabriquaient  des carrus (chars) et de grandes charrettes à quatre roues. Cette voie a été utilisée jusqu’au XIXe s. pour le transport de pierres et de bois.

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Dernière étape : nous terminons notre périple en arrivant sur le plateau d’une grande croix.

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Au sommet de la colline Saint Jacques, le paysage qui se dévoile sous nos yeux est remarquable, avec une vue sur la cité cavare, la plaine, le Luberon,  et les Alpilles.  C'était un superbe point d'observation pour surveiller la région depuis les débuts de son occupation par les premières peuplades, puis les romains et ensuite les ermites.

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Une autre terrasse naturelle de roche calcaire, nous offre une vue imprenable sur le Mont Ventoux et des Monts du Vaucluse. 

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Nous pouvons du haut des falaises contempler la cathédrale St Véran, qui émerge de la cité.  

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Nous continuons tout droit en direction de la célèbre chapelle Saint Jacques et son ermitage. ​

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Construite au XIIème siècle sur une place forte naturelle, sur le lieu de culte des cavares, puis du temple de Jupiter,  la chapelle Saint-Jacques est un charmant petit édifice, au décor sobre, à l’image des chapelles rurales. 

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Nous faisons le tour de la chapelle et rejoignons la table d’orientation, avec une vue splendide sur la vallée de la Durance et les Alpilles. 

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Retour par le calvaire, un parcours aux multiples facettes.

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Un panneau explicatif nous signale que mille ans avant Jésus Christ,  les Ligures venant d'Espagne furent à l'origine de l'aménagement d'un Oppidum sur la colline Saint-Jacques. Des tribus gauloises, puis cavares, s’y sont installées, en construisant une double enceinte fortifiée. 

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De l’oppidum, il ne reste que 300m d’enceinte, ainsi que des fonds de cabanes creusés dans les rochers. Essayez d’imaginer ce que devait être le transport de marchandises à dos d’homme depuis le petit port sur la Durance jusqu’ici. De nombreuses monnaies massaliotes ont été découvertes, avec des fragments de poterie, et des fibules.

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Une randonnée que je vous recommande fortement, mais hors saison, en raison de la chaleur, (pas d'ombre pour s'abriter sur la colline), mais plutôt au printemps, quand la nature est en fleur !

Vous souhaitez plus de précision sur le Luberon, je vous invite à suivre ce lien :

Office de Tourisme Luberon Cœur de Provence

Laissez-vous tenter par le Luberon. Des villes et villages perchés à la vue incroyable, dont Gordes, l'un des plus beaux villages de France, des sentiers d'itinérance de toute beauté, un patrimoine historique remarquable et une gastronomie reconnue ...

http://www.luberoncoeurdeprovence.com

Merci à vous aussi de passer régulièrement sur le blog pour suivre nos aventures ;).  A bientôt !

 

15 janvier 2019

Lioux et ses impressionnantes falaises

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Cet article va vous emmener, aujourd’hui dans le minuscule village de Lioux,  situé au nord d'Apt, dans le Parc Naturel Régional du Lubéron (Vaucluse) au milieu de paysages exceptionnels. 

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Il est surtout connu pour son impressionnante falaise de calcaire, blanc, qui le surplombe.

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Cette gigantesque barre rocheuse, dite "falaise de la Madeleine" sert de toile de fond au village de Lioux.

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Selon une légende locale, elle aurait servi de refuge à Marie Madeleine. Se dirigeant ensuite vers le sud-est, elle serait passée par Aix, la Chaine de l'Etoile et la Montagne de la Sainte Baume. Au XVII ème s. une chapelle lui fut élevée pour commémorer son passage.

DSC_8030chapelle st madeleine

Cette falaise n'a rien de comparable avec avec les falaises d'ocre rouge que vous découvrirez à Roussillon ou Rustrel à quelques kilomètres de Lioux. 

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Une promenade pleine de charme, à la découverte d'une des facettes du département, encore peu connue. 

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Ici le paysage est très contrasté, on y trouve aussi bien de la garrigues, des champs de lavande, que des arbres fruitiers et sombres forêts domaniales.

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DSC_8037Des vignes, des arbres fruitiers, de la lavande... La Provence !

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C’est la plénitude et l’émerveillement, lorsque l’on est face à la beauté sauvage de cette falaise, longue de 700 m, qui culmine à 574m, et surplombe de près de 100 mètres le petits village de Lioux.

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De cet endroit, l´à-pic surplombant le village de Lioux est tout simplement surprenant et laisse admirer le ballet incessant des « gros tapas » (grands corbeaux) qui nichent dans les cavités, creusées par le ravinement des rivières souterraines. 

DSC_8061Le village de Lioux situé au pied de la falaise 

L'histoire géologique nous apprend que la faille de Lioux (cassure et affaissement) s'est produite il y a environ 30 millions d'années.

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Cette falaise longue de plus de sept kilomètres est le résultat de l´émergence des terres et d´une formidable poussée qui, aujourd´hui, constituent les Monts de Vaucluse.

DSC_8111La falaise se découpe dans le paysage.

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Le minuscule village, de Lioux, de 260 habitants, que nous visiterons au passage, est  situé au pied de falaises abuptes, des paysages étonnants !

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Il est séparé en deux parties :

-      La haute : le vieux village qui se trouve au pied des grandes falaises, avec l’église romane,

-      La basse : qui se trouve   dans la vallée.

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Plein de charme, nous y avons fait de belle découvertes. 

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Nous découvrons l'église romane, de Saint Romain, enveloppée dans une belle robe de verdure, et qui semble minuscule dans ce micro village.

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Cette église du XIIème siècle est une ancienne chapelle castrale dont l'église paroissiale fût reconstruite après les guerres de religion en 1592. On peut y admirer des statues de bois dorées datant des XIIème et XIIIème siècles. 

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Une fontaine jouxte l'église, et un lavoir lui fait face.

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Se promener dans les ruelles, et s'attarder devant les lavoirs, pour imaginer la vie des habitants de l'époque, fut aussi un moment très agréable de notre balade. Depuis le début des temps, l’eau est un élément essentiel à la vie, surtout en Provence où elle est rare et donc très précieuse. C’est autour d’un point d’eau que les hommes s’implantent. 

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 On peut  admirer un beau lavoir, au pied du château de Parrotier.

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A l'entrée du village de Lioux, la source de la fontaine Verger et son lavoir en contre-bas, est un endroit ravissant aussi. 

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En nous promenant dans le bas du village de Lioux, nous croisons le château Parrotier, sur les cinq que compte la commune. Datant du 17e s. il possède des tours rondes. 

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Privé il ne se visite pas, le propriétaire est le couturier Pierre Cardin.

DSC_8109Le château Parrotier, vue du pied de la falaise.

Nous découvrons, aussi, le Château de Javon du 16ème siècle (Renaissance). Classé aux Monuments historiques, c'est une popriété privée. Il est impressionnant à voir, avec ses tourelles rondes, surmontées de toits en espaliers, ses créneaux et son entrée fortifiée. Il trône sur les hauteurs du petit village de Lioux, sur la petite route qui mène de Gordes à Sault, mais rien que les extérieurs valent le détour.  

DSC_8131 JavonChâteau Javon

A voir aussi dans les alentours : le Château Saint-Lambert, datant également de la Renaissance, remanié au 18e s. Au milieu de la végétation, cette belle bâtisse qui était un ancien sanatorium, est maintenant  un centre de convalescence pour enfants.

DSC_8029 saint lambertChâteau Saint Lambert. 

Aux alentours, on peut voir les ruines du château de Bézaure (14ème/16ème siècle), et les ruines du château du Castellas du 16e s., qui trônent sur un piton rocheux. 

DSC_8108Vue sur Lioux et son château, de la falaise de la Madeleine.

Pourquoi la présence d’un éléphant sur les armoiries de la commune : l’histoire voudrait que le général Hannibal  Barca et ses éléphants de guerre,  en 218 av J.C., contraints de contourner Marseille, passa par Lioux pour gagner la route des Alpes, pour Rome.

Résultat de recherche d'images pour "armoiries de lioux"

 Dans la campagne environnante on peut admirer de nombreuses tours d'anciens moulins. L’ancien moulin de Lioux est actuellement habitée (privé, ne se visite pas).  La tour que l’on observe, aux extérieurs, est le vestige d’un ancien moulin à vent. 

DSC_8114Ancien moulin de Lioux.

Les moulins du Luberon utilisaient à l'origine la force de l'homme ou celle des animaux. Puis celle-ci été remplacée par la force de l'eau et pour finir celle du vent. La Provence a été la première région française à construire des moulins à vent, du fait de ses reliefs et des vents puissants qui la traversent. Les premiers ont été attestés en 1180, permettant de moudre grain et olives.

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De nombreux sentiers de randonnées partent de Lioux. L'attraction principale est le site de la falaise de la Madeleine (1 km de long, 100 m de haut), que nous ferons prochainement. 

DSC_8035Champs de lavande avant d'arriver à Lioux.

Si nous avons pu faire de belles découvertes, nous n'avons évidemment pas manqué de passer aux points de vue incontournables. Le fait d'être seuls nous permettait de  nous imprégner complètement du décor qui nous entourait. Je suis restée un moment à photographier cet endroit grandiose, à la tombée de la nuit. 

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Une fois que nous avons fini notre promenade, impossible de partir avant de voir le coucher du soleil, un vrai spectacle !  Un vrai bonheur de pouvoir contempler, ces paysages étonnants de falaises, prenant des teintes orangées.

 

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Comment ne pas s'extasier sur les reliefs de ces falaises, que les rayons du soleil ne cessaient de sublimer.

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Les villages du Luberon ne manquent pas de charme, tous bien étalés au soleil. Eloigné des grands axes routiers, Lioux reste une endroit paisible et tranquille. Rien ne semble pouvoir troubler le calme qui règne dans ce village du bout du monde.

 

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12 janvier 2019

Buoux et son village hors du temps.

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Qu'ils soient perchés, à flanc de coline, ou lovés dans un écrin de verdure, les villages typiques du Luberon, valent à eux seuls un voyage en Provence. Partir à leur découverte, est toujours une expérience extraordinaire ! 

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Après avoir visité le fort de Buoux et ses impressionnantes falaises, nous nous dirigeons vers le petit village médiéval du même nom, situé dans la vallée étroite de l’Aiguebrun, en plein cœur du Parc naturel du Luberon. A 8 km au sud d’Apt, Buoux, qui compte une centaine d'habitants, est plein de charme et très bien restauré ! 

DSC_7747Vieux panneau, en ciment, indiquant l'entrée du village de Buoux. 

Petit village mais haut lieu historique. Dès le Paléolithique moyen (moustérien), environ 50 000 ans avant notre ère, l'homme y établi son habitat. Le Néolithique occupe une grande place dans ces lieux privilégiés et bien abrités. C'est à cette époque que nait l'architecture en pierres sèches, avec l'apparition de l'âge des métaux. On note aussi une présence préromaine importante. 

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Le haut Moyen Age semble caractérisé par un habitat dans le vallon de l'Aiguebrun. Au pied de l'oppidum, socle naturel, qui servira plus tard à l'installation du fort de Buoux, naît le village primitif de Buoux, avec son église aux trois autels tabulaires placé sous le vocable de Saint Germain. De cette communauté initiale ne subsistent que deux cents tombes rupestres et un autel tabulaire placé dans l'église paroissiale actuelle.

DSC_7791La ville d'Apt, dans la plaine et le Mont Ventoux en fond de décor.

Le territoire du Buoux est, pour l’essentiel, constitué d’une véritable forteresse naturelle, avec un éperon escarpé, détaché du plateau des Claparèdes. C’est tout naturellement au sommet de cette plate-forme qu’a été construit le célèbre fort de Buoux. En 1540 il devient alors le lieu de résistance pour les Vaudois, jusqu’à son démantèlement sous Louis XIV en 1660, qui fera détruire les fortifications du village.

DSC_7794Le fort Buoux.

Nous garons notre voiture en contrebas du village, avec une belle vue sur la vallée. 

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Le village actuel,  est positionné au pied d'une falaise, dans la vallée agricole.

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Connu pour ses fromages de chèvre, Buoux est surtout célèbre pour ses falaises offrant de nombreuses voies d'escalade. C'est aussi le paradis de la randonnée dans les gorges de l'Aiguebrun, et le cyclisme sous toutes ses formes...

DSC_7793Falaise et site d'escalade.

De par sa situation géographique, le petit village rural et pastoral, de Buoux, a joué un rôle défensif naturel depuis la préhistoire. 

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Il était au carrefour de deux voies de passage, millénaires, qui allaient d'Aix-en-Provence à Apt, jusqu'à ce que la route de la combe de Lourmarin obtienne son tracé actuel.

DSC_7713Ruelles pavées, descendant dans le village, église au 1er plan.

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Entre les maisons en pierre, les ruelles pavées, la petite église provençale et les belles bastides, du 17e siècle, tout semble être figé, comme au temps du Moyen âge. 

DSC_7707Joli lavoir, avec fontaine à l'entrée du village.

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Les belles bastides, entourées de leur domaine agricole (lavande, arbres fruitiers et chênes truffiers),  appartenaient à de riches protestants.

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Entretenues et restaurées avec soin, elles donnent beaucoup de cachet au village. 

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A Buoux, avec ses allées de cyprès et ses murs ocres, on se croirait presque en Toscane.

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Ici, même avant la belle saison, on profite de l’art de vivre à la provençale. Sur un terre-plein du village, ont lieux des parties endiablées de pétanque. La pétanque n'est pas qu'un simple jeu de boules et d'adresse. 

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C'est aussi et surtout le sport de l'amitié et de la convivialité, avec de gais compagnons, parfois un peu râleurs, certes et parfois même un peu mauvais joueurs, oui, peut-être aussi. Mais avouons que cela fait tout le charme de ce jeu !

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Au dessus du village, sur le plateau des Claparèdes, s´amorce un promontoire dit "des Escounfines" (les confins). Nousn y découvrons l´église romane dédiée à Sainte-Marie. Pour s'y rendre il faut monter par la calade, qui passe devant l'église paroissiale, en passant devant un oratoire.

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La petite église romane Sainte-Marie, dont la façade est enduite à la chaux, servait de lieu de culte, à une population nombreuse, mais disséminée sur le plateau. Elle est bâtie dans l'enceinte d'un cimetière, qu'entoure un muret de pierres, et une agréable forêt ombragée.  

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Jusqu’au XIXè siècle les habitants étaient enterrés autour de l’église. C’était, avant l'implantation de la petite agglomération actuelle (vers 1660). Sa situation isolée, en pleine campagne, à l'heure actuelle, peut apparaître vraiment insolite ! Le lieu de culte correspondant alors aux besoins du château voisin et d’une population rurale dispersée. 

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L'édifice, du XIIe siècle, est d’une sobre élégance architecturale : couverture en dalles imbriquées, clocher-mur à deux baies inégales, nef unique, abside voûtée en cul-de-four, portail plein cintre en bel appareil. 

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L’autel de pierre est surmonté d’un retable à pilastres cannelés.  L’architrave porte encore l’inscription lapidaire, médiévale : "Sancta Maria de Buolis O.M.". Ce retable servait autrefois d’encadrement au tableau de la Vierge Marie.

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Autour de l'église on peut voir l'ancien et le nouveau cimetière surélevé. Il reste quelques tombes, à même la terre, posée sur des dalles de pierres. Cet espace de paix et de repos mérite le silence, pour ceux qui ont contribué à la vie quotidienne, du paisible village de Buoux. 

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La visite de cette chapelle, est très particulière car  il n'y a rien de plus émouvant que l'usure du temps sur la pierre (comme ces vieilles tombes noircies par le temps), pour faire parler l'histoire. 

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Nous étions seuls et ce coin de verdure nous semblait presque offert tant le calme semblait y régner en permanence.

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En poursuivant notre balade, au carrefour à droite, on trouve l’ancien château seigneurial de Buoux, qui est devenu "château de l’environnement", et propriété du parc naturel régional du Lubéron. « En 1418, c’est Béranger de Forcalquier qui remet pour services rendus, le château, le village, à Mr Lancelot de Pontevès. Dès lors, la seigneurie de Buoux appartient à la branche des Pontevès. Le château a été transformé au XVIIè siècle (plus de fossés, plus d’enceinte, ni de tourelles), mais inachevé puisque la toiture de l’aile droite n’a jamais été posée.

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Classé monument historique, il constitue un site privilégié, dans un cadre exceptionnel, en pleine nature, pour une découverte du milieu et du patrimoine. Il est possible de louer une partie de cet imposant bâtiment, qui offre des chambres simples pour 2 ou 4 personnes, et quelques salles destinées aux activités, et au repas. 

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Proche du château de l'environnement, sur un espace de quelques mètres, on trouve de drôles de formes, tels que ces boulets de canon. Ce sont des sphères de 10 à 50 cm de diamètre, régulières, compactes, enchâssées dans la molasse grise, de la falaise. Plus carbonatées que les autres, plus résistants à l’érosion, elles sortent peu à peu de leur support, finiront sans peut-être par s’en détacher et rouleront au bas de la pente.  Ces boules sont créés par cimentation de sable, de limon, et par de la calcite. Cette masse calcaire a subi, et continue à subir une importante érosion hydraulique. Ce qui frappe sur ce plateau, c'est l'abondance de l'eau qui coule dans les sentiers et des falaises. 

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On a la même chose dans le cas des boules de Saint-André-de-Rosans (Hautes-Alpes),  phénomène différent mais comparable. A l'Abbaye de Valsaintes, dans les Alpes de Haute Provence, on trouve aussi ce genre d'oeufs, appelés boulinettes, composés de gré sous-marins, et âgés de 110 millions d’années.

DSC_7798Boulinettes à l'Abbaye de Valsaintes. 

Au loin, le campanile élancé de la chapelle Saint-Symphorien, se détache sur le vert sombre des pentes du Lubéron. Il ressemble plutôt à une tour de guet, ce qu’il fut certainement, de par sa position, le long de la route de Marseille, et en bordure d'un vallon.

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Le vieux village perché, de Buoux, et ses alentours, où se trouvent notamment les ruines du Fort du même nom, méritent tout particulièrement votre visite. Il peut faire l’objet, même, d’une belle escapade, lors d’un week-end. 

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En remontant en direction de Apt, à quelques kilomètres du village de Buoux, nous découvrons au détour d'une route de campagne, une autre belle chapelle, au milieu des cerisiers et cyprés : la chapelle St Martian,(ou St Massian).

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Plusieurs miracles sont attribués à Saint Martian, notamment la résurrection d'un jeune aptésien décédé (Apt). Vivant de mendicité et de dons, lui et l'un de ses frères allaient un jour récolter des fonds sur la route de Buoux, lorsque Martian eut un malaise et mourut sur un rocher.

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La légende raconte que les cloches sonnèrent toutes seules pour annoncer sa mort, et que le corps fut entouré de lumière mais ne put être décollé, sauf en présence de l'évêque. Il fut inhumé dans la cathédrale d'Apt où ses reliques sont depuis lors conservées. Le rocher (à l'intérieur de l'église), est toujours vénéré, et on raconte que les enfants qui y étaient déposés guérissaient de la fièvre. C'est autour de ce rocher que fut construite la chapelle en 1660.

DSC_7758Chapelle prise au coucher du soleil.

La chapelle est entourée d'un mur de pierres et d'un agréable espace de verdure, avec une imposante croix.

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Couverte d'un toit de tuiles et surmontée d'un clocher, elle abrite une voûte en berceau. Derrière l'autel, on peut voir un pan du rocher vénéré, muni d'un escalier.

autel chapelle st massianDerrière l'autel, quelques marches donnant accès au rocher vénéré, émergeant de la colline.

Au-dessus de la porte, une pierre taillée, en forme de blason, porte l'étonnante devise suivante : "1660 Tout par force", date probable de sa construction.

DSC_7753Blason avec devise : "Tout par force".

Sur la route nous menant à Apt, nous traversons le plateau des Claparèdes, (prochain billet),  avec de beaux champs de cerisiers en fleurs, des champs de lavande et des cyprés aux abords des belles bastides.  

DSC_7789Cerisiers du plateau des Claparèdes.

Cette promenade, hors du temps,  dans un endroit remarquable, fut une belle découverte ! C'est toujours un plaisir de faire le plein de lumière, de couleurs et de l'ambiance authentique, qui règne dans ces petits villages.

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Sans le vouloir, nous étions arrivés à l'heure parfaite pour découvrir cet endroit. Une fois que nous avons fini notre promenade, impossible de partir avant de voir le coucher du soleil. À ce moment de la journée, le ciel avait viré au jaune/oranger, nous sommes sont restés longtemps contempler à contempler ce paysage aux petits airs de Toscane.   

DSC_7761Allée de cyprés menant à une belle bastide, dans la région d'Apt.

J'emportais avec moi les images de ce paysage incroyable, mais ce que ma mémoire a conservé de ce moment passé là-bas, ce n'est que la sensation d'avoir pris part à un véritable spectacle de la nature ! Le fait de vivre dans une région, où le décor est propice à l'évasion, me facilite grandement la tâche, mais ce que j'aime par-dessus tout, c'est apprécier à leur juste valeur, ces instants somme toute ordinaires, (comme ce coucher de soleil).

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Vous souhaitez en savoir plus sur le Luberon, je vous invite à suivre ce lien :

Office de Tourisme Luberon Cœur de Provence

Laissez-vous tenter par le Luberon. Des villes et villages perchés à la vue incroyable, dont Gordes, l'un des plus beaux villages de France, des sentiers d'itinérance de toute beauté, un patrimoine historique remarquable et une gastronomie reconnue ...

http://www.luberoncoeurdeprovence.com

Merci à vous de passer régulièrement sur mon sie et pour vos commentaires forts sympathiques, qui me motivent. A bientôt ! 

 

 

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10 janvier 2019

Le Buoux : les falaises mythiques et le fort

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Cet article va vous emmener, pour commencer, sur les sentiers balisés, en pleine nature, au pied des impressionnantes falaises d'escalade, de  l'Aiguebrun, qui ont abrité des habitants dès la préhistoire, pour finir au fort  du Buoux, citadelle du vertige.  

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Aujourd’hui ces falaises mythiques sont le domaine privilégié des escaladeurs du monde entier. Le site nous a séduits en raison de son cadre naturel exceptionnel, à l'harmonie de ses formes, de ses couleurs et de sa lumière.

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Lors de cette randonnée nous profitons des magnifiques paysages du Luberon, avec la rivière de l’ Aiguebrun qui le traverse. Une multitude de sentiers balisés nous offre une nature entièrement préservée, où alternent les zones boisées et les cultures traditionnelles de Provence.

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Au détour de notre promenade, dans le vallon de l'Aiguebrun, nous observons des grimpeurs, qui côtoient le vide, sur ces falaises mythiques, de 120 m de haut,  avec des voies extrêmement difficiles.

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Ces falaises offrent des voies, parmi les plus belles du Sud-Est de la France, et attire des grimpeurs de tous horizons ! 

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Randonneurs, cyclistes et grimpeurs se croisent dans ce recoin superbe, ou bien dans l'Auberge des Seguins, adossée à la falaise, une ancienne bergerie, du 17ème siècle, restaurée avec beaucoup de goût.

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DSC_7654L'auberge des Seguins, adossée à la falaise.

Nous ferons un petit arrêt, dans ce cadre idyllique et sauvage, pour nous désaltérer. 

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L'auberge, au milieu d'une prairie, où coule l'Aiguebrun, se situe dans un environnement grandiose !

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Dans cette vallée encaissée, un petit hameau, restauré avec amour, s'est transformé en un havre de paix. 

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L'auberge, beau mas en pierre,  possède une belle terrasse à l'ombre d'un grand noyer, et une belle piscine.  

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L'histoire de l'escalade, en France, est étroitement liée à celles des falaises de Buoux. Ce site majeur de l'escalade  a connu un grand essor, à la fin des années 80, où les grimpeurs explorent les fissures, tracées dans la paroi. 

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La verticalité de ces falaises de calcaire, et le développement de nouvelles techniques, ont permis aux grimpeurs de s'attaquer aux magnifiques dalles et aux immenses murs. 

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Les surplombs, naturellement criblés de trous de toutes tailles, les nombreuses voies dans les falaises de molasse, font de Buoux un site de haut niveau international. 

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Cet endroit est fréquentable toute l'année, avec un topoguide, mais mieux vaut s’abstenir en cas de mistral, ou de fortes chaleur l'été. 

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Devenu aujourd'hui un site d'escalade au-delà des modes, Buoux a su conserver son aura et réguler une fréquentation qui fut quelquefois débordante ! 

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Des falaises que l’on pouvait grimper jadis, sont interdites, comme le bivouac, pour des raisons environnementales,   (protection des rapaces en particulier).

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Ce lieu, situé au pied du Fort de Buoux, est un véritable paradis pour les amoureux de la nature et de la tranquillité, dans un cadre exceptionnel !

DSC_7699Au loin, vue sur le Fort de Buoux.

Fort de Buoux : la citadelle du vertige, un vaisseau de pierres, perdu au milieu d'un océan de verdure.  Au coeur du Luberon, nous découvrons l'un des sites les plus impressionnants de Provence. Le fort a été bâti sur une écaille rocheuse de 600 m de long, entourée presqu’entièrement de falaises, qui en rendaient l’accès problématique.

DSC_7696Vue sur le fort de Buoux.

Histoire du fort : au creux du Vallon de l Aiguebrun, s'inscrit dans la pierre, la génèse de Buoux. C est là, bien avant le village actuel, que s'accumulent et se superposent des siècles de vie : La Baume des Peyrards, où il y a quelques soixante mille ans vivait l'homme du Moustérien (Paléolithique moyen). Le fort est un ensemble fortifié et perché, unique en Provence. Il est très tôt choisi par l’homme comme refuge, place forte et point de défense militaire. Cette vallée était occupée pour ses nombreux abris sous roche qu'elle recelait. 

DSC_7698Les trouvailles effectuées au sol permettent de classer le lieu comme un oppidum de la fin du Néolithique. Grâce à ses falaises, le fort a été habité et fortifié très tôt. De la protohistoire au 17e siècle, des celto-ligures, aux Vaudois pourchassés, l'homme a vécu là. 

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Bien protégé par la configuration du site, et par un système militaire composé de multiples constructions défensives, on peut penser qu’il était inviolable. Et pourtant. Plusieurs assauts sont donnés au fort par les protestants qui prennent le fort en 1573. Les catholiques réussissent à reprendre la place en 1574 mais les réformés parviennent à  pénétrer dans la place. Le seigneur de Buoux se replie dans les derniers retranchements de la citadelle : il est précipité du haut du donjon. 

fort buoux

En 1578, les catholiques, grâce à un stratagème, reprennent le fort. Les troupes sont maintenues sur place pendant plusieurs années encore, mais coûtent cher à la communauté d’Apt. Après 1649, le silence s’établit autour du fort. Sa démolition est achevée avant la fin du XVIIe s., mais l’histoire de Buoux est encore liée à celle de son château qui a appartenu à la famille Pontevès-Buoux jusqu’en 1753, date où le marquis de Gallifet l’acquiert ; Alexandre de Gallifet est plus connu du côté d’Aix où il était propriétaire du château du Tholonet. 

DSC_7675De l'abri sous roche,  on aperçoit la tour du fort, tout en haut.

Nous partons à l'assaut de cette forteresse, du XIIe siècle, bâtie sur un éperon rocheux, à l’intérieur d’une vallée ceinturée de falaises. La petite promenade nous menant au fort, est très agréable, compter 1 km en pente. La montée  passe sous des falaises, de gros blocs de rochers et un abri sous roche, d’autant plus impressionnant que l’amas de gros blocs rocheux à gauche de la piste laisse penser qu’ils proviennent du toit écroulé ; il a été découvert lors de la construction de la piste d’accès au fort.

DSC_7691Abri sous roche et accès menant au fort.

Nous nous arrêtons devant dans la maison du gardien des lieux ; la visite est payante (5 €), et sert au financement des chantiers de sauvegarde . 

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Visiter le Fort de Buoux, c'est faire un vrai saut dans le temps ! Ce voyage nous mène dans la vie Moyenâgeuse, dans un ancien village perché, médiéval, avec ses constructions, son église, ses habitations... Il constituait, autrefois, un obstacle pratiquement infranchissable à toute tentative d’invasion. 

DSC_7682Maison du gardien, du fort de Buoux.

Le fort a toujours constitué  une défense essentielle pour la région. A l'époque des Guerres de religion, il était occupé par les garnisons. Devenu refuge des Huguenots par la suite, l’ensemble fut démantelé sur ordre de Louis XIV, vers 1660.

fort-de-buouxRemparts du fort.

Le chemin d'accès au plateau utilise utilise une corniche naturelle entaillée par endroits pour faciliter le cheminement pédestre et muletier. Nous découvrons, sur 3 ha, un ensemble savant et complexe de l'architecture du moyen âge. Les ruines sont intéressantes à voir, dont une étonnante plateforme de 16 silos, rupestres, de dimensions différentes, taillés en forme de marmite dans le rocher.

silosSilos taillés dans le roc.

On peut aussi voir trois enceintes défensives, une forteresse médiévale, le reste de l'ancien village, enfoui, de Saint Germain (village primitif), et de ses des habitats rupestresun donjon, une chapelle romane, des tombes paléo-chrétiennes, ainsi qu'un escalier dérobé, taillé dans le roc. Une ancienne citerne,  autrefois couverte, récupérait les eaux de ruissellement du plateau. Tous ces éléments nous montrent que la vie communautaire, autrefois, devait être dure.

Salles_rupestresHabitats rupestres.

La porte d’origine de l’église du fort, à l’ouest a été bouchée ; on y entre maintenant du côté de la citerne qui jouxte l’église, dont l’abside semi-circulaire  est typique de l’époque romane. Un peu plus loin nous rencontrons un groupe d’habitations dont la maison commune,avec une porte en plein cintre. Certaines habitations sont semi-rupestres, d’autres ont leur propre silo. 

chapelleChapelle romane. 

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Sur le piton rocheux, le fort nous offre, également, l’un des plus beaux panoramas de la région, du vaste plateau des Claparèdes, en passant par les plaines du Comtat et de la vallée du Rhône, jusqu’aux montagnes de Lure et du Ventoux. Surtout être prudent en s’approchant des bords du plateau, vu la dangerosité du lieu, qui s’ouvre sur le grand vide. 

115179395_oVue du haut du fort, sur le mont Ventoux.

Nous sommes en admiration devant cette forteresse médiévale. On peut y voir trois fossés, et trois remparts qui vont se succéder sur le plateau. Le premier rempart s’appuie lui sur le rocher, on y accède par une poterne en plein cintre. Le second fossé est flanqué d'une tour carrée à 3 étages, pour les tirs. 

115179394_oVue du haut du fort.

Entre le deuxième et le troisième rempart, il y avait plusieurs constructions, dont une prison aux murs épais. Le troisième rempart barre toute la largeur de l’éperon sur 16m de long ; avec un fossé taillé dans le roc, large de 5m. Le donjon est bordé de deux fossés ; la muraille à l’est est à l’aplomb de la falaise, sur un a-pic de 70 m. 

DSC_7676                                                                                                   Donjon. 

Le plateau se termine au-dessus d’un vide vertigineux. Pour ceux qui ont  le vertige, mieux vaut ne pas redescendre par l'impressionnant escalier dérobé, creusé dans le roc, le passage le plus surprenant du fort. Il est déconseillé aux personnes âgées, aux femmes enceintes et aux enfants en bas âge, et les jours de pluie. Cet escalier secret permettait, à l'époque, de quitter le fort discrètement, sans être vue. J'avoue que ce jour-là, j'ai eu une grosse frayeur, en descendant, (pas de corde, ni balustrade pour se tenir).

fort Buoux escaliers

Cette nature préservée, est une véritable invitation au voyage historique, paysager, aux découvertes rares et multiples, comme ce fort vertigineux, au cœur même du Luberon. Compter en tout :  2.8 km, 126 m dénivelée, 2h avec visite libre :  5€  - Pour en savoir plus sur le Luberon, je vous invite à suivre ce lien :

Office de Tourisme Luberon Cœur de Provence

Laissez-vous tenter par le Luberon. Des villes et villages perchés à la vue incroyable, dont Gordes, l'un des plus beaux villages de France, des sentiers d'itinérance de toute beauté, un patrimoine historique remarquable et une gastronomie reconnue ...

http://www.luberoncoeurdeprovence.com

La randonnée et la photo, sont devenues, pour moi, loisirs, plaisirs, et passions, que je suis contente de partager avec vous. Je m’efforce au cours de mes balades de vous emmener dans des lieux connus, d’autres un peu moins ou même parfois insolites. N'hésitez pas à me mettre un petit commentaire. A bientôt pour de nouvelles aventures !

 

 

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08 janvier 2019

Le moulin troglodytique de la Baume, à Gordes.

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Gordes, village emblématique du Luberon, et bien connu pour ses bories recèle, aussi, un patrimoine troglodyte étonnant !  C'est une randonnée pédagogique, dans le vallon de la Sénancole, que je vous propose aujourd'hui, à la découverte d’un patrimoine exceptionnel, fait en pierres sèches : le moulin rupestre de la Baume.  ! C'est donc un retour dans le passé, une journée sur des lieux, où la vie fut difficile, pour nos ancêtres... et oh ! combien chargés d'histoire. Nos anciens nous laissent aujourd'hui, une trace indélébile, et inoubliable, gravée dans la pierre !

DSC_7455Les pierres sont placées en sens inverse, non pas à plat, mais toutes verticalement, au sommet.

Pour se rendre à ce lieu insolite, et hors du commun, il faut se  garer sur le parking du village des bories, un musée à ciel ouvert. Il comprend des bâtiments entièrement construits en pierre sèche, selon une technique connue depuis la préhistoire, qui atteint ici un sommet de technique et de savoir-faire.

118866072_oVillage des Bories.

Au démarrage de la randonnée, prendre un petit sentier, proche du village des bories. Nous quittons le confort des routes goudronnées, pour attaquer une sente, quelque peu caillouteuse.  Elle descend entre des murs en pierres sèches, en direction de la rivière de la Sénancole. Ce cours d’eau, à sec, a  donné son nom à la magnifique Abbaye de Sénanque un peu plus au Nord. 

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On rencontre au début du parcours une petit borie, encastrée dans des murs de pierres. 

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On trouve des bories disséminées dans toute la région de Gordes, (rien que 400 sur son territoire), dans le plateau du Vaucluse, le Luberon et la Haute Provence. 

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Ce sont des constructions en pierres sèches exceptionnelles, le témoignage d'une civilisation agraire puisant ses racines dans la préhistoire. 

 

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La pierre calcaire est omniprésente, dans le paysage des environs de Gordes. Elle affleure partout, blanchie par le soleil et les intempéries, sur laquelle s'accroche une garrigue, exhalant les senteurs énivrantes de la Provence. 

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Nous traversons une garrigue épineuse d'argelas (genêts épineux à petites fleurs jaunes). Si en début d'année les randonneurs apprécient ses jolies tâches jaunes qui décorent la garrigue, les Argélas sont peu appréciés par ceux qui tentent de les traverser tant leurs épines sont agressives. Lorsque leur taille dépasse le mètre et qu'ils poussent en rangs serrés, ils constituent de véritables barrières.

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Nous poursuisons notre chemin dans le fond de la vallée de Sénancole...La forêt est essentiellement constituée de chênes verts, de genèvriers de Phénicie, avec également du buis, des pins alep et des chênaies blanches.

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Nous voyons le paysage se métamorphoser au fur et à mesure que nous descendons au fond du vallon. Les formes des falaises calcaires de ce canyon, témoignent du travail de l’érosion des eaux depuis des millénaires.

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Nous continuons dans le lit du ruisseau, jusqu'à un petit sentier, sur la droite, qui monte jusqu'au  long abri sous roche du moulin rupestre, de la baume. Même en plein hiver, comme en ce moment, c’est un lit de cailloux à sec. Privés d’eau les cailloux réverbèrent la chaleur, qui est étouffante ici l’été. Le climat ici est de type méditerranéen, avec une aridité très marquée, car l'eau se perd dans un calcaire très poreux.

 

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Le moulin à huile de la Baume est le plus bel ensemble troglodytique, de la vallée de la Sénancole. Baume veut dire : grotte. 

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Les côteaux, du Pays de Gordes, étaient autrefois couverts d’oliviers, culture en régression, avant que les gelées de 1956 ne lui portent un coup de grâce : d’où la présence de nombreux moulins à huile. Si certains sont en partie détruits, ou restaurés, mais souvent d’accès privé, vers Saint Pantaléon, le Moulin des Bouillons (XVIe s.), transformé en musée, propose un tour d’horizon historique de l’huile d’olive sur le pourtour de la Méditerranée.

Le Moulin gallo-romain, des Bouillons à Gordes - Martine Passion Photos

Dans ce billet je vais vous faire découvrir un petit trésor, empreint d'histoire, se trouvant, à 4 km du village de Gordes, sur la route de Saint Pantaléon : le Moulin à huile des Bouillons. Ce moulin, hors du commun, et dans un lieu bucolique du Luberon, se trouve dans une bastide, typiquement provençale, édifiée en 1762.

http://photosvillages.canalblog.com

Lieu insolite, le moulin rupestre de la Baume, du 17e siècle, bien caché dans la végétation, étire sa façade sur 53 m de longueur, à 229 m d'altitude. La façade immense est témoin d’une époque à laquelle on construisait encore à partir d’abris naturels. Cette immense construction, en pierre plate, atteint ici une perfection dans les techniques et l'harmonie avec le paysage.

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Le moulin rupestre a été restauré par le propriétaire, qui en laisse l'accès libre et demande qu'on le respecte, ce qui est bien normal !  L'immense bâtiment troglodytique, épouse parfaitement l'abri sous roche, tout en longueur. Il est témoin d’une époque, à laquelle on construisait, encore, à partir d’abris naturels.

115460684_oLe moulin rupestre.

Il est blotti dans une immense baume, au-dessus de la Sénancole. Construite sur le bord de la falaise, sa façade tout en longueur, en fait une construction impressionnante. Nous entrons par la porte sud, la 2ème, à l'opposé se trouve une autre porte, au nord, donnant sur une petite terrasse, avec une belle vue.  

DSC_7485Porte d'entrée du moulin rupestre. 

DSC_7491Ouverture dans le moulin, donnant sur la vallée de la Sénancole.

La porte d'entrée ouvre sur une enfilade de pièces, savamment agencée, pour les besoins du moulin à huile : silos de stockage des olives, puis les pressoirs, meules, citernes et cuves à huile taillés à même dans la roche.

DSC_7498Vue d'ensemble du moulin.

La première partie du bâtiment regroupe neuf cuves de stockage, destinées aux olives, acheminées depuis le plateau.

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 Ces cuves étaient séparées par des cloisons de pierres.

DSC_74889 cuves de stockage des olives.

 Après un passage plus étroit, on arrive dans une deuxième salle immense. 

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C'est la salle de pressage, où se trouvaient les silos, les pressoirs, avec leurs meules, les citernes et cuves de récupération de l'huile.

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Vous remarquerez qu'elles sont creusées à même la roche.  Pierre, bois, eau, et feu, participaient à la naissance de l’huile noble, de la nourriture et de l’onction sacrée.

 

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Entre les deux grandes salles une petite pièce, avec le bac à saumure.

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DSC_7496Petite pièce avec bac à saumure.

Plus loin, nous trouvons l'emplacement de la meule entraîné, autrefois, par un âne ou un mulet.

DSC_7520L'emplacement de la meule (la partie circulaire). 

La meule servait à broyer les olives avant le pressurage. À côté, le long de la paroi, se trouve une citerne de 12 m3, autrefois couverte d'une voûte, dont les ancrages sont encore visibles.

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Cette cuve à eau était alimentée par une rigole depuis un aiguier extérieur.

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Une trémie cylindrique creusée dans le plateau supérieur, comme un puits, permettait l'acheminement direct des olives au moulin.Ce conduit vertical, de 80 cm de diamètre,  traverse la paroi rocheuse sur 5m, un véritable exploit pour l'époque. Le pressage des olives nécessitant de l'eau chaude pour la seconde presse, un moyen de chauffage devait exister. 

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Après avoir traversé tout le moulin nous arrivons à la sortie nord, par une porte qui débouche sur un petit plateau.  

DSC_7511Porte nord.

DSC_7517Plateforme voûtée, à droite du moulin. 

Ce moulin servit jusqu’en 1956, qui fût l’hiver le plus désastreux pour beaucoup de paysans : tous les oliviers moururent. Il est réconfortant de constater que partant des souches séculaires, de vigoureux rejets forment à nouveau des vergers et qu’ils sont l’objet de beaucoup de soins.

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 Nous revenons sur nos pas et sortons du moulin par la porte sud. Nous montons, ensuite, par une sente à droite, sur le plateau, qui longe la falaise.

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Nous longeons, la falaise au-dessus du moulin , où nous apercevons la trémie, protégée maintenant par une grille. C'est une  sorte de puits creusé dans la falaise supérieure d'où les olives étaient acheminées. Elles tombaient,  juste en dessous,  dans un bac creusé  également  dans la roche.

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Mieux vaut être prudent lorsqu'on longe la falaise, c'est un sentier en corniche, avec une vue sur la vallée de la Sénancole.

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Nous avons poursuivi la balade en passant par la Croix des Baux creusée dans la roche, point de limite entre le Comtat-Venaissin et la Provence....

DSC_7540Croix des Baux. 

...pour atteindre, ensuite, une grande dalle rocheuse, qui servait d'air de battage (le blé étant aussi très présent), devant une belle borie rectangulaire (bien plus haute et grande que nos jolies capitelles).

DSC_7537Aire de battage.

DSC_7538Une grande borie.

Nous continuons sur le plateau,  jusqu'à un cabanon. 

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Juste à côté, à un carrefour, l'on peut voir une dalle en pierre, sur laquelle est gravée la Croix des Baux, qui marquait la limite entre la Provence et le Comtat Venaissin. 

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Au carrefour nous prenons à droite, et descendons un petit sentier, assez casse-cou, creusé dans une dalle rocheuse. De toutes ces voies anciennes, ce passage nous a semblé le plus extraordinaire. 

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Taillée dans la roche, l’on peut  reconnaître la trace du pas des mulets.

 

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Ces chemins, bordés de murs, étaient  pavés pour faciliter la marche des hommes, et des animaux, mais aussi pour limiter d’érosion. Nous y verrons, sur notre passage, de nombreuses traces de roues de charettes, gravées dans la roche.

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A 17 h, il commençait à faire bien froid, en cet fin d'après-midi de décembre, la nuit commençait à tomber, notre décision fut prise d’écourter la balade prévue. Nous irons voir de plus près, un autre jour, la grande habitation troglodyte, de la Croix des Baux, autre magnifique habitat troglodyte. Elle comprend un logement, des écuries, une magnanerie, une bergerie et un four à pain, sous un long abri sous roche, de plus de 50 m de long.

DSC_7539Maison de la Croix des Baux vue d'extérieur.

Témoin d’une vie rurale très active, jusqu’au XIXe siècle, la vallée de la Sénancole regorge de constructions troglodytiques, et abris sous la roche, qui ont servi de refuges aux maquisards. 

115473617 refuge du repliRefuge du Repli.

Sous le rocher du Repli les maquisards viennent plusieurs fois trouver un abri, dans ce refuge, notamment la nuit du 10 juillet 1943, alors que les Allemands recherchent l’épave d’un de leurs avions tombé au-dessus du vallon de Sénanque.

115473617 refuge du repliRefuge du Repli.

C’est  au lieu-dit « le Coulet »,  que dès juin 1943, de jeunes réfractaires,  (maquisards), accueillis et formés par les groupes de l’Armée Secrète, se sont d’abord regroupés, avant de devoir vitre trouver d’autres repaires. C’est ainsi que le maquis de Gordes est né.

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115473617 refuge du couletRefuge du Coulet.

Cette randonnée, que nous avons appréciée pour la valeur de son patrimoine hitorique, et ses beaux paysages, fut une journée riche en surprises ! C'est toujours passionnant de découvrir des endroits insolites et mystérieux ! Je vous la conseille au printemps (avril à Juin), vous aurez ainsi des journées les plus longues et ne souffrirez ni du froid, ni du soleil. La randonnée, si vous y goûtez, vous ne pourrez plus vous en passer ! C’est une activité sportive saine, au grand air, avec le spectacle de la Nature, de magnifiques panoramas et surtout… le calme !

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Au retour n'oubliez pas de faire un tour dans le vieux village pittoresque, et incontournable, de Gordes. Il est silloné de vieilles calades, ruelles pavées pentues, au détour desquelles on peut admirer un beau panorama sur le Luberon et la vallée du Cavalon. 

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Classé un des plus beaux villages de France, cette citadelle minérale  a su, avec son chateau, au sommet, se tailler une réputation mondiale, dans le respect de son passé, et de ses traditions.  En s'y attardant, vous apprécierez le charme d'un vieux village provençal et vous pourrez peut-être croiser aussi une des nombreuses personnalités bien connues du monde du spectacle, qui ont choisi cet endroit comme lieu de villégiature. Au couchant du soleil, Gordes prend une autre dimension, architecture fabuleuse d’une ville hors du temps. 

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Autre icône de la Provence, l'Abbaye de Sénanque. Elle se trouve à quelques kilomètres de Gordes, dans la vallée de la Sénancole, sur le territoire de la commune. Typiquement cistercienne, par son dépouillement extrême, l'église est construite en forme de croix. Aucun décor ne doit troubler la prière et le recueillement des moines. Seule, la lumière, symbole de Dieu, doit moduler l'espace.

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Vous souhaitez en savoir plus sur le Luberon, je vous invite à suivre ce lien :

Office de Tourisme Luberon Cœur de Provence

Laissez-vous tenter par le Luberon. Des villes et villages perchés à la vue incroyable, dont Gordes, l'un des plus beaux villages de France, des sentiers d'itinérance de toute beauté, un patrimoine historique remarquable et une gastronomie reconnue ...

http://www.luberoncoeurdeprovence.com

 

 

 

 

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06 janvier 2019

Le Palais idéal du Facteur Cheval - #EnFranceAussi

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Saviez-vous qu’il existe dans le Drôme, à Hauterives, entre Valence et Lyon, un monument, d'architecture naïve,  classé aux monuments historique, et digne des temples d'Angkor ? Connu sous le nom de Palais idéal du Facteur Cheval, cet édifice surprenant et atypique, que l’on ne rencontre nul part pareil, est l’œuvre d’un seul homme. 

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Cet article fait partie du collectif #EnFranceAussi créé par Sylvie du blog Le coin des voyageurs, qui propose chaque mois de nouveaux thèmes, pour mettre la France à l’honneur. En ce mois de janvier, c’est Olivia, du blog lafilledelencre qui a proposé le thème : "loufoque". 

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Ce qui rend ce lieu singulier, en plus de son style unique, c’est l’histoire incroyable d’un facteur qui l’a construit : Ferdinand Cheval. Ce batiment est impressionnant de détails et d'imagination. 

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C'est réellement une oeuvre d'art unique, d'autant plus quand on sait que le Facteur Cheval a consacré sa vie à sa construction, seul, avec pour seuls matériaux ce que la nature lui a donné.

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10 000 jours de travail :

Il mettra en tout 33 ans de sa vie à la construction de ce palais (de 1879 à 1912), soit : 10 000 journées, 93 000 heures. Il passera huit années supplémentaires à la construction de son tombeau et celui de sa femme, que l’on peut voir dans le cimetière de Hauterives.

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Pour cet  homme qui n’a aucune formation de maçon, c’est un chef-d’oeuvre exceptionnel, qu’il a construit tout seul.

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Son histoire incroyable : rien ne prédestinait Ferdinand Cheval à ce destin étonnant. Né en 1836, il connaît un début d’existence difficile et instable : issu d’une famille de modestes paysans, il devient orphelin de mère à 11 ans et de père à 18 ans. Sa vie sera marquée par d’autres deuils : celui de sa première épouse et de deux de ses enfants.

Facteur_Famille

Se retrouvant seul avec un fils, la Poste lui propose de devenir facteur à Hauterives. Il a alors 31 ans. Quotidiennement, il effectue à pied une tournée de trente-deux kilomètres. De longues heures de solitude, à marcher en pleine nature, pendant lesquelles il laisse libre court à ses rêveries. Il va occuper cet emploi de façon continue pendant vingt ans. 

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Un jour pendant sa tournée, en 1879, il tombe sur une pierre à l’apparence très particulière. Il l’a ramasse et c’est le début de la construction  hétéroclite de son palais idéal. Désormais, à chaque tournée, Ferdinand Cheval observera tous les cailloux qui croisent sa route. Les plus beaux, les plus intrigants, il les rassemble en tas sur le bord du chemin. Le soir, avec sa brouette, il revient prélever son butin pour l’entreposer dans son lopin de terre, un potager à Hauterives. 

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Il commencera son édifice, par une fontaine, qu'il appelle sa source de vie, sur la parcelle de son jardin. Mais faute de place, il va alors progressivement racheter toutes les parcelles de ses voisins, ce qui lui permettra de construire les quatre façades de son palais. Il va progressivement ajouter de nouveaux éléments, autour de sa  sa source : un temple égyptien, puis un temple hindou, sur lequel s’appuieront les trois géants (Vercingétorix, César et Archimède).

PalaisLes 3 géants.

Il s’attaque ensuite à la galerie du labyrinthe, ainsi que les façades.

Intérieur_du_Palais_Idéal2Galeries du labyrinthe.

Au début il subit les railleries de ses voisins qui ont du mal à comprendre pourquoi cet ancien ouvrier agricole commence à entasser des pierres dans son jardin alors qu’eux cherchent à en débarrasser leurs champs. 

Intérieur_du_Palais_Idéal

Ferdinand Cheval préfère, lui, transformer son lopin de terre en un lieu magique, où il fait pousser une cathédrale de pierres, au lieu de cultiver un potager.

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Pour éviter les sarcasmes, qu’on ne le prenne pour un fou, un illuminé, il travaille pendant les nuits glaciales. Sur des échafaudages menaçants, une lampe à pétrole à la main, il construira, sous la lune, des excroissances de pierres étonnantes.

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Sur ses monuments, en forme : de pagodes, de temples, de mosquées, de grottes, de cascades, de tombeaux, il gravera des animaux bizarres (bêtes exotiques), des visages, des plantes extraordinaires.... Les façades du palais sont construites avec des coquillages, des escargots, des huîtres et différentes pierres assemblées avec du mortier de chaux.

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Il utilise des fils de métal pour la construction de ses murs, une vraie prouesse technique, pour l’époque et qui, de plus, dure avec le temps. Il est en quelque sorte le précurseur du béton armé, une véritable trouvaille, n’ayant en plus aucune connaissance en architecture.

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Il va s’abandonner, corps et âme, dans la solitude la plus profonde de son  œuvre, délaissant la société.  Cependant, dès 1897, l’étonnant monument va attirer de plus en plus de  visiteurs, chaque année.

Palais facteur cheval12Le temple hindou.

En 1914, à l’âge de 75 ans,  il s’attèle à la construction de son tombeau dans le cimetière communal d’Hauterives : il lui faudra 8 ans pour achever son ultime oeuvre. C’est en 1924 qu’il s’éteint, à l’âge de 88 ans. En 1969, le site est classé aux monuments historiques, et acquis par la commune de Hauterives en 1994.

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Mais où Ferdinand Cheval est-il allé puiser toutes ces idées ? Comment un homme modestement instruit, vivant dans une zone rurale, et qui n’a jamais voyagé, hors de sa région, a-t-il pu stocker une telle connaissance ? Comment ne pas s’interroger, de nos jours, au 21ème siècle ? 

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Ce palais surprenant est le témoin de l’imaginaire collectif, nourri de l’exotisme de contrées lointaines, que l’on pouvait trouver  dans les expositions universelles. Ce facteur était fasciné par l’Algérie, et l’Egypte, on le voit très bien à travers les façades de son  palais, comportant une profusion de palmier, de minarets de mosquées.  La « galerie du labyrinthe »  évoque, quant à elle, les tombeaux antiques. Dautres éléments rappellent les temples d’Asie  comme Angkor, que l’on retrouvera  à Paris,  à l’occasion des expositions universelles.

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Ferdinand Cheval se servait donc à l’époque des journaux illustrés, ainsi que les cartes postales. Si c’est aujourd’hui l’exotisme qui nous  frappe, au premier abord,  les références au christianisme, par exemple, sont très présentes aussi  :  profusion de personnages issus de la Bible …

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En faisant attention aux moindres détails, je me suis vraiment rendu compte de l’ampleur du travail qu’il a réalisé. C’est un plaisir de lire ses citations gravées dans la pierre. Ses commentaires, sur les murs, en dise long sur sa vie pleine d'embuche et de malheur. Pendant quelques instants, lorsque la magie opère, nous avons l’impression de retomber en enfance, dans un monde imaginaire.

Palais3Au centre la maison carrée d'Alger.

Cet homme, hors du commun, a réussi à nous faire voyager dans une autre contrée, dans un lieu unique au monde, alors que lui-même n’a jamais quitté sa région de la Drôme. On reste ébahi devant un tel monument, et devant le courage et la ténacité de ce facteur, pour réaliser une telle œuvre. Cette escapade a été un moment de pure évasion et d’émerveillement par tant de beauté !

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Mieux vaut visiter le Palais idéal du Facteur Cheval hors saison, car c’est la principale attraction de la région et le lieu est souvent envahi de touriste, ce qui gâche un peu la magie du site ! 

Pour ceux que cela intéresse le film passe au cinéma le 16 janvier 2019 : 

Découvrez les premières images de L'incroyable histoire du Facteur Cheval. Porté par Jacques Gamblin, le biopic sur cet homme exceptionnel est à découvrir le 16 janvier au cinéma. Jacques Gamblin portera le costume de Ferdinand Cheval, avec aussi Laetitia Casta....Voir la bande annonce :

Bande annonce de

Bande annonce de L'Incroyable histoire du Facteur Cheval (2019) en avant-première au Cinéma Avignon - Capitole Studios

https://www.capitolestudios.com

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Posté par Martine84000 à 09:49 - Commentaires [40] - Permalien [#]
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