Martine Passion Photos

Découvrez en photos, pour le plaisir des yeux, le charme, la magie et l'authenticité de la Provence et bien d'autres régions. Chaque lieu a son secret, chaque village son identité, chaque vieille pierre sa légende. C’est à la découverte de la nature et de notre patrimoine exceptionnel, que je vous invite à découvrir des paysages et villages inoubliables, au gré de mes rencontres. Découvrez ces beautés, créées par les mains de l’homme et par la nature, que j’ai photographiées en souvenirs, lors de nos balades. La randonnée et la photo, sont devenues, pour moi, loisirs, plaisirs, et passions, que je suis contente de partager avec vous. Je m’efforce au cours de mes balades de vous emmener dans des lieux connus, d’autres un peu moins ou même parfois insolites. En partageant avec vous mes émotions, j’espère vous donner un jour l’envie d’aller les visiter à votre tour. La vie n’est-elle pas le plus beau des voyages ?  Liens sur mes 2 autres blogs, qui pourraient vous intéresser :

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20 octobre 2018

Le sanctuaire de Torreciudad

 

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C'est dans un paysage d’une incroyable beauté, plongé dans le bleu intense de l’eau du barrage, que se trouve le Sanctuaire de Torreciudad (dit "Tour de la Cité").  Se situant dans les Pyrénées aragonaises (Province de Huesca), il est au coeur de la Route Mariale, qui relie les églises d’El Pilar à Saragosse, et de Lourdes en France.

DSC_2664L'ancien monastère.

Torreciudad est un centre spirituel de premier ordre, depuis son origine aux alentours de 1084, et jusqu’à aujourd’hui, puisque des milliers de pèlerins du monde entier continuent de s’y rendre chaque année. 

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Cette oeuvre impressionnante, dont on aperçoit sa silhouette de loin, possède une architecture résolument moderne. Majestueux, ce sanctuaire est perché sur son promontoire, et se mire dans le lac vert turquoise, alimenté par le barrage d' El Grado. Il nous permet de contempler de magnifiques vues sur les Pyrénées.

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Le barrage lui sert d'écrin, ce dernier fait partie du système d'irrigation du haut Aragon.

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C'est un sanctuaire roman, marial (dédié à la Vierge Marie).

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Au XIe siècle les fidèles vénéraient une image romane de la Vierge, et les gens offraient à Dieu, et à sa Mère, le poids de leur enfant, en épices, blé ou huile.

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A partir de 1956, l'ancienne image de Marie a été restaurée, puis un ermitage a été édifié à côté de l'ancienne chapelle. Il est l'oeuvre de saint Josémaria Escriva (1902-1975), le fondateur de l'Opus Dei. C'est le seul lieu de pélerinage au monde administré par l'Opus Dei (Latin : "Oeuvre de Dieu).

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Construction : Les travaux de la nouvelle église débutèrent en 1970. Inauguré en juillet 1975, et dédié à la Vierge Marie, le sanctuaire est bâti en brique. Harmonieux, il invite au recueillement. Cette construction confiée à l'architecte Héliodoro Dols Morell,  est une interprétation moderne, du style traditionnel aragonais.

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Résolument contemporain, ce sanctuaire allie esthétique et fonctionnalité. Sa tour attire l'attention de loin. La basilique est aussi haute que Notre-Dame de Paris. Il est prévu pour que les pélerins puissent prier dans de bonnes conditions. Bâti en brique , il est harmonieux, et invite au recueillement.

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Histoire : Son fondateur, le saint Josémaria Escriva avait deux ans quand il tomba malade (méningite). A la suite d'une infection, son état s'aggrava et le docteur Camps ne donna aucun espoirs sur son espérance de vie, à ses parents. Il ne passerait pas la nuit.

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Leur foi était si grande qu'ils implorairent sa guérison à la très Sainte Vierge et Dolorès promit qu'elle se rendrait en pélerinage d'action de grâce, à Notre-Dame de Torreciudad, pour lui présenter son fils, s'il guérissait.

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Le lendemain matin, le docteur put constater non seulement que Josémaria n'était pas mort, mais également guéri. Ses parents prirent la route avec le petit, et arrivés à l'antique chapelle, ils le présentèrent aux moines, qui l'offrirent à la Sainte Vierge comme l'enfant porteur du renouveau de son ordre. Ce miracle honorait cette famille estimée dans la ville pour sa piété. 

DSC_2715Vierge noire de Torreciudad. 

De cet échange, Josémaria fut amené, bien plus tard, à réaliser la portée de cette sagesse qui, malgré les aléas de la vie (1910-1913) qui rendaient le chemin cahoteux pour ses parents (perte de trois de leurs filles, l’une après l’autre, en des années consécutives et perte de leur emploi et fortune), continuérent à vivre dans la dignité offrant un visage rayonnant malgré l'épuisement. 

DSC_2713Intérieur de l'église. 

La fête de Dolorès se célèbre le jour de Notre-Dame-des-Douleurs. Cette expérience au sein du foyer familial fonda ses bases sur le rayonnement chrétien, et l'encouragea dans sa vocation.

DSC_2729 Intérieur de l'église, avec au fond le retable.

Retable en albâtre : magnifique, il est conçu par Juan Mayné, et comporte 8 groupes de sculptures, représentant quelques passages de la vie de la Vierge. 

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Au milieu d'une niche, au dessus des stalles, se trouve la Vierge romane, noire, appelée  "Notre Dame de Torreciudad".

111412762Retable.

Ce sanctuaire contient une statue de Notre Dame de Torreciudad, Reine des Anges. La statue est une sculpture de syle roman, en bois de peuplier, archaïque.

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Torreciudad possède une galerie de statues de la vierge. À l'occasion du neuvième centenaire de Torreciudad, en 1984, des gens qui sont venus en pèlerinage ont apporté une statue de la vierge et l'on laissé là, comme cadeau pour le sanctuaire. 

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Cette pratique est devenue une tradition et on trouve beaucoup de statues de la Vierge dans la galerie. Actuellement elles sont plus que 300 et proviennent de pays variés. La Galerie n'est pas un musée, mais un témoignage de l'amour pour la Vierge.

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La crypte des confessionnaux : La crypte évoque l'obscurité et fait référence au figuratif au monde souterrain, d'où les grottes  (frontière du connu et inconnu : mystère de l'au-delà) et donc les ténèbres.

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Le fondement du choix de l'emplacement des confessionnals est donc précis,  car ce lieu est la passerelle entre la terre et le tombeau, où l'on vient se confesser pour régénérer l'esprit.

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De la terrasse du sanctuaire, on a vu sur l'ancien Ermitage ( depuis le XIè siècle) qui hébergeât la statue originale de la Viergede de Torrecidudad. Aujourd’hui, comme au long des neuf siècles d’histoire, ce petit ermitage est toujours un lieu intime de rencontre pour les gens des contrées proches, qui célèbrent fréquemment des messes, des noces, des anniversaires ou des retraites spirituelles. On peut voir la  tour en ruine  de l'ancien château "Civitate" de 1069. Elle fut construite par les musulmans qui avait conquis les terres.

DSC_2668Ancien ermitage.

L’accès à l’ermitage longe les Douleurs et les Joies de saint Joseph, oeuuvre en céramique de Palmira Laguens. 

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Le sanctuaire de Torreciudad mérite une visite, même si vous n'êtes pas croyant.  Il faut simplement respecter le lieu, se couvrir les épaules, pour admirer l'architecture de ce lieu. 

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Accès : Par le tunnel de Bielsa en arrivant de France, prendre la route verte qui mène à Barbastro (Aragon). Vous longez le barrage Mediano et son lac artificiel qui a depuis englouti le village de Mediano (1968).

Sanctuaire de Torrecuidad
22391 Grado, El (Huesca)
http://www.torrecuidad.org

Suite : Graus

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19 octobre 2018

Le lac Yesa et le village fantôme d'Esco

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Voici le récit de notre escapade au lac Yesa, dans une région sauvage et aride. Un décor atypique, à moins de trois heures du Pays basque, entre la Navarre et l’Aragon dans les Pyrénées espagnoles. Ce paysage sauvage, de carte postale, à l'eau bleu turquoise nous donnait envie d'y faire une escale au soir. Nous nous sommes laissés porter, dans cette nature généreuse et complètement hors du temps et seuls au monde !

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Il faut savoir que le Lac de Yesa est sauvage, vous ne trouverez à proximité aucun commerce, activité touristique ni même un chemin d’accès au Lac. Ce sont juste des pistes argileuses, déconseillées quand il pleut !

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Surnommé "Mer des Pyrénées", le Lac de Yesa est un lac de barrage artificiel, l’embalse de Yesa, qui s’étend sur 10 km. Au pied de la Sierra de Leyre, c’est un endroit sauvage, plutôt difficile d’accès et non dépourvu de danger. Avec l’éventuelle montée soudaine des eaux dû au barrage, certains emplacements peuvent s’avérer plutôt dangereux, selon les conditions météo. 

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Le Lac est entouré d’une belle végétation de chênes, pins et hêtres. Ce qui fait toute la particularité du Lac de Yesa c’est ce sol aride et calcaire constitué de terre glaise, rappelant le désert des Bardenas. 

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Une terre sèche blanchâtre, de la gadoue qui colle, mais qui donne cette couleur d’eau incroyable, d’un bleu si intense. Il est possible de s'y baigner, sans problème, d’autant plus que l’eau est chaude. Si vous êtes adeptes des bains de boue, profitez-en, il parait qu’elle possède des propriétés thérapeutiques pour la peau, et qu’il y avait à cet emplacement une station thermale célèbre, avant la construction du barrage.

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Construit en 1959, le barrage de Yesa a été construit dans le but de créer un réseau d’irrigation et d’eau potable pour les environs, comme les zones arides du désert de Bardenas Reales, (à 1 h environ), entre Pampelune et Saragosse. Le réservoir qui en a résulté a inondé 2400 ha de terres agricoles. 

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Privée de ses moyens d’existence, la population s’en va, en 1960, laissant derrière elle des villages fantômes comme Esco, avec de faibles perspectives pour l’avenir, ainsi que les villages voisins de Ruesta et de Tiermas.

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Nous garons notre camping-car aussi près que possible du village, et partons pour l’exploration de ces ruines, avant que le soleil ne se couche complètement.

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On peut encore s’imaginer que des enfants jouent dans cette rue avec les parents qui regardent depuis le balcon.

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De plus, l'église du village de San Miguel est toujours debout. Le bâtiment est de style roman tardif, datant probablement des XIIe et XIIIe siècles. 

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Seule une partie du toit de l'église est effondrée. Il est par ailleurs en bon état, avec un escalier en pierre robuste, menant au sommet du clocher. 

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Dans les années 20, le barrage de Yesa est déjà destiné à servir de réservoir d’eau pour les zones arides, comme las Bardenas, entre Pampelune et Saragosse.

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Les travaux commencent en 1936 pour s’achever en 1959, avec l’inondation de 2400 ha de terre.

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Cependant, contrairement à Ruesta et à Tiermas, Esco, à 568 m d’altitude, n’a pas été complètement abandonné.

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Aujourd'hui, quatre personnes vivent toujours à Esco, élevant des troupeaux de moutons dans les pâturages toujours accessibles au-dessus de la ville. 

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Ils s'installent dans les trois rues et les soixante maisons de la ville, qui continuent à se décomposer et à s'effondrer. 

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Le village d'Esco qui remonte, officiellement, au moins au 12ème siècle. Les preuves archéologiques suggèrent que la terre autour du village a été habitée plus ou moins continuellement depuis l'âge du bronze. 

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Pour la construction du lac de barrage de Yesa, les habitants de l’Esco furent expropriés. Les autorités les ont indemnisés, et réinstallés sur des terres beaucoup moins fertiles…

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Les maisons furent détruites par la force publique, sous le régime franquiste, qui a pris soin de défoncer toutes les toitures, afin de provoquer la ruine définitive de tous les bâtiments. Je trouve cette  façon inhumaine de procéder.

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Des numéros et des croix à la peinture rouge sur les murs semblent dire « éradiqué », pour chacun des bâtiments, y compris l’église…

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Ces ruines représentent le symbole d'une vie figée à jamais. Elles provoquent de véritable pèlerinages, autant par les familles qui y ont vécu et leurs descendants qui veulent connaître les lieux, que pour des curieux.

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Les familles qui ont occupé ces terres  auraient voulu, comme leurs ancêtres l’avaient fait pour eux, que leurs enfants vivent là. Partir, « être arrachés », de leurs terres, était une perte inestimable. Leurs vies sociales et familiales ont disparu. Malgré les modes de résistances locales, les familles se sont dispersées, et les ruines demeurent, à tout jamais !

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Que pensent alors ceux et celles dont on a détruit la maison, ou bien le lieu de production, une brutalité gratuite, causée par une violence d’état, comme pendant les années du franquisme en Aragon.

Merci de nous suivre dans nos aventures, à bientôt.

 

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18 octobre 2018

A la découverte des bories, du Luberon

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Pays de lumière, pays de contrastes, le Luberon est lové au coeur de forêts de chênes, de champs de lavande, d’oliviers, d’arbres fruitiers, de cèdres, de cyprès… C'est sur ce territoire authentique, où la pierre se mêle aux paysages, que je vous emmène aujourd'hui, pour le plaisir des yeux ! Dans cet environnement, loin des foules et du bruit, l’osmose entre l’homme et la nature y est totale...

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Après être passé à Bonnieux, nous nous dirigeons vers Ménerbes, avec une belle vue, en passant, sur l'Abbaye St Hilaire. Cet ancien couvent des carmes, du XIIIème siècle, que nous avons déjà eu l'occasion de visiter, à la fois proche et éloigné des flux touristiques, est l’assurance de quelques moments de sérénité et de détente.

DSC_6589Abbaye St Hilaire.

Nous ne pouvons rester indifférent à la vue qui s’offre à notre vue, une mosaïque aux couleurs changeantes, suivant les heures et les saisons.

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En nous promenant sur un chemin, notre attention est attirée par de nombreux amas de pierre, des murets, ainsi que plusieurs bories, ayant toutes des tailles et formes différentes. 

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Cette promenade nous a permis d’observer, en détail, la construction de ces bories. "Borie" est la francisation du mot provençal "Bori", synonyme de "casau" (masure, cahute).

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Ces cabanes sont construites en pierre plates, (les lauses), provenant de l'épierrement des champs alentours. Chaque rangée de pierres avance sur la rangée inférieure, de la moitié de son épaisseur. Il n'y a ni poutre, ni coffrage. Elles ont, généralement, une forme ronde et les plus grandes ont une assise rectangulaire. 

114677142_oBorie accolée à un mur de pierres sèches.

Elles sont toutes construites selon la technique de l'encorbellement. Les pierres plates sont posées à plat avec une légère inclinaison vers l'extérieur.  Chaque rangée de pierre dépasse légèrement vers l'intérieur par rapport à la précédente.

DSC_6599Bories accolée à un mur en pierres sèches. 

La plupart des bories n'avaient pas de porte, et l'entrée était située au sud, afin de protéger les occupants du mistral. C'est à partir du XIXe siècle que l'on ferma certaines de la sorte.

DSC_6604 porte entrée bergerie

Certaines avaient une cheminée et des placards. 

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Lors des fouilles on a retrouvé des outils  et des objets d'utilisation courante.

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Dans le parc naturel régional du Lubéron, et la région du Ventoux, plus de 3000 bories ont été répertoriées. Certaines forment des villages entiers comme celui des bories de Gordes, qui comprend 5 groupes de maisons.
On y trouve des bergeries, des fours à pain, des cuves à vin, des aires à battre le blé, des ruelles, des enclos et des murs d'enceinte, témoignes de l'activité laborieuse d'innombrables générations. Pour une petite visite de ce beau village de bories, suivez le lien :

Le village des Bories à Gordes - Martine Passion Photos

A l'automne dernier, nous décidons, par une belle journée, de partir à la découverte du village des Bories, à Gordes, lové sur les pentes des Monts du Vaucluse, face au Luberon. Les paysages en Provence,sont tellement variés, que tout le monde y trouve son compte.

http://photosvillages.canalblog.com

Certaines bories dateraient du néolithique, des cabanes qui ont traversé les âges. Elles ont aussi été le refuge des Vaudois, du Luberon, persécutés au Moyen-Age, mais aussi lors de la grande peste.

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Elles avaient presque exclusivement une vocation agricole. Les paysans et les bergers faisant leur labeur souvent loin de chez eux avaient besoin d'un endroit où déposer leur matériel, ou abriter le bétail par mauvais temps. 

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La plupart, sans doute d’anciennes bergeries, sont à peine visibles, envahies par la végétation de la garrigue. 

114676948_oAncienne bergerie.

La construction de cet habitat traditionnel, utilisant la pierre trouvée sur place, s'est perpétuée jusqu'au siècle dernier. Nous en trouvons, à proximité des maisons, comme à Gordes...

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...dans les champs de lavande...

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...et même à proximité des vignobles.

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Certaines bories sont particulièrement remarquables : linteaux, entrée voûtée en encorbellement, qui illustrent leur grande diversité de styles.

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Nous avons même eu la chance d'en trouver une avec un puits. Un réservoir creusé à la main, dans la roche calcaire, a permis la persistance d'un habitat rural, dans cette zone sans eau.

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DSC_6622Borie avec puits.

On peut en trouver aussi, qui intègrent dans leur structure des ruchers...

119226441_oRuchers.

...d'autres sont construites, attenantes, ou faisant partie de restanques,

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avec des ouvertures en forme de meurtrière.

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Une autre borie possède, à l’intérieur, un fouloir et une cuve de vinification, rupestre. Ces cuves rupestres, qui sont toujours creusées dans de la molasse, sont cylindriques. Toutes les cuves creusées ont été recouvertes par une borie, ou protégées par un abri sous roche, ou un mur de pierres sèches, selon leur situation.

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Il est remarquable que, si certaines cuves rupestres sont à proximité de lieux habités, la plupart sont souvent à l'extérieur du village ou du hameau. Ceci évoque des vinifications plus ou moins clandestines, pour échapper aux droits ou taxes levées sur les vins.

114676855Borie avec fouloir et cuve de vinification, rupestre.

Aux vues des ouvertures, très restreintes, mieux vaut s’équiper d’une lampe torche, pour obtenir des photos de meilleure qualité.

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Le dolmen de la Pichouno, près de Ménerbes : (petite fille, en langue d'Oc), est unique en Vaucluse. C'est l'un des rares, du genre, en Provence. Cet ancien monument religieux et funéraire, date du néolithique, (2000 à 3000 an avant J.C.). Il nous démontre que le secteur était déjà habité durant la préhistoire.

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Différents des monuments celtiques habituels par sa structure, il est composé d'un monolithe horizontal unique reposant sur des murs de pierres latéraux, avec une façade composée de deux grandes pierres en guise d'entrée. Les recherches, à proximité, permettent de retrouver des dents, d'autres ossements, un flèche en silex, des perles et des morceaux de poterie, qui nous prouvent bien l’'origine néolithique du dolmen.

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Si vous souhaitez plus de précisions sur ces bories, n'hésitez pas à me laisser un petit commentaire. 

Vous souhaitez plus d'informations sur le Luberon :

Office de Tourisme Luberon Cœur de Provence

Laissez-vous tenter par le Luberon. Des villes et villages perchés à la vue incroyable, dont Gordes, l'un des plus beaux villages de France, des sentiers d'itinérance de toute beauté, un patrimoine historique remarquable et une gastronomie reconnue ...

http://www.luberoncoeurdeprovence.com

Merci à vous aussi de passer régulièrement sur le blog pour suivre nos aventures ;)

N'hésitez pas à me laisser un petit commentaire, à bientôt !

 

 

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14 octobre 2018

Les falaises d'ocre, et leur végétation étonnante !

 

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Vous rêvez de paysages insolites, ressemblant à s’y méprendre aux paysages du Far West, sans avoir à prendre l’avion ! J'ai trouvé l'endroit qu'il vous faut.

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Je vous invite à me suivre, lors cette randonnée, haute en couleurs, qui vous fera découvrir un canyon étroit, et impressionnant, à la végétation étonnante ! 

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En entrant dans le massif forestier des ocres, de Mormoiron, c'est une balade des plus insolites et dépaysantes que nous ferons. 

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Même si ce n'est pas la première fois que nous y allons, nous prenons toujours autant de plaisir à nous balader dans ce petit vallon boisé. DSC_4544

Les falaises escarpées, de ce canyon étroit, nous encerclent de tous côtés.  Magnifiquement taillées, elles offrent une ambiance mystérieuse, où l’ocre rouge domine  

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Le contraste entre le vert de la végétation et celui des ocres nous en met plein les yeux. Nous avons l’impression d’être dans une contrée lointaine... le vrai dépaysement ! 

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Dans ces anciennes carrières, la forêt peu à peu reprend ses droits. 

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Sa beauté pittoresques et sauvages de ce site d'ocre, réside dans le fait que le site a été créé à la fois par la nature et par les hommes : les ocriers. 

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Ils ont éventré la terre, pour arracher les précieux pigments, en donnant naissance à des paysages aux formes fantastiques.  L'industrie de l'ocre débuta en 1871 et dura près de 100 ans. Quatre entreprises ont exploité ce site d’ocre, de Mormoiron, jusqu'en 1967, dont la dernière était la « Compagnie des Ocres française ». 

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Nous poursuivons l'exploitation de ce lieu, où magie des couleurs opère ! Nous y découvrons, à nouveau, de nombreuses sculptures et gravures d’artistes, sur les parois. 

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Dans la nature, vous avez sûrement déjà vu des arbres accrochés à une paroi rocheuse verticale. Dans ces conditions difficiles, ils doivent faire preuve d'adaptation pour survivre. Où trouvent-ils leurs ressources ?

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Souvent, les falaises d’ocre sont d'abord colonisée par des végétaux  comme le Lichen. Cette plante est une symbiose entre une algue et un champignon, capable de résister à une activité ralentie.

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Le champignon se développe sur le substrat minéral, de l'ocre, où il puise eau et sels minéraux.

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Des mousses viennent ensuite recouvrir le lichen, et forment une mince couche de "terre végétale", qui constitue un terrain favorable pour les plantes plus évoluées comme les arbres.

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Les fientes d'oiseau, la poussière et les minéraux dissous dans la roche apportent le complément de nourriture requis, et les fissures dans la falaise permettent aux racines de s'ancrer dans la terre.

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Il faut savoir que les arbres  poussent toujours verticalement, quel que soit la position de départ du bourgeon. Le plus souvent, l'arbre reste de petite taille dans ces mauvaises conditions. 

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Il aura davantage de branches et des feuilles plus petites. Il les perdra plus souvent pour réduire ses besoins en eau. Au final, on obtient un arbuste rachitique et recourbé, de style " bonsaï ". 

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Certaines espèces supportent plus facilement ce mauvais traitement, comme les résineux et le genévrier.

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Reste à savoir pourquoi des arbres, ou arbustes, se mettent à pousser dans un tel endroit.

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Les espèces dont les fruits sont transportés par le vent sont aventagées. Les fruits du gui, et du genévrier, par exemple, "explosent" littéralement, projetant ses graines, à plus de 15 mètres. Ces graines peuvent être transportées par le vent ou par les oiseaux en des endroits où l'on n'imaginerait pas qu'elles puissent germer.   

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La végétation dominante est composée de pins maritimes, fougères et de bruyères. Ces plantes trouvent sur ce terrain, pauvre en calcaire, un terrain favorable à leur croissance. 

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La végétation originelle, composée de chênes verts, de chênes blancs, et de buis, reconquiert cependant du terrain.

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Au bout du canyon, le sentier nous amène à un petit cirque, avec une source (filet d'eau), aux concrétions calcaires recouvertes de fougères. Un pan de la falaise est recouvert de plantes grimpantes, qui donnent l’impression d’une cascade dévalant la falaise. C’est un lieu magique, silencieux, sans issue, le bout de ce petit monde.

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Cette randonnée est extensible à l’infini, tant les chemins qui parcourent ces anciennes carrières pullulent.

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Pour terminer notre balade d'un jour, nous visitons, au passage, le joli village de Flassan, tout proche,  accroché aux flancs du Mont Ventoux.

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Une vieille charrette, témoin d'une autre époque, entreposée dans le village,  s'en est allée doucement, au fil du temps. Elle semble prendre un repos bien mérité, au fond d'un abris. Ce bel engin a fait son temps et  représente toute une époque bien révolue ! Il n'y a rien de plus émouvant que l'usure du temps, pour faire parler l'histoire.

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Nul besoin de réfléchir, ou de faire des kilomètres par dizaines, il y a toujours un coin dans le Luberon, à découvrir ou redécouvrir, en fonction de nos envies du moment. Le temps hésite encore à se mettre en mode "Automne" et ce pour notre plus grand bonheur ! 

 

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11 octobre 2018

Lac de Mediano : un village englouti

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Après la visite d'Ainsa, c'est au lac de Mediano, en Aragon, que nous ferons une petite escale, un voyage, nostalgique, dans le temps et les souvenirs !

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En regardant le lac de Mediano, on ne se doute pas que cette paisible étendue d’eau, où se reflètent les sommets environnants, cache toute une vie à jamais disparue : 5  villages ont été engloutis, dont celui de Mediano.

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Cette retenue d’eau artificielle située sur le court de la rivière Cinca, est destinée à alimenter une centrale hydro-électrique, terminé en 1973, elle couvre 1714 hectares. Des millions de mètres cubes vont inonder la vallée, à la suite de la mise à l’eau du barrage.

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La lente montée des eaux va engloutir progressivement les paysages familiers, et le petit village. 

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Dans un chaos de pierre, le village de Mediano, git, depuis 45 ans, au fond du lac du même nom. L’homme, en le noyant, l’a plongé dans l’oubli, pour l'éternité.  Dans ce monde du silence, ses lumières se sont définitivement éteintes, pour toujours.DSC04864 (3200x1800)-2

Les habitants expropriés, ont dû déserter, impuissants, leurs maisons et abandonner tous leurs biens. Tous ceux qui y habitaient ont noyé leurs sanglots, sans rien pouvoir faire, impuissants !

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Nous imaginons bien la nostalgie de ceux qui ont vécu jadis dans le village. Ce doit être terrible de voir ses biens et souvenirs détruits. Heureusement, après ces vies brisées, il reste la mémoire pour conserver les traces du passé.

DSC04863 (3200x1800)-2Les quelques maisons qui ont été épargnées à Mediano, car dans les hauteurs.

Seules quelques habitations, au dessus du lac, subsistent, mais ont été complètement désertées par ses habitants. 

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Lentement, les maisons, plus bas, dans la zone inondable, avec le courant, vont se lézarder. Elles giseront au fond du lac, pour l'éternité. 

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Insolite et solitaire, seul le pauvre clocher de l’église tente d’émerger au milieu du plan d'eau, dans un paysage émouvant. L’angélus, de l’église a sonné son tout dernier tocsin, lors de la mise à l’eau du barrage. 

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L'histoire du village de Médiano englouti, comme tant d'autres, sonne comme une immense nostalgie de ces cloches rendues muettes.

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Il n'est pas rare, certaines années, en plein été, quand le niveau de l'eau baisse fortement, (en période de sécheresse), de voir surgir les toits et murs des maisons, dont les pauvres fondations sont disséminées, au fond du lac, par le moindre tourbillon. 

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A ces périodes là, l’on peut presque apercevoir l'église entièrement et l'on peut aller jusqu'à son entrée.

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Le village noyé constitue une curiosité pour les touristes de passage. Ici, les maisons éventrées et ruinées n'ont jamais cessé d'attirer les plongeurs.

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Malheureusement, les promeneurs ne viendront plus fouler les pavés des vieilles ruelles où maintenant flotte le parfum de la mort. 

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Les troupeaux qui broutaient l’herbe grasse autrefois, s’en sont allés pour toujours. La nature petit à petit semble reprendre ses droits. 

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Ici le temps semble s’être définitivement arrêté, dans un paysage figé, mais sublime où les flots en furie, ont tout englouti, lors de la mise à l’eau. Il ne reste qu'un village fantôme, hanté de ses âmes perdues et de ses trésors enfouis sous les eaux, à tout jamais... 

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Devenus de plus en plus nomades au fil du temps, les gens de nos jours, n’imaginent effectivement pas la douleur terrible qu’a représenté pour les paysans expropriés l’abandon de leur maison, souvent construite des mains de leurs ancêtres, et des terres transmises de génération en génération.

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Il ne reste bien souvent de leur vie antérieure que quelques photos ou cartes postales jaunies, gardées précieusement et les souvenirs des plus anciens...  

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En hommage à tous les habitants déracinés des villages, engloutis par la mise en eau d’un barrage, avec une pensée particulière pour ceux de Médiano, village disparu sous les eaux du barrage.

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Je crois que tous ceux qui ont connu, personnellement ou par transmission orale, un village englouti, ont effectivement un regard différent sur le plan d’eau du barrage, généralement superbe mais qui a submergé la maison et les terres de familles, présentes parfois depuis des siècles. 

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L'été, la sécheresse est telle que le lac est pratiquement à sec, et offre à nos yeux un paysage lunaire, ou encore digne des vastes étendues comme seuls les westerns savent nous en montrer. Au fil des saisons, les jours s’écoulent inlassablement sur le lac de Médiano, dans la plus grande solitude,  comme si rien ne s’était passé !

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 Si vous aimez le sport et l’aventure et le canyoning un détour par le fameux canyon de la Sierra de Guara, près de Huesca, s’impose, sans oublier, plus prés de la France, le Parc national d'Ordésa et le Mont Perdu. 

Un autre de mes  blogs qui pourrait vous intéresser aussi :

Nos carnets de Voyages autour du monde.

Voyager c'est embrasser le monde, c'est ouvrir son cœur et son âme. Les voyages sont la meilleure école de la vie, ils permettent d'apprendre à connaître notre monde, les gens, ainsi que soi-même. L'important c'est de rompre la monotonie du quotidien.

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 Suite : village en ruine de Mipanas

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Ainsa : village médiéval

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Nous poursuivons notre route vers le charmant village médiéval d’Ainsa, dans la province de Huesca, en Espagne. Aínsa, en Aragon, appartient à l'association des Plus Beaux Villages d'Espagne. Sachant qu’il est déclaré au patrimoine historique d’Espagne, nous décidons de nous y rendre pour la deuxième fois. Il y a toujours des endroits à découvrir et des endroits où l'on aime retourner sans jamais se lasser.

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Ainsa se trouve au confluent de deux rivières, la Cinca et Ara, dans les contreforts des Pyrénées espagnoles, dans la province de Huesca, en Aragon. Les paysages de montagne sublime attirent de nombreux randonneurs. La montagne domine les hauteurs du village, créant une toile de fond spectaculaire.

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L'histoire de Aínsa remonte au 11ème siècle, et son caractère médiéval se retrouve à travers chaque pierre. C'est l'un de ces endroits envoûtants, où le temps semble s’être définitivement arrêté.

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Ce vieux bourg médiéval possède un véritable charme, avec à ses rues étroites et ses monuments, où l’on peut encore admirer le passage des civilisations passées. 

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Ses deux principales rues, Calle Mayor et la Calle Santa Cruz, sont pittoresques.  De nombreux bâtiments ont encore leurs anciennes  portes en bois. Par endroits, les fleurs aux multiples couleurs, égaillent les façades des murs en pierre. 

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La Plaza Mayor (place centrale du 12° s.),  du centre historique est  magnifique. C’est là qu’avaient lieux, autrefois, les  diverses foires et les plus importants marchés. 

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De forme rectangulaire, elle possède des deux côtés des arcades romanes, qui abritent des cafés et des restaurants.

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C’est l'une des places les plus remarquables de ce genre, en Espagne. 

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Au nord de la place, on trouve l'église de Santa Maria, d’une grande simplicité, avec son cloître. Cet édifice a été construit dans le style roman et consacrée en 1181.

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Le décor à l’intérieur est sobre, avec une seule nef couverte d’une voûte en berceau. On y trouve une crypte, de petite taille, qui dispose de trois nefs  avec de multiples colonnes. Les chapiteaux des colonnes sont décorés avec des éléments végétaux, du plus bel effet !

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Les maisons du vieux village (XVIe-XVIIe siècle), certaines remarquables, sont d'excellents exemples de l'architecture traditionnelle. Comme : la Casa Arnal, Casa Bielsa ou Casa Latorre. 

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Ce qui attire aussi à Ainsa c’est la splendeur de son environnement naturel. Le village se situe entre le parc national d’Ordessa et le Mont Perdido, ce qui en fait un endroit idéal pour explorer les Pyrénées. 

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Avec son réseau de rues sinueuses, le village domine une colline, offrant une vue magnifique sur la campagne environnante. Proche de la Plaza Mayor se dresse château de Ainsa, du 11° s. 

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Ses murs et ses remparts sont incroyablement bien conservés.  La partie la plus ancienne est la "Tour de l'Hommage", construite au 11° s,  sur des vestiges arabes.

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Le château est entouré d'une enceinte fortifiée où les villageois trouvaient refuge en cas de danger.

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 Le château abrite dans ses 4 tours un musée dédié à la flore et la faune des Pyrénées.

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Du château on a la vue sur le lac Embalse de Mediano, l’un des plus grands lacs artificiels d’Aragon. 

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Nous mangerons au midi dans un petit resto sympa, dans la petite cité fortifiée et passerons la nuit sur le grand parking, qui nous a accueillis à l'entrée du village.

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Merci de votre visite et à bientôt pour de nouvelles aventure.

"Vivre  L’ I.N.S.TA.N.T  présent  ET PARTAGER LE  Regard  que nous portons sur le MONDE."

Mon autre blog qui pourrait vous intéresser aussi, sur les villages typiques de notre belle France :

Nos carnets de Voyages autour du monde.

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Suite :  le lac de Mediano. 

 

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Cavaillon : au riche patrimoine

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Dans le cadre des  Journées du Patrimoine de septembre 2018, nous avons consacrée notre dimanche à la visite de la ville Cavaillon et de ses trésors, souvent méconnus. Chaque année, en France, ont lieu les Journées du patrimoine,  et nombreux sont ceux qui les attendent avec impatience. Ces journées permettent, à des milliers de personnes, de découvrir des lieux qu'ils n'ont pas l'habitude de voir.

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Car des milliers de bâtiments officiels (musées, châteaux, hôtels de ville, églises, monuments classés, etc.), dont la plupart sont habituellement inaccessibles au public, ouvrent leurs portes dans l'objectif de renforcer le lien entre les citoyens français et leur patrimoine national, public ou privé. C’est une occasion privilégiée de les photographier, et nombreux sont les visiteurs qui ne s’en privent pas.

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C'est sous la protection de la chapelle St-jacques édifiée au XIIème siècle que la ville de Cavaillon s'est développée. Evêché depuis le Haut Moyen Age, Cavaillon possède un très bel ensemble dont subsistent : la Cathédrale, le chapitre, un cloître roman et les ruines d'une église (dans la cour de l'école maternelle).

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La Cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Véran, de style roman, et son cloître, ont été construits au XIe siècle et agrandie entre le XVIe et le XVIIIe siècle, par l'adjonction de chapelles latérales. La cathédrale possède une nef unique, qui se termine par une abside voûtée en cul-de-tour. Au-dessus du cœur, le clocher prend la forme d'un lanternon polygonal.

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Elle est si imposante, lorsqu'on la regarde au plus près, qu'il faut s'en éloigner pour l'apprécier davantage. Vue de l'extérieur la cathédrale est une bâtisse austère et  massive, et on peut penser qu'elle n'a aucun charme mais, en la regardant de près, elle nous réserve bien des surprises :

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Face sud : à partir du cloître, sur toute la longueur du mur, une frise somptueuse, composée d'un rinceau d'acanthes. Un beau cadran solaire sculpté datant de 1764. C'est une représentation du temps, sous les traits d'un vieillard. Ce vieil homme tient un sablier dans la main droite. Il nous donne un conseil, qu'on peut ici lire en latin . Cette phrase est en fait un jeu de mots " Ora Ne Te Fallat Hora ". En français, on le traduit par "Prie avant d'être surpris", sous-entendu par ta mort.

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La tour carrée très haute, est terminée par une horloge. La cloche que l'on voit porte la date de 1496, ce qui nous indique que c'est l'une des plus anciennes du département. Elle sonne encore de nos jours.

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L’intérieur a un grand intérêt historique, le décor date en majorité des XVII et XVIIIème siècles. Il faut au minimum une heure pour en apprécier la riche décoration, le mobilier, les tableaux de Nicolas Mignard et le petit cloître attenant.

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Un guide très passionné par son métier a répondu à toutes nos questions.

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 Les amateurs de style baroque seront comblés.

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Malgré la hauteur de l'édifice, on peut se sentir écrasé par tant de magnificence.

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 Le mobilier est d’une grande beauté, avec des chapelles latérales qui comptent de multiples richesses.

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Si vous en avez le loisir, ne ratez pas un concert, car l'acoustique est excellente.

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Avant de repartir ne pas oublier le ravissant petit cloître fleuri, qui mérite une visite. Adossé à la cathédral, c’est un espace de quiétude, un lieu de passage et de méditation. Ce cloître donne accès à l'intérieur de la cathédrale.

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Il est formé de quatre galeries, ajourées d’arcatures en plein cintre. On y trouve les tombes de l’évêque Rostaing Dilinger et du chanoine Hughes de Cavaillon. A l’est, le cloître s’ouvre sur la salle capitulaire. 

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Le sarcophage dédié à Saint Véran (Evêque de Cavaillon et patron des bergers) se trouve dans l'église romane de Fontaine de Vaucluse où on vous contera la légende de Saint Véran et de la Coulobre ( dragon ). 

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Autre élément important de l'architecture sacrée de cavaillon, que nous irons visiter, est la Chapelle du Grand Couvent, consacrée évidemment à Saint Benoît. 

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Elle a été construite par les soeurs Bénédictines au 17ème. Elles resteront dans ce couvent, jusqu'en 1792. La chapelle change alors plusieurs fois de fonction : après être devenue entrepôt, puis caserne, elle sera utilisée, au XIXe siècel, comme chapelle de secours des soeurs de Notre-DameElle est maintenant ouverte lors d'exposition, mais ne fait plus partie du patrimoine religieux. 

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Du 30 juin au 27 octobre 2018, la Ville de Cavaillon accueille une sélection de dix-huit costumes du couturier Christian Lacroix réalisés pour l’opéra de Georges Bizet, Carmen. La Ville a souhaité emprunté quelques pièces de cette importante collection pour en faire profiter les visiteurs. L’exposition, qui se tient dans le cadre grandiose de la chapelle du Grand-Couvent, met en scène les robes des personnages principaux de l’opéra.

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On peut y voir de belles robes ds gitanes ou espagnoles, amples, aériennes, virevoltantes, à grands volants et longues franges, le tout dans des tons de rouge et de rose.

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Enfin, dernière pièce majeure de l'architecture cavaillonnaise, la chapelle de l'Hôtel-dieu construite en 1755, à l'emplacement de l'ancien hôpital.  La façade est ornée de motifs végétaux où virevoltent des anges. La Porte d'Avignon est le reste des remparts du 14ème siècle, elle se trouve à côté la chapelle de l'Hôtel Dieu. 

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C'est en 1910 que la famille Jouve se porta acquéreur de la chapelle et du corps d'entrée de l'ancien hôpital de Cavaillon, l'Hôtel Dieu.

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Les membres de cette famille, grands passionnés de patrimoine et de la ville de Cavaillon, entreprennent de fonder un musée, dont les collections se basent sur leurs propres découvertes, et acquisitions accumulées depuis le XIXe siècle. 

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Le musée de l'Hôtel Dieu est donc un musée retraçant l'historique de la ville de Cavaillon, à travers notamment une importante collection lapidaire.

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Dans l'ancienne chapelle, plusieurs périodes sont illustrées, la préhistoire, les périodes antiques, Gallo-Grecque et Gallo-Romaine, avec statuaire, stèles et céramiques, le Moyen-Age, le tout exposé à l'ancienne mode du XIXe. Une autre partie du musée rassemble quelques témoignages de l'Hôtel Dieu, avec notamment des objets issus de l'ancienne pharmacie.

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Un petit musée agréable pour en connaître plus long sur la passé de Cavaillon, qui organise également quelques expositions temporaires autours de ce thème.

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Par ailleurs, la ville de Cavaillon fut un lieu de regroupement des Juifs de France. Nombreuse et fort dispersée au Moyen-âge, la communauté hébraïque a dû refluer vers des terres plus tolérantes après avoir étés contraintes de quitter le royaume de France. Elles trouvèrent refuge dans les possessions papales en France : Avignon et le Comtat Venaissin. (l'objet d'un prochain article).

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Le mieux, lors des journées du patrimoine, est de planifier au moins quelques jours en avance un itinéraire ou un programme de visite en fonction de ce que vous souhaitez faire et du temps que vous voulez consacrer en visites, conférences et ateliers. La découverte de cette cité provençale mérite, incontestablement, une petit détour.

Vous souhaitez en savoir plus sur le Luberon :

Office de Tourisme Luberon Cœur de Provence

Laissez-vous tenter par le Luberon. Des villes et villages perchés à la vue incroyable, dont Gordes, l'un des plus beaux villages de France, des sentiers d'itinérance de toute beauté, un patrimoine historique remarquable et une gastronomie reconnue ...

http://www.luberoncoeurdeprovence.com

A bientôt pour d'autres aventures. Mon autre blog qui pourrait vous intéresser :

Nos carnets de Voyages autour du monde.

Voyager c'est embrasser le monde, c'est ouvrir son cœur et son âme. Les voyages sont la meilleure école de la vie, ils permettent d'apprendre à connaître notre monde, les gens, ainsi que soi-même. L'important c'est de rompre la monotonie du quotidien.

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10 octobre 2018

Jarditrain : parc miniature

 

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Le weekend dernier, nous sommes partis à la découverte du jardin du parc d’attraction : le Jarditrain. Il est animé par de nombreux trains qui évoluent dans un cadre naturel surprenant. Après un an de travaux, le Jarditrain à Saint Didier, proche de Pernes-les-Fontaines, est né. Depuis son ouverture au mois d'avril 2005, il a accueilli plus de 40000 visiteurs.

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Après un nombre infini d’heures de travail, de construction, de jardinage et de réglages, c’est un incroyable monde miniaturisé qui s’offre à nous. On peut facilement comprendre la somme de travail effectuée, depuis plusieurs années, par les propriétaires du lieu.

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La visite du Jarditrain s'accompagne, pour celles et ceux qui le souhaitent, d'une liste de personnages et d'animaux à rechercher visuellement dans tout le décor.

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Ce petit jeu, tout au long du parcours, nous a donné du fil à retordre. Une chasse au trésor très prenante, à faire tout au long de la visite, qui amuse beaucoup les enfants, et qui peut donc durer des heures, avec les pauses photos ! 

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Ce lieu,  né de la passion  des trains, avec des mises en scènes superbes, est vite devenu également un jardin miniature extraordinaire, un espace où l’on peut se promener et faire de belles découvertes.

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Les propriétaires des lieux ont créé des paysages, qui permettent au promeneur de voyager, comme s’il se trouvait lui-même dans un des petits trains.

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On peut y voir 25 trains,  circulant sur plus de 650 mètres de rail, dans un décor paysagé haut en couleurs. L'ensemble du jardin est à l'échelle du 1/25ème, ce qui correspond aux santons de 7 centimètres.

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Dans cet espace, tout est là pour créer l’illusion du jardin miniature.

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Nous passons d’un espace minéral, symbolisant des montagnes et des collines, à des villages, en passant par des petits ponts.

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C’est grâce à la taille des végétaux, (3000 plantations naines, de 300 espèces différentes), qui crée différentes perspectives, que le jardin prend toute sa dimension.

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On y trouve du romarin taillé en nuage, des figuiers, des érables japonais, des nénuphars, des joubardes, des plantes grasses.

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Réalisé et entretenu par de vrais passionnés, nous sommes stupéfaits par les détails si proches du réel. Nous avons pu admirer :

- des gares,

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- des villages,

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- des ponts,

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- des trains,

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- de nombreux personnages,

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- des voitures, et camionnettes anciennes,

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- des fermes, des animaux,

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- des habitations,

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- des lacs,

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- des montagnes et tunnels...

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A l'intérieur, des tables de jeux avec de beaux circuits en bois où les enfants jouent en toute liberté et se régalent, avec des bancs pour les parents. 

DSC_4251Tables garnies de circuits avec pleins de petits trains.

C'est à coup sûr un jardin extraordinaire qu'aurait pu chanter sans problème le poète Charles TRENET ! Superbe, magique, féerique... Les superlatifs manquent pour évoquer ce beau jardin. Tout n'est que plaisir pour l'œil !

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Nous sommes sous le charme de ce petit parc d’attraction, tant par ses circuits ferroviaires se croisant, que par sa flore, choisie avec goût et magnifiquement entretenue.

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Les enfants n'en croient pas leurs yeux, et les parents sont irrésistiblement empreints de nostalgie, relative à leur propre enfance ! 

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Dans ce lieu magique, aux superbes décors, on y vient pour les trains, mais aussi pour le jardin, joliment entretenu par des passionnés.  

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Le site n'est pas géant certes, mais il est bien conçu, des coins ombragés, une buvette, avec quelques tables, permet de manger, sur place, son propre pique-nique.

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C'est une sortie encore peu connue mais qui vaut le détour et qui a le mérite de captiver petits et grands.  En sortant du parc, nous avons presque l'impression d'avoir fait un voyage dans l'un de ces trains.

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C'est une sortie encore peu connue mais qui vaut le détour et qui a le mérite de captiviter petits et grands. On y passe un très bon moment surtout lorsque l'on a de jeunes enfants.

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LE JARDITRAIN  186 Chemin Neuf, 84210 Saint-Didier

Tél : 04 90 40 45 18

Tarifs : à partir de 12 ans : 7,50 € - De 3 ans à moins de 12 ans : 5,50 €

 

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09 octobre 2018

Murs : village de charme

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Murs, à 500 m d'altitude, est un village perché,  aux ruelles caladées et aux maisons de pierre bien entretenus, qui allie pittoresque et authenticité. Dans ce coin de Provence, on dirait que les villages remarquables et les paysages magnifiques se sont donnés rendez-vous, et rivalisent de beauté. 

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L'itiniéraire qui passe de Gordes, à Roussillon, en passant par Murs permet de découvrir la beauté du Luberon, de retrouver ces odeurs de pins, de garrigue, et d’entendre le champ des cigales. 

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Petit village, typiquement provençal, à 8 km de Gordes, il serpente sur les flans de la colline, jusqu'à rejoindre son château. Il offre une étape incontournable et reposante, pour qui recherche la tranquilité.

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Ici pas de bain de foule, on profite du village à nous tout seuls !

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Ancien oppidum ligure, le village de Murs s’est développe en raison de sa position sur la route reliant Apt à Carpentras. Il constituait donc à l’Antiquité une halte pour les voyageurs et les marchands. 

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Le village étant très petit, la marche est le meilleur moyen de le découvrir, en flânant dans les venelles.

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Nous montons tranquillement les ruelles silencieuses, jusqu’à l’église, encastrée dans les dépendances du château. 

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L’église : L'église Saint-Loup, à l'aspect médiéval, construite, à la fin du XIIe siècle, est de style romain. Elle tenait lieu à la fois de chapelle seigneuriale et d’église. Des travaux de restauration ont montré qu’elle était alors entourée d’un cloître.

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Le trésor de l'église se compose d'un buste du saint du XVIIIe siècle contenant des reliques de Saint-Loup, Saint-Lambert et Saint-André, un encensoir du XVIIIe siècle et une croix de procession en argent ciselée sur une âme de bois du XVIe siècle.

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Sur le mur d’une façade médiévale, le blason de Murs sculpté dans la pierre, comporte une étoile à huit branches.

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Murs possède un riche patrimoine : lavoirs, (utilisés par les lavandières jusqu’au milieu du XXème siècle), nombreux puits, et fontaines, chemins de croix, bories...

DSC_4419Lavoir en contrebas du village.

On peut voir aussi de nombreux murs de soutènement de terrasses agricoles, des murs de clôture en pierres sèches et des murs-clapiers (ou pierriers), liés à des cabanes en pierres sèches.

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Le château : Un peu alanguie de nos jours à l'ombre de son glorieux passé, Murs peut s'enorgueillir d'un monument,  de tout premier plan :  le château monumental. Il fait, avec ses hommes célèbres, la fierté de ses habitants....L'histoire de Murs est liée à l'histoire de son château, qui n'a cessé d'évoluer à partir du 12e siècle.  Il est l'oeuvre de l'importante famille nobiliaire des d’Agoult. Sa fonction première est défensive et rapidement on y trouve une place forte, armée de tours et de remparts, seuls éléments d'ailleurs à lui avoir survécu. 

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Le 24 septembre 1462, les d'Agoult vont céder leurs terres aux Astouaud, qui vont délaisser alors le coté purement défensif de la bâtisse pour se mettre à embellir le château. La partie centrale du château est bâtie au XVème et XVIème siècle. Au XVIIIe siècle, le marquis d’Astouaud crée au sud du château des jardins, pavillons et une grille monumentale en fer forgée qu'il orne de ses armoiries.

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Durant la Révolution, le château est pillé, puis laissée à l’abandon jusqu'au milieu du XIXème siècle où ses nouveaux propriétaires entamment sa rénovation. Il faut attendre le XIXe siècle pour que le maire de l’époque, Bruno Vayson, entreprenne sa restauration. 

DSC_4405Entrée du château.

L'élément le plus intéressant est le donjon avec sa chapelle gothique et son auditoire de justice. Au  milieu du XXe siècle le château sera complètement restauré et deviendra le bâtiment que l’on connaît aujourd’hui. Ses descendants occupent encore le château, qui ne se visite pas.

DSC_4402Parc du château.

Crillon le Brave est né à Murs en 1543. L'homme de guerre a servi sous 5 rois de France, un glorieux chevalier du roi Henri IV.  

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La maison de Crillon est une extension du château qui date de la Renaissance et qui abrite aujourd’hui la petite bibliothèque du village.

DSC_4406Maison de Crillon le Brave, à droite de l'église.

Près du château et de l’église, nous bénéficions d’une vue imprenable sur les toits du village, et toute la plaine plantée d’oliviers et d’essences méditerranéennes. 

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Une vieille charrette, témoin d'une autre époque, entreposée dans un champ, près d'un vieux mas, s'en est allée doucement, au fil du temps. 

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Elle semble prendre un repos bien mérité, au fond d'une belle terrasse herbeuse. Un bel engin qui a fait son temps et qui représente toute une époque bien révolue !

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Le Gros Chêne Un grand chêne, un arbre magnifique plusieurs fois centenaire situé en bas du village, près du lavoir est une merveille de la nature. Il a vu passer de nombreuses générations de mursois. C’est un des plus beaux arbres de cette partie du Luberon et des Monts du Vaucluse. C’est le « Gros chêne » de Murs. La circonférence de son tronc est de 6,80 mètres, sa hauteur de 24 mètres et sa frondaison de 34 mètres. ). Ce chêne vénérable, de 4 à 5 siècles, visible de loin, ne laisse personne indifférent… Cet arbre remarquable, majestueux, étale son gigantesque houppier au-dessus de la petite route menant au village. Il dégage une force magnétique puissante, avec ses bras tendus vers le ciel. Un troisième chêne, tout aussi gros, se trouve un peu plus loin dans les champs, dans le prolongement des deux premiers. Ils ont une telle prestance, une aura singulière qui ne peut que fasciner les gens qui les découvrent.

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Mur de la Peste : Depuis le col de la Ligne, sur la route de Sault, une piste longe le mur sur plusieurs kilomètres.

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En 1721, le Comtat Venaissin décide de construire un mur de protection contre la peste qui sévit alors en Provence.

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Ce mur de pierre sèche était gardé jour et nuit par des soldats qui avaient ordre d’abattre toute personne tentant de franchir le mur. Murs était alors le dernier village de Provence avant le mur.

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La ligne sanitaire ne sera levée que le 1er décembre 1722. 

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Alors que plus de quatre-vingt mille victimes sont à déplorer dans toute la Provence, le village de Murs, protégé par le mur et ses remparts, n’a semble-t-il pas subi de hausse significative du nombre de décès.

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Grottes de la Bérigoule : Des événements terribles se sont déroulés dans les grottes de la Bérigoule, lors des Guerres de Religion. Ces grottes forment un vaste et profond réseau de galeries dans un affleurement calcaire, au nord du village. Depuis 1540 en effet, les seigneurs et évêques de Provence ont entamé une guerre contre les vaudois du Luberon, considérés comme hérétiques.

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En avril 1545, 12 villages seront incendiés, dont Mérindol et Cabrières d’Avignon et 22 entièrement saccagés.On commet les pires atrocités, détruisant par le fer et le feu des populations entières de villages. Viols, tortures en tous genres, certains envoyés aux galères ou vendus comme esclaves. Fuyant les massacres de Cabrières et de Lacoste, 25 femmes et enfants vaudois fuient vers Murs, où la population est depuis longtemps acquise aux vaudois, le curé lui-même s’est déclaré vaudois.

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Ils trouvent refuge dans les grottes de Bérigoule, au nord du village. Dans la semaine du 20 au 27 avril, le capitaine Mormoiron, représentant du vice-légat du pape à Avignon, apprend la présence de vaudois dans les grottes de Murs. Devant l’entrée des grottes, il ordonne des décharges de mousquets, mais personne ne sort. Il allume alors un feu pour enfumer les pillards qui mourront tous étouffés. Leur mission accomplie, les soldats de Mormoiron quitteront le village non sans avoir décimé les troupeaux paissant autour du village. En représailles, les habitants de Murs, multiplieront les attaques contre les catholiques à Malaucène, Carpentras, Joucas et ce jusqu’à la fin des guerres de religion en 1595.

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Randonnées : Murs est un point de départ idéal pour de nombreuses randonnées, vers les gorges de Véroncle par exemple, où se trouvent les vestiges enfouis, sous la végétation, de nombreux moulins, vers le col de la Ligne (vers Sault), et le col de Murs (vers Venasque), sont aussi des lieux de randonnée très renommés.

DSC_4385Les gorges de Véroncle. 

L’économie agricole joue encore un rôle essentiel à Murs, on y cultive les céréales et le colza, les arbres fruitiers (cerise, abricots) et le lavandin. Le tourisme est moins omniprésent que dans les communes du Luberon avoisinantes.

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Notre visite n’aura peut être duré qu’une heure, mais elle nous a enchantés. Proche des grands axes, à quelques minutes des marchés provençaux de Coustellet et de l'Isle sur la Sorgue, le village de Murs offre une tranquillité absolue dans le cadre idyllique des vieux villages du Luberon.   

J'espère que cette visite vous aura plu, merci d'avance pour vos commentaires, à bientôt !

 

 

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08 octobre 2018

JOUCAS : UN MUSÉE EN PLEIN AIR

 

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Lorsque monte la route qui mène au village de Joucas, on comprend très vite pourquoi le lieu est réputé pour sa tranquillité, il règne une ambiance paisible dans ces ruelles caladées. 

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La sérénité de l'endroit a probablement guidé le choix des templiers,  qui ont fait construire une commanderie templière. 

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Joucas, au cœur du Luberon, et proche de Gordes, naturellement défendue par des reliefs abrupts, s’étage sur une butte des Monts de Vaucluse, face aux falaises d’ocre de Roussillon. 

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A l’écart de l’afflux touristique de certains villages, Joucas, avec ses 350 habitants, reste un véritable havre de paix, où nous avons pu apprécier de somptueux paysages, donnant sur le Luberon. Plein de charme et d’authenticité, il a su préserver son âme provençale.

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Nous avons commencé notre visite de la ville sans programme particulier, on s’est baladé au hasard des ruelles.

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Nous avons eu beaucoup de chance car le temps n’était de notre côté en début de matinée, mais c’est nettement dégagé dans l’après-midi. 

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Les températures étaient encore douces, mais je sais que le vent soufflera bientôt et qu'il fera tomber toutes ces feuilles bariolées. C'est l'occasion de pouvoir admirer ces premiers échantillons d'Automne, cet éventail de nuances chaudes et fascinantes.

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Marcher sur un tapis de feuilles qui craquent tout en profitant des rayons du soleil, filtrés par les branches des arbres à moitié dénudés, rien de mieux pour égailler une journée !

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Les nuages s'invitaient au décor et le paysage qui nous était offert ressemblait fortement à celui d'une carte postale.

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L’ histoire du village est tout aussi passionnante, que son centre historique, plein de charme, tout en arborant aussi fièrement quelques bâtiments de tailles et de détails exceptionnels.

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Nous montons la calade, bordée de maisons de pierre, en passant devant la sculpture "contemplation noire", et le beau lavoir. 

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Flâner tranquillement, à pied, dans ses pittoresques petites ruelles pavées à l'ancienne en escalier, est un véritable plaisir ! On voit que Joucas est un village rempli d’histoire, ses beaux bâtiments le prouvent à chaque coin de rue.

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Déambuler d'une rue à l'autre et contempler les maisons en pierres,  suffisaient pour satisfaire pleinement notre envie d'ailleurs. Le cœur du village est une véritable invitation au silence et à la flânerie ! 

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Toutes ces demeures anciennes ont évidemment leur part d'histoire à raconter mais elles ont surtout un charme fou. Plusieurs maisons du village sont classées au patrimoine historique et sont fleuries avec beaucoup de goût. 

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 Belle découverte, ce week-end, de voir des sculptures, étonnantes, éparpillées de-ci, de-là, dans tout le village de Joucas. 

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Elles semblent faire partie du décor, une vraie chasse au trésor, au fil de notre balade ! 

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Dans un atelier d’exposition, baptisé « Le labyrinthe d’Art », les oeuvres de Marion et Ulysse, sont mises en valeur sur plusieurs niveaux. On arrive à la terrasse de l’atelier tout en haut.

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Ces ouvre surprenantes sont axées sur l’être humain. On retrouve beaucoup de créations en bois et pierre, quelques tableaux et du « macramé » de cordes…

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Au fur et à mesure de notre déambulation, nous découvrons des sculptures monumentales d’hommes en bois, et en pierre, grandeur nature. 

DSC_4310 Un souffle du Grand Nord.

Si certaines sculptures semblent brutes, d’autres sont plus aériennes et poétiques. Les artistes ont fait naître des  corps, constitués de matières dures comme la pierre, le bois d’olivier ou le chêne. On peut y voir des visages torturés, et tourmentés, comme notre existence, en quelque sorte… On ne peut qu'être ému devant ces oeuvres !

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Le village est devenu un musée en plein air, où l'on découvre des êtres étonnant,  à chaque détour de calade. 

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Sur la place de l’église se trouvent deux personnages, sculptés dans un vieil olivier, un arbre chargé de symboles très forts. (Symbole de paix, de force, de fidélité, de réconciliation, réputé éternel). 

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Ne passez pas à côté du Musée sans le visiter, c’est gratuit !

DSC_4334Couple devant l'église.

Lorsqu’au détour d’une ruelle, on aperçoit l’église St Jean Baptiste, du XVIIIème siècle, et son haut clocher, l’émerveillement commence.

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Reconstruite en 1766, elle se révèle être à l'intérieur un véritable musée de l'art italien de la peinture en trompe l'œil.

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En grimpant tout en haut du village, nous apprécions les magnifiques points de vue, qui sont offerts depuis le village, sur les toits des maisons, sur le Luberon et les falaises d'ocres de Roussillon. 

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La commanderie templière, tout en haut du village, est un patrimoine privé. Elle fut autrefois le centre d’une activité templière, avec plusieurs fermes dans la vallée du Luberon, à gérer. C’est au douzième siècle que des hospitaliers de saint Jean de Jérusalem installent sur un morceau de rocher, dominant la vallée, leur commanderie. Ils vont installer un fort autour duquel plusieurs familles de paysans vont venir s’installer.

DSC_4260La commanderie.

Malheureusement, durant les guerres de religion, ces Vaudois vont massacrer les templiers et utiliser alors la place forte qu’ils ne quitteront qu’en 1591, après l’avoir fortement vandalisée, ne laissant que très peu de traces de cette époque. C’est l’ordre de Malte, propriétaire du lieu depuis 1564, qui réinvesti les lieux et les restaure.  

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La commanderie comprend : le château et son jardin, des bâtiments à vocation agricole, un domaine de terres labourables et un grand bois de chênes verts.

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A la révolution française, la place forte est de nouveau assiégée et vandalisée, et  partiellement détruite. Cette propriété a été rénovée par la même famille d'industriels et artistes pendant près de 50 ans, jusqu'à la vente en 2006 à un homme d'affaire Anglais.

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En repartant nous irons voir le moulin à vent, de Joucas, tout proche du centre, il mérite qu'on lui fasse honneur !

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Ce moulin construit à la fin du XIXe siècle, montre fièrement ses ailes, son toit et son mécanisme de production de la farine, récemment restaurés.

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Cette balade a duré presque deux heures, mais il y avait tant à voir dans ce petit village, que nous n’avons pas vu le temps passer. Les paysages et villages du Luberon, que j'aime tant, sont tellement variés que tout le monde y trouve son compte ! À découvrir sans modération !

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Villes et villages voisins : Murs (5 kms), Roussillon (5 kms), Gordes (8 kms).

Vous souhaitez en savoir plus sur notre belle région du Luberon :

Office de Tourisme Luberon Cœur de Provence

Laissez-vous tenter par le Luberon. Des villes et villages perchés à la vue incroyable, dont Gordes, l'un des plus beaux villages de France, des sentiers d'itinérance de toute beauté, un patrimoine historique remarquable et une gastronomie reconnue ...

http://www.luberoncoeurdeprovence.com

A bientôt pour la suite de nos aventures !

Suite : Murs

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07 octobre 2018

Pampelune et son riche patrimoine

 

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Située au centre de la Navarre, entre les vallées pyrénéennes du nord et les plaines fertiles de la vallée de l'Ebre au sud, Pampelune (Iruña en basque) est la capitale de la communauté de la Navarre.  Fondée vers 75 av. J.-C. par les Romains, Pampelune connaît son heure de gloire sous Sanche III le Grand (1004-1035), qui fait d'elle la plus puissante capitale chrétienne de la péninsule.

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DSC_2349Hôtel de Ville.

DSC_2351Partie haute de la mairie, avec figuration de personnages de la mythologie gréco-romaine.

C'est de cette époque que date l'actuel tracé du chemin de Saint-Jacques, entraînant sur son passage la construction d'une multitude de monuments civils et religieux, et permettant aux influences françaises et européennes de pénétrer en Espagne.

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L'agglomération de Pampelune, près de 200 000 habitants, rassemble presque la moitié de la population de Navarre. La ville a aussi un centre historique très riche et très joli. Ne manquez pas de visiter le Palais de Navarre et ses jardins, la Place du Castillo et la Cathédrale de Santa Maria.

DSC_2330Palais de Navarre.

De nombreuses églises : S’il y a bien une chose qui ne manque pas en Espagne, c’est la concentration d'églises et de clochers. Dens les rues étroites du vieux Pampelune, on voit s’ériger entre les maisons ces immenses bâtiments qui paraissent alors disproportionnés. Il y a bien entendu la cathédrale de Pampelune.

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Mais cela vaut la peine de se déplacer vers l’église Saint-Nicolas construite au XII² siècle. Elle a la particularité d’avoir été un bastion militaire pour les troupes qui défendaient à l’époque la cité, mais ce fut également un abri pour la population locale.

DSC_2413Eglise Saint Nicolas.

 

La cathédrale : Édifiée sur le promontoire du Quartier Historique de Pamplona, la Cathédrale Santa María de Pamplona est un édifice de style gothique des XIVe et XVe siècles. 

DSC_2369La cathédrale

Cet emblématique monument est le plus riche de la ville en matière de chefs-d'œuvre historiques et artistiques. 

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C'est là que les rois étaient couronnés, que le Parlement se réunissait, et que, trois siècles durant, la Députation du Royaume eut son siège. La sobriété de la façade néo-classique, signée Ventura Rodríguez, contraste avec l'esthétique gothique de l'intérieur de l'église, dont la nef centrale, de 28 mètres de haut, abrite le magnifique sépulcre de Carlos III de Navarre et de son épouse Léonor de Castille. 

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Mais le véritable joyau de la Cathédrale est son cloître, considéré comme l'un des plus beaux de l'art gothique universel, et passage obligé.

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Les fêtes de San Firmin : La notoriété de Pampelune provient certainement en partie de son fils adoptif, Ernest Hemingway, qui séjourna longtemps en Navarre pendant la Guerre Civile espagnole, et qui était également un grand amateur des Fêtes de San Firmin.  Il mentionne d’ailleurs ces festivités et ces « encierros » (courses de taureaux) dans son livre « Le soleil se lève aussi ».

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Les Fêtes de Pampelune commencent le 6 juillet et durent une semaine. Durant cette période là, la ville est envahie par plus d’un million de visiteurs et devient l’une des plus importantes fêtes populaires au monde. Parmi les festivités, ont lieu naturellement les traditionnelles courses, durant lesquelles une centaine de personnes se font poursuivre chaque matin par des taureaux dans une rue étroite de la vieille ville, jusqu’à ce que les bêtes atteignent l’arène quelques minutes plus tard. 

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Outre cette périlleuse épreuve, les Fêtes de Pampelune se caractérisent par des défilés, des compétitions de sports traditionnels et des concours de feux d’artifices.

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C'est de l'église de San Lorenzo,  que part tous les 7 juillet, la procession de la Saint Firmin. 

DSC_2415Eglise San Lorenzo.

Le restant de l’année, Pampelune est une ville relativement calme. Il y a un flux constant de visiteurs, dont de nombreux pèlerins ou randonneurs qui empruntent le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle. 

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Il est très facile de circuler en ville : la plupart des points d’intérêts se trouvent dans le quartier ancien fortifié très bien conservé, à quelques pas de la Plaza del Castillo (la Place du Château).

DSC_2409Place du château.

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Monumentale sculpture : en bronze, à la gloire de la course des taureaux dans la ville. 

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Située sur une des grandes avenues de pampelune, pas loin de l'arène, cette sculpture matérialise bien le fameux "Enierro", des fêtes de la St Firmin, et les taureaux lâchés dans les rues.

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On aime ou on n'aime pas. On peut néanmoins admirer le travail de l'artiste devant l'imposant monument. Il est à voir pour son réalisme, la précision des personnages et des animaux, qui donne à l'ensemble une très grande force ! 

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Les arènes :  passage incontournable aux arènes, pour découvrir l'originalité de ce lieu mythique. Ce sont des arènes grandioses, avec des espaces concernant toute la logistique de la corrida, jusqu'à la petite chapelle où se recueillent les toreros avant le combat.

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Cela permet de comprendre un peu mieux cette tradition, même si je ne la partage pas du tout... Pourquoi ne pas proposer des corridas sans mise à mort, pour attendrir les anti-corridas, les défenseurs de l’abolition de la corrida, qui la considèrent comme une pratique sanguinaire dans la mise à mort. 

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Les associations de protection des animaux veulent attirer l'attention sur le fait que des douzaines de taureaux souffrent de lésions pendant que les participants les poursuivent, les frappent et les terrorisent sur le chemin de leur mort, sur la place des taureaux de la ville. 

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La citadellePour terminer notre visite, nous nous promenons dans le grand parc de Pampelune qui estn en faitn l'ancienne citadelle de la ville. Elle fut construite à l'époque de Philippe II, et est de forme pentagonale. Sur ses cinq bastions, il n'en reste que trois.

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Elle comprend deux portes, la principale orientée vers la vieille ville et la porte du Secours. Elle devient au XVIIIe siècle une prison de personnes illustres, comme le comte de Floridablanca, le marquis de Leganés, etc. Elle abrite actuellement un parc et plusieurs salles d'exposition.

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Pampelune demeure encore aujourd'hui une ville aux multiples identités, où se mêlent les influences basques, françaises et castillanes. 

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Si vous vous décidez à prendre la route du nord de l’Espagne, ou si vous avez déjà visité la région de Pampelune, n'hésitez pas nous mettre des commentaires et  à nous faire partager vos carnets de bord, photos et anecdotes de voyages. Merci et à bientôt.

Suite : Ainsa

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05 octobre 2018

Des plages de rêve !

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De l’Espagne, on connait l’Alhambra de Grenade, la Sagrada Familia de Barcelone et l’Alcazar de Séville, les plages de la Costa del Sol ou de la Costa Blanca....Mais il est un petit paradis vert méconnu, à moins de trois heures de route de la frontière française : les Asturies.

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Voici quelques plages, des Asturies, qui nous ont fait rêver, lors de notre aventure cet été, sur la côte nord de l'Espagne.  

DSC_2111;La plage de Lience à Noja.

Aussi bien côté terre que côté mer, la Principauté des Asturies garde précieusement sa nature sauvage, à la beauté irrésistible !

DSC_2124;Plage de Liencre à Noja.

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Un paradis naturel qui sait aussi se faire très culturel, avec ses trésors classés à l’Unesco, et ses villes d’art et d’histoire.

DSC_2126Plage de Liencre à Noja.

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Forêts magiques, montagnes littéralement suspendues au-dessus de la mer, une côte des mieux préservées d’Espagne.

DSC_2192Plage de Ris.

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Frontalière de la Galice et proche du Pays Basque, la région incarne une Espagne authentique, dont l’atout touristique réside par-dessus tout dans la beauté de ses paysages préservés. Et quelle beauté !

DSC_2185;Plage de Ris

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Sur les rivages asturiens, la montagne semble près de se jeter dans la mer.

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DSC_2076Plage Ballota. 

C’est particulièrement vrai à l’est, où la cordillère cantabrique domine la côte, offrant des panoramas extraordinaires. 

DSC_2070Plage Ballota.

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Le long de ce littoral préservé, qui s’étire sur 345 km, s’égrènent des falaises sauvages et plus de 200 plages, très variées. 

DSC_2072Plage Ballota.

Celles de Llanes, au nombre de 38, alternent entre petites criques abritées et longs rubans de sables ou de galets. Avec ses rochers déchiquetés plantés dans l’Atlantique, la côte a souvent des airs de Bretagne.

DSC_2102;Plage de Valdaérénas.

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Si les Asturiens tirent une grande fierté de ces paysages protégés, ils s’enorgueillissent aussi d’un littoral admirablement préservé.

DSC_2037Plage San Antolin.

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La côte, mouvementée par instants, ponctuée ça et là de plages de sable blanc ou doré, appréciées des surfeurs comme des baigneurs, ondule entre mer et falaises.

DSC_2055Plages San Antolin.

 En arrivant à proximité la plage San Antolin, c'est un vrai spectacle qui s'est offert a nos yeux. L'eau était de couleur turquoise, la plage qui se dessinait devant nous avait tout d'un petit paradis, et le banc qui se trouvait juste en face, était parfait pour admirer les lieux.

DSC_2044Plages San Antolin.

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Sillonnant ce panorama accidenté, la route des phares, magnifiquement pittoresque, relie entre eux 18 villages de pêcheurs, tous singuliers, mais qui ont en commun un fort caractère rappelant la bravoure des chasseurs de baleines, qui partaient de là au Moyen-Âge.

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 A bientôt pour d'autres aventures !

 

 

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Le Domaine des Peyre : un lieu insolite

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Après notre visite de Gordes, cela faisait longtemps que nous voulions nous arrêter au Domaine des Peyre, lieu atypique, qui marie subtilement le vin et l'art contemporain. Le weekend dernier une grande affiche a attiré notre attention : "Foire aux vins au Domaine des Peyre". Après avoir franchi le portail, c'est une véritable invitation au voyage qui nous attend ! 

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Quand on aperçoit le Domaine, situé entre Gordes et l'Isle sur la Sorgue, au coeur du Luberon, on n’a pas l’impression d’arriver dans un caveau, mais plutôt une galerie d’art à ciel ouvert. Au bord de la route, une œuvre monumentale, donne le ton : cinq bouches en trois dimensions, nous indique l'entrée du domaine des Peyre. 

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Quel plaisir de découvrir ce lieu authentique et chargé d'histoire. C'est sur les vestiges d’une villa romaine, enfouie depuis des siècles, que s’élève aujourd’hui l’impressionnante bastide du Domaine des Peyre.

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Au fil de fouilles, menées avant le démarrage des travaux de restauration, les propriétaires vont ainsi retrouver des pièces de monnaie romaines datant des Papes et des amphores à vin, attestant de la vocation viticole ancestrale de ce lieu mythique.

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Ancienne ferme fortifiée, construite au XIe siècle, puis reconditionnée au XVIIIe, cette bâtisse en ruine, situé au bord de l'ancienne voie romaine Via Domitia, est un haut lieu de la culture de la vigne et du vin.

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Au hasard d'une escapade, les propriétaires, tombés amoureux du Luberon, de ses lumières et de ses recoins secrets, décident de redonner vie à cette vieille ferme viticole, à l'abandon, et de partager en commun leurs passions respectives pour le vin et l’art contemporain.

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Baignant aux milieux des vignes, cet endroit charmant de la Provence, possède un domaine de trente deux hectares, dont vingt hectares de vignes, en restanques, entre chênes, oliviers, amandiers, cerisiers et garrigue. Au total, 13 cépages sont cultivés sur le domaine des Peyre.

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Idéalement situé pour visiter le Luberon, et magnifiquement restauré, le domaine respecte l'histoire des lieux et a retrouvé tout son lustre d"antan. Magnifiquement restauré, et bordé de vignes « ressuscitées ».

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Aux portes du Luberon, les charmes de ce domaine sont multiples : des vins de qualité, des œuvres d’art, disposées çà et là, une salle de réunion tout en pierre apparente, cinq gîtes de prestige, aménagés en chambres d’hôtes, et des installations techniques, de haut niveau, pour les chais de vinification, avec : 17 cuves inox thermo régulées, une table de tri… le tout climatisé.

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Au sein de cette grande bastide, avec sa petite chapelle privée, des oeuvres d'art, d'artistes contemporains, sont partout :  

- Des cascades de vitraux multicolores,

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- Une sorte d'araignée monumentale, qui se dore au soleil,

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- Un globe terrestre, fait d'un assemblage de cuillères et fourchettes, trônant devant les chais de vinification,

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- Une pyramide aux mille bouteilles, que l'on aperçoit de la route,

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- Un vieux camion, semblant là depuis des lustres, marque l'entrée de la bastide,

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- Tandis qu’une collection de cages à oiseaux, en bois, a pris possession de la cour, typiquement provençale.

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Nous sommes accueillis, ce jour-là, dans une ambiance conviviale, afin de déguster leurs vins, dans d'anciennes écuries aménagées.

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Ce lieu, plein de charme, et typiquement provençal, semble être le lieu parfait pour se ressourcer. Un cadre magnifique, un accueil parfait, que demander de plus ? Le bon vin et ses paysages somptueux feront le reste ! Bref, voilà un endroit à découvrir, juste pour le plaisir ! 

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Domaine des Peyre :

Domaine des Peyre - 1620, route d'Avignon - 84440 Robion

Tél. : 06 08 92 87 71

Pour en savoir plus sur notre belle région du Luberon :

Office de Tourisme Luberon Cœur de Provence

Laissez-vous tenter par le Luberon. Des villes et villages perchés à la vue incroyable, dont Gordes, l'un des plus beaux villages de France, des sentiers d'itinérance de toute beauté, un patrimoine historique remarquable et une gastronomie reconnue ...

http://www.luberoncoeurdeprovence.com


 

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Saint Jacques de Compostelle : une route millénaire

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Ayant traversé toute la côte atlantique espagnole jusqu'à Saint Jacques de Compostelle, nous avons croisé le long de notre parcours de nombreux pèlerins. Admirant leur courage, j'ai voulu en faire un article. Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle ne laisse personne indifférent. Que ce soit pour des raisons personnelles, ou que l’on soit poussé par la foi, cette aventure marque à vie ! L'on part souvent en tant que randonneur et l'on arrive en tant que pèlerin

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Chaque année, des milliers de randonneurs passent leur été sur les chemins de pèlerinage jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle, (Santiago de Compostela), situé au Nord-Ouest d’Espagne.  Ce pèlerinage connaît aujourd’hui un regain de vitalité, et sa popularité s’étend jusqu’en Asie. Il attire une multitude de marcheurs (mais aussi cyclistes), désireux de nouvelles expériences, d’aventure et de rencontres. Il permet à celles et ceux qui l’empruntent, de prendre le temps du voyage, dans un monde où tout ne cesse de s’accélérer. Son classement au Patrimoine de l’humanité par l’UNESCO, en 1993, parachève les conditions de cette renaissance. En 2017, La barre des 300 000 pèlerins a été franchie ! 

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Bien que les temps aient changé, le chemin de Saint Jacques de Compostelle est avant tout un pèlerinage chrétien, au même titre que ceux allant vers Rome, ou vers Jérusalem. Si aujourd’hui, parcourir cet itinéraire historique revêt pour beaucoup une allure de voyage initiatique, avec d’ailleurs un regain d’intérêt croissant, il ne faut pas oublier qu’au fil des siècles, ce sont des milliers de pèlerins qui ont usé leurs souliers en se rendant vers l’Espagne.

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Ils sont partis de toute l’Europe, espérant obtenir les grâces de Dieu, ou guérir d’une maladie, apportant dans leurs baluchons des idées, des techniques, et un peu de leur culture. 

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Une route millénaire : L'histoire du Chemin de Saint Jacques de Compostelle remonte au début du IXe siècle, (en 813), lorsqu'un ermite, nommé Pélage, aurait selon la légende découvert la tombe de l’apôtre Jacques, dans un cimetière. Chose encore plus surprenante, c’est une étoile qui aurait guidé ses pas. L'évêque ordonne d'enquêter sur le lieu et trouve ainsi une chapelle et une tombe avec des restes de l'apôtre Saint Jacques. 

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En apprenant cette nouvelle, le roi Alphonse II ordonna de construire une chapelle en l'honneur du saint et de se rendre d'Oviedo à la place, devenant ainsi le premier pèlerin de l'histoire. Depuis, des pèlerins affluent de l’Europe et du monde entier, en direction de Saint-Jacques-de-Compostelle, en Galice (Espagne), souhaitant alors venir rendre hommage à ces reliques sacrées.  Des milliers de personnes, jeunes ou âgées, en bonne ou mauvaise santé, à pied ou accompagnées de leur monture, chemineront ainsi vers les confins de l’Espagne.

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Questions que l’on peut se poser avant d’entamer cette longue itinérance :

Pourquoi se lancer sur les chemins de Compostelle ? Combien de temps cela prend-il ? Suis-je bien préparé physiquement et mentalement ? Vais-je réussir ce projet ? Que vais-je découvrir et vivre ? Comment vais-je supporter les moments de solitude évidant sur un si long trajet ? Y a-t-il des périodes de marche préférables ?

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Quel matériel est le plus adapté à cette expérience ?

Qui veut voyager loin ménage sa monture. Il est raisonnable d’envisager un poids ne dépassant pas 6 à 8 kilos. Des vêtements pour deux jours de rechange suffit, un sac à dos d’une capacité d’environ 40 litres,  sans porter plus de 10 kg de poids, une trousse de premiers soins, une lampe de poche, et un couteau polyvalent, un imperméable, un parapluie...

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Les bâtons de pèlerins : Ces bâtons, on en croise beaucoup sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Le bâton du pèlerin ou bourdon du pèlerin, est l’attribut de saint Jacques le Majeur, apôtre de Jésus Christ à l’origine de la route du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Il est souvent associé à la gourde, fabriquée avec de la calebasse et à la coquille des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

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Pourquoi réaliser le pèlerinage de Compostelle ?

Les raisons les plus répandues des pèlerins, de faire cette itinérance longue et régulière, sont :

- L’envie d’évasion, de faire une parenthèse dans sa vie et ainsi de prendre du recul sur ses aspects, car le chemin offre tout le loisir de réfléchir, les kilomètres étant nombreux. 

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- On peut aussi citer la motivation spirituelle, c’est le besoin de se reconnecter à la source, la recherche d’une forme de spiritualité, de méditation, de transformation intérieure, de dépassement de soi, qui se rapproche de l’origine même du pèlerinage, 

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- Cela peut être aussi le challenge sportif, l’envie d’arrêter de fumer, la perte de poids, l’envie de faire des rencontres, se faire de nouvelles amitiés, certains souhaitent trouver aussi, un lien avec la nature...

Saint-Jacques17Photo de mon ami Gilbert, qui a parcouru de nombreux chemins de St Jacques de Compostelle.

Quel meilleur moyen de visiter, les régions traversées, que de le faire au rythme lent de la marche, tout en admirant les paysages que l’on traverse.

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D’ailleurs, le passage par diverses abbayes et églises, les paysages que vous verrez et l’arrivée à la cathédrale de Saint Jacques de Compostelle vous feront apprécier cette incroyable aventure spirituelle.

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...ou au Cap Finisterre, le bout du monde et le but final ! Ce Cap continue d'exercer une attraction spéciale sur les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle. 

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Il faut compter un parcours de 90 km, après Saint Jacques, faisable en 3 étapes, généralement. Ce lieu mythique marque la fin du chemin terrestre et le début d’un renouveau intérieur pour de nombreux pèlerins. C’est l’arrivée à la borne du point kilomètre 0. 

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Cet endroit émouvant laisse désemparé le pèlerin, dont la quête s’achève ici, pire, se brise telle une lame, sur ce promontoire rocheux du « bout du monde ».

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Pour se reconstruire, et renaître, les pèlerins, selon la tradition, brûlent leurs vêtements et leurs sandales, au bord de la mer, au pied du phare, en signe de changement de peau, avant de prendre le chemin du retour,  (pratiqué encore de nos jours). Le feu a la réputation de purifier, c'est aussi un symbole de vie, et d'ardeur. 

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Il est incontestable que ce rituel de brûler ses vêtements restera longtemps gravé dans nos mémoires !

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C'est en ce lieu, que le pèlerin vient chercher sa coquille, preuve du voyage accompli et symbole de renaissance. Pour recevoir la Compostelana, le document certifiant que vous avez effectué le Camino de Santiago, il suffit de montrer que vous avez parcouru les 100 derniers kilomètres du parcours.

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Le privilège de faire ce pèlerinage c’est aussi de faire de belles rencontres, c’est cueillir, au passage, le sourire d’une personne que l’on croise, c’est déguster un plat typique, mais improvisé, c’est partager un repas ou un verre offert par un résident, c’est lire le journal local, c’est profiter des conseils donnés par les habitants (comme un hébergement non répertorié), c’est parler avec eux, malgré la barrière de la langue, c’est méditer dans les sanctuaires…

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Là est la vérité, une progression épicurienne motivée par une insatiable curiosité. Certains prétendent que le chemin est " commercial ", et alors !  Quoi de plus naturel que dans toutes les régions traversées, une petite partie de la population ne survive que grâce aux pèlerins. 

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Mais c'est aussi une question de vision de la vie en général, que d'afficher un sourire quasi permanent, de tendre la main aux autres, d'écouter leur questionnement, de prendre le temps de répondre, et alors la confiance venant, les portes s'ouvrent dévoilant des merveilles cachées.

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 Là est la vraie finalité d'une telle itinérance... Là est le bonheur d'avoir parcouru à pieds de nombreux kilomètres, pendant plusieurs mois,  et de n'avoir jamais été déçu... et qui plus est, ne plus pouvoir se passer de ces longs moments de solitude, hors du temps !  

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Témoignage d'un pèlerin : "Marcher sous 40°C, c'est souvent insupportable, la chaleur m’usait, mais jamais je n’ai envisagé d’abandonner et je n’ai croisé aucun abandon sur ma route. On ne revient pas en arrière. Sur l’autoroute des pèlerins, la course à l’hébergement a commencé. Pour être sûr d’avoir un lit, je devais parfois faire deux étapes en une journée, car les places devenaient de plus en plus rares, jusqu’à l’extrême : les 100 derniers kilomètres avant Santiago."  

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Bien qu’il existe plus de 60 itinéraires vers Saint Jacques de Compostelle (Santiago), chacun d’entre eux permet de ressentir la ferveur et la passion des pèlerins et, bien sûr, de profiter des paysages qui ont impressionné ceux qui les visitent, depuis tant de siècles.

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Le Chemin du Nord  (Camino del Norte) : Parmi toutes les routes pour arriver à Saint-Jacques-de-Compostelle, la Voie du Nord est l'une des premières choisies par les fidèles pour mener à bien leur pèlerinage, en suivant les anciennes routes romaines. 

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Chaque pierre de cette route contient d'innombrables légendes pour tous les amateurs d'histoire. De plus, les paysages qu'il traverse sont les plus beaux, car ils bordent toute la côte cantabrique. 

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Ça commence au pont de Hendaye en passant par Bilbao, Santander, Santillana del Mar, Comillas, Llanes, Ribadesella, Avilés et Luarca, jusqu'à entrer en Galice pour  arriver à Santiago.  

 

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Inconvénients : Ce chemin est plus sauvage, mais également plus sportif que le "Camino Francés". C’est l’un des plus longs itinéraires (853,55 km), et pour marcher il faut environ 30 jours, avec  peu de signalisation dans certaines étapes. Il est donc essentiel d'avoir une carte détaillée et un téléphone portable, pour éviter de dévier de la route. Etre attentif aux panneaux : le long du parcours, il existe différents types de marques, toujours jaunes, accompagnées de l’image de la coquille Saint-Jacques.

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La coquille Saint Jacques :

Il était courant de croire que la coquille Saint Jacques protégerait celui qui la porterait, du mauvais sort et de la maladie. C'est pourquoi, au fil des années, la coquille est devenue le symbole du chemin. Aujourd’hui, pendues sur les sacs à dos des randonneurs, elle indiquent à ceux qui croisent leur chemin qu’ils ne sont pas seulement marcheurs, mais également pèlerins. Ainsi, ces derniers se distinguent entre eux et se saluent généralement d’un buen camino ! Même le balisage officiel européen reprend le symbole de la coquille Saint Jacques, il suffit désormais de suivre cet emblème jaune sur fond bleu pour parvenir à bon port.

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Vous pouvez en récupérer une chez vous après un dîner en famille et l’attacher sur votre sac. Cependant il y en a en vente tout au long du chemin, pour une poignée d’euros. Elles sont cependant toutes semblables, et donc moins « personnelles ». Rien n’oblige d’avoir une coquille. À vous de voir si vous souhaitez vous plier à cette coutume ou non.

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Le Credencial : Sachez que vous devez avoir sur vous un carnet du pèlerin, ou un credencial, disponible à l’association des jacquaires. Cette carte sera visée tout le long de votre périple. Déjà utilisé au Moyen Âge, le credencial était une lettre délivrée par des autorités religieuses, permettant de passer les contrôles sur la route vers Galice. Pour les hébergeurs, le carnet du pèlerin vous distingue des touristes car il existe des gîtes, plus aventageux, exclusivement réservés aux pèlerins.

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En conclusion, la route jusqu’à Saint Jacques de Compostelle sera pour quiconque une belle expérience, riche en surprises, de superbes rencontres et de magnifiques découvertes à la clé. 

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Conseils pratiques pour le pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle - partie 1/3 - Randonner Malin

Cet article est un article invité rédigé par Adrien, c'est donc lui qui s'exprime à travers les " je ". J'ai accueilli avec plaisir sa proposition d'écriture d'un article sur les chemins de Compostelle, car c'est un sujet qui intéresse beaucoup de monde et que je ne peux pas partager mon expérience sur ces chemins n'ayant pas (encore ?)

https://www.randonner-malin.com

 

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02 octobre 2018

Gordes : un Must du Luberon

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Passés les derniers virages, d'une jolie route bordée de murs de pierre sèche, Gordes surgit, devant nous, au milieu d’un monde minéral... un spectacle unique ! Perché sur son piton rocheux, du haut de ces 340 mètres, le village domine la vallée du Calavon, au-dessus d’une mer d'oliviers, de vignes et d'amandiers.

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Le contraste de couleurs, entre le ciel, l'ocre des maisons et le vert profond de la végétation du Luberon, justifie à lui seul le voyage !  On ne peut que craquer devant un village aussi majestueux. Un village de caractère, avec des points de vues magnifiques, le dépaysement assuré ... Si vous aimez la photo, comme moi, vous serez comblé !

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Niché au cœur d’une nature préservée, et offrant une vue imprenable sur la montagne du Luberon, il est accroché à un promontoire rocheux des Monts de Vaucluse. Sa situation privilégiée, son charme exceptionnel, et son architecture typique, lui ont valu d'être labellisé dans les " plus beaux village de France". 

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Les maisons en pierre sèche, de mille histoires et légendes, s'alignent en spirale, autour du rocher, sur lequel est posé le village. A son sommet, l'église et le château Renaissance,  font face aux collines du Luberon. 

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Parmi les trésors d’architecture, empreints d’histoire, et qui font la richesse du patrimoine de ce village, nous trouvons, l'imposant château-forteresse, qui couronne le village depuis mille ans.

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Des vestiges gallo-romains ont démontré que ce site est habité à cette époque par la tribu des Vordenses qui a donné son nom au village. Ils vont ériger un oppidum défensif, pour le diocèse de Cavaillon, au sommet du roc, où se trouve actuellement le village.  A l'époque Gallo-Romaine, le V se mue en G. Le nom du lieu se transforme en Gordences. Puis, le nom du village se raccourcit  par la suite en : Gordes.  

DSC_1556Un vrai village de crèche provençal. 

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 Guillaume d’Agoult, un des premiers ancêtres de cette puissante famille féodale d'Agoult qui couvrit de fortifications tous les villages aux alentours, mentionne ce château féodal, dès 1031.  Au milieu du XIVème siècle, comme ailleurs en Provence, on agrandit le donjon pour disposer de meilleures défenses, contre les incursions de Raymond de Turenne.

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En effet, les soldats avaient, du donjon, un superbe point de vue, et pouvaient voir l’envahisseur arriver à des kilomètres à la ronde. Le château, détruit au cours du haut Moyen Age, sera reconstruit entre 1525 et 1541, sous l’égide de Bertrand de Simiane.

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Durant les XVIIe et XVIIIe siècles, le château parait n’avoir subi aucune modification majeure, ses propriétaires éloignés, se contentant de percevoir les revenus de la seigneurie. Vers 1789, les révolutionnaires s’emparent du château mais ne le détruisent pas. Assiégé, en vain, pendant les guerres de religion, il fut le fief des Marquis de Simiane, puis des Ducs de Soubise, et au XVIIIe siècle des Princes de Condé. 

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Depuis cette époque, le château emblématique de Gordes, présente un double visage : un aspect très château fort, du côté septentrional et une façade Renaissance, du côté méridional.  Au 19ème siècle, ce fût une école pour garçons, puis le siège administratif en 1811. Il sera classé monument historique en 1931 et sa tour ronde en 1949. C’est le célèbre artiste Victor Vasarely, qui restaura le château dans les années soixante. 

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Il deviendra, ensuite, propriété de la Commune, jusqu’en 2006. Il a abrité pendant 30 ans le Musée Dictatique de Victor Vaserely, qui fut inauguré le 5 juin 1970 par Mme Claude Pompidou. Aujourd'hui le château abrite, le Musée Pol Mara et l'hôtel de Ville. Il sert de lieu d’expositions temporaires, pendant les périodes estivales, en nous rappelant un passé riche, aussi bien en conquêtes, qu'en souffrances. 

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Cet imposant édifice quadrilatéral, a été conçu, dès le départ, comme moyen de défense. Il possède des murs très épais, de  puissantes hautes tours, du 12e siècle, à machicoulis, de vastes embrassures, le tout couronné d’un chemin de ronde, qui permettait une surveillance stratégique du château. La couronne de mâchicoulis supporte une terrasse, pour l'artillerie, qui permettait d'envoyer, sur l'ennemi, toutes sortes de projectiles. Les hauts murs sont percés de trois étages de fenêtres, de style « Renaissance ». 

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A chaque angle, des échauguettes, des bouches à feu, pour canons de gros calibres, sont présentes dans les tours. Des petites tours, judicieusement réparties, qui servaient à surveiller l'ennemi, nous rappellent qu'il s'agit bien d'un ancien château médiéval. 

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L'arrière du château, est dominé par la haute façade renaissance, du logis seigneurial. Elle est orientée en direction du soleil et du Luberon. La façade comporte de très nombreuses fenêtres à meneaux, élégantes, et décorées. 

114582271_oLe logis seigneurial.

Derrière la fontaine, de la placette du château, une porte voûtée percée dans la muraille, nous permet d' accèder, par une cour intérieure, à l’escalier monumental, qui dessert la forteresse. Une visite de l'intérieur s'imposait. 

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Une belle porte, qui n'a jamais vu une herse ou un pont levis, nous invite à pénétrer dans le château qui est aussi un musée d'art moderne. L'encadrement est très abîmé par les intempéries. Cette porte est typiquement de style Renaissance, avec son fronton classique et ses deux pilastres. 

DSC_7695Porte ancienne du château.

L’Office de Tourisme, où nous prenons nos billets, est situé dans l’enceinte du château. A mesure que l'on s'élève, la hauteur des étages diminue. 

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Un remarquable escalier à vis en pierre nous mène aux étages, et dans les divers salles.

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Un surprenant mélange de style, fait le charme de cette forteresse d'exception, qui nous dévoile, dans chaque pièce, une vue exceptionnelle sur les toits du village, la plaine, ses vignes, ses champs, ses vergers et oliveraies. 

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De belles salles, aux colossales cheminées sculptées accueillent, ce jour-là, une exposition de peintures, de l'artiste belge Pol Mara. On peut également découvrir une exposition permanente sur l'histoire du village.

DSC_7641Au fond la monumentale cheminée.

Le chef d’œuvre de ce château est incontestablement l'immense cheminée. C'est un plaisir des yeux d'admirer la finesse des détails, qui tranche avec la sobriété de la pièce : Caissons à rosaces, niches à coquilles, frises de feuilles d'acanthe, pilastres...

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Hormis l’exceptionnelle et monumentale cheminée, et le superbe escalier à vis, le château renferme, le jour où nous y sommes allés, une exposition de costumes de la Renaissance.

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Un véritable trésor, des œuvres d’art de toute beauté ! Les créateurs de ces costumes, faits main, sont de véritables orfèvres. Ils ont donné naissance à des vêtements, faits d’étoffes précieuses, de dentelles, et de broderies… 

DSC_7698Costumes au dernier étage du château.

Amateurs d'histoire et de belles pierres, ce château, aux belles tours d'angle rondes, est un incontournable de la région !

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Nous poursuivons notre journée historique, par le Moyen-Age, avec la visite du vieux village médiéval. Cette petite cité était, autrefois, entourée de fortifications, protègeant les maisons construites à la même époque.  

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Arpenter les ruelles c'est admirer les façades des belles demeures à la riche architecture, étagées à flanc de falaise. L’une des caractéristiques de Gordes, c’est leur étonnante hauteur, avec peu d’ouvertures. Nous découvrons aussi de beaux hôtels particuliers, des ruelles pavées et pentues, des petits escaliers tortueux, des placettes où coulent des fontaines... 

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La fontaine, derrière le château, fait le charme de cette place, où nous pouvons admirer la porte archée du château, et baigner dans l’atmosphère médiévale du village. Mais avant 1957, date à laquelle les Gordiens ont bénéficié de l’eau courante, ce fût l’unique point d’eau de la partie haute du village, à partir de 1826 date de sa création.

DSC_7662Fontaine de la place du château.

Dans les calades étroites et tortueuses, qui se glissent entre les hautes maisons du village, nous découvrons,  çà et là, des passages voûtés, des portes anciennes superbes, des murs de pierres plates, brillamment restaurés. 

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Les façades des belles demeures, les murs en pierre et les ruelles fleuries dégagent une atmosphère tellement particulière qu'il est difficile de ne pas revenir sur ses pas, au moindre détail. Chaque ruelle tortueuse, presque torturée, de ce village très chargé en histoire, mène d'un lieu mystérieux à un endroit étrange.

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Le passage sous la voûte, que nous empruntons, était une des portes fortifiées, d'accès à l'hôtellerie des pèlerins de St Jacques, qui se trouvait là, juste à l'entrée du village, bien à l'abri derrière les remparts. Longtemps considérée comme une chapelle ou une salle des gardes, l'aumônerie Saint-Jacques était, en fait, une hostellerie pour les pèlerins se rendant à Saint-Jacques de Compostelle.

118835481_oPassage sous voûte.

Les remparts et portes fortifiées étaient toujours d'usage, au moment des guerres de religion, et ont permis aux seigneurs de Gordes de repousser les troupes des protestants, très nombreux dans la région.

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Nous empruntons encore une rue en calade, puis nous arrivons devant le portail de l'église St Firmin, aux allures de forteresse, dont nous voyons la haute façade.  Avec ses puissants contreforts et son clocher, surmonté d'un campanile en fer forgé, on la remarque de loin.

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Cette ancienne tour-beffroi fut transformée en clocher, avec la construction de l'église. Plus haute que le château de Gordes, elle  domine le village de sa masse énorme, on s'en rend parfaitement compte quand arrive à Gordes. 

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Au Moyen Age (XIe XIIe) les prieurs de l'abbaye Bénédeictine de st Chaffrey, qui étaient aussi les curés primitifs de Gordes, firent construire une église dédiée à notre dame. Devenue trop petite et très vétuste, elle est réédifiée au milieu du 18eme siècle, (1749). Elle est consacrée à Saint Firmin, Evêque d'Uzès, mort en 552. 

DSC_7665Photo du choeur de l'église,a avec une grande arcade en plein cintre et un maître autel doré.

Photo de la nef de l'église, bordée de chapelles, face au coeur de l'édifice, avec ses hautes arcades, en arc plein cintre et son décor, richement décoré, de style baroque du XVIIIe siècle. Sur les huit chappelles de l’église, certaines appartenaient à des confréries. Le Choeur montre une grande fissure, dont l’origine serait due au tremblement de terre du 11 juin 1909. 

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Au détour d'une terrasse, un panorama somptueux nous est offert sur la vallée et la montagne du Luberon.

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Le patrimoine de Gordes n'est que splendeur ! Le diamant de ce village est cette pierre blonde, que l'on retrouve à travers de nombreux hameaux anciens, des édifices tels que : abbayes, châteaux, moulins, maisons, bories...

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De cette pierre tendre, appelée molasse, est né un village à l’architecture typique et exceptionnelle. Des dizaines de kilomètres de murs en pierres, sillonnent la campagne, et font l’identité de ce village, resté longtemps pauvre et isolé. 

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C’est dans la pierre que nous pouvons lire les traces de vie, qui ont animé le village, aux derniers siècles. Entre le 18e et 20e siècle, Gordes vivait principalement de ses activités agricoles et artisanales.

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Laborieux et souvent misérables, les gordiens travaillaient à la terre, dans les magnaneries, les filatures de soie, les tanneries et les nombreux moulins à huile. Les ateliers de cordonniers étaient une des activités principale de Gordes. 

115460684_oMoulin à huile, rupestre de la Baume, à Gordes.

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Le village a commencé à sortir de l’oubli, dans les années 1950, grâce à de nombreuses célébrités et artistes, comme : comme Marc Chagall, Pol Mara, Poliakoff, Deyrolle, Isis, Willy Ronis… Ils tombèrent tous sous le charme de ce village perché et s'y installèrent pour y vivre.

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Le village de Gordes jouit d'un succès et d'une réputation mondiale qui a attiré une clientèle fortunée. Ses nobles demeures, son château, ses moulins, ses de cabanes en pierre sèches, font de ce village un  must du Luberon, un joyau de notre Provence. 

DSC_7696Gordes baignés par une belle lumière du soleil couchant.

Quoi de plus romantique et de plus poétique, qu'un coucher de soleil, pour terminer une belle journée ? La nature a pour habitude de nous offrir des paysages magnifiques, et les couchers de soleil en sont ses plus belles vitrines. Gordes, nous a offert, ce jour-là, un décor idyllique, pour un coucher de soleil mémorable... le dégradé du ciel ajoutant une touche supplémentaire au spectacle !

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Gordes préserve aussi sur ses terres, l'abbaye de Sénanque confinée dans son vallon verdoyant, le moulin des Bouillons,  les caves du Palais Saint Firmin  et le village des Bories, ces curieuses constructions arrondies. Vous pourrez contempler ces cabanes, intégralement construites en pierres sèches du pays. Ces habitations, sommaires, haut lieu du patrimoine provençal, sont tout à fait surprenantes et dévoilent un art ancestral de bâtir, que je vous invite à aller découvrir, sur ce lien : 

Le village des Bories à Gordes - Martine Passion Photos

A l'automne dernier, nous décidons, par une belle journée, de partir à la découverte du village des Bories, à Gordes, lové sur les pentes des Monts du Vaucluse, face au Luberon. Les paysages en Provence,sont tellement variés, que tout le monde y trouve son compte.

http://photosvillages.canalblog.com

 Pour en savoir plus sur notre belle région du Luberon :

Office de Tourisme Luberon Cœur de Provence

Laissez-vous tenter par le Luberon. Des villes et villages perchés à la vue incroyable, dont Gordes, l'un des plus beaux villages de France, des sentiers d'itinérance de toute beauté, un patrimoine historique remarquable et une gastronomie reconnue ...

http://www.luberoncoeurdeprovence.com

 A bientôt pour de nouvelles aventures.

 

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01 octobre 2018

l’Abbaye de Sénanque : un lieu magique

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Nichée au plus secret de l'arrière-pays provençal, l'abbaye cistercienne de Sénanque s'offre, comme à regret, au visiteur venu troubler la solitude de sa retraite. Elle incarne une toute autre Provence, que celle des plages, des calanques, des vergers et des cités majestueuses qui attirent les foules. 

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Cette Provence est celle des vallons ombragés et de la pierre sauvage, des ruisseaux cachés et des sources mystiques. Je vous emmène, aujourd'hui, dans un très beau coin de nature, aux portes du Luberon, dans le Vaucluse, une belle découverte pour ceux qui ne connaissent pas cet endroit étonnant ! 

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Tout proche de Gordes, nous empruntons la petite route touristique et sinueuse. Après quelques virages bien serrés, on descend dans une vallée qu’ombragent, çà et là quelques bouquets de chênes séculaires. Au milieu de ceux-ci s’élève une imposante construction romane. L'abbaye de Sénanque apparait, dans toute sa majesté baignée de lumière. 

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C'est véritablement un lieu reposant, chargé d'histoire et d'émotion, avec une architecture et un cadre remarquable, surtout à la période de la floraison de la lavande. Mon défi, ce jour-là, a été de trouver des endroits, avec un peu moins de touristes, pour pouvoir prendre de belles photos. 

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C'est au creux d'un vallon étroit et sauvage, où coule un ruisseau, appelé la Sénancole, que cette abbaye  cistercienne a été fondée, en 1148. Elle a été crée, à l’initiative de l’évêque de Cavaillon, sur les terres du seigneur de Gordes, qui ainsi acheta un billet pour son salut éternel, et faisait défricher des terres inhospitalières et marécageuses par des tiers. 

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Les moines ont contribué à l’essort économique, de beaucoup de régions, comme ici, par leur travail de défrichage, les rendant habitables et fertiles.

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Suite aux guerres de religion, l’abbaye a été incendiée au milieu du XVIe siècle par les vaudois, en réponse aux massacres dont ils avaient été victimes. Elle a été pratiquement abandonnée à partir de cette époque, par la suite avec la révolution elle est devenue propriété de l’état. Grâce à son emplacement géographique, elle n'a pas été détruite, car il n’y avait pas de chemin d'accès,  qui y conduisait. La route actuelle n'a été créée, seulement, aux alentours de 1920.

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Elle a été achetée vers le milieu du XIXe par un « industriel », interréssé par ce bâtiment et qui l’a revendu à un ecclésiastique fin du XIXe. A partir de ce moment là, l’abbaye est devenue un domaine privé, géré par des intérêts privés, et cela a permis aux moines de se réinstaller et faire prospérer leur abbaye. Il y a eu jusqu’à 72 moines à Sénanque. L'abbaye ne pouvant pas nourrir tout le monde, une partie des moines a migré à l’abbaye de Lérins. 

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Les moines ont construit l’abbaye en une vingtaine d’année, en fonction des saisons, et des dons qu’ils pouvaient obtenir du seigneur de Gordes, et également grâce à l’aide inestimables des convers, qui étaient une main d’oeuvre bon marché (membres des ordres religieux catholiques, d'origine modeste, chargés des travaux). Il y avait également des civils (maçons, charpentiers..), qui travaillaient aussi pour la construction de l'abbaye.

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Ce joyau de l’art roman, demeure comme un des plus purs témoins de l'architecture cistercienne primitive. Faite en pierres dorées, et  enclavée dans ce vallon enchanteur, l'abbaye est tout simplement incroyable ! Toutes les abbayes cisterciennes étaient construites dans des lieux éloignés du monde pour se consacrer à leur spiritualité. Il suffisait qu'il y ait, à proximité, de l’eau et de la pierre, pour construire l’abbaye, et bien sûr suffisamment de terre pour pouvoir y vivre en autarcie.

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Pour construire l'abbaye, les moines cisterciens se sont inspirés des méthodes de constructions romaines.  Malgré le tremblement de terre destructeur, ayant eu lieu en Provence en 1909,  l’abbaye de Senanque est toujours debout et ne garde que peu de traces de ce séisme.

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Ils devaient être 12 + 1 prêtre (comme les douze apôtres et Jésus), pour pouvoir créer une abbaye. Le nombre de résidents pouvait, après augmenter ou diminuer, sans règle spécifique. Leur patron, Saint Bernard, trouvait qu’il y avait trop de richesses, au sein de l’église catholique, traditionnelle, et souhaitait que les moines puissent mener une vie orientée vers la méditation et la prière. Ainsi les moines ne seraient pas distraits par le décor ou les tentations de ce monde, d’où le choix de lieux isolés et très dépouillés.

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Les journées des Cisterciens sont longues, partagées entre la prière et les travaux des champs aux côtés des convers, entrecoupées seulement de sept heures de repos quotidien. Sept offices rythment la journée des moines, accompagnant le soleil qui pare le ciel d'azur, à l'heure de la messe. Ils puisent, dans cette méditation, la force d'accueillir et surtout d'écouter, sans relâche, les 800 retraitants qui viennent chaque année se ressourcer à l'abbaye.

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Bordée de champs de lavande, de garrigue et de chênes kermès, l'abbaye de Sénanque est enchâssée dans une nature intacte. La  petite communauté de moines qui y vit, s'incruste dans la nature environnante, qui lui prodigue ses fruits en échange de son labeur. Dix hectares de lavandin dessinent une mer de couleur, au fond du vallon austère et illuminent cette campagne magnifique. Les champs de lavande, à l'odeur entêtante, sont récoltées au soleil au mois de juillet, puis distillées à l'extérieur, avant de produire une huile essentielle de grande qualité. 

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« Plus que la beauté, c'est Dieu que je scrute en cultivant toutes ces parcelles, observe un frère, jardinier de la communauté. Au fond, je ne cherche pas la perfection pour elle-même. Mais je travaille. Sachant que cet acte de volonté construit la personne humaine, prouve que je suis un homme engagé dans la vérité. C'est du concret, à l'inverse de la vie spirituelle qui, elle, n'est pas palpable. Mais les deux se rejoignent si fort dans mon existence, que la beauté vient au bout du compte ».

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Cette alliance en dit long sur Sénanque et sa vie monastique, où la quête spirituelle s'enracine dans la solitude, dans le travail et dans le silence qui monte de la nature intacte.

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A Sénanque, le silence est absolu, jamais troublé. Cette immense quiétude marque l'harmonie du monastère, au milieu de ce décor paisible. Un corps de logis, bâti dans le siècle dernier, abrite une partie de cette  vénérable relique du passé. 

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Cette abbaye, de pierres dorées, au fond de la vallée, est une pure merveille. Une visite s'imposait afin d'en connaître un peu plus sur la vie en communauté d'hier et d'aujourd'hui. Le guide qui nous a fait la visite est un puits de sciences. 

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- L'église abbatiale :  Elle est magnifique, du roman dans toute sa splendeur et sa simplicité. La nef est un pur chef d'oeuvre de l'architecture cistercienne. 

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« A Sénanque, le silence est absolu, jamais troublé, à l'image de la nuit qu'aucune lueur ne perce dans ce vallon du Luberon, confie un frère, prieur de la communauté. Cette immense quiétude marque l'harmonie de notre monastère avec la nature. Et elle porte nos prières. » Voilà neuf siècles que celles-ci résonnent à l'abbaye de Sénanque, sous la coupole octogonale de l'église abbatiale.

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Le chevet est composé d'une abside semi-circulaire unique. Cette abside est couronnée d'une corniche moulurée et est percée de trois baies en plein cintre. Elle s'appuie sur la croisée du transept, qui présente des trous de boulin, laissés par les échafaudages. La croisée du transept est surmontée par un petit clocher carré, et couronné par un toit en pierre de taille, terminé par une croix de pierre. Ce clocher est typique de l'architecture romane cistercienne, qui prône la sobriété.

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Malgré la présence effective d'une dizaine de moines, qui vit à nouveau, depuis le milieu des années 80, dans l'abbaye de Sénanque, la partie ancienne de l'édifice reste visitable, avec notamment un très beau cloître. 

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- Le cloître : Ce n'est pas la première fois que nous nous rendons à l’Abbaye de Sénanque, mais ce n'est certainement pas la dernière, tant j'apprécie le moment de détente que je passe dans les allées du cloître, à contempler les chapiteaux sculptés.

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Rempli d’émotion, on traverse les galeries silencieuses du cloître.

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- Le dortoir Lorsque l'on pénètre dans le dortoir collectif, on imagine facilement les moines cisterciens dormant tout habillés à même le sol, éclairés chacun par une fenêtre au levant et une autre au couchant, de manière à profiter de toute la lumière du jour.

DSC_4131Dortoir.

C'est une pièce non chauffée, ils dormaient sur un lit équipé d'une natte et d'un oreiller, avec un drap et une couverture de laine, uniquement pour ce couvrir. On imagine facilement que ce ne devait pas être drôle tous les jours, notamment en période d'hiver...

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Le dortoir.

- La salle capitulaireelle communique directement avec le cloître. C'est un lieu important de la vie monastique. Dans cette pièce, tous les moines formant la communauté se réunissaient chaque matin. Un chapitre de la Bible est lu, avant que le travail quotidien ne soit réparti entre les moines. Cette salle servait également à partager les nouvelles des autres Abbayes, à élire les abbés, et à la confession publique des fautes.

DSC_4135La salle capitulaire.

- Le scriptorium : Cette pièce désigne l'atelier dans lequel les moines copistes réalisaient des livres copiés manuellement, (manuscrits),  avant l'introduction de l'imprimerie en Occident. Le terme a quelquefois été repris pour désigner, de nos jours, une salle consacrée aux travaux d'écriture. C'est une des seules pièces comportant une cheminée, hormis la cuisine.  

DSC_4133Scriptorium avec sa cheminée.

DSC_4133Le scriptorium.

La boutique :  Un incontournable, aussi, la boutique des produits régionaux, confectionnés par les moines, vivant dans cette abbaye.

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- Le réfectoire : Les repas des cisterciens sont pris dans le réfectoire commun. Les repas se limitent à des légumes bouillis, parfois du poisson mais jamais de viande. Ces quelques maigres plats sont agrémentés d'un peu de pain et de vin. 

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- Au seuil de l'église, une cellule individuelle, exigue et dénuée de tout confort, marque l'unique privilège de l'abbé cistercien. A l'heure du trépas, les moines cisterciens portés par leurs frères franchissent la porte des morts et reposent sur un autel de pierre brute, revêtus de leur seul habit, avant d'être enterrés à même la terre.

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« Pour être du ciel, il faut être de la terre, y avoir ses racines, tel un arbre qui déploie ses branches vers l'infini », nous raconte un moine. Cette alliance en dit long sur Sénanque et sa vie monastique, où la quête spirituelle s'enracine dans la solitude, dans le travail et dans le silence qui monte de la nature intacte.

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En parlant d’arbre, justement, c’est en empruntant le petit sentier qui mène derrière les bâtiments de l'abbaye, que nous sommes surpris de voir un étonnant chêne, au tronc creux.

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Ce chêne pubescent, plusieurs fois centenaire, de 5 m de circonférence, ne laisser personne indifférent.  Le vieil arbre n'est pas mort, bien que coupé en deux sur sa longueur et percé d'un beau tunnel vertical.

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De profil, il parait presque crier au ciel, son tronc calciné par la foudre est envahi de cicatrices noires.

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Désigné par les dieux, ce chên, miraculé, est véritablement fendu en deux, et pourtant de chaque côtés partent de belles branches déployées, fournies de feuilles. Un autre chemin vers le ciel…

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A lui seul le chêne témoigne de la force de la nature et signifie bien qu'il est le roi des arbres. Celui-ci fait partie des arbres remarquables, en raison de son aspect tortueux, son envergure et son intérêt historique, associé à une croyance religieuse.

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On trouve, en abondance, les chênes pubescents  dans le massif forestier du Luberon. Les conditions climatiques, dans le Luberon, conjuguées à la nature du sol calcaire, sont parfaites pour son développement.

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Les feuilles du chêne pubescent ne sont pas persistantes, comme celles du chêne vert, mais elles tombent au printemps et non en hiver : les nouvelles feuilles qui commencent à pousser font tomber les anciennes. L’arbre peut atteindre une hauteur de 25m et il peut vivre plusieurs siècles.  Le chêne pubescent ne craint ni les terrains arides ni les froids de l'hiver.

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J’espère vous avoir donné envie de rendre visite à cette belle abbaye. Les visites durent un heure, environ, et sont guidées. Vous y apprendrez tous les secrets et l’histoire, de ce lieu magique, et serez initié aux us et coutumes de la vie monacale. 

Pour en savoir plus sur cette belle région du Luberon :

Office de Tourisme Luberon Cœur de Provence

Laissez-vous tenter par le Luberon. Des villes et villages perchés à la vue incroyable, dont Gordes, l'un des plus beaux villages de France, des sentiers d'itinérance de toute beauté, un patrimoine historique remarquable et une gastronomie reconnue ...

http://www.luberoncoeurdeprovence.com

 

 

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Cavaillon et son quartier hébraïque #EnFranceAussi

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Aujourd’hui, à l’occasion du rendez-vous mensuel #EnFranceAussi, j’ai choisi de vous faire découvrir les trésors cachés de Cavaillon, dans le quartier hébraïque, une des quatre "saintes communautés" juives.

113093449_oLa cathédrale de Cavaillon tout proche du quartier juif.

En octobre, Cécile du blog Famille France Trotteuse nous a proposé le thème “Racontez-moi l’histoire d’une rue ou d’un quartier“. Chaque mois, un blogueur du collectif propose un thème, selon les découvertes de chacun. Ce rendez-vous mensuel a été instauré par  Sylvie du blog Le coin des Voyageurs.

chapelle du couvent expo Christian Lacroix2La chapelle du Couvent

- Le quartier juif est l'un des trésors de Cavaillon, (Vaucluse), c'est par là que nous allons commencer notre visite. La ville de Cavaillon fut un lieu de regroupement des Juifs de France. Comme à Carpentras, Avignon ou l’Isle-de-Venise, devenue L’Isle-sur-la-Sorgue, la communauté juive de Cavaillon vit dans un quartier à part, un “ghetto.

 

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On l’appelle “la carrière”, du terme provençal qui signifie la rue. Cette situation d’exclusion et de tolérance mêlée, spécifique aux Etats du Pape, est la seule encore lisible dans l’urbanisme des villes de l’ancien Comtat Venaissin.

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Il est possible que la présence de juifs ait été effective dès l’Antiquité : le musée juif comtadin conserve la lampe dite « d’Orgon » du 1er siècle, gravée d’une ménorah (chandelier à sept branches). A Cavaillon, la présence d’une communauté juive est attestée, par des documents d’archives, dès le 13e siècle.  Au Moyen Âge, cette communauté était parfaitement intégrée à la population locale, nombreux étaient ceux qui occupaient des fonctions importantes au sein de la Ville.

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Toutefois, cette situation se dégrade dès le XIVe siècle. En effet, en 1307, Philippe le Bel chasse les Juifs de France ; en 1495 Charles VIII les chasse de Provence. Seul le Comtat Venaissin, terre papale, leur reste ouvert. 

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Si l’expulsion des Juifs, des États pontificaux, en 1569, n’est que partiellement appliquée, ils seront obligés, à partir de la fin du XVIe siècle, de porter un signe distinctif, comme un chapeau de couleur jaune pour se déplacer.

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Ils devaient payer des taxes particulières et aussi assister à des sermons chrétiens, les appelant à la conversion, etc...

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L’histoire des musées et du patrimoine cavaillonnais est intimement liée à celle de la famille Jouve, qui en quatre générations, de la Révolution à la première moitié du XXe siècle, a profondément marqué la cité. La vigilance de cette famille, en faveur de tout le patrimoine de Cavaillon, puis la ville de Cavaillon elle-même, ont permis la conservation exceptionnelle de cet ensemble urbain, que je vais vous présenter : carrière, synagogue, bain rituel, et musée comtadin.

DSC_3586 musée juif maison jouveLa synagogue de Cavaillon et sa tour médiévale.

Les carrières Les juifs seront contraints, de s’installer dans une des quatre « carrières » comtadines, de : (Cavaillon, Carpentras, l'Isle-sur-la-Sorgue, Avignon). C’est à Cavaillon que fut instituée la première carrière en 1453

DSC_3590entrée carrièreEntrée de la carrière juive à Cavaillon.

Les carrières, ghettos juifs de Provence, réprésentaient un quartier de quelques rues bien délimitées, fermées chaque soir, les Juifs ne pouvaient en sortir que durant la journée.  

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Ils ne pouvaient s'établir hors des "carrières", surpeuplées, où des maisons de six ou sept étages, apparaissaient aux yeux des voyageurs, qui arrivaient à Cavaillon, comme de véritables gratte-ciels.

Photos-anciennes-de-juifs-en-Provence2Le quartier juif, et la synagogue, au fond.

Seuls les métiers autorisés par le pape leur étaient accessibles. Les habitants des carrières se spécialisèrent donc dans la friperie et le prêt d'argent.  

DSC_3593synagogueLa rue hébraïque de Cavaillon et la synagogue.

La synagogue : La vie s’organisait au sein des carrières, tout particulièrement autour de la synagogue. C'est l’une des plus anciennes synagogues de France. Elle a été édifiée, en 1494, à la fin du Moyen Âge, par les Juifs comtadins, de Cavaillon.

DSC_3592synagogueL'arrière de la synagogue.
Reconstruite en partie au-dessus de la rue Hébraïque entre 1772 et 1774, la synagogue compte parmi les plus remarquables de France. Elle est conçue en deux volumes superposés, reliés par un escalier extérieur. Inscrite en plein cœur du ghetto, elle en est l'espace majeur. A la fois lieu de prières, d'école et d'assemblée de la communauté, elle est le témoin de la vie collective. 

DSC_3587La synagogue et sa tour médiévale.

Le lieu de culte principal est au premier étage, il est réservé aux hommes. L'intérieur de la salle haute est richement décorée. Le style rococo superpose le mélange de deux cultures, juive et provençale. 

salle des prières

 La tribune du rabbin s'élève entre deux escaliers, avec une somptueuse balustrade en fer forgé. 

DSC_3634 synagogueLa tribune du rabbin.

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Autre trait spécifique, le rôle accordé au prophète Elie, représenté sous la forme symbolique d'un fauteuil,  grandeur réelle, mais suspendu sur un nuage.

Fauteuil du prophète Elie à Cavaillon

Le fauteuil du prophète Elie, de Cavaillon

Paradoxalement le décor somptueux de la synagogue, de Cavaillon, ne laisse rien voir de la dure vie des carrières, les ghettos juifs, de Provence, sous l'Ancien Régime. Des lambris de bois peint en gris rehaussé de bleu et de jaune, des murs enduits et colorés en rose soutenu, des motifs de coquilles, de volutes ou de fleurs...Deux chandeliers à sept branches se détachent du garde-corps, en ferronnerie.

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Chandelier à 7 branches.
Les feuilles d'or viennent souligner, et magnifier la tribune et le tabernacle. 
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Le tabernacle qui contient les rouleaux de la Torah. 

- La boulangerie et Le musée juif comtadin Se situant au rez-de-chaussée de la synagogue, la boulangerie (musée juif comtadin, actuellement),  était réservé aux femmes. Plus sobre, que l'étage, cet espace leur permettait juste d'apercevoir les livres sacrés. 

DSC_3632 musée juif comtadinLe musée juif comtadin, de Cavaillon.

Cette salle servait également de boulangerie, notamment au moment de la Pâque juive, en témoigne le four, et la table à pétrir, en marbre, où l'on préparait le pain azyme. 

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Four de la boulangerie.

La boulangerie accueille, depuis 1963, un musée judeo-comtadin, témoignant à travers de multiples objets, de la vie des carrières.  On peut y voir des livres de prières des XVIIe et XVIIIe siècles, des manuscrits liturgiques et objets du culte. 

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On aperçoit le four, au fond de l'ancienne boulangerie.

Des portes du tabernacle, de la synagogue primitive, des stèles funéraires, diverses acquisitions, et des dons de descendants de Juifs du Pape, sont venus s'ajouter, depuis la création du musée. Est conservé, aussi, une lampe dite "lampe d'Orgon", du Ier siècle, attestant de la présence des juifs dès l'Antiquité. Elle est gravée d’une ménorah (chandelier à sept branches).  

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Lampe d'Orgon".

- Le bain rituel (ou Mikvé) : S'ajoute à cet ensemble un bain rituel, conservé dans la propriété Jouve, jouxtant la synagogue. Ce bain, alimenté par une nappe phréatique, était constitué de trois salles voûtées, sur un plan en”L”, accompagné de trois puits. 

bain rituelLe bain rituel

Il permettait aux membres de la communauté d'assurer les rites purificateurs imposés à tous : après avoir touché un mort ou un objet impur ; aux femmes, sept jours après la fin de leurs menstruations, ou après un accouchement ; aux hommes, en cas de souillure et aux prémices des principaux rituels de la vie, comme le mariage ; aux nouveaux convertis. L'immersion complète assure une purification symbolisant la renaissance du corps et de l'esprit.

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- Déclin de la communauté juive, à Cavaillon : La Révolution française, (1791),  avec le rattachement à la France, d'Avignon et du Comtat Venaissin, marque pour les juifs une véritable libération. Les juifs prennent une part active aux évènements révolutionnaires, en particulier à Nîmes, et se dispersent dans toutes les grandes villes du Midi, et jusqu'à Paris. La communauté juive quitte la carrière, symbole de leur oppression passée. Au 18e siècle, la communauté n’a jamais dépassé 200 personnes, puis 50 personnes vers 1850 et une trentaine à la fin du 19ème siècle. En quelques années, les carrières se vident.

- L'hôtel d'Agar : Je vais vous faire découvrir, encore un autre trésor, tout proche du quartier juif :  l’Hôtel d’Agar. Il est bâti sur les ruines de la ville romaine qui s’était développée au bas de la colline Saint Jacques.

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On y trouve l'un des plus vieux jardin de France, peuplé d’illustres vestiges, un hôtel particulier des XIIe-XVe abritant de magnifiques collections, classé aux Monuments historiques, depuis 2010.

jardin

La famille Morand-Valton, propriétaire, des lieux depuis 1990, va racheter cette hôtel particulier, alors en ruine ou presque… Elle va choisir d’en ouvrir les portes, en affichant sa passion de collectionneurs, en mêlant aux objets antiques, des œuvres d’art contemporainnes. Le résultat est simplement époustouflant ! 

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De la salle réservée aux Antiques (peintures, céramiques…), au rez-de-chaussée, en passant par le premier étage où sont conservées trois cheminées,  et le second étage, auquel on accède par une tour d’escalier aux armoiries sculptées de la fin du Moyen-Âge, les trésors sont multiples.

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On peut y voir une collection de plus de 250 sujets de crèches provençales...

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...des plafonds peints Renaissance, une tour gothique du XVe et ses gargouilles, la plus ancienne statue grecque découverte en Provence (550 ans av. JC, découverte sur la Colline St Jacques), le plus vieux meuble de pharmacie de France...

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Des fouilles, dans le jardin, ont permis de déterminer qu’il existait déjà là il y a 2000 ans. Il a été le jardin des évêques jusqu’à la Révolution, Louis XVI s’y est promené. Dans une atmosphère de jardin antique, on peut déambuler entre d’étonnants vestiges. Des fouilles archéologiques ont mis à jour dans le jardin, de l'Hôtel d'Agar, un incroyable trésor de plus de 300 deniers d’argent, du Ier siècle après J.C., (en l’an 193), en parfait état ; il constitue le plus important trésor monétaire, du monde romain. 

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Ces pièces se trouvaient à 3 mètres de profondeur, rangées dans ce qui fut une poche en cuir, le tout déposé dans une salle avec des enduits peints. Ce trésor, estimé à 150 000 €, est considéré comme l’un des dix plus beaux de France. Les dieux romains n’ont pas fini de faire parler d’eux !

Sources internet : Wikipédia, France Soir. 

Si vous vous décidez à prendre la route du sud de la France, ou si vous avez déjà visité la région du Luberon, n'hésitez pas nous mettre des commentaires, et à nous faire partager vos carnets de bord, photos et anecdotes de voyages. Merci et à bientôt.

  

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29 septembre 2018

Cuevas del Mar et ses grottes sous-marines

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A l'embouchure de la rivière Nueva,  nous découvrons la plage de Cuevas del Mar, près de Llanes, dans les Asturies. Elle est parsemée d'énormes formations rocheuses, perforées par la mer, qui nous révèlent des grottes et des tunnels. C'est un paysage karstique, spectaculaire et d'une grande beauté.

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Pour être sûrs de trouver de la place pour garer notre camping-car et profiter de la beauté des lieux, nous sommes arrivés tôt le matin, vers 9 h. Lors de notre précédent passage nous n'avions pu nous garer, faute de place. Une magnifique arche, formée dans la roche, relie  l'accès au parking, à la plage elle-même. 

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La force de l’indomptable Mer Cantabrique a sculpté des cavités dans les roches, à travers lesquelles il est possible de marcher lorsque la marée est basse. Un paysage insolite et fantastique que je vous invite à découvrir ! 

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Quelle joie de nous retrouver pratiquement seuls au monde, au bout de cette petite route tranquille. Le sable ne portait pas une seule empreinte. 

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La particularité, de cette plage, ce sont les formations rocheuses, des falaises, avec des arches et des grottes très caractéristiques, qui ont donné le nom à la plage.  

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A marée basse, des grottes sont visibles, l'eau a érodé le roc de la falaise, formant de sculpturales arches. 

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Les premiers touristes arrivant vers 10h, nous avons eu tout le temps suffisant pour admirer le paysage de la mer et des rochers, creusés par les eaux tumultueuses, de cette crique.  Les vagues, au rendez-vous, nous ont permis d'assister à un magnifique spectacle ! 

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J’ai pu faire de nombreuses photos sans être dérangée par de nombreuses personnes posant avec leur perche à selfie.

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On peut voir, sur la plage de Cuevas de Mar,  l'eau douce de la rivière Nueva, se mélanger à l'eau salée du golfe de Gascogne. 

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C'est une plage magnifique, petite mais très propre, en forme de coquille (125 m de long par 47 m de large),  coincée entre les falaises, et à l'abri du vent et des courants.

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Il ne faut pas se contenter du rocher situé à droite en regardant la mer. Celui à gauche offre des curiosités tout aussi étonnantes, dont une grotte remarquable, avec un passage qui donne dans la mer, et que l'on peut emprunter à marée basse. On croirait une caverne de pirate. 

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Pour se baigner, ce n'est pas forcément l'idéal à marée basse. Mais c'est tellement plaisant de marcher, jusqu'aux genoux, dans l'eau et découvrir encore d'autres vues sur les rochers. 

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Sur la plage est installé un petit chiringuito. Vous connaissez ? Cela vous dit quelque-chose ? Si non, voici la réponse ! La version la plus répandue est que le mot vient de Cuba. Apparemment, dans l’île des Caraïbes, les travailleurs des plantations de canne à sucre préparaient leur café avec une chaussette et le filet de café qui sortait de la chaussette était appelé « chiringo ». Après cela ils ont créé le diminutif « chiringuito » qui donnerait son nom au filet de café mais également aux kiosques improvisés où ils le préparaient. Quelques années plus tard, les Indianos (Espagnols qui ont fait fortune en Amérique) ont importé le mot en Espagne et tout le monde a commencé à appeler « chiringuito » un café court puis, de fil en aiguille, l’endroit où on le servait.

chiringuitoChiringuito de Cuevas del Mar.

Un chiringuito est un petit bar de plage, situé au bord de la plage, où vous pouvez boire et manger  des spécialités typiquement espagnoles et essentiellement à base de poissons et de fruits de mer.  Donc, tapas, paella et boissons telles que la sangria sont au programme !

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Le chiringuito est étroitement lié à la culture de la plage en Espagne. Toutes les plages ont au moins un petit cabanon, où l’on peut boire verre, et grignoter, ou même manger les pieds dans l’eau. 

chiringuito2Chiringuito de Cuevas del Mar.

Celui de la plage de Cuevas del Mar est typique : des pierres peintes avec des messages, des toits recouverts de feuilles, du bois peint, des bateaux qui deviennent des tables de fortune, avec la possibilité d'assister, en plus, à un beau coucher de soleil sur la plage ... que demander de plus ?

DSC_2028Espace réservé à l'escalade.

Nous n'avons pas résisté à l'envie d'aller marcher un peu dans le sable et d'écouter le bruit des vagues, pour démarrer cette belle journée... Nous sommes restées un moment à photographier cet endroit grandiose ! Cet environnement naturel nous a laissé sans voix, une plage unique, l'un des sites que j'ai le plus aimé de ma visite aux Asturies.

 

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27 septembre 2018

L''eucalyptus, en Espagne, entretient la polémique !

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Lorsque l'on parcourt la côte atlantique espagnole, d'est en l'ouest, ce que nous avons fait, on rencontre d’immenses forêts d’eucalyptus. Je ne pouvais pas ne pas en parler dans un petit billet.

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Arbre singulier que cet eucalyptus, avec son tronc longiligne perdant régulièrement de grandes plaques d’écorce, et ses feuilles qui pendent vers le sol. Par contre, il n’apprécie guère les hivers prolongés et trop froids.  Par contre il est planté massivement en Espagne du nord,  et dans le Portugal. Lors de notre voyage récent nous nous en sommes aperçus à de multiples reprises. 

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L’eucalyptus est un géant de la forêt et il entre en concurrence directe avec le séquoïa pour le titre d’arbre le plus élevé de la planète. Certains spécimens australiens dépassent les 110 mètres de hauteur. Les peupliers qui poussent à côté de chez vous auraient l’air de nains si l’on pouvait les observer côte à côte ! Il faut dire que deux de ses particularités le rendent particulièrement intéressant : une croissance rapide et malgré tout un bois relativement dur 

DSC_0459Cet eucalyptus est appelé «Grand-père», c'est le plus grand en Galice et l'un des plus grands d'Europe

 Ces forêts plantées, autrefois, pour fournir en bois d’œuvre les innombrables mines des Asturies et de Galice, posent de nos jours, un redoutable problème environnemental aux deux provinces voisines. Ces arbres d'espèces importées, se sont révélées très tôt invasifs, nécessitant d’incessantes coupes, pour en contrôler l’extension. Une tentative, de diversification, qui parait réussie, a été de mettre en place de nombreuses usines de pâte à papier pour utiliser cette production de bois, inutilisée suite à la fermeture des mines. 

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Au nord du pays, la Galice est l'une des régions les plus vertes. Le gouvernement local a reversé un million d'euros à des propriétaires privés pour planter des arbres. L'objectif n'est pas seulement environnemental, il est aussi économique. Ici, la majorité du bois coupé sert à fabriquer du papier, 6 milliards de tonnes par an. Pour fournir cette industrie, l'eucalyptus fait polémique.

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Importé d'Australie au XIXe siècle, il a colonisé la Galice. riginaire de l’Australie, 600 000 hectares aujourd'hui, soit 65% de plus qu'en 2000. L'eucalyptus a donc remplacé une bonne partie des espèces locales, comme le dénoncent des militants écologistes. 

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Car ces "déserts verts" représentent une menace pour la biodiversité : sous-bois stériles, lafaune devient pauvre, pas d'oiseaux, pas de champignons, la vie est presque absente, contrairement aux autres forêts de la région.

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Les forestiers espagnols tentent par ailleurs de replanter des résineux pour lutter contre l’eutrophisation des sols causée par les eucalyptus. L'eucalyptus est également accusé de faciliter la propagation des feux de forêt qui ravagent l'Espagne, du Nord, chaque année. 

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Les écologistes ne sont pas les seuls à remettre en cause la politique de reforestation. Certains agriculteurs se voient privés d'une partie de leurs terres : les eucalyptus voisins sont très gourmands en eau, et absorbent celle du sous-sol. Plus rien ne pousse, ni herbe ni maïs. Leur avidité en eau : jusqu’à 300 l par jour, pour un seul individu. Des racines, d’une longueur impressionnante, drainent le sol sur des distances considérables. L'eucalyptus élimine ses concurrents, assèche cours d’eau et nappes phréatiques, et épuise les sols instables.

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De nombreux paysans préfèrent alors abandonner leur culture de maïs ou autres, et planter des eucalyptus, sur leur parcelle. Les subventions nationales et européennes sont généreuses : 2 400 euros par hectare reboisé en moyenne. Les syndicats agricoles réclament davantage de soutien des élus. Il est regrettable de voir que dans des pays comme le Portugal ou l’Espagne, soumis depuis quelques années à des étés particulièrement secs et chauds, une place essentielle soit accordée à leEucalyptus dans les programmes de reboisement. Les conséquences, surtout quand il y a monoculture, risquent d’êtres désastreuses pour les ressources en eau.

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Outre le bois, l’eucalyptus produit en effet une huile essentielle de qualité, l’eucalyptol, utilisée pour combattre les maladies infectieuses de l’appareil respiratoire. Son efficacité est grande quand il s’agit de lutter contre la bronchite. On peut l’employer aussi en cas d’épidémie de grippe et dans plusieurs formes d’asthme. La récolte et la vente de cette huile essentielle peut donc constituer un revenu d’appoint intéressant pour les populations locales.

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Malgré le pour et le contre des eucalyptus, le port magistral de ces arbres, leurs feuillages argentés, leurs écorces orangées composent un tableau fort esthétique ! 

 

 

 

 

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