Une météo maussade qui finit de vous convaincre de ne pas quitter vos douillettes pantoufles.. Et si vous partiez tout de même en voyage, sans sortir de chez vous ? Un voyage le long de la route nationale 7, un voyage historique, de près de mille kilomètres, au plus proche du bitume  ! L'écran de l'ordinateur fera office de pare-brise.  Partons sur les traces de ces générations d'estivants en partance pour la Côte d'Azur, durant les trente glorieuses, sans craindre l'excès de vitesse, ni les radars, ni les gendarmes aux aguets. Un road-trip virtuel, un périple long, mais ô combien ludique, attrayant, captivant.

tracé2

Pour les nostalgiques ou les découvreurs, la célèbre Nationale 7 a aussi son musée, à Piolenc. Je vous invite à venir découvrir le musée mémoire, de cette voie mythique, tantôt urbaine, souvent insolite et confidentielle, parfois buissonnière...l'évocation d'une époque pas si lointaine. Laissons ce musée nous raconter l'histoire de la N7, nous délivrer ses secrets et cédons à l'ivresse des effluves du passé.

DSC_5455

Tout au long de la route bleue, des irréductibles ne lâchent pas le bitume et décident, dès le début des années 2000, d'honorer cette belle route mythique.

DSC_5482

Partout des associations se créent avec l’objectif de faire revivre la Nationale 7, grâce à son histoire, comme ce musée, à Piolenc, dans le Vaucluse, à 6km au nord d'Orange, en bordure de la RN7.

DSC_5490

Il a été créé par les membres de l'association mémoire de la nationale 7, avec des panneaux didactiques illustrés, créés par Thierry Dubois.

DSC_5497

Dans ce vaste local, sont présentés des véhicules anciens, mis en scène dans des situations d'époque : garages, vieux commerces, vieux métiers ... 

DSC_5477

Avec une belle collection de radiateurs de voitures des années 1910-20 (dont un rare Turicum Suisse), des plaques émaillées, des pompes à essence, des documents d'époque, ainsi que de rares bornes en béton et lave émaillée.

DSC_5471

DSC_5472

Un grand coup de chapeau à ces passionnés et nostalgiques de la RN7, qui se sont préoccupés de cette route mythique, en réussissant à présenter dans ce musée de la Nationale 7,  une série originale d'objets de toutes sortes, et véhicules d'époque, collectés depuis plus de 25 ans. 

DSC_5487

DSC_5476

Ils ont accompli un travail remarquable, en créant ce musée, à la gloire de la légendaire route des vacances.

DSC_5456

Ces amoureux de l'automobile, et de la vie autour de la Nationale 7, veulent faire revivre et partager, surtout, toutes ces petites histoires, qui ont fait le mythe de la plus célèbre route de France. 

DSC_5475

DSC_5498

Une animation vidéo, riche d'anecdotes, nous permettra de découvrir l'histoire de la célèbre route des vacances. 

DSC_5470

DSC_5480

Le musée vous fait remonter le temps, en un quart de seconde, grâce à une multitude d’objets familiers : voitures, camions, panneaux publicitaires de l'époque glorieuse, mobylettes, vieux vélos, pompes à essence, bornes, cartes routières...

DSC_5458

DSC_5501

Les véhicules anciens ont bien entendu la part belle, mais l’on découvre aussi toute la vie et l’activité économique, qui s’organisait le long de la route Paris-Menton et que l’on connait moins. 

DSC_5489

Piolenc, par exemple, qui profitait de l’aubaine pour vendre aux automobilistes des balais, qui ont longtemps fait sa renommée. De son côté la ville de Montélimar en a profité pour vendre ses fameux nougats, très appréciés des gens de passage. Mais le nougat n'est-il pas l'un des 13 desserts Provençaux ? 

DSC_5494Photo du musée de la nationale 7, à Piolenc (fabrication de balais à Piolenc).

Difficile de parcourir la nationale 7, sans évoquer les stations services de la route mythique. Le plein d'essence et un peu de détente pour les parents, des points cadeaux et de belles collections à compléter pour les enfants !  

DSC_5509

Les aspects évoqués de l'histoire de la fameuse route sont pittoresques, empreints d'une certaine nostalgie, mais souvent souriants. On s'étonne, on apprend et on sourit à la  lecture des panneaux explicatifs, qui ne peuvent que renforcer notre envie de soleil, dans la grisaille de ce début d’automne. 

DSC_5478

Un autre musée, lui aussi consacré à la national 7 : Le musée automobiles de Provence. Il se trouve à Orgon dans les Bouches-du-Rhône : Une collection de véhicules rares des années 1910 - 20, ainsi que des voitures de sport. Mais aussi des motos et vélos anciens, le tout mis en valeur dans une mise en scène avec des affiches d'époque, plaques émaillées, vieux jouets et pompes à essence.  http://www.musee-auto-provence.com

DSC_5508

Avant d’être la route des vacances “qui traverse la plus belle partie de la France”,  et reliait Paris à Menton via l'ouest de la Bourgogne, le nord de l'Auvergne, la vallée du Rhône, le massif de l'Esterel et la Côte d'Azur, la Nationale 7 fut, depuis la guerre de 100 ans, l’axe principal pour relier Paris à Lyon. Dans le premier guide routier Le Guide des chemins de France, de Charles Estienne en 1552, on ne parle pas de vacances, ni même de la N7, puisque les noms de Nationales furent attribuées par Napoléon Ier en 1811.

DSC_5495Photo du musée de la nationale 7, à Piolenc (garage auto).

DSC_5485Photo du musée de la nationale 7, à Piolenc (départ en vacances).

Cette route a connu son âge d’or entre 1930 et 1960, suite à l’apparition des congés payés en 1936. Les Français disposent pour la première fois de deux semaines de vacances et en profitent pour se rendre à la mer, sur la Côte d’Azur. La nationale 7 devient très vite la Route Bleue. Pourquoi Bleue ?

DSC_5522

Parce qu’elle permet aux Français, de plus en plus nombreux, à acquérir une automobile grâce à la sortie de deux voitures populaires, la Renault 4CV et la Citroën 2CV, de rejoindre les plages du sud de la France. Elle va désormais devenir le symbole des 30 Glorieuses avec ses mythes et réalités… 

DSC_5504

La chanson et le cinéma ont forgé la légende de la Nationale 7. Tout le monde connaît bien sûr la chanson de Charles Trenet de 1955, évoquant si bien l’ambiance de cette "route des vacances,  qui traverse la Bourgogne et la Provence"... Mais saviez-vous que pas moins de 70 chansons y font référence ? Pierre Mondy l'appellait : « Les Champs Elysées de la France ».

DSC_5505

Au cinéma, cette route apparaît dans nombre de films comme "Le Corniaud " ou "Pierrot le Fou". Un film lui a même été dédié : "Nationale 7 ", de Jean-Piere Sinapi. Le film "Le triporteur", évoque aussi les vacances et plus encore :  l'insouciance, le soleil, la mer.  La longueur de la nationale 7 avoisinant les 996 kilomètres, et a donné lieu au célèbre jeu des 1 000 bornes. 

DSC_5507

Longue de 995 kilomètres, elle relie Paris à Menton, sur la Côte d’Azur, proposant de nombreux paysages. Nos aïeuls l'empruntaient, déjà, à bord de leur Citroën Traction, ou leur Renault R4, pour un périple de deux jours avant d'atteindre la grande bleue.

DSC_5506

Que de bons souvenirs cette nationale 7, qui fait appel à ma mémoire d’enfant, lorsque nos parents nous emmenaient sur la Côte d’Azur, et que nous rejoignons cette « route mythique, des vacances », à Lyon. Quasiment "un pèlerinage", qui revenait chaque année, pour nous permettre de rejoindre de la famille, dans le Var. Article vécu donc forcément un peu nostalgique !

DSC_5516

Mais il y a un revers à la médaille : les embouteillages. Bien avant les autoroutes, la Nationale 7 constituait la route des vacances, en saison, et la plupart du temps l'artère principale reliant Paris à Lyon.

DSC_5523        DSC_5524 

Quand l'été était là, elle était envahie par d’interminables files des voitures, des touristes. Les départs en vacances avaient souvent le parfum des gaz d’échappement rejetés par les colonnes de voitures coincées dans la traversée des villes et des villages.  

DSC_5504

Des heures étaient parfois nécessaires pour franchir certaines communes où la topographie des lieux ne facilitait pas le flot ininterrompu de circulation. Les bouchons de Montélimar ont fait le bonheur des marchands de nougat. 

DSC_5515

d'autres moments c'étaient les transporteurs qui se livraient à une redoutable concurrence pour arriver, les premiers, aux halles de la capitale, en y acheminant les produits du Sud. Au flot des voitures individuelles se mêlaient 3000 camions par jour dans les deux sens au plus fort du trafic.

DSC_5521

En souvenir de cette époque “bénie”, la ville de Lapalisse organise tous les deux ans son : “Dernier embouteillage”, avec des véhicules d’époque.

DSC_5511

Si les années 50 sont l’âge d’or de la Nationale 7, et des villes qui se trouvent sur son parcours, très vite, l’évolution technologique de l’automobile va engager le déclin de plusieurs d’entre elles. Pour répondre à l’envie des vacanciers d’arriver plus vite dans le sud, on entreprend dès 1960, la construction de l’Autoroute A6 (qui durera jusqu’en 1971).

DSC_5510

Pendant 30 ans, la Nationale 7 continue d’accueillir les estivants. Ses atouts ? Un trajet historique, les paysages et une route moins engorgée que la désormais célèbre Nationale 6. Mais la fin des années 90 va sonner le glas, quand Pierre Bérégovoy décide de la construction de l’A77, gratuite, qui empiète en partie sur le trajet de la RN7. Tout au long de la Nationale 7, les commerces ferment, les restaurants éteignent leurs fourneaux. Seuls les établissements remarquables vont franchir le cap.

DSC_5509

la fin des années 90, aussi, l’automobile permet désormais de parcourir les 990 km, de Paris à Menton, en une journée.  L’automobile se réinvente : plus besoin de s’arrêter toutes les deux heures. En effet, à l'heure des confortables autoroutes, des véhicules de plus en plus fiables et "intelligents" et des GPS, on en vient à imaginer, difficilement, combien le trajet vers la méditerranée pouvait revêtir des allures d'aventure. 

DSC_5517

 En 2005, La N 7 subit le même sort que d’autres routes, quand l’Etat décida de se désengager de l’entretien d’une partie des 38 000 km de voies à sa charge. Les départements ont alors pris le relais et certains tronçons de nationales se sont transformés en départementales.

DSC_5513

Ensuite, quand l’autoroute a été construite, on aurait dû regarder ce qu’il s’était passé aux USA, avec la Route 66 qu’on a abandonnée, et ne pas reproduire les mêmes erreurs 

DSC_5518

Aujourd'hui, l'ancien tracé de la Route 66 demeure hanté par d'innombrables ruines et vestiges de motels, stations service, «diners",  panneaux, abandonnés sur le bord de la route. 

DSC_5519

On estime qu'actuellement, plus de 3000 motels tombent en ruines, aux abords du tracé historique, et ont été obligés de mettre la clé sous la porte. Ce sont désormais  les touristes du monde entier qui viennent photographier ces villes fantômes, comme un voyage dans le temps !

DSC_5520

Conclusion : Malgré son déclassement, partiel, en départementale, notre Nationale 7 restera la route symbolique et mythique, des vacances,  un véritable livre ouvert sur notre histoire, qui nous faisait découvrir, sur près de 1000 kilomètres, de Paris à Menton, la richesse de notre patrimoine.  Si vous souhaitez emprunter cette route légendaire, ne manquez pas de vous arrêter dans le site pittoresque de la commune de Piolenc, dans le Vaucluse, pour visiter le musée consacré à la N7. Ce musée a de quoi ravir les nostalgiques de la nationale 7 ! 

Mémoire de la Nationale 7, la route bleue
La Route Nationale 7 relie sur près de 1000 kilomètres Paris à Menton. Devenue célèbre dès 1936 avec les congés payés, c'est la route mythique des vacances. L'association Mémoire de la Nationale 7 oeuvre pour rassembler les souvenirs de la route bleue.
http://www.memoirenationale7.fr

Ouvert : du 1er Mai au 16 Décembre, du mercredi au dimanche (inclus) de 14 h à 19 h.   

 Tarifs : Adultes : 4,50 € - De 10 à 16 ans : 2,50 € - Moins de 10 ans : gratuit. 

Si vous souhaitez continuer l'aventure n'hésitez pas :  à me laisser un commentaire, à partager votre expérience de la nationale 7 : anecdotes, souvenirs et clichés,  plus que bienvenus. A bientôt !